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Perspectives économiques de l’Europe: L’Europe connaîtra une expansion soutenue, affirme le FMI

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
April 2007
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La reprise prend de l’ampleur en Europe, améliorant les perspectives pour 2007 et 2008, selon Michael Deppler, Directeur du Département Europe du FMI. «L’Europe, dont la situation s’est nettement améliorée l’an dernier, devrait connaître une expansion soutenue», a-t-il déclaré à la presse le 14 avril, lors des réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale. L’ensemble de l’Europe devrait afficher une croissance de 3,4 % en 2007, contre 3,7 % en 2006 (tableau). La zone euro devrait progresser de 2,3 % cette année.

M. Deppler a noté que ces perspectives favorables tiennent en partie à la vigueur des politiques. «La politique monétaire a été bien menée, la politique budgétaire a été redressée et les pays ont entrepris d’importantes réformes structurelles.» Dans les économies avancées d’Europe, la création d’emplois, la baisse du chômage et la faible inflation stimulent la consommation privée. Dans les pays émergents d’Europe — qu’il vaudrait peut-être mieux qualifier de convergents —, l’investissement privé accroît les capacités de production et d’exportation, revigorant la croissance. De façon plus générale, la croissance a bénéficié des synergies entre l’Est et l’Ouest, étayées par la reprise conjoncturelle et par des facteurs structurels comme l’extension de l’Union européenne.

Une vigueur inespérée

Les risques extérieurs qui planent sur les perspectives de l’Europe font craindre une détérioration, surtout en raison de l’incertitude concernant l’économie des États-Unis; mais, estime M. Deppler, «il faudrait un choc négatif majeur pour entraver sérieusement la reprise en Europe.» En effet, des indicateurs à court terme inspirent confiance que le redressement cyclique pourrait dépasser les prévisions.

Des années fastes en perspective

Une croissance soutenue en Europe au cours des deux prochaines années.

2006Proj.

2007
Proj.

2008
Croissance de la productivité (taux annuel en pourcentage, moyenne pondérée)
Europe13,73,43,2
Union européenne (EU)23,22,82,7
Zone euro32,62,32,3
Économies avancées hors zone euro43,02,92,7
PECO et États baltes56,35,75,0
Source: estimations et projections des services du FMI.

Comprend les 27 membres de l’UE, ainsi que l’Albanie, le Bélarus, la Bosnie–Herzégovine, la Croatie, l’Islande, Israël, la Macédoine, le Moldova, la Norvège, la Russie, la Serbie, la Suisse, la Turquie et l’Ukraine.

Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède.

Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Slovénie.

Chypre, Danemark, Malte, Royaume-Uni et Suède.

Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie et Slovaquie.

Source: estimations et projections des services du FMI.

Comprend les 27 membres de l’UE, ainsi que l’Albanie, le Bélarus, la Bosnie–Herzégovine, la Croatie, l’Islande, Israël, la Macédoine, le Moldova, la Norvège, la Russie, la Serbie, la Suisse, la Turquie et l’Ukraine.

Allemagne, Autriche, Belgique, Bulgarie, Chypre, Danemark, Espagne, Estonie, Finlande, France, Grèce, Hongrie, Irlande, Italie, Lettonie, Lituanie, Luxembourg, Malte, Pays-Bas, Pologne, Portugal, République tchèque, Roumanie, Royaume-Uni, Slovaquie, Slovénie et Suède.

Allemagne, Autriche, Belgique, Espagne, Finlande, France, Grèce, Irlande, Italie, Luxembourg, Pays-Bas, Portugal et Slovénie.

Chypre, Danemark, Malte, Royaume-Uni et Suède.

Bulgarie, Estonie, Hongrie, Lettonie, Lituanie, Pologne, République tchèque, Roumanie et Slovaquie.

Pourtant, il y a encore des risques. Un ralentissement plus marqué aux États-Unis ou une résorption chaotique des déséquilibres mondiaux sont possibles, mais l’impact sur l’Europe serait mineur par rapport à 2001–02, lorsque l’éclatement de la bulle informatique a causé un choc à l’intérieur et à l’extérieur de l’Europe. Qui plus est, l’ampleur des flux financiers transfrontaliers vers l’Europe centrale et orientale pourrait accélérer la convergence au-delà des limites prévues. Bien que ces flux aient été productifs dans la plupart des régions de l’Europe convergente, la convergence financière prend peut-être le pas sur les fondamentaux dans certains pays. Le vif essor du crédit pourrait créer des difficultés en cas de compressions généralisées attribuables à des actifs risqués et à des dérapages des politiques économiques nationales.

La productivité demeure essentielle

Selon M. Deppler, «les résultats s’améliorent, mais reste à savoir ce qui relève du conjoncturel ou du structurel». Les économies avancées d’Europe n’arrivent toujours pas à réduire sensiblement l’écart transatlantique du PIB par habitant. Fait encourageant, les réformes récentes du marché du travail et des produits ont permis de réduire le chômage structurel. Mais l’utilisation de la main-d’œuvre reste faible et les signes d’une reprise indispensable de la productivité sont encore approximatifs.

La meilleure façon d’améliorer la productivité et le potentiel de croissance consiste à renforcer la concurrence. Les autorités devraient déréglementer davantage le marché des produits, achever le marché unique de l’UE (en appliquant rapidement la directive de l’UE sur les services) et promouvoir l’intégration financière.

Les économies convergentes doivent réaliser le potentiel de croissance plus élevée qu’attendent les investisseurs. Elles ont fait des progrès notables par rapport aux vieux membres de l’UE, mais sous l’angle décennal, leurs résultats sont moins bons que ceux de leurs pairs plus performants, notamment d’Asie. Pour ces économies, il est essentiel de maintenir le rythme des réformes structurelles. Les nouveaux États membres doivent aussi mettre en place des politiques qui leur faciliteront l’adoption de l’euro.

Faire durer la période faste

L’Europe connaît une période faste bien méritée, a déclaré M. Deppler. Par le passé, des conjonctures similaires ont entraîné l’adoption de politiques erronées et à courte vue. Afin de maintenir l’élan positif, les pays devront préserver la vision à moyen terme de leurs politiques économiques et éviter que les perspectives favorables d’aujourd’hui ne les empêchent de relever les défis à long terme: vieillissement, rigidités et inefficacités. L’Europe doit donc profiter de la conjoncture actuelle pour continuer le rééquilibrage budgétaire et mener à bien la réforme du marché du travail avec des mesures plus vigoureuses axées sur la productivité.

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