Journal Issue
Share
Article

Renchérissement De L’énergie: La flambée du pétrole place les décideurs devant une tâche difficile: Flambée du pétrole

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2007
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Au moment où le prix du baril de pétrole approche 100 dollars, le renchérissement de l’énergie constitue une nouvelle source de préoccupation pour les consommateurs, déjà affectés par la crise du crédit.

En novembre, le cours moyen du pétrole sur le marché au comptant (APSP) a atteint un niveau sans précédent en dépassant 94 dollars. Les cours des trois principaux pétroles de référence ont eux aussi battu des records: le West Texas Intermediate a clôturé à près de 99 dollars, le Brent à 96 dollars et le Dubaï à plus de 90 dollars. En dépit d’une certaine détente à la fin novembre, les cours restent élevés et volatils.

La hausse des prix du pétrole, cependant, n’affecte pas tous les pays au même degré. Mesurée en euros et en droits de tirage spéciaux (DTS), la poussée des prix est moins spectaculaire qu’en dollars en raison de la dépréciation de la monnaie américaine, dans laquelle les producteurs de pétrole facturent leur marchandise (graphique 1). Les effets de la dépréciation du dollar sur les prix du pétrole ont été examinés lors du dernier sommet de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP).

Graphique 1:Nouveaux records

La dépréciation du dollar a intensifié la récente flambée des prix du pétrole.

(prix moyen du pétrole sur le marché au comptant en dollars, DTS et euros)1

Sources: calculs des services du FMI.

1 Période de référence = janvier 2006.

2 DTS = droits de tirage spéciaux. Le DTS est un instrument de réserve international créé par le FMI. Sa valeur est calculée à partir d’un panier de devises.

Laura Wallace

Rédactrice en chef

Jeremy Clift

Rédacteur principal

Elisa Diehl

Archana Kumar

James Rowe

Simon Willson

Rédacteurs

Lijun Li Randa Elnagar

Assistantes de rédaction

Kelley McCollum

Assistante de production

Luisa Menjivar

Directrice artistique

Julio Prego

Compositeur

Michael Spilotro

Photographe

Édition française

Division française

Services linguistiques

Jean-Marie Macabrey

Traduction

Anne Rousseau

Correction et PAO

Le Bulletin du FMI (ISSN 0250-7412) est aussi publié en anglais (IMF Survey) et en espagnol (Boletín del FMI). Douze numéros paraissent chaque année.

Les opinions et les informations contenues dans le Bulletin ne représentent pas nécessairement la position officielle du FMI, pas plus que les cartes publiées: les noms et les frontières figurant sur ces cartes ne peuvent être considérés comme représentant l’opinion du FMI ni sur le statut juridique des territoires concernés, ni sur la validité des frontières. Les articles du Bulletin, hormis les photos et illustrations, peuvent être reproduits à condition que la source soit citée.

Le courrier à la rédaction doit être adressé à Current Communications Division Room 7-106, IMF, Washington, DC 20431 (U.S.A.) Téléphone: (202) 623-8585

Courriel: Imfsurvey@imf.org

Abonnement annuel: 15 dollars EU pour les entreprises et les particuliers. Demandes d’abonnement au Bulletin du FMI ou aux autres publications du FMI IMF Publication Services, Box X2007

IMF, Washington, DC 20431 (U.S.A.)

Téléphone: (202) 623-7430

Télécopie: (202) 623-7201

Courriel: publications@imf.org

Expédition par courrier première classe pour le Canada, les États-Unis et le Mexique, et par avion pour les autres pays.

À nos abonnés

En raison de la hausse des coûts d’expédition, nous aimerions nous assurer que tous les abonnements au Bulletin du FMI sont à jour.

Si vous souhaitez continuer de recevoir l’édition imprimée du Bulletin, rendez-vous sur le site www.imfbookstore.org/imfsurvey et inscrivez-vous par le biais de notre site sécurisé. Vous pouvez aussi écrire au service des publications du FMI à l’adresse figurant dans l’encadré ci-dessus. Faute de quoi, votre nom risque d’être rayé de notre liste de distribution à la fin de 2007.

Vous trouverez un surcroît d’articles et d’informations dans notre édition Internet (mise à jour plusieurs fois par semaine) à l’adresse suivante: www.imf.org/imfsurvey.

À la fin novembre, les marchés à terme et les marchés des options laissaient présager que le niveau moyen de l’APSP atteindrait près de 88 dollars le baril au quatrième trimestre 2007 et près de 87 dollars en 2008. Il y a environ une chance sur trois que le prix du Brent dépasse 100 dollars d’ici avril 2008.

La récente flambée des cours du pétrole s’explique par l’aggravation des tensions géopolitiques au Moyen-Orient et les interruptions de production dues à de mauvaises conditions météorologiques: dans un monde où les capacités de production pétrolière inutilisées sont restreintes et où les stocks diminuent, les prix sont devenus très sensibles aux informations laissant présager une défaillance de l’approvisionnement. L’affaiblissement du dollar a aussi joué un rôle, mais le problème fondamental réside dans le faible niveau de l’excédent de capacités et la persistance probable de vives tensions sur le marché pétrolier.

Une demande supérieure à l’offre

La demande de pétrole est restée soutenue en raison de la forte croissance des pays émergents, notamment la Chine et les pays du Moyen-Orient (graphique 2). La demande mondiale de pétrole devrait rester robuste en 2008, bien que l’Agence internationale de l’énergie ait récemment révisé à la baisse ses estimations pour le quatrième trimestre 2007 en raison du ralentissement de l’économie américaine.

Graphique 2:Une demande variable

Le niveau durablement élevé de la demande de pétrole a mis l’offre à l’épreuve. La croissance de la demande devrait rester soutenue en 2007–08.

(variation annuelle en millions de barils par jour)

Sources: calculs des services du FMI; les projections de la demande et de l’offre des pays non membres de l’OPEP émanent de l’Agence internationale de l’énergie.

Note: OPEP = Organisation des pays exportateurs de pétrole.

S1 = premier semestre; S2 = second semestre.

Or, l’offre ne suit pas la demande et les stocks diminuent. Durant les neuf premiers mois de 2007, l’offre mondiale de pétrole a légèrement baissé du fait de la baisse de la production des pays membres de l’OPEP et de la faible croissance de la production des pays producteurs non membres de l’organisation. En conséquence, les inventaires commerciaux des pays industrialisés ont diminué au troisième trimestre et en octobre, alors que cette période se caractérise normalement par une accumulation de stocks.

Si l’offre ne parvient pas à suivre la demande, c’est que la production de pétrole pose de plus en plus de problèmes techniques et économiques. Le marché devrait donc rester tendu et pourrait même se durcir davantage si la croissance du PIB des pays émergents, tels que la Chine et l’Inde, devait se poursuivre à un rythme élevé.

Selon le FMI, une poussée durable des prix freinera sans doute la demande de pétrole (surtout aux États-Unis) en accroissant le degré de substitution d’autres sources énergétiques et en encourageant les économies d’énergie. Dans l’immédiat, toutefois, la demande pourrait rester insensible aux variations de prix.

Affaiblissement du dollar

La poussée des prix du pétrole n’est pas un événement isolé. De nombreux autres produits de base —métaux précieux, métaux industriels (tels que le plomb et le nickel), produits alimentaires (blé, huile de soja, huile de palme, etc.) —ont battu des records de hausse en 2007. Par ailleurs, la dépréciation du dollar a amplifié la poussée des cours du pétrole exprimée en monnaie américaine. Alors que l’APSP a augmenté de près de 51 % en dollars durant les douze mois clos à la mi-novembre 2007, il n’a progressé que d’environ 37 % en euros durant la même période.

Au-delà de cet «effet comptable», certains analystes de marché estiment que l’affaiblissement du dollar, conjugué aux remous financiers causés par l’effondrement du marché américain des prêts immobiliers à risque, a peut-être incité les investisseurs à diversifier leurs placements au détriment d’actifs financiers libellés en dollars et au profit de produits de base considérés comme des «actifs de substitution».

Répercussions économiques

Jusqu’ici, la hausse des prix du pétrole a eu peu d’effet sur l’activité et l’inflation mondiales, et cela pour plusieurs raisons: depuis 2002, l’augmentation des cours pétroliers est due à l’accroissement de la demande; l’intensité énergétique des économies a diminué; la compétitivité des marchés du travail s’est accrue; les cadres de politique monétaire ont gagné en crédibilité. La vigueur de la croissance mondiale et la hausse des produits de base autres que les combustibles ont atténué les effets du renchérissement du pétrole sur la balance commerciale de nombreux pays, notamment celle des pays en développement.

Pour autant, l’augmentation récente des prix du pétrole fera probablement monter l’indice des prix à la consommation (IPC) dans les mois à venir. Les effets directs de la hausse récente des cours du pétrole sur l’IPC des États-Unis devraient être de l’ordre d’un demi point à la fin de l’année.

Les autres pays avancés devraient être moins touchés, car les transports privés y occupent une place moindre qu’aux États-Unis et les prix ont moins augmenté dans la monnaie de ces pays qu’en dollars. Toutefois, la hausse du pétrole pourrait avoir, sur les autres prix et les salaires, des effets secondaires susceptibles de réduire la marge de manœuvre des banques centrales face à l’affaiblissement de la demande causé par les récents remous financiers.

Risque de surchauffe

La situation est particulièrement difficile dans certains pays émergents et pays en développement, où les risques de surchauffe suscitent de l’inquiétude et où le renchérissement des produits énergétiques et alimentaires pourrait exercer des pressions sur le budget des ménages et le solde extérieur de la nation. La récente hausse du pétrole alourdira le coût des importations d’un grand nombre de pays à faible revenu importateurs de pétrole et pourrait mettre leurs finances publiques à rude épreuve.

À l’avenir, compte tenu du resserrement du marché, toute perturbation importante de l’approvisionnement en pétrole risque de relever davantage les prix. L’excédent de capacité de production, qui demeure en dessous de sa zone de confort historique, se compose essentiellement de brut sulfureux d’Arabie Saoudite, difficile à transformer en combustible à basse teneur en soufre —le produit demandé par les pays de l’OCDE.

De l’avis de la plupart des spécialistes du marché pétrolier, la situation n’est pas près de s’améliorer, car le manque d’opportunités en matière de prospection freinera l’offre. Si la croissance des pays émergents se poursuit à un rythme soutenu, la persistance de prix pétroliers élevés et instables pourrait devenir la norme.

Kevin C. Cheng et Valerie Mercer-Blackman

FMI, Département des études

Other Resources Citing This Publication