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Actualité: M. de Rato met en garde contre les fonds d’arbitrage

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
May 2007
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Le Directeur général du FMI a déclaré, le 2 mai, que dans un monde de plus en plus interdépendant, deux grands domaines présentent des possibilités et des risques: la mondialisation financière et le commerce. Rodrigo de Rato a cité les préoccupations concernant les fonds d’arbitrage, où les fonds de pension, d’ordinaire prudents, placent des sommes énormes. Il a aussi plaidé pour que le cycle de Doha soit couronné de succès afin d’enrayer le protectionnisme croissant.

Dans un discours prononcé à une conférence du Council of the Americas tenue à Washington, M. de Rato a déclaré que les fonds de pension fournissent près de 30 % des placements dans les fonds d’arbitrage, groupes d’investisseurs riches qui font souvent des placements plus risqués pour obtenir des rendements supérieurs à la normale. «Il se pourrait que les fonds de pension recourent à ce type de placement pour diversifier leurs propres risques, mais il y a tout lieu de surveiller une situation où près du tiers du capital des institutions à la pointe du risque financier provient d’institutions dont la première priorité est d’assurer la sécurité des investissements», a-t-il déclaré.

De manière générale, l’évolution récente pousse à se demander si les fonds d’arbitrage contribuent à l’efficacité des marchés financiers en améliorant leur liquidité et en répartissant les risques parmi les investisseurs «les plus prêts à les affronter», a poursuivi M. de Rato. Ces fonds — on en compte 9.500 dans le monde — mobilisent des ressources auprès de clients comme les fonds de pension, qui sont historiquement prudents face aux risques, mais leur rendement avoisine le taux moyen du marché, «ce qui met en doute leur apport à la diversification des risques».

M. de Rato a approuvé l’approche adoptée envers les fonds d’arbitrage par le groupe de travail sur les marchés financiers (établi par l’administration Bush), à savoir que les risques liés à ces fonds doivent être maîtrisés principalement «à travers le devoir de vigilance des investisseurs, la gestion des risques tiers et l’exclusion des investisseurs non avertis». Mais, la structure des marchés évoluant, les organismes de réglementation peuvent être amenés à adapter le cadre de supervision «pour mieux protéger les investisseurs et réduire les risques et vulnérabilités systémiques».

Selon M. de Rato, plusieurs autres aspects des marchés financiers des États-Unis méritent d’être surveillés par les pouvoirs publics aux États-Unis et en Amérique latine, région exposée aux répercussions d’un resserrement du marché financier des États-Unis (voir article connexe, page 120). L’ampleur des problèmes du marché des prêts hypothécaires à surprime n’est pas encore tout à fait perceptible en termes de difficultés financières et de saisies immobilières et pourrait bien prolonger l’atonie du secteur du logement», a déclaré le Directeur général. Il constate en outre «des risques importants liés à la hausse récente des rachats financés par une proportion croissante de dette», car si certains accords tournaient mal, les investisseurs pourraient devenir allergiques au risque, ce qui limiterait l’accès au marché pour les emprunteurs institutionnels moins cotés et réduirait l’investissement et les perspectives de croissance.

M. de Rato a souligné l’importance de faire aboutir le cycle de Doha, entamé fin 2001, sur des réformes ambitieuses. Chacun devra y mettre du sien pour y parvenir, mais l’action des États-Unis est cruciale pour obtenir de bons résultats. «Une extension du pouvoir de négociation accélérée des États-Unis», qui expire le 30 juin, sera presque certainement nécessaire. «Il incombe au Congrès américain d’en définir les modalités, mais les résultats de cette décision sont essentiels tant pour les États-Unis que pour le reste du monde, a conclu M. de Rato.

En visite en Afrique, Murilo Portugal souligne l’assistance technique du FMI

Le Directeur général adjoint du FMI, Murilo Portugal, a déclaré que la Tanzanie est un bon exemple de la manière dont le FMI, à travers ses centres régionaux d’assistance technique (AFRITAC) peut aider les pays à renforcer leur gestion financière. La Tanzanie et l’AFRITAC-Est collaborent au renforcement des capacités dans la gestion des finances publiques, l’administration des recettes, et les opérations monétaires et bancaires.

En tournée en Tanzanie, au Burundi et au Rwanda, M. Portugal a cité les efforts déployés par la Tanzanie pour renforcer l’administration fiscale et l’unité chargée des gros contribuables; ces efforts ont permis d’accroître sensiblement les recettes ces deux dernières années. Il a déclaré que l’assistance technique est en train de développer le savoirfaire en Afrique et qu’il importe d’améliorer les opérations de l’État pour réduire la pauvreté.

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