FMI Bulletin Vol.35, No.17 Septembre 2006

Article

Actualité: Assemblée annuelle FMI–Banque mondiale: Réforme du FMI et mondialisation en vedette à Singapour

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
September 2006
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Responsables économiques et financiers, banquiers et autres leaders d’opinion et des affaires du monde entier convergeront sur Singapour du 14 au 20 septembre pour des réunions formelles et informelles au titre de l’Assemblée annuelle des Conseils des gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale. Ministres, gouverneurs de banques centrales et autorités des 184 pays membres examineront l’évolution de l’économie mondiale et la mise en œuvre de la nouvelle stratégie à moyen terme du FMI, approuvée en avril. Ils sont censés valider les propositions de réforme graduelle des structures de gestion de l’institution mondiale.

Pour la première fois depuis la crise asiatique de 1997–98, l’Assemblée se tient en Asie. Quelque 16.000 délégués et observateurs y sont attendus pour les réunions qui auront lieu au Suntec International Convention and Exhibition Center de Singapour. Depuis la crise, la région la plus peuplée du monde a connu un rebond spectaculaire. Elle devrait afficher une croissance de 7¼ % en 2006 et 7 % en 2007. Au niveau mondial, la croissance est aussi forte malgré le renchérissement du pétrole et l’encours des crédits envers le FMI est au plus bas depuis 25 ans — grâce en partie à l’environnement assez favorable.

Plaque tournante du commerce et des affaires dans la région, l’île-État de 4,5 millions d’habitants sera quadrillée par un imposant dispositif de sécurité. Les réunions commenceront le 12 septembre avec la publication du Rapport du FMI sur la stabilité financière dans le monde, évaluation semestrielle des marchés financiers et du financement des marchés émergents dans un contexte global, suivie le 14 septembre par la publication des Perspectives de l’économie mondiale, qui analyse les tendances de la croissance aux niveaux national et international.

Une série de rencontres et de séminaires sera couronnée par la session plénière de deux jours des Conseils des gouverneurs du FMI et de la Banque mondiale, qui sera ouverte le 19 septembre par M. Lee Hsien Loong, Premier Ministre de Singapour, précédée le 17 septembre par les réunions du Comité monétaire et financier international (CMFI), principal organe consultatif du FMI, et le 18 septembre par celles du Comité du développement, instance conjointe du FMI et de la Banque mondiale. Les Ministres et Gouverneurs de banques centrales du Groupe des Sept pays industrialisés se réuniront également à Singapour.

Mise en œuvre de la stratégie

L’Assemblée de Singapour examinera les points saillants de la stratégie à moyen terme du FMI, proposée par le Directeur général, Rodrigo de Rato. Cette stratégie vise à réorienter l’activité du FMI pour en accroître l’efficacité. Il s’agit pour l’essentiel de réformer la gestion du FMI, et surtout la voix et la présentation des pays membres au sein de l’institution; d’adapter la surveillance pour mieux parer aux risques qui menacent la stabilité financière et la croissance économique, en recentrant l’attention sur le secteur financier, les taux de change et les répercussions internationales; de créer un nouvel instrument financier auquel les pays émergents peuvent recourir si la situation du marché des capitaux se dégrade brusquement. S’agissant des pays à faible revenu, après la mise en œuvre, en janvier 2006, de l’initiative d’allégement de la dette multilatérale pour 19 pays des plus pauvres, il faudra les aider à tirer le meilleur parti du surcroît d’aide.

Réforme de la gouvernance

Le Conseil a recommandé aux gouverneurs d’approuver une série de réformes des quotes-parts et des voix attribuées pour mieux aligner la représentation des États membres sur leur poids relatif dans l’économie mondiale et pour mieux refléter les réalités économiques. La réforme vise par ailleurs à renforcer la participation et la représentation des pays à faible revenu. Les gouverneurs sont appelés à voter sur la réforme avant le 18 septembre, à l’occasion de l’Assemblée annuelle.

À cet égard, M. de Rato a déclaré: «la décision du Conseil d’administration représente l’approbation d’une réforme fondamentale qui permettra au FMI d’évoluer pour relever les défis d’une économie mondiale en mutation. Par conséquent, nous devons nous assurer que les pays membres soient bien représentés et que la structure de gouvernance soit aussi transparente que possible».

La réforme des quotes-parts et de la gouvernance est conçue comme un programme intégré de deux ans qui devrait être achevé à l’Assemblée annuelle de 2008. Elle prévoit les éléments suivants: une hausse ponctuelle initiale des quotes-parts d’un petit groupe de pays les plus sous-représentés: Chine, Corée, Mexique et Turquie; un programme de travail post-Singapour prévoyant un accord sur une nouvelle formule qui permet de déterminer si les quotes-parts des pays membres sont adéquates; une deuxième série d’augmentations ponctuelles des quotes-parts selon la nouvelle formule; et une hausse du nombre de voix de base dont dispose chaque pays membre, afin d’assurer une représentation adéquate des pays à faible revenu au FMI.

La quote-part d’un pays membre détermine ses obligations financières envers le FMI, contribue largement à établir son pouvoir de vote et conditionne son accès au financement du FMI (voir encadré).

Renforcement de la surveillance

Malgré le dynamisme de l’économie mondiale, le FMI a pris des mesures pour mieux suivre l’évolution économique et financière à l’échelle mondiale, régionale et nationale. Il renforce ses outils d’analyse et prévoit un nouveau mécanisme de consultation multilatérale pour résoudre les problèmes d’importance systémique ou régionale. M. de Rato devrait présenter aux gouverneurs l’état d’avancement des premières consultations, qui concernent la manière de résorber les déséquilibres des transactions courantes tout en préservant la vigueur de la croissance. Selon toute vraisemblance, ces déséquilibres se dénoueront en douceur sous l’impulsion du marché, mais ils présentent des risques pour l’économie mondiale.

Dans le cadre de ces consultations multilatérales, le FMI a d’abord eu des entretiens séparés avec la Chine, la zone euro, le Japon, l’Arabie Saoudite et les États-Unis sur la façon de résorber les déséquilibres sans entraver la croissance. Au cours des prochains mois, il organisera des consultations conjointes avec les cinq pays. M. de Rato a néanmoins prévenu que les déséquilibres mondiaux ne peuvent être résolus en un tournemain. «C’est un problème complexe qui s’est noué sur plusieurs années; il serait irréaliste d’y chercher une solution miracle.»

L’Assemblée annuelle planchera en outre sur le financement conditionnel. Le FMI cherche le moyen d’adapter ses instruments financiers à l’évolution des besoins des pays émergents. Naguère gros débiteurs de l’institution, bon nombre de ces derniers ont cessé récemment d’emprunter ses ressources. Dans un discours prononcé à la Brookings Institution le 5 septembre, M. de Rato a souligné l’importance pour les pays émergents de solliciter le FMI si la situation du marché financier se détériore. «Pour cette raison, j’ai proposé la mise en place d’un nouveau mécanisme permettant de fournir des liquidités aux pays émergents ayant des fondamentaux solides, mais encore vulnérables à des chocs.»

Relancer Doha?

En ce qui concerne la suspension du cycle de négociations commerciales de Doha — un autre thème qui retiendra sans doute l’attention des participants à l’Assemblée annuelle à Singapour —, M. de Rato a déclaré dans un discours prononcé à Calgary (Canada): «Il est désormais nécessaire de veiller à ce que l’impasse actuelle constitue une petite pause et non un échec des négociations». Il a donc invité les partisans du commerce international à se faire entendre haut et fort. «Il est par exemple inacceptable que, dans les pays riches, les intérêts agricoles qui représentent moins de 4 % de l’emploi réussissent à bloquer un accord visant à libéraliser les marchés de services et de produits manufacturés qui regroupent plus de 90 % de la main-d’œuvre», a-t-il ajouté.

Jeremy Clift

FMI, Département des relations extérieures

Importance de la quote-part d’un pays membre du FMI

La quote-part d’un pays membre du FMI détermine le montant qu’il doit déposer au FMI à titre de souscription au capital, et le montant qu’il peut emprunter dans le cadre des divers mécanismes de financement lorsqu’il est confronté à un besoin de balance des paiements. Elle permet aussi de fixer son pouvoir de vote dans la prise de décision.

  • Souscription. Un pays doit payer entièrement sa souscription lors de son adhésion: jusqu’à 25 % de la quote-part en droits de tirage spéciaux (DTS), unité de compte du FMI, ou en monnaies largement acceptables (dollar des États-Unis, euro, yen ou livre sterling), et le reste dans sa propre monnaie.

  • Voix attribuées. Chaque pays membre du FMI a 250 voix de base majorées d’une voix supplémentaire pour chaque 100.000 DTS de quote-part. Ainsi, les États-Unis ont 371.743 voix (17,1 % du total), et les Palaos en ont 281 (0,013 % du total).

  • Emprunt. Le montant du financement qu’un pays membre peut obtenir du FMI (sa limite d’accès) dépend de sa quote-part. Pour un prêt non concessionnel, un pays peut emprunter jusqu’à 100 % de sa quote-part chaque année et 300 % cumulativement. Mais l’accès peut être supérieur dans des cas exceptionnels.

Les voix de base permettent de s’assurer que tous les pays membres, aussi petits soient-ils, ont un certain poids dans la définition des politiques et des opérations du FMI. Toutefois, les voix de base n’ayant pas changé depuis la création de l’institution et les voix fondées sur les quotes-parts ayant augmenté après plusieurs révisions générales des quotes-parts, la proportion des voix de base par rapport aux voix totales n’a cessé de diminuer. Les voix de base représentent désormais 2,1 % des voix totales, contre 11,3 % en 1945 et un record de 15,6 % en 1958.

La 13e révision générale des quotes-parts devrait se terminer en janvier 2008.

Other Resources Citing This Publication