Article

Actualité: Le BIE préconise la visibilité des actions du FMI en Afrique

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
March 2007
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Le 12 mars, le Bureau indépendant d’évaluation (BIE) du FMI a publié un rapport évaluant l’impact de l’assistance de l’institution à l’Afrique subsaharienne. Le rapport présente des données sur 29 pays qui ont contracté des prêts au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC) — le guichet concessionnel destiné aux pays à faible revenu — entre 1999 et 2005. Il révèle que les résultats économiques de ces pays se sont améliorés grâce notamment aux conseils et aux actions du FMI. Mais, le rapport fait aussi état d’une certaine «ambiguïté et confusion» quant aux politiques et pratiques de l’institution dans d’importants domaines liés à l’aide, et d’une «mauvaise communication avec les auditoires externes».

Selon le Directeur du BIE, Tom Bernes, «le message primordial de l’évaluation est que le FMI doit être plus clair et plus ouvert sur ses actions en matière d’aide et de réduction de la pauvreté, et plus assidu, transparent et responsable dans l’exécution de ses engagements». Le rapport révèle un énorme manque de clarté sur les politiques du FMI — à l’intérieur et à l’extérieur de l’institution —, situation que les erreurs de communication passées ont aggravée.

Dans une déclaration, le Directeur général du FMI a salué le rapport du BIE, contribution importante pour améliorer l’efficacité du FMI dans les pays à faible revenu. «Le rapport doit être envisagé dans le contexte de la stratégie à moyen terme du FMI, qui réitère l’engagement de l’institution envers les pays à faible revenu et définit le cadre d’une action plus ciblée dans ces pays.» La stratégie a été formulée en 2006, après la période visée par le rapport. M. de Rato a aussi noté que «l’évaluation franche et les recommandations utiles du rapport aideront la direction et le Conseil d’administration à mieux préciser le mandat et les politiques de l’institution visant à promouvoir la croissance et la réduction de la pauvreté en Afrique subsaharienne».

Qu’est-ce que le BIE?

Le Bureau indépendant d’évaluation (BIE) a été créé en 2001 pour évaluer de façon objective et autonome les questions relevant du mandat du FMI. Il est indépendant de la direction et autonome par rapport au Conseil d’administration. Ses rapports sont affichés sur le site http://www.imf.org/ieo.

Principales conclusions du rapport

Quelles sont les grandes conclusions du rapport? Selon M. Bernes et l’auteur principale du rapport, Joanne Salop, il y en a trois.

  • Premièrement, les aspects fondamentaux de la politique et des pratiques du FMI en matière d’aide et de réduction de la pauvreté sont entachés d’une ambiguïté et d’une confusion considérables, surtout dans les domaines suivants: rôle du FMI dans la mobilisation des aides; analyse des divers scénarios d’assistance; analyse de l’impact des politiques macroéconomiques sur la pauvreté et la situation sociale; cadres budgétaires axés sur les pauvres et sur la croissance. Mme Salop a indiqué que «le Conseil d’administration du FMI reste divisé sur certaines de ces questions, et il s’ensuit que la politique de l’institution n’est pas claire.»

  • Deuxièmement, en l’absence d’une politique et d’une orientation claires dans ces domaines, les services du FMI ont tendance à limiter leur action à la stabilité macroéconomique, conformément à la mission première de l’institution et à une culture professionnelle profondément ancrée. Quand la politique et l’orientation du FMI sont claires, en ce qui concerne l’absorption de l’aide par exemple, les services les appliquent, même s’ils n’en expliquent pas le bien-fondé aux donateurs et autres partenaires.

  • Troisièmement, il existe un grand décalage entre les communications publiques du FMI sur l’aide et la réduction de la pauvreté, d’une part, et ses politiques et pratiques, d’autre part. Les efforts de communication ont privilégié les engagements pris — et honorés — par l’institution en matière d’aide et de réduction de la pauvreté, au détriment de sa contribution à la stabilisation macroéconomique, à la gouvernance budgétaire et à l’allégement de la dette.

Sur le plan macroéconomique, le rapport reconnaît que les programmes FRPC ont catalysé l’aide disponible — à travers les conseils du FMI, l’appui aux efforts des pays et l’impact mobilisateur de la FRPC sur les ressources des bailleurs de fonds, notamment pour l’allégement de la dette. Il constate que la performance des pays et des bailleurs de fonds s’est améliorée et que les programmes macroéconomiques appuyés par la FRPC se sont assouplis pour mieux intégrer l’aide. «L’effet combiné de la meilleure performance des pays et des donateurs et de l’adaptation de la conception des programmes FRPC a nettement amélioré les perspectives de croissance et de réduction de la pauvreté en Afrique subsaharienne», indique le rapport.

Principales recommandations

Le rapport énonce plusieurs recommandations sur la manière dont le FMI pourrait améliorer la cohérence — effective et apparente — de ses politiques et de son assistance en Afrique subsaharienne.

  • Le Conseil d’administration doit préciser les politiques du FMI régissant les normes de performance macroéconomique pour l’utilisation et l’absorption de l’aide supplémentaire, la mobilisation de l’aide, les différents scénarios possibles, l’analyse d’impact sur la pauvreté et le social, et les cadres budgétaires axés sur la pauvreté et la croissance.

  • La direction du FMI doit établir des mécanismes transparents pour suivre et évaluer la mise en œuvre du cadre amélioré d’orientation de la politique économique, surtout en ce qui concerne la nécessaire collaboration avec les services de la Banque mondiale, et elle doit veiller à ce que les communications institutionnelles reflètent les politiques et opérations du FMI.

  • La direction doit préciser les attentes et les ressources disponibles pour les interactions des représentants résidents et chefs de mission avec les bailleurs de fonds locaux et les organisations de la société civile. Elle doit suivre l’évolution de l’environnement opérationnel du FMI au niveau des pays, notamment en matière d’aide, en évaluant périodiquement les répercussions des politiques et stratégies de l’institution sur les pays.

La publication du rapport du BIE survient après celle d’un autre rapport examinant les relations de travail entre le FMI et la Banque mondiale (pages 74–76). À la question de savoir si les conclusions du BIE concernent la collaboration entre les deux institutions, M. Bernes a déclaré: «Le FMI aurait dû être un partenaire plus proactif et engagé de la Banque — doublé d’un utilisateur et demandeur des analyses de la Banque — dans des domaines d’importance cruciale pour son travail. De façon plus générale, s’agissant des dossiers pilotés par la Banque, nous pensons que le FMI doit rechercher le juste milieu — il ne doit ni attendre passivement les analyses de la Banque, ni assumer résolument la production de ces analyses — eu égard aux contraintes de ressources du FMI et à la répartition des tâches convenue avec la Banque.»

Réponse du FMI

Réagissant au rapport, la direction du FMI a déclaré qu’elle approuve pour l’essentiel les recommandations spécifiques du BIE (voir encadré), y compris celles invitant le Conseil d’administration à approfondir plusieurs questions relatives à l’aide (notamment le rôle du FMI en matière de mobilisation de l’aide) et la nécessité de mieux aligner sa communication sur ses prestations.

Abdoulaye Bio-Tchané, Directeur du Département Afrique, s’est réjoui de la conclusion du rapport indiquant que le FMI a appuyé les dépenses des pays en matière de santé et d’éducation, surtout avec l’épargne provenant de l’allégement de la dette. Il a souligné que le FMI est la première institution à mettre en œuvre l’initiative d’allégement de la dette multilatérale en annulant ses créances sur 20 pays pauvres, d’autres pays étant en passe de bénéficier du même traitement. Pour atteindre les objectifs du Millénaire pour le développement en matière de santé et d’éducation, a-t-il déclaré, les pays d’Afrique subsaharienne doivent «axer davantage leurs budgets sur la lutte contre la pauvreté et la promotion de la croissance, et ils doivent utiliser à bon escient le surcroît d’assistance».

En ce qui concerne la collaboration entre le FMI et la Banque mondiale et les interactions du FMI avec d’autres partenaires tels que les donateurs, Mark Plant, Conseiller principal au Département de l’élaboration de l’examen des politiques, a observé que «le processus d’élaboration de la stratégie de réduction de la pauvreté, le passage des donateurs de l’appui aux projets à l’appui aux programmes, et l’apparition de nouveaux bailleurs ont accru l’interdépendance entre nos activités et celles des autres. Nous devons donc trouver des moyens plus efficaces de participer à l’effort mondial visant à transformer la stabilité macroéconomique en une croissance soutenue et assez forte pour faire reculer sensiblement la pauvreté.»

Le Conseil d’administration du FMI a examiné le rapport le 5 mars et appuyé la recommandation portant sur la nécessité d’affiner la politique du FMI sur plusieurs questions concernant l’aide — mobilisation de l’assistance, différents scénarios possibles, analyse de la pauvreté et de l’impact social des politiques macroéconomiques, cadres budgétaires axés sur la pauvreté et la croissance. Il a demandé aux services du FMI de lui soumettre des propositions spécifiques et chiffrées.

En outre, le Conseil a salué la recommandation visant à établir des mécanismes transparents de suivi et d’évaluation de la mise en œuvre du cadre amélioré d’orientation de la politique économique. Il s’est félicité de la recommandation invitant à préciser les attentes qui émanent des politiques du FMI — et les ressources disponibles — pour les interactions des représentants résidents et chefs de mission avec les bailleurs de fonds locaux et les organisations de la société civile. S’agissant des communications, le Conseil a appuyé l’appel en faveur d’une transparence accrue sur ce que le FMI peut faire et ne pas faire dans les pays à faible revenu; mais il a souligné qu’en raison des contraintes budgétaires, les améliorations doivent être apportées de façon stratégique.

Étapes suivantes

Au cours des prochains mois, le Conseil examinera plusieurs études des services sur les questions soulevées dans le rapport du BIE — y compris le rôle du FMI dans l’élaboration de la stratégie de réduction de la pauvreté, la collaboration avec les bailleurs de fonds et la gestion des flux d’aide, ainsi que les questions relatives à la conception des programmes.

Other Resources Citing This Publication