Journal Issue
Share
Finances et developpment, Décembre 2010
Article

Pleins Feux: Jeune cherche emploi: Le chômage des jeunes est au plus haut à cause de la crise économique mondiale

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
January 2011
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Les Jeunes ont été particulièrement vulnérables au chômage pendant la récession mondiale et la contraction du marché de l’emploi qui l’a accompagnée. En 2009, 81 millions de jeunes de 15 à 24 ans étaient sans emploi dans le monde—un record—et ce nombre devrait continuer d’augmenter en 2010, selon l’Organisation internationale du travail (OIT). Le taux mondial de chômage des jeunes est passé de 12,1 % en 2008 à 13,0 % en 2009, soit une hausse annuelle record. En 2009, 6,7 millions de jeunes ont rejoint les rangs des chômeurs, contre une hausse annuelle moyenne de 191.000 dans les 10 années qui ont précédé la crise.

La crise de 2008–09 a inversé la tendance à la baisse du chômage des jeunes.

Les jeunes sont désavantagés dès lors qu’il s’agit de trouver un emploi, pour bon nombre de raisons: ils ont moins d’expérience professionnelle, ils savent moins bien comment et où chercher du travail, et ils ont moins de contacts qui leur permettraient de trouver un emploi. En conséquence, le taux mondial de chômage des jeunes est près de trois fois plus élevé que celui des adultes, un rapport qui ne change guère au fil du temps.

Des étudiants de l’université Rutgers à la recherche d’un emploi.

Les plus vulnérables: les jeunes des pays avancés

Dans les pays avancés et certains pays émergents, où le taux de chômage des jeunes est bien plus élevé que le taux mondial, la crise touche les jeunes principalement du fait de la hausse du chômage et des risques sociaux liés à la recherche d’un emploi à long terme, au découragement et à l’inactivité prolongée. Beaucoup de jeunes acceptent n’importe quel emploi à temps partiel ou se sentent piégés dans un emploi pas satisfaisant du tout qu’ils craignent de quitter, de peur de ne pas en trouver un autre. Certains retournent à l’école et espèrent que la situation économique sera meilleure quand ils chercheront de nouveau un emploi. Dans ces régions, les pouvoirs publics s’emploient à éviter une situation où les jeunes, ayant perdu tout espoir de trouver un emploi qui leur permette de vivre dans des conditions décentes, abandonnent et s’accommodent d’une dépendance à long terme à l’égard de la garantie de revenu fournie par l’État.

En 2009, les pays avancés et émergents aussi ont enregistré une hausse record du taux de chômage des jeunes.

Dans les pays en développement, les jeunes travaillent, mais restent pauvres

Dans les pays en développement, où 90 % des jeunes du monde vivent et où les dispositifs de protection sociale ne prévoient pas d’allocations de chômage, les statistiques du chômage semblent moins sombres, car la plupart des jeunes n’ont pas d’autre choix que de travailler. Les régions aux revenus les plus faibles (Afrique subsaharienne, Asie du Sud-Est et Pacifique, et Asie du Sud) continuent d’afficher les rapports emploi/population les plus élevés—il faut contribuer aux revenus du ménage. Les jeunes hommes et femmes (dans les pays où les normes sociales le permettent) sont généralement actifs dans l’économie informelle, souvent comme travailleurs indépendants ou occasionnels, par exemple comme travailleurs agricoles saisonniers.

Ces jeunes sont piégés dans ce que l’OIT appelle les «déficits de travail décent»: ils travaillent beaucoup, souvent dans des conditions très difficiles, mais restent pauvres. Selon l’OIT, 152 millions de jeunes vivaient avec moins de 1,25 dollar par jour en 2008. Ils étaient certes 234 millions en 1998, mais cela représente encore 28 % du total des jeunes. La majorité des jeunes travailleurs pauvres n’ont même pas terminé l’enseignement primaire et sont employés dans le secteur agricole.

Améliorer l’éducation

Il n’y a pas de formule unique pour rehausser les perspectives d’emploi des jeunes. Il est clair qu’il faut continuer d’améliorer l’accès à l’éducation et la qualité de cette dernière pour que les jeunes aient de meilleures chances de trouver un emploi décent. La progression de la scolarisation à l’échelle mondiale transparaît en partie dans la baisse des taux d’emploi des jeunes hommes. La scolarisation des filles augmente aussi, mais avec un décalage par rapport aux garçons. Les inégalités entre sexes diminuent, car les attitudes vis-à-vis de la participation des jeunes femmes à la vie économique commencent lentement à changer. Plus généralement, pour que tous les jeunes aient plus de chances d’obtenir un travail décent, il convient d’encourager les entreprises à les embaucher, de promouvoir l’esprit d’entreprise des jeunes et de faciliter l’accès aux services financiers.

Des demandeurs d’emploi font la queue pendant un salon de l’emploi à Jakarta.

Les taux d’emploi des jeunes hommes diminuent dans le monde entier, mais ils sont plus élevés dans les régions à faible revenu, où ceux qui travaillent restent pauvres.

La part des jeunes femmes dans l’emploi progresse lentement dans la plupart des régions, ce qui réduit les inégalités entre sexes.

Rédigé par Sara Elder, économiste à l’OIT. Le texte et les graphiques s’inspirent du rapport Tendances mondiales de l’emploi des jeunes, publié par l’OIT en août 2010, et les données sont tirées des modèles économétriques tendanciels de l’OIT (avril 2010). Le rapport principal est disponible à l’adresse www.ilo.org/youth et les données à www.ilo.org/trends.

Other Resources Citing This Publication