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Actualité: Réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale: Le CMFI salue l’initiative de résorption des déséquilibres

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
April 2007
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Sur fond de conjoncture économique favorable, les principaux responsables économiques et financiers de la planète, réunis à Washington les 14 et 15 avril pour les réunions de printemps du FMI et de la Banque mondiale, ont salué l’initiative des grandes puissances visant à résorber les graves déséquilibres des transactions courantes. Ils ont également appuyé les mesures axées sur la réforme du FMI, qui consistent notamment à moderniser la surveillance, à mieux prévenir les crises financières, et à renforcer la voix des pays en développement dans la gestion de l’institution.

Le Comité monétaire et financier international (CMFI), instance décisionnelle du Conseil des Gouverneurs du FMI, s’est réjoui de la «persistance d’une expansion vigoureuse et généralisée de l’économie mondiale» et de la croissance plus équilibrée entre les régions. Mais il a averti que «les facteurs de dégradation qui doivent être surveillés en permanence tiennent à la possibilité d’une réévaluation des risques dans les conditions sur les marchés financiers internationaux, d’un ralentissement plus marqué que prévu de l’économie américaine et d’une résurgence des tensions inflationnistes résultant du rétrécissement des écarts de production ou d’une remontée éventuelle des cours du pétrole.» Le FMI prévoit une croissance de 4,9 % en 2007 et 2008, en retrait par rapport aux 5,4 % de 2006, selon la dernière édition des Perspectives de l’économie mondiale.

Réduction des déséquilibres mondiaux

Au cours de la dernière année, le FMI a organisé plusieurs séries de négociations multilatérales pour soutenir la croissance tout en réduisant, à moyen terme, les déséquilibres dus à l’énorme déficit commercial des États-Unis; aux excédents de la Chine, du Japon et des pays producteurs de pétrole; et à la nécessité des réformes structurelles dans la zone euro pour stimuler la croissance. Dans un rapport présenté au CMFI le 14 avril, les parties aux négociations — Arabie Saoudite, Chine, États-Unis, zone euro et Japon — ont fourni des programmes économiques détaillés énonçant les mesures déjà prises et celles envisagées pour appuyer la stratégie du CMFI, adoptée en 2004, afin de réduire les déséquilibres mondiaux (encadré 1).

Encadré 1Un plan d’action contre les déséquilibres mondiaux

Les cinq parties aux consultations multilatérales ont énoncé les objectifs suivants afin d’accélérer la résorption ordonnée des déséquilibres mondiaux dans les années à venir.

Arabie Saoudite: accroître les dépenses sociales et d’infrastructure ainsi que les investissements visant à augmenter les capacités du secteur pétrolier.

Chine: réduire ses déséquilibres extérieurs; stimuler la demande intérieure, surtout la demande des consommateurs, et rééquilibrer l’investissement et la consommation; promouvoir un développement équilibré du secteur extérieur; accélérer les réformes financières; améliorer davantage le régime de change «de façon graduelle et contrôlable».

États-Unis: poursuivre le rééquilibrage budgétaire à moyen terme; réformer le processus budgétaire pour enrayer la hausse des dépenses; réformer les programmes de protection sociale pour en accroître la viabilité à long terme; adopter des incitations fiscales pour stimuler l’épargne privée; accroître l’efficacité énergétique; promouvoir une politique d’investissement ouverte axée sur la croissance; améliorer la compétitivité du marché des capitaux.

Zone euro: poursuivre la réforme du marché des produits, du marché du travail et des marchés financiers.

Japon: réformer le marché du travail, faciliter l’investissement direct étranger au Japon, renforcer la concurrence dans les secteurs clés, et poursuivre le rééquilibrage budgétaire.

Gordon Brown, Président du CMFI et Chancelier de l’Échiquier du Royaume-Uni, a salué le rapport comme «une avancée majeure» sur une question cruciale qui préoccupe les décideurs depuis de nombreuses années. «La volonté des participants de prendre des engagements pour l’avenir est important en ellemême.» Selon le Directeur général du FMI, Rodrigo de Rato, les consultations multilatérales constituent une démarche salutaire qui n’aurait pas été possible «en dehors d’une institution multilatérale comme le FMI». Si ces mesures sont appliquées, a-t-il ajouté, elles contribueront largement à la réduction des déséquilibres mondiaux, non seulement pour les cinq économies, mais aussi pour le reste du monde. À cet égard, John Lipsky, Premier Directeur général adjoint du FMI, a déclaré à la presse le 19 avril que la mise en œuvre des politiques énoncées par les pays pourraient réduire les déséquilibres mondiaux de 1,0 % à 1,75 % du PIB mondial sur les quatre prochaines années à partir d’un niveau de référence d’environ 6 % — autrement dit, par rapport à ce qui se passerait en l’absence de ces mesures.

En ce qui concerne le risque de protectionnisme accru, le CMFI — fort des explications de Pascal Lamy, Directeur général de l’Organisation mondiale du commerce — s’est félicité de la reprise du cycle de négociations commerciales de Doha et a invité les pays membres «à travailler avec un regain de détermination pour obtenir rapidement un résultat ambitieux.» M. Brown a signalé à la presse que l’esprit d’initiative et le courage sont désormais nécessaires pour parvenir à une solution et que tous les pays, riches et pauvres, bénéficieront d’une réussite des négociations. Il a noté que M. Lamy a souligné l’importance d’une initiative d’aide au commerce afin que les pays en développement puissent tirer parti d’un accord commercial en obtenant sans délai des ressources pour améliorer les infrastructures. Au cours des réunions, le Groupe des Sept principaux pays industrialisés a annoncé qu’il consacrerait 4 milliards de dollars à cette initiative d’ici 2010.

«Le respect des engagements relatifs à l’aide, notamment ceux qui ont été pris à Gleneagles en 2005, est un préalable crucial pour créer un espace suffisant en vue d’accroître les investissements dans le social et les infrastructures.»

Rodrigo de Rato

Avancées de la réforme du FMI

Un autre thème important examiné durant le week-end a été l’état d’avancement de la réforme du FMI — connue sous le nom de stratégie à moyen terme —, qui a été lancée il y a un an pour rehausser l’efficacité et la légitimité de l’institution. M. Brown et M. de Rato ont souligné que les progrès sont tout à fait évidents dans tous les domaines.

Surveillance. Le CMFI s’est félicité des mesures prises pour «renforcer et moderniser la surveillance afin d’en assurer l’efficacité à mesure que la mondialisation s’approfondit». Il a invité le Conseil d’administration à accorder la priorité à des travaux supplémentaires sur tous les aspects de cette réforme, notamment la mise à jour de la Décision de 1977 sur la surveillance des politiques de change. «L’objectif doit être d’améliorer la qualité de la surveillance, de même que son recentrage, sa franchise et son impartialité», a-t-il ajouté.

Cependant, les déclarations des États membres ont mis en évidence la diversité des points de vue sur cette question. Le Secrétaire au Trésor des États-Unis, Henry Paulson, a souligné que «le FMI doit se réinventer pour rester moderne et pertinent… D’abord et avant tout, le FMI doit réviser à fond ses modalités de surveillance des taux de change. Soyons clairs: l’exercice d’une surveillance rigoureuse des politiques de change des pays membres est une fonction essentielle de l’institution». Pour le Vice-Gouverneur de la Banque populaire de Chine, Hu Xiaolian, «le FMI doit être réaliste dans le renforcement de la surveillance, en évitant de surestimer le rôle des taux de change. Des conseils biaisés terniraient le rôle du FMI dans la sauvegarde de la stabilité économique et financière mondiale.» Le Groupe des 24 pays en développement a estimé qu’une révision de la Décision de 1977 est nécessaire. Dans un communiqué publié à l’issue de sa réunion le 13 avril, il a indiqué que «si le FMI n’a pas été plus efficace dans sa surveillance (la persistance des déséquilibres mondiaux en témoigne), c’est surtout parce que les économies d’importance systémique n’ont pas jugé nécessaire de suivre les conseils de l’institution.»

Voix et quotes-parts. Le CMFI a réitéré l’importance d’exécuter la réforme des voix et des quotes-parts, adoptée par le Conseil des Gouverneurs lors de l’Assemblée annuelle 2006 à Singapour et tenant compte de l’importance croissante des marchés émergents dans l’économie mondiale. Il s’est félicité du large consensus au sein du Conseil d’administration sur le cadre juridique d’un amendement des Statuts relatif aux voix de base. Il s’est également réjoui de l’examen initial d’une nouvelle formule de calcul des quotes-parts et a souligné l’importance d’adopter une formule reflétant mieux le poids et le rôle des pays membres dans l’économie mondiale tout en renforçant la voix et la participation des pays à faible revenu. Dans son communiqué, le G-24 a souligné que l’adoption d’une réforme visant à accroître la voix et la représentation des pays en développement est encore cruciale pour la légitimité et l’efficacité des institutions de Bretton Woods.

Revenu du FMI. Le CMFI a salué le rapport d’un comité présidé par Andrew Crockett, Président de J.P. Morgan Chase International, sur la façon de mieux aligner le revenu du FMI sur ses diverses activités. Il a précisé que, pour assurer une position budgétaire globalement soutenable, des actions sont nécessaires au niveau des recettes et dépenses, y compris des réductions réelles des dépenses. Le CMFI attend les propositions du Directeur général sur un nouveau mode de financement.

La principale conclusion du rapport est que le recours actuel au revenu des prêts n’est plus approprié. Les grandes recommandations concernent l’extension du mandat du FMI en matière d’investissement, le placement d’une partie des souscriptions de quotes-parts et la création d’un fonds de dotation à partir d’une vente limitée des réserves en or. Répondant aux questions des journalistes sur la probabilité des ventes d’or face à l’opposition antérieure des principaux actionnaires, M. Brown a déclaré: «Je trouve encourageant que certains pays qui n’étaient pas prêts à envisager les ventes d’or l’envisagent aujourd’hui». «Il ne fait aucun doute que ces ventes font potentiellement partie» des mesures que proposera le Directeur général, a-t-il ajouté.

Économies de marché émergentes. Le CMFI a salué les progrès récents dans l’éclaircissement de certains aspects essentiels de la conception d’un nouvel instrument de liquidité pour les pays ayant accès aux marchés. Il a demandé au FMI «d’accélérer ses travaux en vue de surmonter les difficultés posées par la mise au point d’un instrument capable de renforcer le soutien que le FMI apporte aux politiques bien conçues de ces pays et de garantir l’accès en temps voulu à un financement substantiel en cas de besoin, tout en préservant les ressources du FMI et en tenant dûment compte des interactions avec les facilités existantes du FMI.» De même, le G-24 a engagé le FMI à concevoir un nouvel instrument de liquidité offrant un soutien financier significatif, fiable et abordable pour faire face à la volatilité du compte de capital dans les économies de marché émergentes actuelles et futures.» Toutefois, a-t-il déclaré, bien que des progrès aient été réalisés, une proposition présentée récemment au Conseil d’administration n’atteignait pas ces objectifs.

Pays à faible revenu. Le CMFI a souligné que le FMI doit aider résolument les pays à faible revenu à réaliser une croissance durable et à relever les grands défis macroéconomiques pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement (OMD) de l’ONU. Il a préconisé «des efforts soutenus pour aider ces pays à tirer parti du surcroît d’aide et de l’allégement de la dette et pour éviter d’accumuler de nouveau une dette insoutenable.» En conférence de presse le 13 avril, les ministres des finances africains ont salué le rôle grandissant de la Chine dans la prestation de concours financiers et techniques (encadré 2).

Encadré 2L’Afrique salue l’engagement accru de la Chine

Les Ministres africains présents aux réunions du FMI et de la Banque mondiale se sont réjouis de la participation accrue de la Chine au développement de l’Afrique, y compris le surcroît d’échanges et de crédits en faveur de ce continent riche en ressources. Les exportations de l’Afrique subsaharienne vers la Chine ont grimpé à 19 milliards de dollars — 15 % des exportations totales de la région en 2005 —, contre 5 milliards environ en 2000 et un montant dérisoire en 1990.

Lors d’une conférence de presse, Antoinette Sayeh, Ministre des finances du Libéria, a déclaré qu’en plus de bénéficier d’une aide financière, l’Afrique pourrait s’inspirer de l’essor rapide de la Chine et de ses progrès énormes dans la réduction de la pauvreté. Selon N’Gandu Peter Magande, Ministre des finances et du plan de la Zambie, les relations de son pays avec la Chine remontent aux années 60, Beijing ayant financé à l’époque la construction d’un chemin de fer crucial pour l’Afrique. «Pour nous, la Chine est vraiment une amie de longue date, une vieille amie des bons et des mauvais jours». Rama Krishna Sithanen, Vice-Premier ministre et Ministre des finances et du développement économique de Maurice, estime que l’engagement de la Chine est un bon exemple de coopération croissante entre pays en développement, complément du modèle historique des échanges Nord–Sud.

Par ailleurs, le CMFI a remercié le Comité externe d’examen de la collaboration entre le FMI et la Banque mondiale, présidé par Pedro Malan, Président du Conseil d’Unibanco et ancien Ministre des finances du Brésil, et il a signalé qu’il attend les propositions des deux institutions pour le renforcement de cette collaboration.

Réduction de la pauvreté: un objectif difficile à atteindre

Le 15 avril, l’un des grands thèmes examinés par le Comité du développement FMI–Banque mondiale a été l’accroissement de l’aide, notamment en faveur de l’Afrique — qui n’est pas près d’atteindre l’OMD concernant la pauvreté et qui manquera sans doute la plupart des autres OMD, selon le dernier Rapport de suivi mondial publié par les deux institutions. Le Président de la Banque mondiale, Paul Wolfowitz, a déclaré à la presse que «malheureusement, les bailleurs de fonds risquent de ne pas tenir leurs promesses d’accroître l’aide et de doubler l’aide à l’Afrique». Faisant écho à ce sentiment, M. de Rato a noté que «le respect des engagements relatifs à l’aide, notamment ceux qui ont été pris à Gleneagles en 2005, est un préalable crucial pour créer un espace suffisant en vue d’accroître les investissements dans le social et les infrastructures.» Selon le Comité, présidé par Agustín Carstens, Ministre des finances du Mexique et ancien Directeur général adjoint du FMI, l’aide publique au développement (APD) s’est accrue en termes réels depuis une dizaine d’années, mais l’APD totale a peut-être diminué en termes réels en 2006.

Laura Wallace Bulletin du FMI

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