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Les enjeux de la représentation de l’Afrique au sein du FMI

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
July 2006
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Le 23 juin, le comité des Gouverneurs africains sur la représentation et la participation des pays membres a rencontré Rodrigo de Rato, Directeur général du FMI, à Madrid pour un échange de vues sur les réformes de la gouvernance au FMI et le rôle des pays africains dans le processus de réforme. Les Gouverneurs ont indiqué qu’ils souhaiteraient des avancées sur plusieurs dossiers qui, à leur avis, ne sont pas abordés de manière appropriée dans la stratégie du FMI à moyen terme: la protection du pouvoir de vote et de la représentation de l’Afrique au FMI, la nécessité de créer un siège supplémentaire au Conseil d’administration pour faire face à la lourde charge de travail des deux administrateurs représentant l’Afrique subsaharienne, et la sous-représentation des Africains à tous les niveaux du personnel.

L’objectif de cette réunion, selon Manuel Chang, co-président du comité et Ministre des finances du Mozambique, était de savoir clairement où en était le processus et quelles étaient les intentions de M. de Rato. La réunion a été cordiale et constructive, selon Abdoulaye Bio-Tchané, Directeur du Département Afrique du FMI.

M. de Rato a souligné son intention de présenter lors de l’Assemblée annuelle à Singapour un train de réformes pouvant recueillir un large soutien des pays membres et il a réaffirmé sa détermination à s’assurer que les pays émergents et les pays à faible revenu jouent un rôle important dans la gouvernance du FMI.

Répondre aux préoccupations de l’Afrique

Dans sa déclaration d’ouverture, M. de Rato a noté que ses propositions de réforme vont au-delà du rééquilibrage des poids économiques, question traitée dans le passé, pour inclure les voix de base, qui n’ont pas été ajustées depuis la création du FMI. La proposition d’augmenter les voix de base et de rééquilibrer les quotes-parts aiderait à protéger la représentation de l’Afrique au FMI, a-t-il déclaré.

S’agissant de l’idée d’un siège supplémentaire pour l’Afrique subsaharienne, M. de Rato a estimé qu’elle ne fait pas l’objet d’un consensus suffisant parmi les membres pour devenir une proposition initiale réaliste. Mais il s’est dit prêt à examiner les moyens de renforcer la voix et les capacités des sièges existants de l’Afrique subsaharienne. Quant au personnel du FMI, M. de Rato a répété que l’objectif était de porter la part des ressortissants africains de 6,3 % aujourd’hui à 8 %. Il a noté la difficulté d’atteindre les objectifs de diversité, que la direction considère comme une priorité, et il a demandé l’aide des ministres à ce sujet.

Pour ce qui est du renforcement de la représentation et de la participation de l’Afrique au FMI, M. de Rato a proposé de créer un comité composé de la direction du FMI et des administrateurs et Gouverneurs africains, qui se réunirait deux fois par an pour examiner les questions relatives à l’Afrique. M. de Rato a demandé aux services du FMI de donner suite à ces propositions.

En réponse à la déclaration de M. de Rato, les ministres ont répété plusieurs de leurs préoccupations. La hausse ponctuelle des quotes-parts proposée par le Directeur général risque de ne pas bénéficier à l’Afrique et même d’éroder davantage sa part des voix attribuées. Les ministres ont donc engagé les services du FMI à clarifier dans un document du Conseil l’impact d’une telle hausse sur les voix de l’Afrique. Ils ont admis que les avis des pays membres sur l’augmentation du nombre d’administrateurs représentant l’Afrique subsaharienne sont fort divergents, mais plusieurs ministres ont proposé d’engager un débat sur cette proposition. Les ministres sont convenus avec M. de Rato que la représentation de l’Afrique au sein du personnel du FMI devait être accrue et ont promis d’appuyer les efforts de recrutement de l’institution.

Dans un communiqué conjoint publié lors d’une conférence de presse après la réunion, il a été souligné que la réforme de la gouvernance du FMI est essentielle pour pérenniser la légitimité et l’efficacité du FMI et qu’il s’agit d’un élément crucial de la stratégie du FMI à moyen terme. Cette réforme doit absolument tenir compte de la nécessité de veiller à ce que les pays africains, où le FMI continue de jouer un rôle important par ses conseils et ses concours financiers, aient une voix et une représentation appropriées.

Appel à commentaires sur la collaboration FMI–Banque mondiale

Le FMI et la Banque mondiale peuvent-ils renforcer leur collaboration? Un comité d’examen externe, nommé en mars, lance un appel à commentaires, qui sont à envoyer à erc@imf.org d’ici le 15 septembre.

Ces commentaires et suggestions aideront le comité à évaluer l’efficience et l’efficacité des dispositifs actuels et à formuler des recommandations en vue de les améliorer. Le comité s’intéresse en particulier aux vues du public sur la division des tâches entre le FMI et la Banque. Parmi les questions spécifiques: la division des tâches est-elle compatible avec les missions respectives des organisations et est-elle effectivement appliquée, la collaboration FM–Banque dans les travaux sur les pays peut-elle être améliorée et peut-être mieux adaptée aux différents contextes, et est-il possible d’améliorer la collaboration dans des domaines d’action, tels que la solidité du secteur financier, le commerce et la réduction de la pauvreté?

Pour plus de détails, voir www.imf.org/external/np/exr/erc/index.htm.

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