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Perspectives régionales: Moyen-Orient et Asie centrale: les perspectives restent favorables

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
June 2008
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Selon les dernières prévisions du FMI, malgré le ralentissement de la croissance mondiale, les perspectives pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale demeurent favorables en 2008, les prix des matières premières, y compris le pétrole, devant rester élevés.

La poussée des investissements et les gains importants de productivité issus des grandes réformes structurelles devraient maintenir la croissance au-dessus de 6% (voir tableau). Cependant, vu le renchérissement persistant des carburants et des denrées alimentaires, la forte demande intérieure et des goulets d’étranglement, les pressions inflationnistes ne sont pas prêtes à s’estomper. L’inflation devrait passer à 10,7% en 2008, contre 9,2% l’an dernier.

D’après les Perspectives économiques régionales pour le Moyen-Orient et l’Asie centrale publiées par le FMI, la montée des cours du brut entraînant un accroissement des recettes pétrolières, les excédents du budget et du compte courant des pays producteurs devraient rester importants malgré la hausse des importations et l’expansion budgétaire.

Dans la plupart des pays non producteurs, la politique économique consistera probablement à maîtriser les déficits budgétaires et extérieurs, pour réduire du même coup les vulnérabilités.

Les risques pesant sur ces perspectives sont largement neutres, certains risques à la hausse issus de la demande intérieure devant être probablement compensés par des risques de ralentissement issus du secteur extérieur. Les prix élevés du pétrole et de nouvelles réductions des taux d’intérêt aux États-Unis pourraient mener à une hausse plus forte que prévu de la demande intérieure dans les pays du GCC (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, l’Oman et Qatar).

Les excédents croissants des pays producteurs, combinés aux préoccupations liées à la qualité des actifs dans les économies développées, pourraient bien entraîner des flux plus importants vers les autres pays de la région, alimentant le crédit et la demande intérieure.

Cependant, un ralentissement prolongé des économies avancées nuirait à la croissance de la plupart des pays du Moyen-Orient et d’Asie centrale, en faisant baisser les exportations et les prix des matières premières. Le resserrement du crédit dans les pays avancés et un moindre appétit du risque, comme en témoigne l’élargissement des écarts de taux des titres souverains, pourraient aussi réduire les entrées de capitaux qui ont soutenu la croissance dans de nombreux pays.

De solides résultats

La croissance du PIB devrait rester forte dans presque toute la région.

(variation annuelle en pourcentage)

2006Est.

2007
Proj.

2008
Moyen-Orient et Asie centrale6,66,46,3
Exportateurs de pétrole6,46,36,2
Pays à faible revenu8,18,77,1
Pays émergents6,66,06,3
Caucase et Asie centrale13,111,98,8
Moyen-Orient et Afri. du Nord5,85,76,0
Conseil de coopérat. du Golfe6,05,66,1
Maghreb4,64,66,0
Sources: autorités nationales et estimations et projections des services du FMI.

Mohsin Khan, Directeur du Département Moyen-Orient et Asie centrale, a déclaré que «tous les pays de la région sont sortis globalement indemnes de la récente tourmente financière, en dehors du Kazakhstan, où le secteur bancaire dépendait grandement des emprunts étrangers».

Bien que la croissance des importations demeure ferme (20% en valeur en dollars EU), les prix élevés du pétrole maintiendront l’excédent du compte courant de la région audessus de 18% du PIB en 2008, d’où une plus forte accumulation de réserves internationales, aujourd’hui proches de 1 billion de dollars.

Le défi de politique économique majeur à court terme dans la plupart des pays consiste à contenir les pressions inflationnistes et, pour les pays dont la dette extérieure et le déficit courant sont élevés, à préserver la stabilité extérieure dans un contexte de renchérissement du pétrole et de ralentissement de la croissance mondiale.

La riposte appropriée dépendra des circonstances particulières de chaque pays, mais passera probablement par un resserrement budgétaire et monétaire et, le cas échéant, par une plus grande flexibilité des taux de change. Les pays exportateurs de pétrole dont la monnaie est rattachée au dollar devront relever le défi de la maîtrise de l’inflation, étant donné le relâchement monétaire aux États Unis. Le poids de l’ajustement pourrait bien peser sur la politique budgétaire, en particulier dans les pays du Golfe, où une modification du régime de change pourrait perturber l’évolution vers l’union monétaire.

D’après le rapport, il importe de se centrer sur le renforcement du cadre de politique économique, en encourageant un solide développement des circuits financiers et en soutenant le potentiel de croissance du secteur privé.

Les pays doivent notamment continuer à renforcer le cadre de leur politique budgétaire pour parer à leur problématique spécifique, notamment l’emploi efficace et durable des recettes pétrolières dans les pays exportateurs de pétrole et le niveau élevé de la dette publique dans certains pays émergents ou à faible revenu. L’élimination progressive des subventions aux carburants et aux aliments, tout en établissant par ailleurs un filet de sécurité plus ciblé, aiderait certains pays à préserver une viabilité budgétaire à long terme, à augmenter l’efficacité de la dépense et à renforcer l’équité.

Dans les pays où il est souhaitable d’assouplir les taux de change à moyen terme, il importe de continuer à jeter les bases d’une politique monétaire indépendante. Malgré les défis à relever, les pays du GCC doivent garder le cap de l’union monétaire, y compris du consensus quant au régime de change approprié.

L’évolution continue des systèmes bancaires sera décisive pour assurer une forte croissance et une bonne intégration dans l’économie mondiale. Certains pays devront s’attaquer au niveau élevé des créances improductives et à la restructuration des banques publiques pour accroître l’efficacité du secteur et diminuer les coûts des emprunts. La vigilance des instances de contrôle est également importante.

Le rapport note que le secteur privé est essentiel pour promouvoir l’essor et la diversification de la production et des exportations et créer les emplois pour une population active en rapide croissance, problème urgent pour beaucoup de pays.

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