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Moyen-Orient et Asie centrale: La croissance restera soutenue sur fond d’inflation

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2007
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L’économie du Moyen-Orient et de l’Asie centrale croît à un rythme de 6½ % en 2007 et devrait se maintenir à ce niveau en 2008. Les perspectives sont globalement favorables, mais les risques de dégradation liés à la conjoncture internationale se sont intensifiés et la région doit affronter plusieurs problèmes de taille pour préserver le dynamisme de sa croissance et accélérer le recul tant de la pauvreté que du chômage.

En 2007, la croissance de la région —composée de pays exportateurs de pétrole, de pays à faible revenu et de pays émergents —sera supérieure à celle de l’économie mondiale pour la huitième année consécutive. L’économie, en outre, croît plus vite que la population.

Dans les pays exportateurs de pétrole, l’expansion économique, soutenue par l’activité non pétrolière, devrait se monter à environ 6½ % cette année et en 2008. C’est dans les pays à faible revenu que la croissance est la plus rapide (9 %), mais elle devrait s’y ralentir l’an prochain. Quant aux pays émergents, leur expansion devrait être légèrement inférieure à 6 % en 2007, mais se situera probablement entre 6½ et 7 % l’an prochain.

L’inflation s’est accélérée en 2007 dans la région pour atteindre environ 8½ % et ne devrait que légèrement se tasser en 2008. Dans les pays exportateurs de pétrole, elle est passée de 7 % en 2006 à 10 % cette année. Elle a été modérée en Arabie Saoudite, à Bahreïn et au Koweït. C’est sans doute en Azerbaïdjan, en Iran, en Libye et au Qatar qu’elle sera la plus élevée en raison des pressions exercées par la demande intérieure sous l’effet, notamment, de la hausse des salaires du secteur public et de l’insuffisance de l’offre. Dans la plupart des pays, la récente augmentation des prix alimentaires exerce un surcroît de pressions sur les prix.

Évolution de la situation régionale

Au Moyen-Orient et en Asie centrale, les revenus par habitant ont progressé, l’intégration économique s’est intensifiée, les systèmes économiques nationaux ont évolué et l’activité économique s’est diversifiée. Dans les pays membres du Conseil de coopération du Golfe (Arabie Saoudite, Bahreïn, Émirats arabes unis, Koweït, Oman et Qatar), par exemple, le secteur non pétrolier occupe une place de plus en plus importante. Les forces du marché et le secteur privé, en outre, jouent un rôle accru dans la région.

Une croissance soutenue

Les pays importateurs de pétrole à faible revenu sont en tête.

(variation annuelle, en pourcentage)
2006Est.

2007
Proj.

2008
Moyen-Orient et Asie centrale6,66,66,7
Pays exportateurs de pétrole6,26,66,4
Pays à faible revenu9,39,38,8
Pays émergents6,85,96,6
Sources: autorités nationales; estimations et projections des services du FM.

Les indicateurs du développement s’améliorent. La pauvreté extrême a reculé, l’espérance de vie s’est accrue et la fécondité a diminué. Grâce à l’afflux d’immigrants, la région compte maintenant 650 millions d’habitants. La population des Émirats arabes unis et du Qatar a quadruplé, ce qui a eu pour effet de stimuler la croissance de ces pays, mais aussi de mettre leurs infrastructures à rude épreuve. En dépit de la forte expansion enregistrée récemment dans la région, le chômage n’a que faiblement baissé et dépasse 10 % dans de nombreux pays.

Dépenses ou épargne

L’augmentation des dépenses des pays producteurs de pétrole a entraîné une baisse de l’épargne dans l’ensemble de la région cette année. Grâce au gonflement des recettes tirées des exportations de pétrole et de gaz, les dépenses consacrées aux projets d’investissement en infrastructures et dans le secteur social se sont accélérées. L’excédent courant des pays exportateurs de pétrole devrait descendre de 21 % du PIB (275 milliards de dollars) l’an dernier à 17 % (264 milliards de dollars) cette année. Les pays à faible revenu ont eux aussi accru leurs dépenses en 2007, alors que les pays émergents, en moyenne, ont réduit les leurs en pourcentage du PIB.

La plupart des pays émergents et des pays à faible revenu ont enregistré un déficit. Chez les premiers, il s’est accru pour passer à 2½ % et restera à ce niveau en 2008. Il devrait augmenter aussi chez les seconds et atteindre 3½ % du PIB, principalement à cause du niveau élevé des importations. Dans certains pays importateurs de pétrole, toutefois, les envois de fonds et la hausse des prix à l’exportation ont partiellement compensé les effets de la hausse des cours pétroliers sur le compte courant.

Les entrées d’investissements directs étrangers dans la région, qui ont quadruplé depuis 2002, devraient atteindre 80 milliards de dollars cette année. Ces flux, conjugués à de substantiels excédents de compte courant, ont sensiblement accru les réserves de change officielles de la région, qui devraient approcher 790 milliards de dollars d’ici à la fin de l’année. Ce sont les pays exportateurs de pétrole qui disposent des réserves les plus importantes: elles devraient atteindre 675 milliards de dollars à la fin de l’année.

Questions de politique économique

Les perspectives du Moyen-Orient et de l’Asie centrale sont positives, mais risquent d’être assombries par d’éventuels conflits et la détérioration des conditions de sécurité. En outre, un ralentissement marqué de la croissance mondiale affecterait la région du fait notamment de son intégration croissante à l’économie mondiale et de sa dépendance à l’égard des exportations de produits de base. Un autre risque potentiel est une aggravation de la situation sur les marchés financiers internationaux, qui ralentirait l’afflux de capitaux dans la région.

Celle-ci doit relever plusieurs défis: gérer des entrées de devises exceptionnellement élevées, facteurs de croissance à long terme dans certains pays, mais sources de pressions inflationnistes dans d’autres; assurer la viabilité des finances publiques et des comptes extérieurs dans certains pays; poursuivre le développement du secteur financier; encourager la diversification; et promouvoir une expansion économique tirée par le secteur privé.

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