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Assistance technique: Le FMI va intensifier sa collaboration avec les bailleurs de fonds

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2007
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Un élément essentiel de la mission du FMI consiste à transmettre des conseils et un savoir-faire techniques aux pays membres. Le FMI cherche à promouvoir la participation des bailleurs d’aide à ses programmes d’assistance et de formation techniques, afin d’en accroître l’efficacité en s’appuyant sur les stratégies des donateurs en matière d’aide au développement.

L’assistance technique —consacrée à plus de 80 % aux pays à faible revenu ou pays à revenu intermédiaire de la tranche inférieure —contribue au développement des institutions et au renforcement des compétences nécessaires à la conception et à la mise en œuvre de politiques macroéconomiques propices à la croissance. Pour que les pays bénéficiaires prennent le processus fermement en main, le FMI adapte son assistance technique à la stratégie et aux priorités de réforme économique de chacun d’entre eux.

Partenariats avec les bailleurs de fonds

Bien que le FMI finance l’essentiel de son assistance technique avec ses ressources propres, les concours extérieurs des bailleurs bilatéraux et multilatéraux constituent une source complémentaire de plus en plus importante, qui aide l’institution à répondre aux besoins de ses membres.

«La participation des bailleurs de fonds à notre programme d’assistance technique découle naturellement de notre mandat, qui est de promouvoir la coopération économique internationale», explique Murilo Portugal, Directeur général adjoint du FMI. «Une collaboration étroite des pays bénéficiaires et des donateurs permet, selon nous, d’inscrire le développement de l’assistance technique du FMI dans un dialogue plus inclusif et un cadre de développement cohérent. Les avantages des contributions des bailleurs vont donc au-delà du simple aspect financier», ajoute-t-il.

Entamée au début des années 90, la coopération du FMI avec les bailleurs de fonds dans la mise en œuvre de projets d’assistance technique n’a cessé de s’intensifier. L’aide extérieure —sous forme de dons des bailleurs au FMI —assure aujourd’hui le financement d’environ un cinquième des activités totales d’assistance technique de l’institution.

Le gouvernement japonais vient toujours en tête du groupe de plus de 25 bailleurs qui participent à cet effort. Depuis 1990, le total de l’aide nippone destinée au programme d’assistance technique du FMI a dépassé 230 millions de dollars. Cette aide a servi à financer des projets dans plus de 120 pays et dans tous les domaines relevant de la compétence du FMI. Le Ministère du développement international du Royaume-Uni et le Secrétariat d’État suisse aux Affaires économiques sont les deux autres principaux contributeurs, ayant fourni chacun plus de 20 millions de dollars d’assistance technique au cours de la dernière décennie.

À mesure que le programme d’assistance technique du FMI grandit, la collaboration des bailleurs s’accroît. Le programme bénéficie désormais de la participation financière des pays et organismes suivants: Allemagne, Australie, Autriche, Brésil, Canada, Chine, Danemark, Espagne, Finlande, France, Inde, Irlande, Italie, Luxembourg, Norvège, Nouvelle-Zélande, Pays-Bas, Portugal, République de Corée, Russie, Singapour, Slovénie, Suède, Banque africaine de développement, Banque asiatique de développement, Banque européenne d’investissement, Banque interaméricaine de développement, Banque mondiale, Commission européenne et Programme des Nations Unies pour le développement.

Un dispositif tripartite unique

Pour promouvoir la participation des bailleurs de fonds au financement de l’assistance technique, le FMI a mis en place un dispositif tripartite unique. Selon Alfred Kammer, Directeur du Bureau de la gestion de l’assistance technique du FMI, le programme d’aide technique offre aux pays bénéficiaires, aux donateurs et au FMI lui-même d’excellentes occasions de collaborer au renforcement des économies dans le monde entier.

Premièrement, l’assistance technique du FMI est intégrée à ses activités de surveillance et de prêts. Les synergies qui en découlent permettent à l’institution de concevoir et d’exécuter les projets d’assistance technique dans le cadre du dialogue qu’elle entretient avec ses membres. Les pays bénéficiaires apprécient que le FMI puisse appuyer, grâce à l’assistance technique, les recommandations qu’il formule dans le cadre de ses programmes de surveillance ou de prêts. Les bailleurs, pour leur part, savent que les projets d’assistance technique qu’ils financent seront exécutés en étroite consultation avec les pays bénéficiaires.

Deuxièmement, les projets d’assistance technique du FMI mettent l’accent sur les secteurs essentiels pour la situation macroéconomique dans lesquels le FMI jouit du plus grand avantage comparatif. Par ailleurs, comme le FMI regroupe la quasi-totalité des pays du monde, son programme d’assistance jouit d’une expérience et de connaissances acquises dans une variété de régions et de pays à divers niveaux de développement.

Troisièmement, en collaborant étroitement, le FMI et les bailleurs sont plus à même de coordonner leurs efforts respectifs d’assistance aux pays bénéficiaires. Ils peuvent ainsi éviter la répétition inutile des tâches et répondre aux objectifs de la Déclaration de Paris sur l’harmonisation de l’aide.

Les Centres régionaux d’assistance technique (CRAT) du FMI constituent un exemple particulièrement probant de la collaboration étroite instaurée entre le FMI, les bailleurs et les pays qui bénéficient de l’assistance technique. Les six CRAT —situés au Gabon, au Mali et en Tanzanie pour l’Afrique; à la Barbade pour les Caraïbes; au Liban pour le Moyen-Orient et à Fidji pour l’Océanie —reçoivent le gros des financements dont ils bénéficient des pays donateurs, des organisations internationales et des banques régionales de développement.

Les résultats des activités de ces centres sont très encourageants et la structure de gouvernance des CRAT a fait l’objet d’éloges particuliers. L’orientation stratégique des programmes de travail de chacun des centres est définie par un comité de direction formé de représentants des pays bénéficiaires, des bailleurs et du FMI. Ce dispositif permet d’assurer une solide prise en main des activités de chaque centre par l’ensemble des intervenants.

Renforcement des partenariats

Pour ce qui est de l’avenir, l’établissement de rapports plus étroits entre les donateurs, les pays bénéficiaires et les autres partenaires pour le développement est un objectif clé du FMI. «Notre programme d’assistance technique jouit de l’appui enthousiaste des bailleurs; ces rapports doivent être renforcés», soutient M. Kammer. «Le FMI doit pour cela continuer d’améliorer l’efficacité de son assistance technique, notamment en améliorant la transparence des programmes et en démontrant leur utilité», ajoute-t-il.

Le FMI cherche également à promouvoir l’engagement des bailleurs de fonds en mettant en place un dispositif de planification à moyen terme de son assistance technique. Cela lui permettra d’assurer une meilleure adéquation entre les besoins des pays et les stratégies des bailleurs, et de créer ainsi des projets dont tous les intervenants sortiront gagnants.

Seng Chee Ho

FMI, Bureau de la gestion de l’assistance technique

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