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Greenspan prévoit un dénouement en douceur des déséquilibres

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2004
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Les décideurs se sont trop concentrés sur le déficit extérieur courant des États-Unis, alors que c’est le niveau global de la dette, et non l’origine interne ou externe de son financement, qui influe sur le comportement économique et «peut être une cause de préoccupation pour le système», a déclaré le 21 octobre Alan Greenspan, ancien Président du Conseil des gouverneurs du Système fédéral de réserve des États-Unis.

À la conférence de la fondation Per Jacobsson —qui se tient régulièrement depuis plus de 40 ans à l’Assemblée annuelle de la Banque mondiale et du FMI —Greenspan a déclaré que le dénouement des déséquilibres de balance des paiements prendra du temps, mais ne sera pas de nature à perturber l’économie réelle. Toutefois, il a mis en garde contre le protectionnisme et la dérive vers l’instabilité budgétaire aux États-Unis et dans d’autres pays, car ils pourraient entraîner un ajustement douloureux.

«À moins que les forces protectionnistes ne compromettent la flexibilité du système financier international, je ne considère pas le dénouement du déficit courant des États-Unis», qui est d’environ 6 % de leur PIB, «comme une raison de trop s’alarmer», a ajouté Greenspan.

Selon lui, la rapide croissance du déficit courant des États-Unis ces dix à quinze dernières années n’est pas le signe d’un changement malsain du comportement des emprunteurs américains —ménages, entreprises et administrations publiques.

Ce déficit ne doit pas être considéré hors contexte: il résulte du comportement des entreprises et administrations américaines, qui se sont tournées vers «des sources extérieures plutôt qu’intérieures pour le financement du déficit»; «ce n’est pas le principal résultat d’une accélération de la tendance séculaire à la hausse des déséquilibres des entreprises ou administrations en proie à des difficultés économiques».

En d’autres termes, il découle du recours à des sources de financement extérieures plutôt qu’intérieures à un moment où les étrangers surmontaient leur penchant à investir chez eux et jugeaient meilleures les possibilités offertes aux États-Unis ou ailleurs, principalement en raison de la rapide croissance de la productivité de ce pays. Ce sont ces deux évolutions du comportement des investisseurs étrangers qui sont les explications les plus «convaincantes» de l’énorme déficit courant des États-Unis.

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