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Actualité: Des réformes pour pérenniser la reprise en Amérique latine

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
March 2007
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En Amérique latine, la croissance économique n’a jamais été aussi soutenue depuis les années 70. Pour autant, le mécontentement apparent d’un grand nombre d’électeurs trouve son origine dans des problèmes économiques bien réels, la croissance restant trop faible et la pauvreté trop élevée dans de nombreux pays, a déclaré le Directeur général du FMI, Rodrigo de Rato, à l’occasion d’une conférence de la Latin American Business Association, le 16 février, à l’école de commerce de l’université Columbia (New York). Pour lui, la solution consiste à poursuivre les politiques qui ont fait leurs preuves et à les perfectionner, si nécessaire, pour stimuler la croissance, réduire la pauvreté et atténuer les inégalités, en tenant compte de l’importance des institutions et des particularités de chaque pays.

L’Amérique latine connaît une croissance vigoureuse et une inflation en baisse. M. de Rato note que ces bons résultats découlent de facteurs que ne contrôlent pas les pays de la région: hausse des cours des produits exportés, bonne santé des marchés mondiaux et forte croissance chez les partenaires commerciaux. Toutefois, les bons résultats s’expliquent aussi, dans une large mesure, par la qualité des politiques économiques. Les positions budgétaires et extérieures sont beaucoup plus solides que lors des expansions précédentes; davantage de pays se sont dotés de régimes de change flexibles qui leur permettent d’amortir plus facilement les chocs; et les banques centrales ont établi leur crédibilité en luttant contre l’inflation, ce qui leur permet d’abaisser les taux d’intérêt, et donc de stimuler la croissance.

Économie et démocratie

M. de Rato remarque toutefois que certains hommes politiques ont remis en question la qualité des progrès de ces dernières années et les politiques qui les ont rendus possibles—une remise en cause qui a trouvé un écho parmi les électeurs. Il reconnaît l’existence de réelles causes de mécontentement économique dans la région, mais met en garde contre une exagération de l’importance du phénomène populiste. Si des dirigeants populistes ont été élus l’an dernier dans certains pays, des gouvernements très attachés aux réformes ont été élus ou réélus dans d’autres. M. de Rato note en particulier l’épanouissement de la démocratie: c’est une bonne chose en soi et pour la politique économique. Quels que soient les détails de leur programme, les élus disposent de la légitimité et de la force politique nécessaires pour opérer des réformes. Ce n’est pas un hasard si le développement de la démocratie est allé de pair avec une amélioration de la gestion macroéconomique dans de nombreux pays.

M. de Rato souligne que si la croissance latino-américaine a été élevée ces quatre dernières années (5 % l’an dernier et sans doute autour de 4 % cette année), elle reste faible par rapport à d’autres régions, mais aussi au regard du taux nécessaire à une réduction substantielle de la pauvreté et des inégalités de revenu. Pour M. de Rato, il faut poursuivre les réformes: des études montrent que la croissance est plus forte là où la politique macroéconomique est la plus ferme et où les réformes structurelles vont le plus loin.

Réponse aux critiques

Quant aux critiques selon lesquelles la pauvreté reste élevée parce que les réformes ont réduit excessivement le rôle de l’État dans la fourniture de biens publics, M. de Rato a déclaré que l’État doit bien remplir certaines fonctions: maintenir l’ordre, veiller au bon fonctionnement du système financier, établir des réglementations, construire et entretenir des infrastructures adéquates. En revanche, lorsqu’il s’engage dans des secteurs particuliers, il n’obtient généralement pas de bons résultats et entrave souvent l’investissement et la croissance dans l’ensemble de l’économie.

D’aucuns estiment qu’on accorde trop peu d’attention aux institutions (formelles et informelles) qui définissent le cadre de la politique économique, du commerce et de la vie politique. Cette critique contient une part de vérité, selon M. de Rato, mais le FMI et les autres institutions extérieures doivent être conscients de leurs limites dans la promotion des réformes institutionnelles, car il est préférable que les décisions sur les institutions soient prises par les pays eux-mêmes.

Enfin, les critiques ont-ils raison de prétendre que les réformes doivent varier d’un pays à l’autre puisque les situations nationales sont différentes? Oui, répond M. de Rato, mais les pays doivent tous affronter la concurrence mondiale et nombre d’entre eux sont confrontés à des problèmes communs, tels que la gestion de l’évolution démographique et le maintien de la stabilité financière. Les lois de l’économie ne changent pas d’un pays à l’autre.

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