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Finance and Development, March 2018
Article

Lettre de la rédaction: Le problème de la dette

Author(s):
International Monetary Fund. Communications Department
Published Date:
April 2018
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L’ÉCONOMIE SE PORTE BIEN, pourquoi donc se soucier du lendemain ? Dans de nombreux pays, l’avenir a été hypothéqué par une dette publique et privée élevée qui risque d’étouffer la croissance. Dans ce numéro de F&D, nous tâchons de répondre à la question suivante : à quel moment la dette devient-elle excessive ?

Le problème de la dette est qu’elle empêche les pays d’investir dans la croissance de demain — de miser sur l’éducation et la santé, par exemple, et de trouver le moyen de rehausser la faible productivité, qui demeure un frein à l’augmentation des salaires dans grand nombre de pays.

En termes simples, pour faire baisser leur dette, les pays avancés peuvent soit augmenter leurs impôts, soit réduire leurs dépenses. D’après Alberto Alesina, Carlo Favero et Francesco Giavazzi, la croissance est moins pénalisée lorsque les pays font le choix de réduire leurs dépenses (y compris les prestations sociales) plutôt que d’augmenter les impôts — une mesure qu’ils jugent contreproductive, car elle entraîne une dette encore plus élevée et une croissance plus faible.

Mais au vu des préoccupations grandissantes autour des inégalités, il peut être difficile de justifier des coupes dans les dépenses sociales. François Bourguignon, ancien économiste principal de la Banque mondiale, présente les meilleurs moyens de remédier au creusement des inégalités et d’évaluer les compromis difficiles.

Dans les pays à faible revenu et les pays émergents, il s’agit d’élargir l’assiette fiscale et d’accroître l’efficience des dépenses publiques. Contrairement aux crises de la dette précédentes, qui avaient été rapidement résolues grâce à la coopération internationale, les crises d’aujourd’hui sont plus difficiles à régler, car le paysage est plus complexe, explique Fanwell Bokosi, du Forum africain et du Réseau sur la dette et le développement.

Il n’y a pas de solution facile à l’horizon et, partout, les électeurs veulent en finir avec le statu quo : les gouvernements devraient donc profiter de l’embellie actuelle pour remettre de l’ordre dans leurs finances. Certes, chaque pays doit élaborer son propre plan d’action, mais la reprise mondiale est une rare occasion à saisir : les conditions de refinancement et de remboursement de la dette risquent de se corser avec la hausse des taux d’intérêt.

CAMILLA LUND ANDERSEN, rédactrice en chef

EN COUVERTURE

Dans une certaine mesure, l’endettement peut être une bonne chose, mais s’il devient excessif, il peut étouffer la croissance. La couverture du numéro de mars 2018 de F&D dessinée par Michael Waraksa met en scène le dilemme cornélien entre la dépense et l’épargne, et la difficulté pour les pays de trouver le bon équilibre.

Shifting Commodity Markets in a Globalized World

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