Article

Accélérer les réformes pour diversifier l’économie du Kazakhstan

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
January 2006
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Le Kazakhstan est en passe de devenir l’un des principaux pays exportateurs de pétrole du monde: ses réserves de brut (prouvées et probables) se montent à 30 milliards de barils et sa production pétrolière devrait quasiment tripler pour atteindre environ 3 millions de barils par jour d’ici à 2015. L’émergence du secteur des hydrocarbures est l’un des principaux moteurs de la croissance économique du pays, qui a atteint un rythme moyen de 6 % entre 1996 et 2004.

Toutefois, la dépendance à l’égard des recettes pétrolières crée aussi des problèmes. Les économies dans lesquelles les ressources naturelles occupent une place prédominante tendent à souffrir de plusieurs carences: faible taux de croissance à long terme, fortes inégalités de revenus et grande volatilité en raison des fluctuations des cours des matières premières. La diversification de l’économie est un remède à ces maux. Le Kazakhstan, dont la production non pétrolière a commencé à croître en 2000, a tiré parti des retombées positives du boom des recettes pétrolières. Les autorités intensifient leurs efforts de diversification pour permettre au secteur non pétrolier de préserver son rythme de croissance indépendamment des variations des recettes pétrolières. Cette politique aidera le pays à développer son économie de façon équilibrée, à créer plus d’emplois et à réduire encore la pauvreté.

Résultats du secteur non pétrolier

Selon la comptabilité nationale, le secteur non pétrolier du Kazakhstan progresse à un rythme annuel moyen d’environ 9 % depuis 1998. En 2004, il représentait environ 95 % du PIB en termes réels. Ce chiffre, cependant, exagère tant la taille que la croissance du secteur, puisqu’il inclut les services d’exploitation pétrolière—construction d’installations de forage, transport du pétrole —, dont la croissance a été particulièrement rapide. Si l’on exclut ces services, la part de la production non pétrolière dans l’économie n’est plus que de 84 % du PIB (en 2004). Même après cet ajustement, la production non pétrolière estimée affiche une croissance remarquable: plus de 8 % par an, en moyenne, depuis 1998.

Pour les autorités kazakhes, la grande question est de savoir comment le taux de croissance du secteur non pétrolier se compare au rythme de croissance potentiel (ou tendanciel) du secteur et ce que l’avenir réserve à ce dernier. Selon les données de 1998–2004, la production non pétrolière est restée inférieure à son niveau tendanciel en 1999–2002, puis l’a dépassé, ce qui augure peut-être de problèmes de capacité.

L’analyse des sources de croissance—capital, travail et productivité totale des facteurs—permet de se faire une idée des perspectives de croissance du secteur. La hausse de la productivité totale et l’accumulation des facteurs de production ont toutes deux contribué à la croissance non pétrolière. Si le taux de croissance estimé de la productivité totale des facteurs et le rythme d’accumulation du capital restent proches de leurs niveaux des dernières années, la croissance annuelle du secteur non pétrolier pourrait atteindre 6 à 8 % à court terme. Cependant, le rôle de la hausse de la main-d’œuvre dans la croissance globale du Kazakhstan a diminué de façon continue, ce qui laisse à penser que l’économie approche du plein-emploi. Si c’est le cas, la croissance de l’emploi jouera à l’avenir un rôle bien moindre dans la croissance de la production. Ce phénomène, conjugué à l’apparition de contraintes de capacité, risque d’entraîner une révision à la baisse des projections de croissance—6 à 8 % à moyen terme.

Perspectives

Comment les autorités peuvent-elles stimuler la croissance du secteur non pétrolier? Le rythme des réformes s’est ralenti ces dernières années, après la réalisation de progrès considérables dans le domaine des réformes structurelles à partir du début des années 90. La privatisation des PME est quasiment terminée, les prix ont été libéralisés et le système de surveillance et de réglementation prudentielle du secteur financier est en place. En outre, les autorités ont pris des mesures pour aligner la législation commerciale et les modalités d’exécution sur les normes de l’Organisation mondiale du commerce (OMC). Pour autant, les indicateurs de transition de la Banque européenne pour la reconstruction et le développement ne révèlent que peu d’améliorations depuis la fin des années 90 dans le domaine de la politique de la concurrence et des restructurations d’entreprises.

L’accélération des réformes structurelles—création d’institutions, notamment de systèmes de contrôle des commandes et des investissements publics—renforcerait la gouvernance et améliorerait le climat des investissements. La réforme de la réglementation de la concurrence et des restructurations d’entreprises relèverait la qualité des services de base et abaisserait le coût des activités économiques au Kazakhstan. Enfin, dans le domaine commercial, les perspectives de croissance du secteur non pétrolier pourraient aussi être améliorées par la poursuite des efforts de libéralisation (par le biais, notamment, de l’adhésion à l’OMC), la rationalisation du système tarifaire et l’adoption de mesures en faveur des échanges régionaux.

Anna Ter-Martirosyan

FMI, Département Moyen-Orient et Asie centrale

Cet article s’inspire du rapport du FMI n° 05/240,Republic of Kazakhstan: Selected Issues. Il est disponible au prix de 15 dollars auprès du Service des publications du FMI. Pour commander, voir page 32. Le texte intégral est également publié sur le site Internet du FMI (www.imf.org).

Other Resources Citing This Publication