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Finances & Developpement, Juin 2012
Article

La crise et au-delà: Cinq ans après que les premiers remous sur le marché hypothécaire américain ont laissé présager la plus grande crise financière mondiale depuis les années 30, l’économie mondiale reste en difficulté

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
June 2012
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Parmi les causes innombrables de la Grande Récession figuraient une réglementation financière inadéquate et des problèmes de bilan dus à l’accumulation de dettes excessives par les établissements financiers, les ménages et les États. La plupart des excès étaient limités aux pays avancés, et seules des mesures créatives et massives, surtout aux États-Unis, ont empêché un effondrement total du système financier mondial.

Mais les récessions qui résultent d’une crise financière sont plus profondes que les autres, et la reprise qui suit est plus lente et plus timide. Cinq ans plus tard, la reprise reste faible aux États-Unis et un nouveau ralentissement menace en Europe, où plusieurs pays ont des problèmes de dette souveraine.

La Grande Dépression des années 30 avait été aggravée par un protectionnisme généralisé: les pays avaient cherché à protéger leur marché national des importations, mais n’avaient réussi qu’à faire empirer les choses pour tous. Cette fois-ci, le Groupe des 20 pays avancés et émergents a mis en garde contre ce danger et les formes manifestes de protectionnisme ont été évitées dans une large mesure. Mais un protectionnisme plus subtil est apparu en 2009 lorsque le commerce mondial s’est effondré, a diminué en 2010 tandis que la reprise s’engageait, mais semble augmenter de nouveau.

Contrairement aux récessions antérieures, les pays émergents et les pays à faible revenu ont été moins touchés et se sont redressés plus vite que les pays avancés d’Amérique du Nord et d’Europe. Cela s’explique en partie par la vigueur de leur politique économique avant la récession qui a préparé bon nombre de ces pays à combattre le ralentissement. La chance a joué un rôle aussi: les cours des produits de base dont beaucoup de ces pays sont tributaires sont restés relativement plus élevés que lors des récessions antérieures, ces pays sont moins liés aux pays avancés que par le passé et leur système financier moins sophistiqué était moins exposé aux dettes à haut risque qui ont grippé les marchés des pays avancés. Toutefois, il se peut que les pays émergents et les pays à faible revenu soient moins bien préparés à faire face à une nouvelle crise.

Et les risques abondent. Du fait de la hausse des cours du pétrole et d’autres produits de base, une reprise risque d’être plus difficile à maintenir. La réforme de la réglementation financière est en proie à de la résistance et à de l’inertie. Et les déséquilibres économiques mondiaux persistent, certains pays continuant de dégager des excédents élevés de la balance des paiements et d’autres des déficits considérables.

Ce numéro de F&D examine le monde cinq ans après les premières manifestations de la crise. Selon les données disponibles, l’avenir de l’économie mondiale s’annonce complexe et contrasté.

James L. Rowe, Jr.

Finances & Développement

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