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Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
March 2006
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Grippe aviaire: le FMI aidera ses membres à renforcer les plans d’urgence

Le risque d’une pandémie de grippe aviaire suscitant de grandes inquiétudes, le FMI soutient les efforts de la communauté internationale (Banque mondiale, Organisation mondiale de la santé, Organisation des Nations Unies pour l’alimentation et l’agriculture et Organisation mondiale de la santé animale) visant à renforcer les plans d’urgence des pays membres. À court terme, l’institution veut surtout appuyer la gestion des risques d’une éventuelle pandémie pour le fonctionnement des systèmes financiers nationaux.

Ces dernières années, les plans de poursuite des activités sont devenus un volet crucial de la gestion du risque opérationnel dans le secteur financier. Les pays ont redoublé d’efforts pour renforcer leurs infrastructures financières clés en cas de terrorisme ou de catastrophe naturelle. Des efforts similaires sont désormais nécessaires pour prémunir les pays contre une pandémie.

Le FMI a donc recensé les éléments communs des plans de riposte avancés. Ces informations, intégrées dans un document du Conseil d’administration, sont publiées sur son site Internet (www.imf.org). Le FMI organise aussi des séminaires régionaux pour amener les responsables de la poursuite des activités des banques centrales à partager des connaissances et des expériences. En outre, les dispositions à prendre dans les secteurs financiers nationaux et les mesures économiques de riposte à une pandémie seront aussi examinées dans le cadre des consultations ordinaires du FMI avec les autorités nationales.

Une inquiétude croissante

Depuis un an, la communauté internationale craint une éventuelle pandémie de grippe aviaire et ses effets sur la santé humaine et sur le système économique et financier mondial. Les spécialistes de la santé redoutent surtout la souche H5N1 du virus, qui s’est propagée rapidement chez les oiseaux. Dans sa forme actuelle, le virus attaque rarement l’être humain, mais s’il se transforme en vecteur d’infection humaine, une pandémie peut s’ensuivre. Selon sa gravité, la pandémie menacerait des millions de vies humaines dans le monde (pour plus de détails, voir le site www.who.int).

Une pandémie aurait aussi de graves répercussions économiques et financières. Son impact dépendrait notamment du nombre de personnes touchées, de la gravité de la maladie et de sa durée, mais aussi du comportement et de l’état de préparation des entreprises, des ménages, des pouvoirs publics et des systèmes de santé.

Des répercussions considérables

Une pandémie grave (comparable à la grippe espagnole de 1918 par exemple) pourrait causer un recul net, mais temporaire de l’activité économique mondiale. Des perturbations de l’offre résulteraient d’un absentéisme élevé, les travailleurs étant astreints ou enclins à rester chez eux. De plus, la demande intérieure pourrait dégringoler (avec la chute des dépenses de consommation, le report des investissements, la restriction possible du commerce et des transports préjudiciable aux exportations, le déclin du tourisme, et la baisse de la demande mondiale). Les pays à faible revenu risquent d’en pâtir tout particulièrement, leurs systèmes budgétaires et sanitaires ne leur permettant pas d’acheter et de distribuer les médicaments et vaccins, de soigner les victimes et d’assurer la sécurité sanitaire.

Une pandémie menacerait également les systèmes financiers nationaux. L’aversion au risque augmenterait temporairement, dopant la demande de liquidité, abaissant les prix des actifs et relevant les marges de crédit. Les flux de capitaux vers les marchés émergents chuteraient nettement, mais temporairement, les résidents cherchant des placements-refuges et les investisseurs ajournant leurs projets. Les opérations de marché se dérégleraient en cas de panne des infrastructures boursières. Un absentéisme élevé et des plans d’urgence déficients perturberaient des fonctions et services essentiels du système financier, avec des répercussions dans d’autres pays. À divers degrés, les pays membres pourraient remédier aux difficultés temporaires de balance des paiements en puisant dans leurs réserves.

L’expérience montre qu’après une pandémie, l’activité économique reprend assez vite, le rythme dépendant de la confiance des entreprises et des consommateurs et de la reprise du commerce mondial et de la valeur des actifs.

Mais, en raison du risque de perturbations graves et temporaires, il importe d’élaborer soigneusement de vastes plans d’urgence. Le FMI est déterminé à sensibiliser ses membres aux risques économiques et financiers et à les aider à planifier et gérer les risques opérationnels si une pandémie se matérialise.

Jeanne Gobat

Groupe de travail du FMI sur la grippe aviaire

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