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Les turbulences actuelles braquent les projecteurs sur la comptabilité à la juste valeur

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
March 2009
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Le FMI a été amené à donner son avis sur une question à la fois complexe et controversée: comment les institutions financières doivent-elles valoriser leurs actifs et leurs passifs?

Il est rare qu’un principe comptable abscons fasse l’objet d’un débat public, mais le FMI a noté que le rôle de la comptabilité à la juste valeur est examiné «à la loupe» depuis que les turbulences financières ont éclaté l’année dernière. Certains critiques estiment en effet que l’application de cette méthode comptable a aggravé la situation, en accentuant la volatilité, en amplifiant les effets du cycle conjoncturel sur la situation nette des institutions financières et en ajoutant aux incertitudes qui entourent la valorisation précise par ces institutions d’une partie de leurs actifs illiquides.

Pourtant, dans son dernier Rapport sur la stabilité financière dans le monde, le FMI conclut que cette méthode, qui vise à valoriser les actifs et passifs sur la base de prix reflétant la configuration courante des marchés, permet la plupart du temps d’obtenir l’évaluation la plus exacte.

Le FMI ne nie pas que l’application de la comptabilité à la juste valeur peut amplifier les effets procycliques sur les bilans bancaires (il a d’ailleurs proposé des moyens d’atténuer cet impact). Cependant, dans certains cas, l’application de cette méthode comptable peut réduire les effets procycliques. Globalement, moyennant certaines améliorations, la comptabilité à la juste valeur est «le cadre comptable recommandé pour les institutions financières».

Selon le FMI, la comptabilité à la juste valeur est une méthode plus transparente que les autres et les institutions financières ainsi que les autorités de réglementation pourraient prendre des mesures pour en réduire les effets procycliques. Pour une partie, affirme le FMI, le problème tient moins à la méthode elle-même qu’à la façon dont les institutions financières l’utilisent pour prendre leurs décisions et gérer les risques. Il suggère que les institutions financières prennent les mesures suivantes :

  • compléter sélectivement les informations servant de base à la valorisation des actifs et passifs;

  • relever, avec l’accord des régulateurs, le volant de capital de précaution et les provisions pour amortir l’impact des fluctuations cycliques sur les bilans;

  • publier à intervalles plus rapprochés des rapports comptables plus courts, moins généraux et ciblés en fonction des besoins des différents utilisateurs.

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