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Les enjeux du changement climatique

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2007
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La température moyenne mondiale a augmenté d’environ 0,7 °C entre 1906 et 2005 et il est prévu que les concentrations existantes de gaz à effet de serre (GES) provoqueront une nouvelle augmentation des températures dans les décennies à venir. D’après les projections du Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (GIEC), colauréat du Prix Nobel de la paix 2007, si rien n’est fait, les émissions de GES entraîneront une augmentation de la température mondiale moyenne comprise entre 1,1 et 6,4 °C d’ici 2100. Les plus fortes hausses de température s’observeraient dans les régions septentrionales de l’Amérique du Nord, de l’Europe et de l’Asie, et les plus faibles —mais néanmoins considérables —dans les régions tropicales.

Plusieurs autres effets climatiques sont également à craindre. Il se produira vraisemblablement une modification du régime général des pluies, et de nombreuses régions du monde qui souffrent déjà de la sécheresse verront leur situation s’aggraver. Le bouleversement de la pluviométrie devrait également se faire sentir dans de nombreuses régions tropicales, et il pourrait influer sur les phénomènes climatiques saisonniers, menaçant ainsi les moyens d’existence de larges groupes de population ainsi que la conservation de ressources naturelles essentielles. Les risques d’inondation augmenteraient du fait de la densification des précipitations et de l’élévation du niveau des mers. En outre, les phénomènes climatiques exceptionnels comme les ouragans, les inondations, les vagues de chaleur et les sécheresses, deviendraient plus fréquents et/ou plus intenses, en particulier en Afrique, en Asie et dans les Caraïbes.

Au-delà de ces effets, il pourrait y avoir des «points de basculement» qui, s’ils étaient dépassés, auraient des conséquences plus dramatiques encore et de caractère irréversible: fonte rapide des glaciers, changement de direction du Gulf Stream et disparition à grande échelle de la toundra au Canada, en Chine et en Russie.

La réaction des pouvoirs publics

Si les avis diffèrent quant à l’ampleur et à l’urgence des mesures à prendre, il existe un large consensus sur la nécessité de réduire les risques économiques considérables que présentent les niveaux de réchauffement prévus dans l’hypothèse de politiques inchangées. Étant donné les divergences de vues sur les coûts et les avantages relatifs de l’action et de l’inaction, la question de savoir jusqu’à quel point il est souhaitable de faire intervenir les pouvoirs publics est loin d’être tranchée.

Il est essentiel que les principaux pays émetteurs s’accordent sur la mise en œuvre de mesures qui permettront de limiter les futures émissions de gaz à effet de serre. Les premières initiatives de coopération internationale —principalement incarnées dans le protocole de Kyoto —n’ont eu qu’un succès limité. Ainsi, les États-Unis se sont vu assigner un objectif de réduction de leurs émissions, mais, comme ils n’ont pas ratifié le protocole, ils n’ont en fait contracté aucune obligation. Et parmi les pays signataires, plusieurs sont encore assez loin aujourd’hui de tenir leurs engagements.

Certains pays non signataires du protocole de Kyoto, notamment l’Australie et les ÉtatsUnis, s’efforcent aussi de leur côté de limiter les émissions de gaz à effet de serre en appuyant le développement et la diffusion de nouvelles technologies visant à promouvoir l’efficacité énergétique. D’autres ont pris des mesures pour réformer la tarification de l’énergie et enrayer la déforestation, ce qui leur a permis du même coup de renforcer leur sécurité énergétique et de réduire la pollution atmosphérique à l’échelon local. Dans chaque cas, le fait de limiter la croissance des émissions de GES s’est ainsi accompagné d’effets positifs importants.

Ces efforts, conjugués à un large éventail de procédures et de cadres d’action en cours d’élaboration au plan international, devraient contribuer à réduire les émissions de gaz à effet de serre. Pour atteindre cet objectif, toutefois, il faut renforcer et amplifier ces efforts tout en tenant dûment compte du fait qu’ils doivent être équitablement partagés.

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