Journal Issue
Share
Finanzas & Development, Mars 2010
Article

Gros Plan: Recul de la dollarisation en Amérique latine: Les pays d’Amérique latine préfèrent leurs propres monnaies

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
April 2010
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

Les Pays d’Amérique latine sont parmi les plus dollarisés au monde. Le degré de dollarisation (utilisation d’une monnaie étrangère à la place de la monnaie nationale) varie selon les pays de la région, mais, dans la plupart des cas, la proportion des dépôts en devises par rapport au total des dépôts bancaires (mode de mesure très usuel de la dollarisation) dépassait 30 % à la fin de 2009 et était parfois bien supérieure à ce taux. L’Amérique latine n’est pas la seule dans ce cas: d’autres pays émergents, tels les pays de l’ex-Union soviétique et d’Europe du Sud-Est avaient aussi un haut degré de dollarisation allant de 30 à 70 %.

Mais certains pays d’Amérique latine ont réussi à réduire sensiblement la dollarisation au cours des dix dernières années, notamment ceux où elle était très élevée en 2001. Les exemples les plus marquants sont la Bolivie, le Paraguay et le Pérou, où la part des dépôts en devises a chuté de 93 à 53 %, de 66 à 38 % et de 76 à 56 %, respectivement. Bien que cette tendance baissière se soit ralentie depuis peu, la coupure étant due à la crise financière mondiale, le degré de dollarisation de ces pays reste très inférieur à celui de 2001. Cette tendance à dédollariser témoigne d’une préférence croissante pour la monnaie nationale qui peut être liée au regain de confiance, lui-même dû à l’élimination de l’hyperinflation et à la mise en œuvre de politiques économiques et financières plus saines.

La dollarisation a reculé en Amérique latine au cours des dix dernières années

(proportion des dépôts en devises par rapport au total des dépôts bancaires)

Qu’est-ce que la dollarisation?

Il y a cocirculation—on parle couramment de dollarisation—lorsqu’une monnaie étrangère, souvent le dollar EU, sert de moyen de paiement et de réserve de valeur parallèlement à la monnaie nationale. Plusieurs facteurs peuvent influer sur le degré de dollarisation de l’économie. L’un d’eux est le cadre juridique. Certains pays, par exemple, n’autorisent pas les banques à accepter des dépôts en devises. D’autres, par contre, ont adopté de facto et de jure une monnaie étrangère qui a cours légal. Un autre facteur est l’inflation. Les résidents d’un pays où l’inflation est élevée et variable peuvent préférer commercer dans une monnaie étrangère dont la valeur est plus stable. L’écart des taux d’intérêt entre les instruments libellés en monnaie nationale et en devises peut aussi influer sur le choix du public, de même que les anticipations de variation future du taux de change.

La dollarisation n’a pas reculé de manière continue partout en Amérique latine. Au Chili et au Mexique, elle était déjà relativement faible au début de la décennie et elle est restée assez stationnaire. En Argentine, elle a été réduite à zéro par la politique de «pesification» au début de la décennie, mais elle est remontée par la suite. Dans d’autres pays, elle fluctue davantage depuis une dizaine d’années, sans qu’une tendance claire se dessine.

Précisions sur la base de données

Les données proviennent des formulaires de déclaration normalisés (FDN) que 114 pays utilisent pour communiquer leurs données monétaires au Département des statistiques du FMI. La présentation uniforme du FDN pour tous les pays, par instrument, monnaie et secteur, permet une analyse transversale de haute qualité. Il est possible de les consulter en ligne sur le site des statistiques financières internationales www.imfstatistics.org/imf. L’analyse ne couvre pas le Brésil, la Colombie et le Venezuela, qui n’autorisent pas les dépôts en devises, ni l’Équateur, le Salvador et Panama, qui sont complètement dollarisés. Par dépôts en devises, on entend les dépôts du système bancaire intérieur, ce qui inclut les dépôts indexés sur une monnaie étrangère.

Préparé par José M. Cartas, du Département des statistiques du FMI.

Other Resources Citing This Publication