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CEMAC: le boom pétrolier offre l’occasion d’approfondir les réformes et l’intégration régionale

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
January 2006
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Le taux de progression du PIB réel de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique Centrale (CEMAC), qui regroupe le Cameroun, le Congo, le Gabon, la Guinée équatoriale, la République Centrafricaine et le Tchad, a été de 8,3 % en 2004, au plus haut en dix ans, indique le FMI dans son rapport d’examen annuel. Le PIB réel du secteur pétrolier a augmenté de plus de 21 %, stimulant la croissance de la région.

En dehors du secteur pétrolier, l’évolution a été moins encourageante, le taux de croissance du PIB non pétrolier de la région ralentissant de 3,6 % en 2003 à 3,2 % en 2004, soit son plus bas niveau en cinq ans. Cela s’explique par la sécheresse et le déclin de la production non pétrolière au Tchad, et par une croissance atone ou en lente progression de la production non pétrolière dans les autres pays de la CEMAC exportateurs de pétrole.

L’expansion de la masse monétaire de la région a été modérée et l’inflation est tombée à 1,7 %, taux inférieur à celui de la zone euro. L’évolution favorable de l’inflation—malgré la forte croissance globale et la hausse sensible des réserves —, a été favorisée par de bonnes récoltes dans presque tous les pays et par l’appréciation de la valeur nominale de la monnaie par rapport au dollar. Cela dit, les chiffres varient d’un pays à l’autre. Le niveau des prix a baissé en République Centrafricaine et au Tchad, où la demande intérieure a stagné ou diminué. Par contre, la Guinée équatoriale a enregistré une inflation de 8 %, due aux goulets d’étranglement de l’offre dans cette économie en rapide expansion.

Du fait de la hausse de la production et du prix du pétrole, la situation des finances publiques s’est améliorée en 2004, et la région a affiché un excédent global (hors dons) de 3,1 % du PIB. Ce bon chiffre tient en partie aux recettes exceptionnelles dues à la hausse des cours pétroliers. Pour l’ensemble de la région, un quart environ de cette manne pétrolière a alimenté le budget des pays producteurs. Du fait de l’amélioration des recettes non pétrolières dans quelques pays, le déficit global non pétrolier de la région (hors dons) s’est aussi amélioré légèrement, encore que le Cameroun, dont l’économie est la plus grande de la CEMAC, ait vu le déficit de ses finances publiques (hors pétrole) s’aggraver de 1 point de PIB. Le déficit non pétrolier, qui se chiffre à plus de 12 % du PIB non pétrolier, est toutefois considérable, ce qui souligne combien les finances publiques sont tributaires des recettes pétrolières.

Sur le plan des échanges extérieurs, la situation a évolué favorablement en 2004. Bien que le franc CFA se soit affermi en valeur effective réelle, le déficit extérieur courant a diminué et les réserves ont augmenté. Étant donné le système de rapatriement des devises et de mise en commun des réserves à la banque centrale régionale, ses avoirs extérieurs nets ont presque doublé du fait des rentrées pétrolières, et ont dépassé les 4 milliards de dollars. Les perspectives économiques de la région sont essentiellement fonction de l’évolution du marché pétrolier, et l’on table pour 2005 sur une prévision de croissance encore forte, d’environ 5 %, inférieure cependant à celle de 2004, qui avait été dopée par le démarrage de la production pétrolière au Tchad.

CEMAC2001200220032004Prévisions

2005
PIB en prix constants6,24,94,58,35,2
PIB pétrolier5,91,66,921,56,1
PIB non pétrolier6,26,23,63,24,7
Taux de change effectif réel3,74,35,92,4
Solde budgétaire global0,40,61,33,13,5
Solde global non pétrolier–17,0–16,0–12,6–12,1–16,2
Réserves officielles brutes1,41,91,62,52,9
1 Hors dons.2 En mois d’importations de biens et de services de l’année suivante. Sources: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale(avril 2005) et estimations et projections des services du FMI.
1 Hors dons.2 En mois d’importations de biens et de services de l’année suivante. Sources: FMI, base de données des Perspectives de l’économie mondiale(avril 2005) et estimations et projections des services du FMI.

Le Conseil d’administration s’est félicité de l’évolution positive observée en 2004, mais a souligné que la région devra améliorer la croissance des secteurs non pétroliers pour maintenir le taux de progression global. Il faut donc faire avancer les réformes structurelles, diversifier les exportations et progresser sur la voie des objectifs du Millénaire pour le développement. Les administrateurs ont salué les mesures structurelles de grande envergure telles que l’Accord de partenariat économique avec l’Union européenne, qui pourrait entraîner une amélioration importante du climat des affaires dans les pays membres de la CEMAC.

Soulignant l’importance de la discipline budgétaire, le Conseil s’est félicité de la gestion prudente du surcroît de recettes pétrolières, en notant que la hausse continue du prix du pétrole offre l’occasion d’accroître les dépenses pour les infrastructures et les programmes de lutte contre la pauvreté. Les dépenses doivent cependant rester compatibles avec la viabilité à moyen terme des finances publiques et de la dette des pays membres et avec leur capacité d’absorption.

Le Conseil s’est déclaré favorable à la création, au niveau national, de fonds de stabilisation et de fonds pour les générations futures sous la gestion de la banque centrale régionale, pourvu que ces fonds ne compromettent pas la situation extérieure de la banque et soient gérés avec efficacité et transparence. Toute modification du système institutionnel de gestion des recettes pétrolières devra tenir compte de la nécessité de maintenir un niveau de réserves suffisant.

Il subsiste des obstacles aux échanges extérieurs et à l’intégration des marchés financiers, ce qui se traduit par un faible volume d’échanges commerciaux et financiers intrarégionaux, et empêche la CEMAC de tirer pleinement parti de l’intégration régionale. Le Conseil a regretté les retards dans l’exécution des politiques régionales. Il a souligné que l’adoption et le respect des critères de convergence sont essentiels pour favoriser l’intégration et améliorer la confiance des investisseurs.

Les administrateurs ont encouragé les autorités à rehausser l’efficacité des institutions et conventions régionales avant d’entreprendre d’autres efforts d’intégration. L’élargissement prématuré à un groupe plus nombreux de pays pourrait entraver l’approfondissement des politiques communes au sein de la zone actuelle.

Pour en savoir plus, voir les notes d’information au public n° 05/156 (Ukraine), n° 05/157 (Pakistan) et n° 05/151 (CEMAC) sur le site Internet du FMI (www.imf.org).

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