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Finances & Developpement, Juin 2010
Article

Lettre de la Rédaction: L’Asie accélère la cadence

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
July 2010
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ROMPANT apparemment avec le passé, l’Asie a pris la tête de la sortie de crise. La Chine et l’Inde ouvrent la marche, mais ne sont nullement les seuls pays à afficher des résultats remarquables et l’importance économique de l’Asie est palpable. Dans l’article de fond de ce numéro, Anoop Singh, Directeur du Département Asie et Pacifique du FMI, explique que, si les tendances actuelles se confirment, l’économie asiatique pèsera moitié plus qu’aujourd’hui dans cinq ans (en parité de pouvoir d’achat), générera plus d’un tiers de la production mondiale et aura atteint une taille comparable à celle des économies américaine et européenne. D’ici à 2030, le PIB asiatique dépassera celui du G-7.

La reprise de l’Asie est inédite à plusieurs égards. Tout d’abord, alors que, dans le passé, elle contribuait moins que les autres régions au redressement de l’activité dans le monde, cette fois, c’est elle qui tire la reprise mondiale. Ensuite, alors qu’elle s’appuyait en général sur les exportations pour sortir du marasme, c’est aujourd’hui la hausse de la demande intérieure, alimentée par les mesures de relance et par la consommation des ménages, qui est à l’origine du rebond. Enfin, alors que les investisseurs tardaient à revenir en Asie au lendemain d’une crise, cette fois on assiste à un afflux de capitaux, dû autant à l’abondance de liquidités dans le monde qu’à la plus grande résistance de l’économie asiatique et à l’amélioration de son cadre économique.

Il n’est donc pas surprenant que l’Asie influence de plus en plus le débat économique et financier dans le monde. D’ores et déjà, six des vingt principales économies qui composent le G-20 sont situées dans la région Asie-Pacifique. L’Asie (Australie et Nouvelle-Zélande comprises) représente un peu plus de 20 % des voix au FMI et la proportion va certainement s’accroître avec les réformes en cours visant à ce que le nombre de voix attribuées aux pays membres reflète davantage leur poids dans l’économie mondiale. Il est probable qu’avec les politiques adéquates cette réussite économique se perpétue et rehausse encore le niveau de vie des Asiatiques, dont beaucoup sont encore très pauvres, améliorant ainsi le sort de la moitié de la population de la planète.

Nous examinons aussi dans ce numéro divers sujets touchant à la crise mondiale: le rôle des banques centrales, la conduite de la politique monétaire, la révision des politiques à l’égard du secteur financier et les moyens de faire diminuer la dette publique. La réduction des subventions énergétiques, les nouvelles possibilités qui s’ouvrent pour les fonds souverains et la recherche de la stabilité en Europe orientale sont aussi abordées. Enfin, la rubrique «Paroles d’économistes» est consacrée au Coréen Jang Hasung, qui milite pour améliorer le gouvernement d’entreprise.

Jeremy Clift

Rédacteur en chef

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