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Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
February 2006
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Les marchés émergents sont-ils en train de transformer l’économie mondiale?

L’expansion récente des économies de marché émergentes n’a pratiquement pas de précédent, eu égard à sa durée. Cette période extraordinaire de croissance, de faible inflation et d’absence de crise de balance des paiements marque-t-elle une transformation profonde de l’économie mondiale, une «rupture structurelle» avec le passé? Et si tel est le cas, quelles en sont les implications pour le FMI?

Lors d’un séminaire de l’Institut du FMI, Mohamed A. El-Erian (ex-Directeur général, Pacific Investment Management Company; actuel PDG de Harvard Management Company, le fonds de dotation de l’université Harvard) s’est penché sur ces questions dans le cadre d’une revue de l’évolution récente des marchés des capitaux internationaux.

Rupture avec le passé

Les pays émergents représentent actuellement près de la moitié du PIB mondial. M. El-Erian s’est appesanti sur le Brésil, la Russie, l’Inde et la Chine, dont les perspectives de croissance sont encore bonnes, dont les liens commerciaux ne cessent de s’approfondir, et dont les exportations gagnent en valeur ajoutée. Ces pays appliquent des politiques plus avisées, ont des systèmes financiers plus sains, et diffusent de meilleures données. Selon M. El-Erian, cette rupture structurelle avec le passé a fait voler en éclats les barrières à l’entrée sur le marché, permettant à ces pays d’acquérir une nouvelle influence dans l’économie mondiale.

Les agences de notation ont relevé à maintes reprises la cote des pays émergents, ce qui témoigne, selon M. El-Erian, d’une nette amélioration de leur croissance. Tout semble indiquer que nous vivons «une révolution importante et vigoureuse», a-t-il déclaré. L’instabilité semblait affliger davantage les pays émergents; mais récemment, les pointes au niveau des écarts de rendement de leurs obligations souveraines ont été induites par des facteurs extérieurs. Cela donne à penser que les investisseurs constatent un renforcement des fondamentaux économiques et financiers de ces pays. Il est cependant trop tôt, a poursuivi M. El-Erian, pour savoir s’il s’agit d’une nouvelle réalité ou d’un classique surajustement fondé sur des attentes trop optimistes de la part des investisseurs.

Force est de constater que les consommateurs des pays émergents ne réagissent pas encore à ces mutations par une hausse des dépenses. M. El-Erian a attribué l’attitude «relativement insaisissable du consommateur asiatique» à des politiques nationales conçues pour le «brider». Les États-Unis demeurent les principaux consommateurs, et, contre toute logique, les pays émergents restent des épargnants.

Et le FMI dans tout cela?

Si une rupture structurelle est en cours, quel doit être le rôle du FMI? Selon M. El-Erian, le FMI doit être perçu comme un conseiller fiable et non comme une source de financement. Pour ce qui est du rôle global de l’institution sur les marchés des capitaux internationaux, la gestion des risques revêt une importance capitale. M. El-Erian a estimé que le FMI doit multiplier les missions dans les pays pour résoudre plus systématiquement ces problèmes et par souci d’ouverture. Il devrait donc d’abord être à l’écoute des pays au lieu de s’en tenir mordicus aux documents d’information sur les missions. Contrairement aux autres organismes économiques mondiaux, le FMI «parle à tous les pays membres et ne vend pas un produit», a affirmé M. El-Erian. Il a donc un rôle singulier à jouer sur les marchés des capitaux internationaux, mais doit prendre des mesures pour conserver sa pertinence et son utilité. Si le FMI ne le fait pas, a-t-il prévenu, d’autres le feront, mais avec moins d’efficacité.

Ina Kota

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Ina Kota

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Traduction

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