Article

Conférence de Bali: Réchauffement: le FMI exhorte le monde à agir vite

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
January 2008
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Le changement climatique aura probablement des effets néfastes sur la croissance économique à long terme et ralentira les efforts déployés en faveur des pays très pauvres, si la communauté internationale ne s’attaque pas au problème de façon résolue. C’est le message que Takatoshi Kato, Directeur général adjoint du FMI, a adressé à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui s’est tenue récemment à Bali (Indonésie).

«Le changement climatique est peut-être le plus sérieux problème d’action collective actuel», a déclaré M. Kato. Selon lui, il faut «prendre des mesures rapides et durables pour prévenir d’éventuels dégâts».

Les participants à la Conférence de Bali ont adopté une feuille de route qui doit aboutir à un nouveau traité sur le réchauffement planétaire. Celui-ci prendra la suite du Protocole de Kyoto, qui arrive à échéance en 2012. Les ministres des finances ont organisé un forum en marge de la conférence, une première dans les annales des négociations de l’ONU sur le climat, qui témoigne d’une prise de conscience croissante des conséquences du réchauffement sur la politique économique.

Principaux problèmes

Selon M. Kato, les problèmes économiques posés par le changement climatique sont «nombreux et complexes». La production et la productivité d’un grand nombre de pays seront affectées. Les finances publiques pourraient se détériorer par suite de l’affaiblissement des bases d’imposition et de la hausse des dépenses engagées pour atténuer les effets du réchauffement. Certains pays pourraient éprouver des problèmes de balance des paiements en raison de la baisse de leurs exportations de biens et de l’affaiblissement de services tels que le tourisme. En outre, ajoute M. Kato, les mesures prises pour atténuer les effets du changement climatique représenteront sans doute aussi un coût économique pour le secteur privé.

La majeure partie des pays développés, des pays émergents et des pays à faible revenu étant membres du FMI, celui-ci est particulièrement bien placé pour étudier les répercussions économiques du réchauffement. «Le caractère très universel de notre institution nous permet d’effectuer des travaux d’analyse et de suivi au plan bilatéral et multilatéral», remarque M. Kato en rappelant que le FMI participe à la conception de mécanismes fiscaux et d’autres mesures budgétaires dans ce domaine.

M. Kato a fait remarquer que la mise en place de mécanismes efficaces de tarification des émissions de carbone pourrait accroître les recettes de certains pays. De l’avis de Charles Collyns (Département des études du FMI), il importe que ce surcroît de revenus soit consacré au financement de dépenses judicieuses ou transformé en épargne.

Tarification du carbone

Certains pays ont commencé à se préparer au changement climatique. «Les mesures adoptées jusqu’ici sont toutefois modestes car nous ne disposons pas encore de mécanisme permettant de déterminer le prix du carbone de façon efficace et crédible», observe M. Collyns. Selon lui, les investisseurs ne réagiront pas pleinement aux incitations offertes par le commerce du carbone tant qu’un système fiable d’établissement des prix n’aura pas été mis en place.

Charles Collyns fait allusion ici au système d’échange de crédits de carbone progressivement mis en place après la signature du Protocole de Kyoto. Ce système consiste à encourager les entreprises et les pouvoirs publics—à l’aide d’incitations financières—à réduire leurs émissions de CO2. Dans l’état actuel des choses, toutefois, les échanges de crédits de carbone sont trop faibles pour permettre une réduction significative des émissions.

Certains aspects du changement climatique sont nouveaux pour le FMI, mais de nombreux autres relèvent de domaines qu’il étudie en permanence. «Un élément important du problème est la création d’un mécanisme adéquat d’établissement du prix de l’énergie, un sujet auquel le FMI accorde beaucoup d’attention depuis de nombreuses années», dit Michael Keen (Département des finances publiques du FMI).

Le FMI a publié une analyse des effets du réchauffement dans l’édition d’octobre 2007 des Perspectives de l’économie mondiale et prépare une étude plus approfondie pour les Perspectives d’avril 2008. En outre, le Conseil d’administration du FMI examinerait—peut-être au début de 2008—les répercussions du changement climatique sur les finances publiques.

Other Resources Citing This Publication