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Perspectives économiques de l’Afrique subsaharienne: Bonnes perspectives de croissance, mais pas sans réformes

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
April 2007
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Selon le dernier rapport du FMI sur les perspectives économiques régionales (PER), la croissance est restée vigoureuse en Afrique subsaharienne (5 % à 6 %) pour la troisième année consécutive, et devrait atteindre 6 % à 7 % en 2007 grâce à une nouvelle hausse de la production de pétrole (graphique). Même dans les pays importateurs de pétrole, elle devrait se maintenir autour de 5 %. L’inflation, qui devrait rester voisine de 7 % pour l’ensemble de la région, sera inférieure à 10 % dans trois quarts des pays. Ce regain de dynamisme est attribuable à la demande étrangère ainsi qu’à la vigueur de l’investissement intérieur et aux gains de productivité rendus possibles par des politiques économiques saines dans la plupart des pays.

Le rapport, préparé par le Département Afrique du FMI, précise toutefois que, même si les gouvernements subsahariens «ont accru leurs dépenses dans le domaine de la lutte contre la pauvreté et de la fourniture de services publics essentiels», il est encore trop tôt pour déterminer si cela a fait reculer la pauvreté. Le 13 avril, le Directeur du Département Afrique, Abdoulaye Bio-Tchané, a déclaré à la presse: «Globalement, la croissance a été vigoureuse, mais la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) reste fort compromise. Pour réduire la pauvreté de moitié, le taux de croissance devrait augmenter d’au moins un point, peut-être deux, et aucun remède n’a été apporté aux obstacles sociaux, entre autres, à la réalisation des OMD non monétaires.» Un accroissement de l’aide serait utile à cet égard, mais l’augmentation promise par les principaux pays industrialisés lors de leur sommet de Gleneagles en 2005 ne s’est pas encore concrétisée.

Bien gérer la hausse des recettes

Contrairement à ce qu’ils faisaient pendant les périodes de prospérité passées, les pays producteurs de produits de base ont économisé une partie de leur surcroît de recettes et doivent déterminer comment et à quel rythme le dépenser compte tenu de leur faible capacité d’absorption et de mise en œuvre. Il s’agit pour eux d’utiliser ces ressources de façon productive et de gérer prudemment l’augmentation des dépenses, qui risque de créer de fortes tensions sur les prix et le taux de change réel.

Le boom des produits de base a amélioré les perspectives pour les exportations de la région. «Les conditions sont peut-être réunies pour que l’Afrique subsaharienne mette un terme à la baisse tendancielle de sa part dans les échanges internationaux», a déclaré M. Bio-Tchané. Cependant, bien que le commerce avec l’Asie, en particulier la Chine, se soit considérablement développé, les exportations de la région sont encore dominées par le pétrole et d’autres produits de base. Cette incapacité à se diversifier tient essentiellement au manque d’infrastructures et aux coûts élevés de la pratique des affaires. On observe des progrès dans la mise en place de marchés financiers opérationnels, secteur souvent considéré comme le «chaînon manquant» pour faciliter l’activité du secteur privé. L’existence de marchés des obligations en monnaie locale peut accroître l’efficacité et la transparence du financement budgétaire et concourir à la création de marchés des obligations de sociétés, ce qui pourrait atténuer les contraintes de crédit qui pèsent sur le secteur privé.

Les risques pesant sur les perspectives économiques de la région sont modérés et maîtrisables, et, dans la plupart des pays, les politiques menées confortent la récente stabilisation. Un ralentissement plus marqué que prévu de l’économie mondiale pourrait changer la donne. Une nouvelle hausse des cours du pétrole et une baisse plus prononcée que prévu des autres produits de base pourraient aussi avoir des effets négatifs sur la croissance et l’inflation. Certains pays sont à la merci d’un changement d’humeur des investisseurs, qui entraînerait un renversement des flux d’investissements de portefeuille. La crise du Darfour au Soudan, le conflit impliquant l’Éthiopie et la Somalie, les problèmes politiques de la Côte d’Ivoire et de la Guinée, et les retombées des élections récentes en République démocratique du Congo, sont autant d’éléments qui posent des risques pour la région. Les pays devraient conserver des réserves suffisantes et veiller à ce que leur politique économique soit assez souple pour faire face aux chocs exogènes.

Pour réaliser son potentiel de croissance, la région doit poursuivre les réformes. Par exemple, pour absorber efficacement le surcroît d’aide et de revenu pétrolier, les pays devront bien coordonner leurs politiques budgétaires et monétaires. Ils doivent aussi entreprendre des réformes pour renforcer leur capacité d’absorption, permettre à l’offre intérieure de mieux répondre à l’augmentation des dépenses et rehausser la productivité. Ils doivent notamment libéraliser les échanges, réduire le coût de la pratique des affaires et assouplir les marchés du travail.

Des perspectives plutôt encourageantes

La croissance est vigoureuse en Afrique subsaharienne et l’inflation est maîtrisée, mais la question de la pauvreté reste posée.

Citation: 36, 7; 10.5089/9781451946413.023.A006

(pourcentage)

Source: FMI, base de données du Département Afrique.

1 Zimbabwe non compris.

Note: projections en grisé.

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