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Réchauffement climatique: Des signes encourageants pour la planète

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
December 2007
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Selon Rodrigo de Rato, Directeur général du FMI, «des signes encourageants laissent à penser que le problème posé à la planète par les changements climatiques n’est pas insurmontable». Dans l’allocution qu’il a prononcée à la conférence organisée le 24 septembre à Madrid par le Club de Rome, M. de Rato a affirmé que les changements climatiques posent «le problème écologique le plus pressant de notre époque».

Durant son intervention, le Directeur général du FMI a ajouté que, si l’allongement de la durée de vie et la baisse du taux de natalité constituent généralement des phénomènes positifs dans de nombreux pays, les changements démographiques ont aussi des effets économiques négatifs, que les pays devront affronter.

Sur la menace du réchauffement planétaire, il a noté que «nombreux sont ceux qui pensent que nous nous rapprochons du point où le changement ne sera plus seulement nuisible mais catastrophique», avant d’ajouter toutefois qu’il discernait des progrès dans la manière dont la planète fait face aux changements climatiques dangereux.

Consensus

De l’avis de M. de Rato, les premiers à supporter les conséquences sociales des émissions de gaz à effet de serre sont non pas les coupables, dont un grand nombre figure «souvent parmi les particuliers, sociétés et pays les plus puissants», mais ceux qui sont souvent les plus désarmés, y compris les générations futures, qui n’ont pas droit à la parole.

Selon le Directeur général du FMI, toutefois, un consensus se dégage sur la nécessité de lutter contre le réchauffement climatique. «Partout dans le monde, des particuliers et des entreprises réduisent volontairement leurs propres émissions et font pression sur leurs gouvernements pour qu’ils trouvent une solution politique à ce problème», observe-t-il.

Les autorités doivent chercher la solution du problème «là où il trouve ses origines, c’est-à-dire dans le domaine économique», et parvenir à «une évaluation raisonnée des coûts et avantages économiques des changements climatiques et des politiques qui peuvent être adoptées pour les combattre. Il s’agit notamment de politiques visant à atténuer les changements climatiques (pour prévenir ce qui peut l’être) et de mesures permettant aux pays de s’adapter à ces changements (quand ils ne peuvent les empêcher)».

Estimations des coûts

M. de Rato estime que le FMI a un rôle à jouer dans l’analyse de l’impact des changements climatiques. Son prochain rapport semestriel sur les Perspectives de l’économie mondiale, qui sera publié ce mois-ci, contiendra une estimation du coût de ces changements et une analyse des aspects économiques du choix des méthodes visant à les atténuer —notamment les options consistant à imposer des taxes sur les émissions de gaz à effet de serre ou à leur fixer des limites, accompagnées d’un système d’échange de permis d’émission au niveau international.

Le jour même où s’exprimait M. de Rato, M. Ban Ki-moon, Secrétaire général des Nations Unies, rencontrait les hauts représentants de 150 pays au siège de l’organisation à New York. M. Ban essaie de mobiliser des engagements politiques en prélude à la Conférence des Nations Unies sur les changements climatiques qui se tiendra à Bali en décembre, date à laquelle commenceront les négociations sur l’accord international destiné à succéder à celui de Kyoto, vieux de dix ans.

Tensions démographiques

Devant le Club de Rome, M. de Rato a en outre évoqué l’impact du vieillissement des populations, qui est de nature à réduire la production en raison de la diminution de la taille relative de la population active et à exercer des tensions sur les systèmes de santé et de retraite. Il a fait observer qu’au moment de la création de ce forum de réflexion international, il y a près de 40 ans, l’attention était centrée sur les risques de surpopulation, qui subsistent d’ailleurs dans certaines régions du globe.

Ce sont toutefois de plus en plus les effets économiques du vieillissement de la population tant dans les pays développés que dans les principales économies émergentes qui sont au centre des préoccupations. Pour «anticiper et gérer les effets économiques des changements démographiques», les pays confrontés au vieillissement de leur population devront prendre un certain nombre de mesures:

Procéder à des réformes structurelles pour accroître la productivité «de manière à ce qu’une population active relativement moins nombreuse puisse produire davantage». Ces réformes, telles que la réduction des obstacles tarifaires et juridiques, l’ouverture des marchés à la concurrence et la création d’un environnement plus favorable aux entreprises, «peuvent toutes contribuer à cette augmentation de la productivité». Dans la zone euro, pour chaque personne de plus de 65 ans, il y en a aujourd’hui quatre dont l’âge est compris entre 15 et 65 ans, un ratio qui se rapprochera de 1 pour 2 au milieu du siècle.

  • Réduire les pénuries sur le marché du travail en encourageant l’immigration et en mettant en place des politiques d’intégration des immigrants à leurs sociétés.

  • Réformer les systèmes de santé pour en accroître l’efficacité, réduire les défaillances du marché, mettre l’accent sur la médecine préventive et améliorer le comportement des particuliers en matière de santé.

  • Relever l’âge de la retraite pour réduire les tensions sur les systèmes de pensions —ce qui se fait déjà —tout en réformant le marché du travail pour améliorer les débouchés offerts aussi bien aux jeunes qu’aux travailleurs plus âgés.

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