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Régions: Scénarios d’évaluation des risques: Amérique latine: mieux armée contre l’adversité

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
May 2007
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L’Amérique latine connaît sa croissance la plus rapide et soutenue depuis une trentaine d’années, résultat attribuable à des politiques économiques vigoureuses et à un environnement extérieur propice: forte expansion de l’économie mondiale, cours élevés des matières premières et climat financier favorable.

Selon le rapport du FMI sur les Perspectives de l’économie mondiale, le maintien d’un environnement extérieur favorable devrait se traduire par au moins deux autres années de forte croissance du PIB réel en Amérique latine — un peu moins de 5 % en 2007 et 4¼ % en 2008. Mais, la région étant historiquement sensible à l’environnement mondial (le FMI estime qu’ici, la variance de la croissance à moyen terme depuis 1995 tient pour moitié à des facteurs extérieurs), le Département Hémisphère occidental du FMI a voulu quantifier cette sensibilité. Il a donc élaboré un modèle intégrant six grandes économies de la région (Argentine, Brésil, Chili, Colombie, Mexique et Pérou), qui représentent 90 % de la production régionale, un groupe qu’il appelle «AL6».

D’après ce modèle, la croissance en Amérique latine ne pâtirait pas trop de l’évolution probable du climat extérieur à moyen terme. Pour autant, la croissance du PIB réel serait bien plus compromise en cas de détérioration marquée des conditions de crédit, d’effondrement des cours, ou de croissance économique mondiale beaucoup plus faible que prévu — un scénario que le FMI juge très improbable.

Évaluer la sensibilité aux chocs extérieurs

En s’inspirant des Perspectives, le FMI a défini quatre types de risques extérieurs à la région:

  • un léger décalage à la hausse ou à la baisse par rapport aux projections de croissance mondiale;

  • un net recul de la croissance mondiale, scénario peu probable, à moins d’une «résorption perturbatrice» des déséquilibres mondiaux;

  • une plus forte chute des cours des matières premières hors pétrole que prévu dans les Perspectives;

  • un net resserrement des conditions de crédit dans le monde — probablement déclenché par une aversion au risque dans le monde, une crise sur les marchés émergents, ou un autre choc causant une forte hausse des taux d’intérêt sur la dette des économies émergentes.

Sur les trois scénarios de croissance, seul celui du «net recul de la croissance mondiale nuirait grandement à l’essor de l’Amérique latine», conclut le FMI. Même un ralentissement de l’activité économique plus grave que prévu aux États-Unis «aurait un impact modéré sur la croissance des pays de l’AL6 (voir graphique 1). Toutefois, une «résorption perturbatrice» des déséquilibres mondiaux, jugée fort improbable, «aurait non seulement une incidence accrue par le biais du commerce, mais augmenterait sensiblement les primes de risque et d’échéance aux États-Unis. En l’occurrence, le modèle prédit une vive contraction de l’activité — 2¾ % environ en 2007 et 1½ % en 2008 (voir graphique 2).

Graphique 1Une légère baisse

La croissance du PIB réel dans les pays de l’AL61 serait peu affectée si la croissance mondiale était légèrement en dessous des prévisions.

(pourcentage)

Citation: 36, 8; 10.5089/9781451946437.023.A004

Sources: FMI, Perspectives de l’économie mondiale 2007; calculs des services du FMI.

1 Les pays de l’AL6 sont l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou.

Graphique 2Si l’économie mondiale s’effondre

La croissance du PIB réel dans les pays de l’AL61 serait très affectée si la croissance mondiale était bien en dessous des prévisions.

(pourcentage)

Citation: 36, 8; 10.5089/9781451946437.023.A004

Sources: FMI, Perspectives de l’économie mondiale 2007; calculs des services du FMI.

1 Les pays de l’AL6 sont l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou.

Le modèle brosse un tableau similaire en ce qui concerne les cours des matières premières — moteur de la croissance régionale pendant les trois dernières années —, qui devraient fléchir, selon les Perspectives de l’économie mondiale. L’Amérique latine pourrait même absorber une baisse des cours de 20 %. La croissance ralentirait, mais resterait vigoureuse à 3½ % cette année et 3¾ % l’année prochaine (voir graphique 3). Toutefois, une baisse de 50 % «induirait un ralentissement marqué, d’une ampleur presque égale à celle d’une réduction désordonnée des déséquilibres mondiaux». La croissance chuterait à 3 % en moyenne cette année (ce sera pire au second semestre) et 1¼ % en 2008.

Graphique 3Impact des cours des produits de base

Sources: FMI, Perspectives de l’économie mondiale 2007; calculs des services du FMI.

1 Les 6 pays sont l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou.

En outre, un choc financier sous la forme d’une hausse de 400 points de base des écarts de rendement sur les obligations des pays émergents et de 200 points de base sur les obligations américaines à haut rendement minerait gravement la croissance de l’AL6, «mais moins qu’une crise mondiale ou une chute de moitié des cours des matières premières» (voir graphique 4). La croissance glisserait en deçà de 3 % en 2007 et 2¾ % en 2008.

Graphique 4Choc financier

Si les conditions de crédit se détériorent, la croissance du PIB réel dans les pays de l’AL61 en pâtirait, mais pas autant que dans le cas d’une grave dépression ou d’une baisse de 50 % des cours des matières premières.

Citation: 36, 8; 10.5089/9781451946437.023.A004

Sources: FMI, Perspectives de l’économie mondiale 2007; calculs des services du FMI.

1 Les pays de l’AL6 sont l’Argentine, le Brésil, le Chili, la Colombie, le Mexique et le Pérou.

Le climat extérieur étant si propice depuis si longtemps, les économistes du FMI en concluent que, dans l’ensemble, la probabilité que la croissance s’écarte des projections «est relativement grande». Certains risques jugés improbables pourraient brider davantage la croissance, et il n’existe aucun scénario de croissance beaucoup plus élevée à court terme pour compenser.

Pour prémunir l’Amérique latine contre les chocs, «il faudrait redoubler d’efforts pour réduire la dette publique, assouplir les budgets et les taux de change, renforcer les systèmes financiers et diversifier la structure des exportations», conclut le rapport.

Des exemplaires du rapport intitulé Regional Outlook: Western Hemisphere, d’avril 2007, sont disponibles au prix de 31 dollars auprès du Service des publications du FMI. Pour commander, voir instructions page 128. Le texte intégral peut également être consulté sur le site du FMI (www.imf.org).

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