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Finances & Développement, Mars 2008
Article

Lettre de la Rédaction: Des produits de base coûteux

Author(s):
International Monetary Fund. External Relations Dept.
Published Date:
April 2008
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Les cours du pétrole, du nickel, du fer, du maïs et du blé ayant atteint des niveaux records ces derniers mois—une hausse spectaculaire depuis qu’ils étaient au plus bas en 2000—, il convient de se demander combien de temps encore durera cette expansion et comment les économies y feront face. À l’évidence, les pays producteurs et exportateurs de produits de base affichent de bons résultats. Mais il n’y a pas que des gagnants. Les importateurs et les consommateurs commencent à ressentir l’impact du renchérissement des produits de base sur leur pouvoir d’achat, ce qui explique les manifestations contre les prix du soja et du blé en Asie et en Afrique et le prix du maïs en Amérique latine. De plus, les médias nous préviennent d’un fléchissement de la croissance et d’une hausse de l’inflation dans un avenir proche.

Dans ce contexte, le numéro de mars 2008 de F&D examine le plus récent boom des produits de base qui survient, contrairement aux précédents (années 70, 80 et 90), dans un climat de forte croissance mondiale. Selon les auteurs de l’article intitulé «Vague porteuse», l’impact sur la croissance et l’inflation a été limité jusqu’ici—en fait, il est moins sensible qu’on ne l’avait anticipé. Mais l’incidence sur l’inflation globale pourrait persister en 2008—même sans hausses supplémentaires—et les pays à faible revenu et à revenu intermédiaire qui sont importateurs nets de produits de base pourraient connaître une baisse de leur balance commerciale. Que faire? Selon l’étude, les décideurs doivent veiller au bon fonctionnement des forces du marché à l’échelle mondiale—en facilitant le libre-échange de biocarburants et en intégrant les coûts des émissions aux prix de tous les carburants—et protéger les plus démunis.

* * * * *

Évidemment, ces recommandations sur l’énergie font partie des efforts déployés dans le monde pour freiner les émissions de gaz à effet de serre et développer des carburants de rechange à mesure que s’accumulent les preuves du réchauffement de la planète. En décembre 2007, le Groupe d’experts intergouvernemental sur l’évolution du climat (ONU) a averti qu’en l’absence de sérieux efforts visant à réduire les émissions, la température moyenne du globe augmentera d’environ 3° C d’ici à 2100 par rapport à celle de la période 1980–99, et il est possible que la hausse soit plus marquée. Même si l’on réduisait sensiblement les émissions, les températures grimperaient quand même à cause des émissions antérieures accumulées dans l’atmosphère.

Quel sera l’impact du réchauffement sur les pays riches et pauvres? F&D examine cette question dans une série d’articles de fonctionnaires du FMI et d’experts extérieurs, qui tablent sur les risques et incertitudes évoqués par les scientifiques. Nous apprenons ainsi que les décideurs pourraient remédier au changement climatique sans nuire à la stabilité macroéconomique et à la croissance et sans imposer un lourd tribut aux pays les moins à même d’assumer les coûts des mesures prises; qu’il y a tout lieu de ne pas sous-estimer les risques encourus par l’agriculture—d’ailleurs, si des mesures ne sont pas prises pour réduire les émissions de carbone, la productivité agricole chutera, surtout dans les pays en développement; que les marchés financiers montent en puissance dans les échanges de permis d’émission, les dérivés climatiques et les obligations-catastrophe; enfin, que des outils prometteurs permettent d’intégrer la lutte contre le changement climatique dans les stratégies de développement. L’existence de ces outils devrait éliminer la crainte que cette lutte puisse détourner les précieuses ressources pouvant servir à régler des problèmes de développement plus immédiats tels que la croissance et la lutte contre la pauvreté.

Laura Wallace

Rédactrice en chef

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