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Finances et Developpement, Juin 2008
Article

Lettre de la rédaction: Comportement à risque

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
June 2008
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L’IMPACT de la crise du crédit hypothécaire à risque qui a éclaté aux États-Unis en été 2007 est encore palpable plus d’un an après dans divers domaines imprévus —prêts interbancaires, effets de commerce à court terme, obligations municipales, voire prêts aux étudiants, et pas seulement aux États-Unis. Cette crise financière, qui a désormais pris une ampleur mondiale, continue à susciter des inquiétudes quant à la stabilité du système financier international, amenant F&D à s’interroger sur son mode de propagation et sur les mesures à prendre pour éviter à l’avenir ce type de perturbation et la contagion qui en résulte.

Dans le présent numéro, nous abordons cette question sous divers angles. Notre manchette —«Une crise de confiance … et beaucoup plus» —signale que la source du problème et, donc, la solution résident dans les incitations. Mais, pour autant, les remèdes ne sont pas faciles à appliquer, car les fausses incitations sont déjà bien ancrées sur le marché et dans les systèmes de réglementation et de contrôle —ce qui a encouragé les opérateurs, les investisseurs et les initiateurs des prêts à prendre trop de risques, lesquels sont souvent camouflés par des titres opaques et complexes et facilités par un endettement excessif et des normes de crédit laxistes.

Au moment où les décideurs étudient les moyens de restructurer les incitations, les auteurs de l’article intitulé «Crise hypothécaire: effet de contagion» suggèrent de prendre en compte les objectifs suivants: modérer l’endettement, améliorer la gestion des liquidités, promouvoir la liquidité du marché, prôner la prudence et accroître la transparence. Ils formulent une recommandation essentielle: la gestion du risque au niveau de chaque banque ne doit pas être centrée sur la protection de l’institution au point de négliger les risques systémiques. Deux autres articles portent sur les mesures prises actuellement pour renforcer les systèmes bancaires, en particulier, la mise en œuvre de Bâle II —une norme internationale indiquant le montant de capital que les banques doivent mettre de côté pour faire face à des risques financiers et opérationnels actuels et éventuels.

L’Autorité monétaire de Singapour présente pour sa part une perspective asiatique des similitudes et différences entre la crise financière qui a frappé l’Asie en 1997–98 et la crise du crédit à risque aux États-Unis, et suggère des mesures que l’Asie et les pays émergents en général peuvent prendre pour continuer à résister aux turbulences actuelles.

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Enfin, je quitte mon poste de rédactrice en chef de F&D après six ans et demi de service. C’est avec un immense plaisir que j’ai dirigé cette publication et produit chaque année quatre numéros qui stimulent la réflexion et qui donnent à notre lectorat très divers un aperçu des questions cruciales interpellant la communauté internationale dans les domaines financier, économique et du développement. J’espère que vous avez apprécié ce travail que mon excellente équipe a réalisé pour vous, et je tiens à vous remercier pour vos commentaires, vos suggestions et votre soutien au fil des ans.

Laura Wallace

Rédactrice en chef

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