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Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
August 2006
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Comment relever les défis du surcroît d’aide?

En promettant, en juin 2005, d’accroître leur aide (à l’Afrique notamment), les dirigeants du G-8 ont stimulé les efforts déployés par la communauté internationale pour accélérer la réalisation des objectifs du Millénaire pour le développement. Mais la perspective d’un surcroît d’aide engage les bailleurs de fonds et les pays bénéficiaires à faire preuve d’efficacité dans la distribution et l’utilisation des ressources. Le FMI et la Royal African Society du Royaume-Uni ont organisé une conférence sur ce thème le 4 juillet à Londres. Parmi les intervenants figuraient Tony Venables (Département britannique du développement international), Elliott Harris (FMI) et Christopher Eads (Economist Intelligence Unit).

Tony Venables a ouvert le débat en notant que l’aide peut se révéler particulièrement efficace dans les États ayant un faible revenu par habitant et une politique économique avisée, ainsi que dans les pays sortant d’un conflit. Toutefois, alors que de nombreux pays reçoivent une aide inférieure à ce qu’ils peuvent utiliser efficacement, d’autres bénéficient d’une assistance excessive. L’aide permet de financer non seulement les programmes de réduction de la pauvreté et les investissements dans l’infrastructure économique, mais aussi le développement des capacités (à condition de consolider l’administration et les institutions publiques) et le renforcement de la transparence dans la gestion des ressources publiques. De l’avis de M. Venables, une gestion macroéconomique prudente s’impose en période d’accroissement de l’aide pour notamment réduire les risques de syndrome hollandais et éviter une trop grande dépendance vis-à-vis de l’aide.

Selon Elliott Harris, les pays sont confrontés à quatre défis clés dans la gestion de l’aide additionnelle: l’absorber et la dépenser efficacement; remédier à la volatilité et à l’imprévisibilité des flux; assurer la viabilité budgétaire des dépenses supplémentaires financées par l’aide, surtout lorsque les flux s’amenuisent; et utiliser sagement la latitude d’emprunt créée par l’allégement, pour ne pas retomber dans le surendettement. La démarche à adopter consiste à coordonner soigneusement la politique budgétaire, la politique monétaire et la politique de change, démarche souvent compliquée par le caractère volatil et imprévisible des décaissements de l’aide internationale.

Dans tous ces domaines, a déclaré M. Harris, le FMI offre des conseils de politique économique et de l’assistance technique. Il aide aussi les pays à établir divers scénarios macroéconomiques pour préserver la stabilité et la croissance en cas d’augmentation de l’aide.

Les dangers de l’assistance budgétaire

Christopher Eads a indiqué que les donateurs ont de plus en plus tendance à offrir un soutien budgétaire général—plutôt que le financement de projets ou une aide destinée à des fins particulières. Ce soutien a des coûts de transactions moindres et s’aligne plus aisément sur les priorités des bénéficiaires en matière de réduction de la pauvreté. Toutefois, les donateurs accordent aussi plus d’attention à la situation politique des pays: ainsi, une dégradation est plus susceptible de causer une interruption de l’appui budgétaire et de compliquer les relations entre donateurs et bénéficiaires. Les parties concernées doivent donc s’entendre sur les conditions auxquelles les bailleurs de fonds pourraient revoir leur assistance budgétaire générale.

L’impératif de responsabilisation

Les conférenciers ont mis en garde les donateurs contre la pratique consistant à accroître l’aide comme à l’habitude, au risque de répéter les erreurs passées. Si les pays bénéficiaires n’améliorent ni leur politique économique, ni leurs institutions, tout surcroît d’aide risque d’être gaspillé ou d’accentuer la fuite des capitaux. Les relations entre donateurs et bénéficiaires doivent être régies par des règles précises et reposer sur la responsabilisation des uns et des autres. Les bailleurs de fonds doivent être davantage à l’écoute des pays qu’ils souhaitent aider. Surtout, ils doivent mettre l’accent sur les résultats pour que leur aide ait l’impact escompté au plan local—condition nécessaire à la réalisation des objectifs de développement et de réduction de la pauvreté à l’échelle nationale.

Elliott Harris

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