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Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
August 2006
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Des outils plus efficaces pour la prévention des crises

A fin de retenir les leçons du passé et de concevoir des outils plus efficaces, un séminaire de haut niveau sur la prévention des crises dans les marchés émergents, organisé à Singapour les 10 et 11 juillet, a examiné quatre questions clés: la genèse des crises financières; l’efficacité de la gestion macroéconomique dans les pays ayant libéralisé le compte de capital; les possibilités d’auto-assurance au niveau national et d’accumulation de réserves communes au niveau régional; le mécanisme de financement éventuel proposé par le FMI. Le séminaire, organisé conjointement par l’Institut du FMI, le Département de l’élaboration et de l’examen des politiques et le gouvernement de Singapour, a réuni des décideurs de quarante pays émergents et des délégués du secteur privé.

Genèse des crises du compte de capital

Les pays deviennent vulnérables aux crises financières en cas d’asymétrie des bilans du secteur privé ou public—par exemple, l’asymétrie des échéances et des monnaies de libellé des actifs et des passifs. Mais une crise est souvent déclenchée par un facteur spécifique, exogène (contagion, choc des termes de l’échange, dégradation des conditions du marché) ou endogène (politique macroéconomique minant la confiance des investisseurs).

Les pays émergents doivent amenuiser la vulnérabilité des bilans et éviter les situations propices à une crise. Pour réduire la vulnérabilité, ils doivent assurer une réglementation et un contrôle prudentiels adéquats du système financier et prendre des précautions pour éviter une «spéculation sans risque» sur les taux de change qui peut fragiliser les bilans privés. Ils doivent aussi se prémunir contre les crises en appliquant une politique macroéconomique saine et en respectant les normes et codes de transparence du secteur financier reconnus à l’échelle internationale.

Gestion macroéconomique en cas de libéralisation des flux de capitaux

Les participants ont convenu que la garantie implicite de l’État peut accroître les risques relatifs aux monnaies de libellé des bilans du secteur privé; mais les avis ont divergé sur une politique de change optimale, selon l’appartenance régionale. Les délégués de l’Amérique latine et de l’Europe centrale ont préconisé des régimes de change flexibles dans une politique monétaire de ciblage de l’inflation. Les représentants des pays baltes ont penché pour un régime de parité fixe assorti d’une stratégie de sortie crédible (en l’occurrence, l’adoption de l’euro), une intégration totale du marché financier et un marché du travail flexible. La plupart des délégués asiatiques ont prôné un régime intermédiaire, avec des interventions discrétionnaires sur les marchés de change.

Les participants ont également affirmé l’utilité de politiques macroéconomiques solides (y compris des marges de sécurité budgétaire), de réserves internationales suffisantes, et du respect des normes et codes de transparence afin de réduire les risques de contagion pouvant déclencher une crise. La qualité des institutions est aussi vitale, car elle rehausse la crédibilité et favorise une politique anticyclique.

Réserves, auto-assurance et coopération régionale

Les participants ont convenu que les réserves peuvent contribuer largement à la prévention des crises et qu’elles doivent suffire pour payer au moins la dette exigible sur un an. Mais les avis ont divergé sur le moment à partir duquel les avantages de l’accumulation des réserves l’emportent sur les inconvénients. La plupart des participants ont estimé que dans quelques pays d’Asie, le niveau des réserves a peut-être largement dépassé les normes prudentielles.

Une solution de rechange (une mise en commun des réserves régionales telle que l’initiative Chiang Mai) a été considérée comme une éventuelle source d’appui. Toutefois, les possibilités de diversification régionale étant limitées, les réserves communes ont été considérées au mieux comme un complément (et non un substitut) de l’aide du FMI. Le séminaire a aussi examiné la possibilité pour les gouvernements de signer avec le secteur privé des contrats établissant des lignes de crédit préventives avec droits de tirage garantis dans une marge préétablie. De manière générale, les participants ont estimé que ce type d’instrument requiert une prime d’assurance élevée et a un coût prohibitif. Un bon dispositif conditionnel devrait donc être assorti de critères de préqualification et de clauses d’activation.

Le nouvel instrument proposé par le FMI

Le mécanisme de financement éventuel proposé par le FMI a suscité un intérêt considérable. Comme l’a expliqué le Directeur général adjoint, Takatoshi Kato, plusieurs pays émergents ont demandé au FMI de créer un instrument financier répondant à leur souci de prévisibilité et de flexibilité. Cet instrument sera «une ligne de crédit de montant élevé pour les pays émergents qui ont une politique macroéconomique solide, mais qui restent vulnérables aux chocs». Il offrira aux pays une marge de liquidité et leur permettra d’éviter ou de résorber les crises.

Les représentants des secteurs public et privé ont affirmé qu’un tel mécanisme doit offrir d’emblée des concours importants en cas de turbulence des marchés. Ils ont en outre souligné la nécessité d’un accès automatique pour les pays admissibles et reconnu le risque d’aléa moral inhérent à un accès considérable.

Bikas Joshi et Miguel Messmacher

FMI, Département de l’élaboration et

de l’examen des politiques et Institut

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