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Chapitre 1. Vue d’ensemble

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2009
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L’économie mondiale a traversé en 2008–09 une période d’instabilité financière sans précédent, qui s’est accompagnée de la récession économique et de l’effondrement des échanges les plus graves depuis de nombreuses décennies. Aucun pays n’a été épargné par la tourmente économique. Le FMI a joué un rôle décisif en aidant ses membres à gérer les situations d’urgence nées de la crise et à instaurer un nouveau système financier mondial renforcé. Face à ces défis majeurs, le FMI s’est efforcé avant tout: 1) de fournir à ses membres des conseils et un soutien financier à la mesure de leurs besoins, 2) d’analyser les causes de la crise afin d’éviter que le système financier n’en subisse d’autres à l’avenir, 3) de poser les bases d’une nouvelle architecture financière internationale. En parallèle, la crise a accéléré la mise en œuvre de certains éléments du programme de travail du FMI et a conduit à la réaffectation de ressources vers les domaines suivants: promotion des priorités de la surveillance, réforme du dispositif de prêt du FMI, soutien aux pays à faible revenu, intensification des activités du FMI en matière de renforcement des capacités, réforme de la gouvernance de l’institution et augmentation de ses ressources. La démarche de modernisation du FMI, qui s’était accélérée en 2008 avec la restructuration, s’est poursuivie durant l’exercice 20091. L’institution s’est aussi attachée à améliorer la responsabilisation interne et la transparence, à moderniser sa gestion des ressources humaines et à préserver ses finances et autres opérations, tout en renforçant son assise financière.

Des Turbulences sur les Marchés Financiers à la Récession Mondiale

La crise mondiale trouve son origine dans les années de taux d’intérêt faibles et de croissance soutenue qui ont alimenté un optimisme et une prise de risques excessifs, ce qui a conduit à de multiples dysfonctionnements en matière de discipline des marchés, de réglementation financière, de politique macroéconomique et de supervision globale. Durant cette période, le système financier mondial a connu une expansion considérable et a créé de nouveaux instruments qui semblaient offrir des rendements plus élevés avec un niveau de risque moindre. Cette évolution a été encouragée par une confiance généralisée dans une réglementation «légère», fondée sur la double hypothèse que la discipline des marchés financiers aurait raison des comportements à risque et que l’innovation financière avait pour effet de disperser les risques et non de les concentrer.

Les faits ont prouvé que ces deux hypothèses étaient fausses ou, tout au moins, peu judicieuses. Dès lors, les déséquilibres extérieurs ont pris une ampleur insoutenable; d’énormes bulles sont apparues sur les marchés des actifs dans les pays avancés et émergents, notamment dans le secteur immobilier; les cours des matières premières se sont envolés; les principaux marchés financiers ont vu un recours massif à l’effet de levier et une accumulation massive de risques, tant à l’intérieur qu’en dehors du système bancaire formel.

Les causes de la crise

Il est essentiel de bien comprendre les causes de la crise financière pour renouer avec la stabilité et mettre en place un système financier solide afin d’éviter la récurrence d’une crise aussi grave. Il est probable que le débat sur les origines de la crise se prolongera pendant des années, mais le FMI a relevé d’emblée une défaillance dans l’architecture globale, qui n’a pas transmis en temps voulu les signaux d’alarme requis, notamment en ce qui concerne la surveillance des pays avancés d’importance systémique, ainsi qu’une série de problèmes liés à la réglementation:

  • recours à l’effet de levier et prise de risques excessifs, à la faveur d’une longue période d’expansion et de faibles taux d’intérêt réels;
  • lacunes de la réglementation financière, à l’échelle nationale et mondiale;
  • fragmentation des instances de réglementation;
  • défaillance de l’information sur les risques;
  • carences dans la gestion de la crise et dans les dispositifs d’intervention dans les banques en difficulté.

De façon générale, les régulateurs financiers n’étaient pas en mesure de percevoir les concentrations de risques et les incitations faussées qui se cachaient derrière le boom de l’innovation financière. Ni la discipline de marché ni la réglementation n’ont réussi à contenir les risques engendrés par l’innovation effrénée et le recours accru à l’effet de levier, qui s’accumulaient depuis des années.

En matière de politique macroéconomique, les décideurs n’ont pas suffisamment pris en compte les déséquilibres macroéconomiques croissants qui ont contribué à l’accumulation de risques systémiques sur les marchés financiers et dans le secteur immobilier. De plus, le défaut de coordination efficace au niveau international a aggravé les risques engendrés par l’incapacité de déceler les facteurs de vulnérabilité grandissants et les liens transnationaux. Les banques centrales se sont focalisées essentiellement sur l’inflation et non sur les risques découlant du niveau élevé des prix des actifs et du recours croissant à l’effet de levier. Enfin, les autorités de contrôle financier se préoccupaient de la situation du secteur bancaire formel, non du foisonnement des risques dans le système financier «fantôme».

Ainsi, durant l’exercice 2009, la crise financière a continué de se propager à un rythme plus rapide que prévu et conduit à un repli sans précédent de la production et du commerce au niveau mondial. Très vite, les conséquences du resserrement du crédit et la chute brutale des prix des actifs ont touché les systèmes bancaires de tous les secteurs dans tous les pays, amplifiées par l’effondrement de la confiance des consommateurs et des entreprises.

Les mesures macroéconomiques à privilégier face à la crise

Tout au long de l’exercice 2009, le FMI a utilisé ses ressources pour répondre aux besoins immédiats de ses membres en termes d’aide financière et de conseils. Dans de nombreux pays, les difficultés économiques ou financières ont fait suite à l’envolée des prix des produits alimentaires et énergétiques en 2007 et 2008, qui a frappé de nombreux pays à faible revenu et à revenu intermédiaire, dès le début de l’exercice ou peu après, en raison de la propagation des turbulences financières. Alors que la crise atteignait l’économie réelle sur l’ensemble de la planète, le FMI a préconisé l’application, à l’échelle nationale et mondiale, des mesures prioritaires suivantes:

  • Assainir les bilans du secteur financier (par une action énergique visant à recapitaliser les banques et à «nettoyer» leur bilan) était indispensable pour réamorcer la pompe du crédit et faire redémarrer l’économie, faute de quoi les mesures de relance de la demande resteraient sans doute vaines.
  • Reconnaître l’importance du soutien que peut apporter la politique monétaire, en tenant dûment compte de ce qui est possible dans chaque pays.
  • Apporter, à l’échelle mondiale, une stimulation budgétaire en 2009 et 2010. Le FMI a encouragé les pays, avancés ou en développement, qui disposent d’un espace budgétaire, à s’en servir pour soutenir la demande. La crise a mis en évidence l’importance de disposer d’une telle marge de manœuvre, qui permet l’application de mesures contra-cycliques en cas de ralentissement économique. Pour la plupart, les pays ont procédé à cette stimulation budgétaire en 2009, et il conviendra de la maintenir en 2010.
  • Accroître sensiblement le financement public international, notamment pour alléger les pressions qui pèsent sur les économies émergentes et les pays à faible revenu. En avril 2009, les chefs d’État du Groupe des Vingt (G-20) se sont accordés sur un triplement de la capacité de crédit ordinaire du FMI, portée à 750 milliards de dollars, sur, au minimum, un doublement des prêts concessionnels aux pays à faible revenu et sur une augmentation de la liquidité mondiale à hauteur de 250 milliards de dollars en procédant à une allocation générale de droits de tirage spéciaux (DTS)2; ces mesures ont aussi été appuyées par le Comité monétaire et financier international (CMFI), principale instance consultative du FMI. Cet engagement a contribué au retour de la confiance et doit trouver son prolongement dans la mise en œuvre de mesures à l’échelle nationale.

Aide Ciblée Pour Certains Pays

Durant les premiers mois de 2009, la flambée des prix des produits alimentaires et pétroliers a posé de graves problèmes à certains pays à faible revenu et à revenu intermédiaire. Pour remédier à ces difficultés, le FMI a accru le financement accordé à divers pays à faible revenu au titre de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance (FRPC), simplifié l’accès à la facilité de protection contre les chocs exogènes (FCE), ajusté certains programmes pour autoriser des dépenses budgétaires supplémentaires et organisé un séminaire public consacré aux effets de l’envolée des cours des matières premières sur les pays à faible revenu et les économies émergentes. Pendant la seconde moitié de 2008, le Conseil d’administration a examiné les effets de contagion transnationaux et autres incidences des subventions budgétaires mises en œuvre en réponse à cette hausse des prix.

Tandis que la crise financière prenait une dimension mondiale, le FMI a intensifié au milieu de l’année son aide financière aux pays membres en mettant rapidement un soutien à leur disposition, notamment par l’intermédiaire de son mécanisme de financement d’urgence (voir encadré 3.1). Le Conseil d’administration a approuvé l’engagement de 65,8 milliards de DTS des ressources du FMI au cours de l’exercice, en faveur de 15 pays au titre de prêts non concessionnels classiques et de la ligne de crédit modulable (LCM) créée peu de temps auparavant (voir tableau 3.2). Il a aussi continué d’approuver des accords au titre de la FRPC et de la FCE (voir tableau 3.3). Au 30 avril 2009, les programmes économiques de 28 pays membres étaient appuyés par des accords du FMI au titre de ces facilités, le montant total engagé s’élevant à 1,8 milliard de DTS, contre 1,1 milliard de DTS et 25 pays membres à la fin de l’exercice 2008.

Récolte du tabac au Malawi.

Le Rôle Accru du Fmi

En 2008, le Directeur général a pris des mesures décisives dans le but de redéfinir la vision stratégique de l’institution et de redynamiser les activités du FMI en réponse à la crise. En novembre 2008 et en avril 2009, les chefs d’État du G-20 ont apporté une impulsion déterminante en décidant de promouvoir une coopération économique élargie et une riposte multilatérale à la crise. Il convient de noter en particulier que le G-20 a défini les actions macroéconomiques que la communauté internationale devait mener en priorité en s’engageant à mettre en œuvre ces mesures, qui rejoignaient les recommandations du FMI. Le G-20 a d’ailleurs «souligné le rôle important du FMI dans la riposte à la crise» en précisant que le FMI et les banques multilatérales de développement «devraient disposer des ressources suffisantes pour continuer à jouer leur rôle face à la crise».

À la fin mars 2009, le Conseil d’administration avait approuvé plusieurs modifications majeures améliorant sensiblement la nature, la rapidité et l’efficacité des interventions du FMI et lui permettant d’apporter à l’ensemble des pays membres des réponses adaptées à leurs besoins. Le FMI s’est ainsi trouvé au cœur du débat sur les politiques économiques à adopter pour sortir de la crise, ce qui a abouti à la décision d’accroître les ressources de l’institution afin qu’elle dispose des moyens d’actions suffisants pour apporter l’aide nécessaire aux pays gravement touchés par la crise.

La réforme des instruments de prêt du FMI

Dans ce contexte, le Conseil d’administration a poursuivi la modernisation des instruments de prêt du FMI afin qu’ils répondent mieux aux besoins changeants des pays membres. Les modifications ont porté sur les conseils de politique économique, la conditionnalité et les modalités de financement. En mars 2009, le Conseil d’administration a approuvé une refonte majeure du dispositif de prêt du FMI. C’était l’aboutissement de nombreux débats au sein du Conseil et d’importants travaux préparatoires des services de l’institution, engagés début 2008, visant à évaluer et définir les réformes qui permettraient le mieux au FMI de mener à bien ses missions fondamentales. Parmi les réformes approuvées, il convient de citer la modernisation de la conditionnalité des programmes du FMI pour tous les emprunteurs; la création d’une nouvelle ligne de crédit modulable (LCM) pour les membres présentant des fondamentaux économiques solides et de bons antécédents; l’assouplissement des modalités de l’accord de confirmation, instrument traditionnel du FMI, et des prêts conces-sionnels; le doublement des limites d’accès normales aux ressources, qu’elles soient ou non concessionnelles; la simplification du barème des commissions et de la structure des échéances; et la suppression de certaines facilités rarement utilisées. Durant l’exercice 2009, le Conseil d’administration a approuvé le premier accord de crédit au titre de la nouvelle LCM souscrit, à titre de précaution, par le Mexique (31,5 milliards de DTS); au début de l’exercice 2010, des engagements ont été approuvés pour la Pologne (13,7 milliards de DTS) et la Colombie (7 milliards de DTS) toujours dans le cadre de la LCM et à titre de précaution.

Qu’il s’agisse de la refonte des instruments de crédit, y compris des prêts accordés à titre de précaution, ou de la modernisation de la conditionnalité, dont l’objectif est une utilisation des ressources du FMI mieux adaptée aux fondamentaux et aux politiques économiques de chaque pays membre, les réformes visent à inciter les membres à faire appel au FMI sans attendre, pour réduire la probabilité de nouvelles crises ou pour en limiter les coûts finals. Ces réformes, appuyées par l’accroissement sensible des ressources du FMI, forment une assise solide sur laquelle le FMI peut s’appuyer pour aider énergiquement ses membres à faire face à la crise actuelle ou à d’éventuelles crises futures.

Des travailleurs en quête d’emploi à Nanchang, dans la province chinoise de Jiangxi.

Trouver la configuration optimale des fondamentaux du système économique et financier mondial

Le FMI s’est également attaché à analyser les origines, la portée et les effets de la crise et à renforcer sa collaboration avec d’autres organismes financiers internationaux, en particulier le Conseil de stabilité financière (CSF)3. Au début de l’année 2009, le Conseil d’administration a examiné les premières leçons à tirer de la crise en se fondant sur l’analyse effectuée par ses services à la demande du CMFI. Les administrateurs ont souligné le caractère préliminaire de ce débat ainsi que la responsabilité particulière qui incombe au FMI, compte tenu de son mandat, d’analyser la crise et d’agir en étroite coopération avec les autres parties prenantes, à l’échelle nationale et mondiale, pour contribuer au retour à la stabilité financière et à la croissance économique mondiale.

Compte tenu des divers points de vue qui se sont exprimés sur l’importance relative des carences répertoriées (voir supra), le Conseil d’administration a considéré qu’il fallait engager des mesures correctrices sur un large front et à de nombreux niveaux, ce qui supposait que les dirigeants se fixent des objectifs ambitieux et coordonnent leurs interventions. S’appuyant en partie sur cette réflexion, le FMI a défini quatre domaines principaux où des améliorations s’imposaient pour prévenir de futures crises: la réglementation, la surveillance, les accords de financement et la coopération internationale. Dans chacun de ces domaines, le FMI a un rôle central, bien que différent, à jouer et il a commencé à le faire au cours de l’exercice 2009 pour remédier à ces problèmes ou, le cas échéant, contribuer à leur résolution:

  • Amélioration de la réglementation et de la supervision, la priorité étant d’élargir le champ de la réglementation de manière à englober toutes les activités qui présentent des risques pour un ou plusieurs pays. Même s’il n’a pas vocation à être chef de file dans ce domaine, le FMI peut assurer le suivi de l’application des mesures arrêtées par le biais de ses activités de surveillance. Le champ de la réglementation doit en effet être étendu à toutes les activités qui engendrent des risques pour les économies nationales et les marchés mondiaux. La discipline de marché doit être renforcée. Des initiatives ont été lancées pour limiter les conflits d’intérêt concernant les agences de notation et inciter les investisseurs à une plus grande vigilance préalable. Enfin, les banques centrales devraient renforcer le cadre dans lequel s’opèrent les apports de liquidités systémiques. Il conviendrait enfin d’améliorer l’infrastructure sur laquelle reposent les principaux marchés financiers.
  • Amélioration des accords de financement, qui doivent pouvoir être adaptés aux besoins changeants des pays membres et à l’évolution des marchés. Il convient de continuer à ajuster les prêts du FMI de manière à ce qu’ils correspondent mieux à chaque situation nationale et à encourager les pays à faire appel au FMI sans attendre.
  • Amélioration de la surveillance bilatérale, qui doit être recentrée sur les risques systémiques, tenir compte des effets de contagion internationaux et mieux intégrer les activités concernant le secteur macroéconomique et le secteur financier.
  • Améliorer la coopération internationale et la surveillance multilatérale. Pour le FMI, la réforme de la gouvernance sera une composante essentielle qui concourra à ce que les économies émergentes et les pays à faible revenu se reconnaissent davantage dans l’institution et encouragera la coordination des politiques économiques à l’échelle mondiale. Un FMI pleinement représentatif verra sa légitimité et sa crédibilité institutionnelles renforcées et sera à même de remplir sa mission avec une efficacité accrue.

Les Priorités de la Surveillance

La surveillance–terme par lequel le FMI désigne la supervision qu’il exerce sur le système financier international et le suivi des politiques économiques et financières des pays membres—constitue l’un des principaux domaines de responsabilité du FMI. Face aux inquiétudes engendrées par la crise, le Conseil d’administration a veillé, durant l’exercice 2009, à ce que les activités du FMI à cet égard soient adaptées et efficaces. À l’issue de la revue triennale de la surveillance conclue en octobre 2008, le Conseil d’administration a publié la première Déclaration du FMI sur ses priorités en matière de surveillance, qui définit quatre priorités économiques et quatre priorités opérationnelles pour la mission de surveillance à l’horizon 2011. Lors du débat de clôture de la revue, les administrateurs ont, dans l’ensemble, convenu d’assigner à la surveillance quatre priorités pour les prochaines années: évaluation des risques, surveillance des liens macrofinanciers, perspective multilatérale, et analyse des taux de change et des risques pour la stabilité externe. Les priorités étant ainsi définies, le Conseil d’administration a organisé un séminaire sur les problèmes que pose l’intégration dans les activités de surveillance des problèmes du secteur financier. En parallèle, le FMI mettait à exécution son projet de coopération resserrée avec d’autres organisations, en réalisant notamment avec le CSF un exercice d’alerte avancée. Pour faire avancer les initiatives en cours visant à améliorer la transparence des données, dont la crise a souligné toute l’importance, le FMI a créé et préside un groupe inter-agences dont le but est de promouvoir la collaboration à l’échelle mondiale pour répondre aux besoins de statistiques économiques et financières mis en évidence par la crise. Dès sa création, le groupe a mis en ligne un site Internet consacré aux principaux indicateurs mondiaux qui rassemble des données sur les secteurs financier, public, extérieur et réel des pays du G-20. Enfin, le FMI a poursuivi ses activités habituelles de surveillance bilatérale, multilatérale et régionale au cours de l’exercice, en s’attachant en particulier à accroître l’efficacité des consultations au titre de l’article IV.

La Modernisation du Fmi

Au cours de l’exercice, le FMI s’est employé avant tout à aider les pays membres à faire face aux effets de la crise et à permettre au système financier mondial de renouer avec la stabilité, mais il n’en a pas oublié pour autant la nécessité de poursuivre le processus de modernisation de l’institution, qui s’était accéléré durant l’exercice 2008. La réforme de la gouvernance du FMI, l’un des axes prioritaires de l’exercice 2008, a conservé une place prépondérante dans le programme de travail de l’exercice 2009. Les pays membres ont commencé à mettre en œuvre la réforme des quotes-parts et de la représentation approuvée par le Conseil des gouverneurs à la fin de l’exercice 2008. Le Conseil d’administration a créé un groupe de travail chargé de diriger et de coordonner la réponse du FMI au rapport du Bureau indépendant d’évaluation (BIE) sur la gouvernance de l’institution et a chargé un comité spécial de personnalités éminentes de formuler des recommandations sur la réforme de la gouvernance du FMI. Début avril 2009, le CMFI a demandé d’accélérer la réforme des quotes-parts afin de rehausser la représentation des pays émergents et des pays en développement au sein du FMI. Les services de l’institution ont établi un programme global prévoyant de faire participer la société civile et les autres parties prenantes au processus de réforme.

Ces dernières années, le FMI s’est attaché à recentrer ses activités dans les pays à faible revenu et à accorder une attention accrue à ces pays. Ce souci a pris une place encore plus importante durant l’exercice 2009 du fait, en premier lieu, de l’envolée des prix des produits alimentaires et pétroliers au premier semestre 2008, qui a placé les pays en développement dans une situation particulièrement difficile et, en second lieu, des retombées mondiales de l’instabilité des marchés financiers, qui est partie des économies avancées pour se propager au monde entier, notamment aux pays à faible revenu (lors de la «troisième vague» de la crise), lesquels avaient à peine eu le temps de se redresser après le reflux des prix des denrées alimentaires et des carburants. Pendant l’exercice, le Conseil a redéfini les activités du FMI dans les pays à faible revenu en énonçant clairement la mission de celui-ci dans ces pays et a examiné des projets de réforme des instruments de prêts concessionnels tendant à mieux adapter ces instruments aux besoins changeants des pays à faible revenu durant la crise.

Le FMI s’attache aussi depuis plusieurs années à mieux cibler ses activités de renforcement des capacités (formation et assistance technique fournies aux pays membres pour développer leurs capacités techniques et autres) pour qu’elles produisent les meilleurs résultats et que les ressources du FMI soient employées aussi efficacement que possible. Durant l’exercice, le Conseil a examiné le programme de formation du FMI et ses activités d’assistance technique, et préconisé de décentraliser la formation en recourant davantage aux structures régionales de formation et d’assistance technique comme moyen de rationaliser les coûts et d’obtenir une plus grande souplesse. Il a aussi appuyé la réforme en profondeur des modalités de l’assistance technique lancée au cours de l’exercice 2008 dans le contexte du recentrage des activités du FMI. Le Conseil a en outre approuvé une nouvelle politique de tarification progressive des services de renforcement des capacités fournis aux pays membres. Enfin, le FMI a lancé de nouvelles campagnes de collecte de fonds en faveur des activités de renforcement des capacités et a annoncé son projet d’ouvrir de nouveaux centres régionaux d’assistance technique en Afrique, en Asie centrale et en Amérique centrale.

Finances, Organisation et Responsabilisation

Les grandes réformes lancées durant l’exercice 2008 dans le cadre de la restructuration du FMI ont transformé celui-ci en une institution allégée et recentrée sur ses objectifs prioritaires. En matière de financement, l’adoption par le Conseil d’administration d’un nouveau modèle, approuvé par le Conseil des gouverneurs en début d’exercice, a ouvert la voie à la diversification des sources de revenu du FMI, obtenue pour l’essentiel par l’élargissement du pouvoir d’investissement de l’institution. La mise en œuvre du nouveau cadre de revenu et de dépense, réformé au cours de l’exercice précédent pour doter durablement le FMI d’une assise financière plus solide, s’est aussi poursuivie durant l’exercice 2009. Les économies réalisées ont dépassé les prévisions, grâce surtout au recentrage des activités opéré pendant l’exercice 2008, de sorte qu’à la fin de l’exercice 2009 le budget administratif présentait un montant élevé de crédits non utilisés, dont le Conseil d’administration a autorisé le report sur l’exercice 2010.

Au cours de l’exercice 2009, le FMI a dû faire face à des défis majeurs en matière de ressources humaines, car les services de l’institution ont été de plus en plus sollicités en raison de la crise, alors même que le plan de restructuration lancé durant l’exercice 2008 entraînait une baisse des effectifs. Le gel des embauches en vigueur au début de l’exercice 2009 a été suivi d’une campagne de recrutement dans la seconde moitié de l’exercice: le nombre des départs ayant dépassé les prévisions du plan de restructuration, le FMI disposait d’un volant budgétaire pour recruter du personnel permanent sans dépasser le nouveau plafond d’effectif défini. Le FMI a ainsi pu actualiser les compétences de ses équipes pour mieux répondre aux attentes nouvelles des pays membres, engendrées en partie par la crise mondiale. La campagne de recrutement a également permis de promouvoir la diversité au sein de l’institution. Des progrès ont ainsi été réalisés dans ce domaine pendant l’exercice 2009, notamment sur le plan de l’équilibre femmes-hommes et de la représentation de certaines régions. Le FMI, dans le souci constant de s’appuyer sur une gestion des ressources humaines suffisamment souple pour répondre à des besoins opérationnels évolutifs, a poursuivi la mise en œuvre de son projet de mise en valeur du capital humain, orienté vers la rationalisation et la simplification des processus, et adopté, alors que l’exercice touchait à sa fin, une approche plus systématique en matière de gestion de la relève et de préparation des futurs cadres.

Dans le prolongement des actions déjà entreprises, les activités du FMI durant l’exercice 2009 ont suivi la tendance institutionnelle vers une responsabilisation, une ouverture et une transparence accrues. En réponse à une évaluation de la gouvernance du FMI effectuée par le BIE, qui relevait des insuffisances dans ce domaine, le Conseil d’administration a mis en place un cadre de responsabilisation pour la direction du FMI. Une réflexion a ainsi été engagée pour définir des critères permettant de mesurer les résultats en la matière, identifier les méthodes à utiliser et établir des liens entre évaluations et incitations. Un numéro spécial «Intégrité», mis en place en juin 2008, permet au personnel et aux autres intervenants de signaler, par appel téléphonique anonyme ou non, des cas supposés de mauvaise conduite du personnel, ce qui déclenche l’intervention du Bureau de la déontologie. Après l’approbation du Conseil, la portée de cette ligne d’appel a été élargie peu après de façon à inclure (bien que le mécanisme de suivi diffère) le Directeur général et les administrateurs. Le BIE a poursuivi sa mission en réalisant des évaluations indépendantes et objectives des politiques et activités du FMI. En plus des discussions qui ont eu lieu au Conseil pendant l’exercice au sujet de l’évaluation par le BIE de la gouvernance du FMI et du plan d’action adopté par la direction en réponse à l’évaluation de la conditionnalité structurelle dans les programmes du FMI, le BIE a publié à la fin de l’exercice 2009 une évaluation de la prise en compte par le FMI des questions liées au commerce international. Dans le cadre des efforts déployés sans relâche pour améliorer l’évaluation et la gestion des risques, le Conseil a été informé des risques transitionnels liés à la restructuration et à la réduction des effectifs du FMI et il a pris connaissance du rapport du Comité consultatif sur la gestion des risques. Enfin, le rapport 2009 sur la mise en œuvre de la politique de transparence du FMI fait état de progrès sur divers fronts en matière de transparence institutionnelle, notamment le taux de publication de plusieurs catégories de documents.

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