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Évaluation annuelle: La Corée s’adapte au changement

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
January 2008
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La solidité de l’économie de la Corée prouve que le pays sait s’adapter à l’évolution du paysage économique mondial en menant des politiques prudentes et tournées vers l’avenir. Toutefois, même si à court terme les perspectives économiques sont en général favorables, l’éventualité la plus probable est une dégradation de la conjoncture.

Depuis la crise asiatique de 1998, l’économie coréenne a progressé de près de 6% par an, tirée par le dynamisme des exportations. La croissance a atteint 5% en 2006 et s’est sans doute quelque peu ralentie en 2007 pour revenir à 4¾% (voir tableau).

Bien que l’inflation se soit maintenue en deçà de la cible de 2½–3½% de la banque centrale durant la majeure partie de l’année dernière, elle a récemment dépassé le point médian de cette fourchette en raison de la récente hausse des prix pétroliers et alimentaires ainsi que de facteurs techniques (graphique 1). Entre-temps, le chômage est tombé à son plus bas niveau depuis quatre ans (3,1%).

Graphique 1Pressions inflationnistes

Après s’êtth maintenue sous la cible de la banque centrale durant la majeure partie de 2007, l’inflation a récemment dépassé le point médian.

(Prix à la consommation, variation annuelle en pourcentage)

Citation: 37, 1; 10.5089/9781451975802.023.A006

Source: CEIC Data Company, Ltd.

Facture pétroliére

Le compte courant extérieur devrait rester grosso modo en équilibre (ni déficitaire, ni excédentaire), la bonne tenue des exportations étant neutralisée par le renchérissement des importations de pétrole et une aggravation du déficit de la balance des services. Selon les évaluations effectuées par le FMI dans le cadre de ses consultations annuelles avec la Corée au titre de l’article IV, le secteur financier coréen est en bonne santé et la valeur de la monnaie nationale, le won, «semble correcte».

Même si l’impact des turbulences financières mondiales sur le secteur financier coréen semble négligeable, un ralentissement de l’économie américaine plus prononcé que prévu pourrait avoir des effets importants. Qui plus est, la reprise de la consommation est vulnérable à un fléchissement des marchés des actifs et à une nouvelle augmentation des prix du pétrole. Parallèlement, certains défis à long terme seront difficiles à relever: le vieillissement rapide de la population risque de menacer la situation budgétaire et la position extérieure de la Corée, tandis que l’érosion de l’industrie manufacturière à faible niveau de compétences et la faible productivité du secteur des services pourraient compromettre la compétitivité extérieure et les perspectives de croissance.

Une croissance tirée par les exportations

En 2006, la croissance économique de la Corée a atteint son niveau le plus élevé depuis quatre ans grâce au dynamisme des exportations.

(variation annuelle en pourcentage)

200620072008
PIB réel5,04,85,0
Consommation totale4,54,13,7
Investissements3,25,53,7
Bâtiment et travaux publics–0,41,71,4
Exportations nettes (contribution)1,60,71,3
Sources: CEIC Data Company, Ltd et projections des services du FMI.
Sources: CEIC Data Company, Ltd et projections des services du FMI.

Politique économique: maintenir le cap

Après deux relèvements des taux coup sur coup en juillet et en août 2007 en réponse à l’augmentation des agrégats monétaires et des prix des actifs, le resserrement de la politique monétaire a marqué le pas, la croissance et les risques d’inflation semblant s’équilibrer. La politique monétaire paraît bien orientée, mais elle pourrait être relâchée si les risques de détérioration devaient se concrétiser, à condition que les pressions inflationnistes soient maîtrisées.

Selon l’évaluation du FMI, la neutralité globale de l’orientation de la politique des finances publiques est justifiée. Compte tenu des défis auquel la Corée est confrontée à moyen terme dans ce domaine, il est difficile d’envisager une politique budgétaire plus expansive.

Des risques financiers gérables

Ces dernières années, la Corée a tout fait pour renforcer son secteur financier, qui, de ce fait, a amélioré la qualité de ses actifs, accru sa rentabilité et optimisé l’adéquation du capital aux besoins (les fonds propres des banques sont suffisants pour protéger les déposants et les contreparties des risques bilanciels). En même temps, les pratiques d’évaluation des risques et les informations sur le crédit se sont améliorées.

La vulnérabilité financière est modérée et le secteur devrait bien résister aux chocs. Certaines poches de risques intérieurs devront néanmoins être surveillées. Une baisse des prix du logement pourrait déprimer la consommation, une part importante—quoiqu’en diminution—des ménages détenant encore des emprunts à court terme remboursables en une seule fois à l’échéance finale.

Malgré une amélioration des pratiques de gestion des risques des banques, l’augmentation rapide des prêts aux petites et moyennes entreprises pourrait se traduire par une multiplication de créances improductives, surtout si l’économie s’essouffle. Les engagements directs des institutions financières coréennes sur le marché américain des prêts à risques sont faibles.

Compétitivité extérieure

Même si d’autres risques devaient apparaître ultérieurement, il est peu probable qu’ils pèseront fortement sur les bilans des entreprises du secteur financier. Cependant, une instabilité financière mondiale prolongée pourrait refroidir la confiance et les prix des actifs, déclencher une fuite des capitaux ou causer un resserrement du crédit.

Le système de taux de change déterminé par le marché a bien servi la Corée. Depuis 2003, le won s’est apprécié par rapport aux principales monnaies (notamment le yen) sans que cela nuise à la compétitivité extérieure du pays. Toutefois, l’appréciation de 60% par rapport au yen a pénalisé certains secteurs (tels que l’électronique et l’industrie automobile). La monnaie semble maintenant calée sur une valeur adéquate, sans signe de désalignement (graphique 2).

Graphique 2Le won s’apprécie

La hausse du won pénalise la compétitivité de la Corée dans certains secteurs mais correspond grosso modo aux données fondamentales.

(taux de change réels bilatéraux, janvier 2000 = 100)

Citation: 37, 1; 10.5089/9781451975802.023.A006

Sources: FMI, système des avis d’information; et CEIC Data Company, Ltd.

Défis à long terme

À moyen terme, les perspectives de la Corée sont favorables, mais le pays devra relever des défis considérables à long terme. À l’instar de nombreux pays industrialisés, il devra faire face au vieillissement de la population dans les décennies à venir.

L’accroissement des pressions budgétaires—exacerbées par un très faible taux de natalité et une espérance de vie croissante—obligera la Corée à lancer des réformes sur plusieurs fronts. Elles incluront le relèvement des recettes fiscales par le biais de l’élargissement de l’assiette de l’impôt et l’optimisation de l’administration fiscale, de nouvelles réformes des régimes de retraite et une réorientation des dépenses publiques en vue de privilégier des questions hautement prioritaires telles que la protection sociale. Dans son évaluation, le FMI salue les efforts déployés par la Corée pour surmonter ces problèmes et sensibiliser le public aux pressions budgétaires à long terme.

Il est vraisemblable que le secteur manufacturier coréen se heurtera à une concurrence croissante de la part des pays où les salaires sont plus bas qu’en Corée, alors que la productivité du secteur des services reste anémique. Pour préserver la compétitivité sur les marchés mondiaux et assurer des taux de croissance élevés à long terme, le FMI encourage les autorités à aider l’industrie manufacturière à remonter la chaîne de valeur et à poursuivre l’ouverture et la déréglementation des services pour accroître leur productivité.

Le FMI recommande aussi à la Corée d’assouplir le marché du travail et d’améliorer le climat d’investissement—s’agissant surtout des investissements directs étrangers. Sans ces réformes, la croissance potentielle de la Corée risque de s’étioler dans les décennies à venir.

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