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Gros plan: Belize: rétablir la viabilité de l’économie

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
March 2007
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Le 20 février 2007, le gouvernement de Belize a conclu une opération d’échange de dettes avec ses créanciers commerciaux étrangers. Cet échange s’inscrivait dans le cadre des efforts visant à restaurer la balance des paiements, à assurer la viabilité de la dette et à créer un environnement macroéconomique favorable à une forte croissance et au progrès social. Durant ce processus, le FMI a collaboré étroitement avec les autorités de Belize.

Après une période de croissance relativement faible, le gouvernement a adopté à la fin des années 90 des politiques vigoureuses pour relancer l’activité économique. Il en a découlé un gros déficit des finances publiques et du compte courant, essentiellement financé par des emprunts de l’État à l’étranger. Le coût du service de la dette augmentant, l’accès au financement volontaire a diminué, entraînant une forte hausse du coût du crédit commercial.

Dès la fin des années 90, le FMI a averti que la politique macroéconomique était trop expansionniste et incompatible avec la viabilité des finances publiques et de la dette, et qu’elle pouvait menacer à terme la stabilité de la monnaie nationale. Il a alors proposé de freiner la demande intérieure en réduisant les dépenses publiques et en limitant la croissance du crédit. Le FMI a aussi recommandé d’élaborer une stratégie cohérente pour aligner le service élevé de la dette sur la capacité de paiement du pays à moyen terme.

Un programme national

Après une première hésitation, les autorités ont commencé à mettre en œuvre un programme de stabilisation dans le cadre du budget 2005/06, dès avril 2005. Elles ont élaboré leur propre programme pour générer l’appui politique nécessaire à l’exécution de mesures difficiles. Bien que les autorités n’aient pas demandé un programme officiel du FMI, elles ont collaboré étroitement avec ses services pour la conception et l’application des mesures de stabilisation.

Belize a augmenté les impôts, réduit les dépenses et resserré la politique monétaire, ce qui a permis de ramener le déficit de l’administration centrale de 8½ % du PIB en 2004/05 à 3 % en 2005/06 (voir graphique). Il a également engagé un conseiller fiscal pour élaborer et mettre en œuvre une stratégie de gestion de la dette.

À l’issue des consultations au titre de l’article IV en octobre dernier, le Conseil d’administration du FMI s’est réjoui du progrès réalisé, mais a noté que les finances publiques et la balance des paiements pourraient afficher un important déficit en 2007 et ultérieurement. Le Conseil a estimé que d’autres ajustements et un accord de coopération avec les créanciers commerciaux visant à restructurer la dette extérieure seraient essentiels pour rétablir la balance des paiements et la viabilité de la dette.

Le gouvernement a annoncé en août 2006 son intention de conclure un accord avec les créanciers commerciaux étrangers pour assurer la viabilité de la dette extérieure. De plus, la Banque interaméricaine de développement, la Banque de développement des Caraïbes et les bailleurs de fonds bilatéraux ont offert de nouveaux financements pour soutenir la viabilité macroéconomique du pays.

Réduire le déficit budgétaire

Belize a accru les impôts et réduit les dépenses pour juguler son déficit global et engendrer un excédent du solde primaire1.

(en pourcentage du PIB)

Citation: 36, 5; 10.5089/9781451946338.023.A009

Sources: autorités de Belize; estimations des services du FMI.

1 Solde global hors paiements d’intérêts.

À la mi-octobre, les autorités ont présenté aux créanciers trois scénarios de restructuration de la dette et lancé, après six semaines de consultations intenses, une offre officielle d’échange de dettes. L’offre prévoyait la conversion d’instruments financiers convertibles en nouvelles obligations, payables à partir de 2019, en 20 versements semestriels égaux, l’échéance finale étant fixée à 2029. Les obligations porteront un faible coupon de 4¼ % pour les trois premières années, 6 % pour les deux années suivantes et 8½ % par la suite.

L’échange de dettes a été conclu le 20 février avec un taux de participation de plus de 98 %. Eu égard à l’amélioration des perspectives du service de la dette du fait de cet échange, Moody’s et Standard and Poor’s ont relevé la notation du risque souverain de Belize, à «Caa1» et «B», respectivement.

Perspectives

La forte participation à l’échange de dettes et les conditions plus favorables des nouvelles obligations réduiront sensiblement le déficit budgétaire et la dette extérieure prévus pour les prochaines années. Belize devrait profiter de ce répit pour remédier aux autres carences macroéconomiques. Il s’agira de conserver une politique budgétaire et monétaire prudente pour réduire de manière soutenue la charge de la dette qui reste élevée, et de constituer des réserves internationales plus confortables.

Gamal El-Masry

FMI, Département Hémisphère Occidental

On trouvera un résumé des délibérations du Conseil d’administration et le rapport des services du FMI pour les consultations au titre de l’article IV avec Belize sur le site http://www.imf.org/external/country/BLZ/index.htm.

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