Article

L’Afrique a beaucoup à gagner de l’allégement de dette

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
January 2006
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Abdoulaye Bio-Tchané, Directeur du Département Afrique du FMI, commente les effets probables de l’allégement de dette sur l’Afrique.

Bulletin: Comment l’Afrique va-t-elle bénéficier de l’IADM, de la facilité de protection contre les chocs exogènes [FCE] et de l’instrument de soutien à la politique économique [ISPE]?

M. Bio-Tchané: Grâce à ces initiatives, le FMI pourra mieux répondre aux différents besoins des pays africains. L’IADM vise à mettre davantage de ressources à leur disposition pour atteindre, entre autres, les objectifs du Millénaire pour le développement [OMD]. Globalement, elle devrait permettre d’annuler plus de 40 milliards de dollars de dette envers le FMI, l’Association internationale de développement de la Banque mondiale et le Fonds africain de développement. La FCE donne au FMI un nouveau moyen d’aider les pays à faire face aux chocs internes et externes, notamment aux catastrophes naturelles telles que les sécheresses. Quant à l’ISPE, que le Nigéria a déjà utilisé et auquel l’Ouganda s’apprête à faire appel, il élargit la panoplie d’outils dont le FMI dispose pour répondre aux besoins des pays à faible revenu.

Bulletin: Que devront faire les pays bénéficiaires pour tirer le plus grand parti de l’annulation de dette?

M. Bio-Tchané: L’IADM est clairement liée aux OMD. Ce n’est pas un hasard que l’accent soit mis sur les documents de stratégie pour la réduction de la pauvreté [DSRP]. L’existence d’un DSRP et d’un système efficace de gestion des dépenses publiques garantira que les ressources dégagées par cette initiative serviront à accroître les dépenses de lutte contre la pauvreté, en particulier à améliorer les soins de santé, l’éducation et le développement rural. En même temps, ces pays devront absorber l’allégement de dette, et l’augmentation de l’aide, sans altérer ni déstabiliser leur environnement macroéconomique, ce qui compromettrait les perspectives de croissance et de réduction de la pauvreté.

Bulletin: Quand verrons-nous les premiers changements en Afrique et quelle forme prendront-ils?

M. Bio-Tchané: Les remboursements de dette au FMI par les pays admis à bénéficier de l’IADM seront réduits. Une fois que leurs parlements et gouvernements auront donné leur approbation, ces pays pourront affecter des ressources à la lutte contre la pauvreté. Il est difficile d’évaluer précisément les effets de l’allégement de dette, mais l’expérience de l’initiative PPTE nous enseigne qu’un allégement libère des ressources pour combattre la pauvreté. Par exemple, avant l’initiative PPTE, les pays qui bénéficiaient d’un allégement consacraient en moyenne un peu plus de ressources au service de la dette qu’à la santé et à l’éducation réunies. Ce n’est plus le cas. Dans ces 28 pays, qui ont signé récemment des programmes appuyés par le FMI et la Banque mondiale, les dépenses affectées à la santé, à l’éducation et aux autres services sociaux représentent aujourd’hui en moyenne près de quatre fois le montant du service de la dette. Un nouvel allégement et les ressources supplémentaires annoncées par le G-8 devraient amplifier ces effets. Mais, au bout du compte, les résultats de tous ces efforts dépendent des pays africains eux-mêmes et des politiques qu’ils adopteront.

Bulletin: Quelle est la prochaine étape de l’engagement du FMI en Afrique?

M. Bio-Tchané: Les progrès observés en Afrique ces deux dernières années sont très encourageants. La croissance a atteint en moyenne 5 % sur tout le continent, et certains pays ont aussi très bien réussi à réduire l’inflation. Ce n’est pas dû au hasard, mais au fait que la plupart des pays adoptent des politiques visant à créer un environnement propice au développement du secteur privé. Nous voulons encourager cette évolution. Comme l’établit la stratégie à moyen terme du FMI, les pays à faible revenu sont au cœur des activités de l’institution, et nous avons multiplié nos outils pour travailler avec les pays africains.

Il importe tout particulièrement d’aider ces pays à élaborer des politiques macroéconomiques pour mettre à profit de façon efficace l’allégement de dette et l’accroissement de l’aide. Les pays du G-8 ont annoncé récemment qu’ils allaient augmenter leur aide, en particulier en faveur de l’Afrique, ce dont nous nous félicitons. Mais cet afflux d’aide peut poser des problèmes redoutables aux pays africains. Nous sommes résolus à les aider à réaliser les OMD en leur donnant des conseils pour surmonter ces difficultés.

Other Resources Citing This Publication