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Perspectives économiques régionales: Afrique: pérenniser une forte croissance

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2004
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La croissance devrait atteindre 6,7 % en 2008, contre 6 % en 2007 (tableau) dans les pays subsahariens. Selon les dernières Perspectives économiques régionales (PER) du FMI pour l’Afrique subsaharienne, l’expansion y est la plus forte et l’inflation la plus faible en 30 ans.

L’expansion tient à la hausse de la production des pays pétroliers et à l’ampleur des investissements intérieurs dans les pays importateurs de pétrole, liée aux progrès de la stabilité macroéconomique et des réformes dans la plupart des pays. La région tire aussi profit de la vigueur de la demande de produits de base, des entrées massives de capitaux et de l’allégement de la dette. Les PER scindent les pays subsahariens en quatre groupes: les exportateurs de pétrole, les non exportateurs de pétrole à revenu intermédiaire, ceux à faible revenu et les États fragiles (qui sont en général confrontés à l’instabilité politique et à des conflits).

La croissance des pays exportateurs de pétrole devrait être portée à près de 10,5 % en 2008, celle des pays à revenu intermédiaire à 4 % environ et celle des pays à faible revenu à 7 %, tirée par l’agriculture et le bâtiment; celle des États fragiles devrait être de 5,5 %.

Les pays subsahariens ont contenu l’inflation à 7,5 % malgré la hausse des prix des produits de base. En moyenne, elle devrait fléchir encore cette année dans les pays exportateurs de pétrole, en partie du fait des progrès de la stabilisation en Angola et au Nigéria. Dans les pays à revenu intermédiaire, elle devrait s’accélérer et atteindre environ 6,5 % cette année, tandis que dans la plupart des pays à faible revenu, les tensions inflationnistes devraient s’atténuer encore en raison, pour partie, de l’abondance de denrées alimentaires et des politiques monétaires qui ont contribué à contenir les attentes inflationnistes et les effets de la hausse du prix du pétrole. Dans les États fragiles, l’inflation moyenne devrait rester élevée, encore que avec de fortes disparités entre pays.

Cette croissance est-elle durable?

Pérenniser la croissance est, selon les PER, l’un des défis majeurs de la région, et dépendra de l’aptitude de chaque pays à exploiter son surcroît de revenu pour accélérer le développement socioéconomique. Cet effort exigera la poursuite des réformes structurelles et institutionnelles pour accroître la productivité, renforcer la résistance aux chocs et attirer l’investissement privé dans les secteurs autres que ceux des produits de base.

Une croissance forte

L’expansion est généralisée à l’ensemble des pays mais plus forte chez les exportateurs de pétrole.

(Croissance du PIB, en pourcentage)

Proj.Proj.
2005200620072008
Pays exportateurs de pétrole7,75,77,610,6
Pays à revenu intermédiaire4,94,84,74,2
Pays à faible revenu6,76,46,97,0
États fragiles2,82,53,05,5
Afrique subsaharienne5,95,46,06,7
Sources: FMI, base de données du Département Afrique, 1er octobre 2007; base de données des Perspectives de l’économie mondiale, 1er octobre 2007.
Sources: FMI, base de données du Département Afrique, 1er octobre 2007; base de données des Perspectives de l’économie mondiale, 1er octobre 2007.

Les épisodes antérieurs de croissance des pays subsahariens ont été plus brefs qu’ailleurs dans le monde et se sont souvent soldés par un effondrement de la production, en raison de la volatilité des termes de l’échange et de divers chocs, ainsi que de la faiblesse des institutions. Dans la phase actuelle, nombre de pays pétroliers ont épargné une part plus importante de leur manne et amélioré leurs politiques. Plusieurs autres pays ont aussi maintenu la dynamique de la croissance malgré la stagnation voire la détérioration des termes de l’échange. La forte croissance dénote les améliorations apportées aux dispositifs institutionnels, les réformes structurelles et la rigueur des politiques mises en œuvre. À la faveur de l’amélioration des conditions et de la stabilité économiques, l’investissement repart à la hausse et la volatilité des recettes diminue.

Risques liés aux perspectives

Les PER décrivent un cadre prometteur qui n’est toutefois pas exempt de risques tant extérieurs qu’intérieurs. Au plan extérieur, il ne faut pas exclure un éventuel ralentissement de l’activité économique mondiale tandis que les risques intérieurs tiennent à de possibles lacunes dans la mise en œuvre des politiques ainsi qu’à des problèmes sécuritaires ou politiques. S’il arrivait par exemple que les prix des produits de base non pétroliers s’effondrent brutalement, la production pourrait fléchir de 1,5 %. Une hausse imprévue des prix pétroliers aggraverait les soldes extérieurs courants et nuirait aux réserves de change des pays importateurs de pétrole.

Quelques pays subsahariens ont récemment bénéficié d’entrées massives d’investissements de portefeuille dont l’inversion réduirait les financements extérieurs et affecterait la croissance. Pour l’heure, la plupart des marchés subsahariens ont été peu affectés par les turbulences des marchés financiers internationaux, mais il pourrait en être autrement. En outre, la retarification du risque pourrait affaiblir la capacité des pays subsahariens à lever des fonds sur les marchés mondiaux ou à mener à bien les privatisations.

Priorités à moyen terme

Quelques pays subsahariens mettent à profit la vigueur de la croissance mondiale et la bonne tenue des marchés internationaux pour ancrer les réformes. Mais peu sont ceux qui peuvent envisager de réduire la pauvreté de moitié d’ici 2015. Pour bien d’autres, les progrès vers la réalisation des OMD sont encore plus difficiles à évaluer par manque de données statistiques.

Pour progresser vers les OMD, il appartient aux décideurs africains de consolider les acquis de la stabilisation, d’améliorer les infrastructures, de réduire les coûts des transactions et d’accroître la productivité, d’éliminer les contraintes de financement et d’approfondir les échanges et les marchés.

Les dons aux pays subsahariens hormis le Nigéria et l’Afrique du Sud devraient représenter 3 % du PIB cette année, en légère augmentation pour les pays à faible revenu. Bien que l’aide publique au développement provenant des pays industrialisés ait globalement stagné depuis 2003, l’aide des créanciers émergents, la Chine en particulier, est plus généreuse et prend la forme d’aides-projets et de crédits à l’exportation.

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