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Chapitre 7. Assistance technique et formation

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 2001
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Outre des conseils et un soutien financier, le FMI offre à ses pays membres assistance technique et formation dans les domaines relevant de sa compétence — opérations de la banque centrale, gestion des finances publiques, systèmes de change, statistiques économiques et financières et domaines juridiques connexes. Cette assistance technique appuie les efforts mis en œuvre par les pays eux-mêmes pour renforcer leurs ressources humaines et institutionnelles en vue de l’élaboration et de l’application de bonnes politiques économiques. Elle les aide en outre à mettre au point des réformes macroéconomiques et structurelles appropriées en tenant compte des leçons apprises par d’autres pays confrontés à des problèmes similaires.

Les objectifs, la portée, les priorités et les méthodes opérationnelles de ce volet des activités du FMI sont décrits dans la déclaration de principe sur l’assistance technique (en anglais: Policy Statement on IMF Technical Assistance (2001)).

Durant l’exercice 2001, la direction et le Conseil d’administration ont porté une grande attention au programme d’assistance technique. A l’Assemblée annuelle de l’automne 2000 à Prague, le Comité monétaire et financier international (CMFI) a repris à son compte les vues du Directeur général, affirmant que l’assistance technique doit être un élément crucial des travaux du FMI concernant la prévention et la gestion des crises, l’accroissement des capacités des pays à faible revenu ou en transition et le rétablissement de la stabilité macroéconomique une fois les crises passées. Le FMI a alors entrepris un réexamen de la manière dont il gère l’assistance technique et en fixe les priorités. Les conclusions sont exposées dans un rapport soumis au Conseil d’administration qui recommande que l’assistance technique soit alignée plus étroitement et ouvertement sur les axes prioritaires.

Ce réexamen a eu lieu alors que le FMI lançait une série de nouvelles initiatives en rapport avec la surveillance, qui ont toutes engendre un surcroît de demande d’assistance technique. Le programme d’évaluation du secteur financier (PESF) et les rapports sur l’observation des normes et des codes (RONC) établis en 2000–01 ont mis en évidence de nombreux manquements aux normes et pratiques internationalement acceptées, dont la correction nécessiterait un niveau d’assistance technique nettement plus élevé que par le passé. Les ressources du FMI ont en outre été mises à contribution par les travaux portant sur l’amélioration de la gestion des places financières offshore et les indicateurs macroprudentiels ainsi que sur les mesures propres à améliorer les conditions d’accès des pays en développement et émergents aux marchés de capitaux et leurs débouchés commerciaux.

Aligner l’assistance technique sur les axes prioritaires

À sa réunion de janvier 2001, le Conseil a reconnu que l’assistance technique formerait une part de plus en plus cruciale des efforts du FMI dans tous les domaines précités. Il a noté cependant que le FMI ne dispose pas de ressources humaines et financières suffisantes pour couvrir tous les besoins. Les administrateurs ont donc bien accueilli les nouvelles modalités de gestion et de fixation des priorités proposées par les services du FMI à compter de l’exercice 2002 (encadré 7.1), qui devraient permettre de planifier et d’affecter les ressources d’assistance technique de manière plus transparente et de mieux rendre compte de leur emploi. Les administrateurs ont approuvé le premier rapport annuel sur l’assistance technique qui passe en revue les opérations menées durant l’exercice 2000 et pose des jalons pour l’examen des nouvelles priorités proposées — et confirme la valeur que les pays membres attachent à l’assistance technique du FMI.

L’assistance technique étant appelée à occuper une place de plus en plus prééminente dans les activités du FMI, le Conseil a estimé qu’un écart sensible risque de se creuser entre l’offre et la demande. La demande liée à la mise en œuvre des programmes va sans doute continuer à augmenter, en particulier dans les pays à faible revenu dont les capacités sont les plus limitées, et à cela viendront s’ajouter les besoins d’assistance technique induits par les diverses initiatives en cours (normes et codes, PESF, suivi de l’utilisation de l’allégement de la dette des PPTE et garde-fous concernant l’utilisation des ressources du FMI). Ce décalage restera un problème majeur, qui nécessitera une action concertée sur plusieurs fronts. Il sera en premier lieu crucial de fixer un ordre de priorité. Mais même si les activités sont hiérarchisées et rationalisées, il subsistera, de l’avis des administrateurs, un déficit considérable qu’il faudra combler en mobilisant davantage de ressources internes et externes — ce qui suppose la coopération des pays membres et de l’ensemble de la communauté internationale. La question des ressources supplémentaires qui pourraient être requises pour faire face au surcroît de demande devra être étudiée lors du prochain cycle de délibérations sur le budget du FMI. Tout en convenant qu’il n’y a pas lieu de préafîècter des ressources spécifiquement à l’assistance technique, certains administrateurs ont souhaité que le budget donne des informations plus précises sur la façon dont les différents départements comptent affecter les ressources.

Encadré 7.1Critères dictant l’ordre de priorité des demandes d’assistance technique

Étant donné que la demande d’assistance technique excède les capacités du FMI, il est contraint de prendre en considération divers éléments pour établir un ordre de priorité. Les critères ont été revus en janvier 2001, et les nouveaux principes directeurs sont les suivants:

Critère n° 1: domaine de spécialisation du FMI. L’assistance doit relever des domaines de compétence particulière dont la liste figure au tableau 7.1. Elle doit venir à l’appui des réformes de fond et servir à étoffer les capacités institutionnelles du pays bénéficiaire.

Tableau 7.1Assistance technique du FMI: domaines d’activité essentiels, classés par département
Premier rang de priorité1Second rang de priorité1 (selon les ressources disponibles)
Département de la monnaie et des changes
  • Mise au point de réformes structurelles pour faciliter la conduite efficace de la politique monétaire et l’élaboration et l’application d’une politique de change appropriée: amélioration des opérations monétaire et de change, gestion des réserves, régulation de la liquidité et aspects connexes de la gestion de la dette publique

  • Promouvoir des systèmes bancaires et financiers solides et efficaces, indispensables pour la stabilité économique et financière: amélioration du contrôle et de la réglementation bancaires, restructuration/ liquidation des banques, problèmes de contrôle transfrontalier et systèmes de paiement

  • Contribuer à renforcer les capacités des banques centrales et organismes de contrôle financier pour assurer la bonne application de la réglementation des changes et du secteur financier: amélioration du cadre juridique et institutionnel, et aspects prioritaires de la comptabilité de la banque centrale et des systèmes d’audit

  • Aspects de la restructuration et des faillites des sociétés intéressant le secteur bancaire

  • Mise en place et surveillance du marché des capitaux

  • Contrôle du secteur financier non bancaire; coordination et consolidation des organismes de contrôle

  • Mise en place d’offices de crédit

  • Tables rondes/séminaires sur les opérations de la banque centrale et le contrôle du secteur financier

Département des finances publiques
  • Création ou renforcement des capacités institutionnelles pour la gestion de la politique macro-budgétaire

  • Mise au point de réformes structurelles et institutionnelles, pour améliorer durablement la mobilisation des recettes: aspects interjuridictionnels à dimension macroéconomique (fédéralisme budgétaire, réforme tarifaire…)

  • Préparation du budget et gestion des dépenses publiques: réforme des systèmes de trésorerie, de comptabilité publique et d’information

  • Rationalisation des dépenses à court terme, inclusion de dispositifs de protection sociale dans les programmes du FMI et analyses de la viabilité macrobudgétaire des systèmes de sécurité sociale

  • Conseils pour l’emploi des technologies de l’information dans l’administration fiscale/douanière et la gestion des dépenses publiques

  • Élaboration de systèmes de transferts de l’administration centrale aux échelons administratifs inférieurs

  • Élaboration de dispositifs de protection sociale et de systèmes de sécurité sociale, mais seulement si cela relève de l’ajustement macroéconomique et si la Banque mondiale n’est pas déjà active sur ce plan

  • Cours, séminaires et tables rondes sur divers aspects des finances publiques

  • Aspects fiscaux de la délinquance financière

Département des statistiques
  • Statistiques monétaires et financières

  • Statistiques de la balance des paiements et du commerce international, y compris la position extérieure globale

  • Statistiques sur les réserves et liquidités de change/la dette extérieure

  • Statistiques de finances publiques

  • Statistiques de la comptabilité nationale et des prix

  • Organisation statistique

  • Statistiques de l’emploi (en référer à l’Organisation internationale du travail)

  • Statistiques sociodémographiques (en référer à la Banque mondiale)

  • Mise au point et réalisation de recensement et d’enquêtes auprès des ménages ou des entreprises

  • Informatisation; mise au point de bases de données et de systèmes d’information

  • Cours/séminaires de formation individuels par pays

  • Mise au point de statistiques de base

Institut du FMIFormations spécifiques sur les sujets suivants:
  • Gestion macroéconomique et programmation financière

  • Secteur financier

  • Finances publiques

  • Secteur extérieur

Formations spécifiques sur les sujets suivants:
  • Stratégies de réduction de la pauvreté

  • Réformes structurelles

  • Gestion des affaires publiques

  • Enjeux économiques pour les représentants d’organisations non gouvernementales

La classification ne reflète pas un jugement de valeur porté par le FMI sur l’importance intrinsèque des différents domaines d’intervention. Il s’agit de distinguer les domaines qui, selon le FMI, relèvent de sa responsabilité première, de son mandat ou de sa compétence de ceux dans lesquels d’autres organisations peuvent être mieux placées ou disposer des ressources requises.

La classification ne reflète pas un jugement de valeur porté par le FMI sur l’importance intrinsèque des différents domaines d’intervention. Il s’agit de distinguer les domaines qui, selon le FMI, relèvent de sa responsabilité première, de son mandat ou de sa compétence de ceux dans lesquels d’autres organisations peuvent être mieux placées ou disposer des ressources requises.

Critère n° 2: principaux domaines d’action. L’assistance doit se rapporter à l’un des cinq grands domaines d’action suivants:

  • Prévention ou limitation des crises et de leurs effets de contagion dans les pays qui ne mettent pas en œuvre un programme appuyé par le FMI, principalement les pays non industrialisés ayant une importance systémique et les marchés émergents.

  • Mise en œuvre de programmes viables d’allégement de la dette et de réduction de la pauvreté pour les pays à faible revenu; ensemble des activités d’assistance technique à l’appui de la lutte contre la pauvreté et des politiques propres à rétablir la stabilité macroéconomique.

  • Promotion et maintien de la stabilité macroéconomique et de celle du secteur financier dans les pays n’utilisant pas actuellement les ressources du FMI, pour l’essentiel les pays à revenu intermédiaire ou en transition.

  • Promotion des initiatives régionales de renforcement des capacités, y compris par la formation, et, dans certains cas, des efforts d’intégration régionale.

  • Remise en état des institutions économiques et financières essentielles dans les pays sortant d’une situation de conflit.

Critère n° 3: initiatives clés. L’assistance doit viser à soutenir les grandes initiatives et actions prioritaires du FMI. La liste peut varier, mais, à l’heure actuelle, ces initiatives sont les suivantes:

  • Normes et codes: assistance de suivi pour aider les pays à mettre leurs pratiques budgétaires, financières et statistiques (y compris les instruments juridiques) en conformité avec les normes et codes placés sous les auspices du FMI. Il peut s’agir notamment d’aider le pays à évaluer leur degré de conformité aux normes.

  • Programme d’évaluation du secteur financier (PESF): assistance de suivi pour aider le pays à remédier aux lacunes révélées par le PESF.

  • Programmes en faveur des pays pauvres très endettés (PPTE): aide pour renforcer le système de gestion des dépenses publiques afin de vérifier que les ressources libérées par l’allégement de la dette servent à lutter contre la pauvreté; amélioration des statistiques économiques et financières de base dans le cadre de l’initiative en faveur des PPTE.

  • Garde-fous pour veiller à la bonne utilisation des ressources du FMI: aide pour améliorer la gestion des dépenses publiques ou les pratiques comptables de la banque centrale et la gestion des réserves (y compris les instruments juridiques), ainsi que pour corriger les inexactitudes lorsque le pays communique au FMI des informations erronées.

  • Places financières offshore: évaluation et adoption de pratiques optimales.

  • Réformes de fond/renforcement des capacités institutionnelles en vue d’assurer la viabilité macroéconomique: efforts de mobilisation des recettes; renforcement des assises de la politique monétaire; mise au point d’indicateurs macroprudentiels et statistiques.

Critère n°4: impact et engagement du pays. Les antécédents du pays et la mesure dans laquelle il s’implique et manifeste son engagement sont des considérations importantes. Dans un petit nombre de cas, notamment lorsque l’on a affaire à un pays ayant une importance systémique ou à une situation de crise, ces facteurs peuvent être supplantés par d’autres. Un changement de gouvernement peut amener le pays à s’impliquer plus activement, ce qui augmente les chances de réussite de l’assistance technique, même si les antécédents du pays laissent à désirer.

Critère n° 5: diversité régionale. Au nom du principe de l’uniformité de traitement de tous les pays membres, il importe de maintenir une certaine diversification géographique dans l’affectation des ressources et de ne pas négliger les besoins des petits pays, où l’assistance technique peut souvent avoir beaucoup d’effet d’autant qu’ils n’ont parfois pas d’autres ressources.

Critère n° 6: financement extérieur disponible. Encore que normalement ce critère ne doive pas être décisif, il convient de considérer comme un plus les possibilités de coopération avec d’autres donateurs, qu’ils participent au financement de l’assistance du FMI ou fournissent d’autres formes de soutien que le FMI ne peut pas aisément assurer (équipement, formation sur place, infrastructures de réseau, expertise locale).

Critère n° 7: nature de la demande. Une mission-diagnostic ou l’envoi d’un expert pour une courte période coûte moins cher que le détachement d’un expert-résident. Indépendamment de leur degré de priorité, certaines demandes peuvent être satisfaites sans écorner sensiblement le fonds global de ressources d’assistance technique, à moins qu’elles n’impliquent un suivi à long terme.

Critère n° 8: dimension régionale. Comme l’assistance technique aux petits pays est relativement coûteuse et que même de grands pays ont certains problèmes en commun, le FMI s’efforcera de transposer l’assistance au niveau régional. Dans certains cas, un centre régional peut être une solution efficace — le centre d’assistance technique financière pour le Pacifique en est un bon exemple —, et c’est celle que l’on retiendra.

Critère n° 9: présence d’autres prestataires d’assistance technique. Avant de décider de fournir une assistance technique, le FMI doit vérifier si d’autres ont déjà engagé une action similaire. Il faut éviter les doubles emplois et, dans ce genre de situation, la coordination doit être le maître-mot.

Les principes énoncés ci-dessus sont développés dans la déclaration de principe sur l’assistance technique du FMI, qui est affichée sur son site Web (Policy Statement on IMF Technical Assistance).

Il sera crucial d’établir un ordre de priorité pour que le FMI puisse continuer de remplir ses fonctions dans les années à venir. Les administrateurs se sont félicités de l’élaboration de principes reposant sur des critères de sélection comme préconisé dans la déclaration de principe sur l’assistance technique du FMI (approuvée en mars 2000), mais sont convenus qu’il fallait aller plus loin. Ils ont donc approuvé l’idée que la direction fixe les priorités en fonction d’un ensemble de critères révisés (encadré 7.1). En suivant ces principes, les départements devraient pouvoir aligner plus systématiquement l’assistance technique sur les priorités institutionnelles. Un certain nombre d’administrateurs ont cependant insisté sur le fait que les nouveaux critères de sélection ne devaient pas faire passer au second plan ceux qui avaient déjà été retenus. Ils ont insisté sur l’importance de bons antécédents et d’une volonté manifeste de faire bon usage de l’assistance technique, tout en notant que l’appréciation en la matière doit tenir compte des particularités de chaque pays.

Le Conseil s’est accordé sur l’idée que le nouveau mode de fixation des priorités ne doit pas remettre en question le principe selon lequel tous les pays membres peuvent demander une assistance technique et toutes les demandes doivent être examinées avec soin. Le nouveau système est certes fondé sur des règles qui doivent cependant être appliquées avec souplesse, notamment pour que le FMI puisse répondre à des besoins nouveaux et imprévus. Le Conseil note avec satisfaction que l’assistance technique servira en priorité à soutenir les grandes initiatives engagées dans des domaines essentiels, tout en rappelant que les activités d’assistance technique visant à favoriser la bonne exécution des programmes que le FMI appuie sont aussi importantes, de même que celles qui s’adressent à des pays sans programme en cours.

Compte tenu de la demande croissante, les administrateurs ont rappelé qu’il importe de mieux coordonner l’aide; ils ont donc souhaité une coordination et une collaboration intensifiées avec les autres prestataires d’assistance, notamment la Banque mondiale. Dans cet esprit, il a été décidé d’étoffer les fonctions du Secrétariat de l’assistance technique (rattaché au bureau du Directeur général), qui rendra désormais directement compte au Directeur général adjoint responsable de l’assistance technique et de le renommer Bureau de gestion de l’assistance technique.

Les administrateurs ont marqué leur appréciation aux pays qui ont contribué au financement de l’assistance technique en ouvrant auprès du FMI des sous-comptes à cet effet; ils ont salué en particulier la générosité exemplaire du Japon, qui a financé un tiers du total des missions sur le terrain. Le Conseil s’est réjoui du fait que le gouvernement japonais a annoncé qu’il comptait accroître sensiblement son appui financier durant l’exercice 2002, et il a engagé les autres pays à suivre cet exemple, notamment pour répondre aux besoins de renforcement des capacités des pays à faible revenu admissibles au bénéfice de la facilité pour la réduction de la pauvreté et pour la croissance et de l’initiative en faveur des PPTE, et pour que les normes et codes soient mieux observés.

Le Conseil a rappelé qu’il est crucial que les bénéficiaires s’investissent pleinement dans le projet d’assistance technique, car c’est le gage de leur détermination à atteindre les objectifs convenus. Il a donc noté avec satisfaction l’amélioration des procédures opérationnelles dont fait état le rapport annuel sur l’assistance technique, notamment celles qui visent à faire en sorte que les autorités du pays bénéficiaire soient davantage impliquées dans l’élaboration, le suivi et l’exécution des projets d’assistance technique.

Il est aussi important que l’assistance soit efficace et qu’un système solide de surveillance, de suivi et d’évaluation soit en place, et le Conseil a recommandé que les efforts en ce sens soient poursuivis.

Les administrateurs se sont demandé s’il serait utile de diffuser plus largement les rapports d’assistance technique. Ils ont décidé qu’il convenait de développer la diffusion de ces informations, qui seraient communiquées aux autres prestataires d’assistance technique, à charge de réciprocité, ainsi qu’aux pays qui cofinancent l’assistance technique et au Conseil.

Expansion de l’assistance technique

De nouveaux principes directeurs concernant la planification et le suivi de l’assistance technique ont été établis durant l’exercice 2001, afin que les priorités établies par la direction pour l’affectation et les prestations d’assistance technique soient rigoureusement et systématiquement respectées. Les administrateurs avaient préalablement demandé que les services du FMI étudient les méthodes de suivi et d’évaluation employées par les autres institutions bilatérales et multilatérales, afin d’établir sur cette base un programme d’expansion de l’assistance pour le FMI. Une fois l’étude achevée, les départements fournisseurs d’assistance technique ont formulé des propositions et modifié leurs procédures opérationnelles. Les modalités d’évaluation diffèrent selon que l’assistance est fournie dans le cadre de missions de conseil, par détachement d’un expert ou sous forme de formation.

Les départements suivent tous une démarche similaire, mais se distinguent par des particularités qui tiennent aux caractéristiques spécifiques de l’assistance et à la façon dont elle s’intégre dans les autres activités du département. Ils ont mis sur pied des bases de données répertoriant les capacités d’assistance et les travaux de fond engagés. Ils ont en outre modifié leurs procédures de suivi afin de les rendre plus efficaces. Par exemple, les séances d’information organisées pour les missions et des experts et leur mandat énoncent de manière plus détaillée les buts, résultats et activités spécifiques recherchés, ainsi que les indicateurs de réalisation vérifiables, et font explicitement état des obstacles qui risquent d’empêcher la réalisation des objectifs. Le cas échéant, le rapport final comporte un programme de travail qu’il est recommandé aux autorités de mettre en œuvre pour donner suite à l’assistance technique. Cette formule permet aux départements de recevoir davantage d’informations en retour, et donc d’affiner les conseils qu’ils donnent aux pays.

Les principes généraux énoncent aussi les mesures que les départements doivent prendre pour mieux coopérer et coordonner leurs actions avec les autres prestataires d’assistance technique et faire en sorte que les autorités des pays bénéficiaires soient impliquées dans tous les aspects de la planification, de l’exécution et du suivi de l’assistance technique. Ils précisent qu’il incombe aux chefs de mission et aux représentants résidents du FMI (encadré 8.1) de cerner les points faibles de la gestion économique et financière au niveau du pays et d’en débattre avec les autorités nationales et avec les autres prestataires d’assistance technique.

Dans le cadre de cette réforme, le FMI a entrepris de diffuser plus largement et ouvertement l’information sur ses activités d’assistance technique. Outre la déclaration de principe qu’il publie et actualise périodiquement, il a commencé à publier à ce sujet des rapports annuels détaillés.

Le bilan de l’exercice 2001

Le FMI a fourni à ses pays membres à peu près le même volume d’assistance technique qu’au cours de l’exercice précédent. Les services de conseil, le renforcement des capacités et les services d’appui ont représenté environ 343 années-hommes fournies par les membres du personnel du FMI au siège et sur le terrain, ainsi que par des experts et consultants externes détachés sur place (tableau 7.2 et graphique 7.1). Les trois quarts environ de l’assistance technique vont aux pays à faible revenu et à la tranche inférieure des pays à revenu intermédiaire (graphique 7.2).

Graphique 7.1Assistance technique: ventilation fonctionnelle

(Exercice 2001; pourcentage au total des ressources en années-personnes effectives)1

1Une année-personne effective d’assistance technique égale 260 jours. Dons le cas de l’institut, la formation fourme ou coordonnée au siège du FMI n’est pas prise en compte

Graphique 7.2Assistance technique: ventilation régionale

(Exercice 2001; pourcentage du total des ressources en années-personnes effectives)
Tableau 7.2Prestation d’assistance technique

(Années-personnes)1

1997/981998/991999/20002000/01
Ressources d’assistance technique du FMI189,6201,7199,7265,5
Personnel103,998,997,6171,8
Consultants au siège du FMI20,821,221,222,7
Experts64,981,681,071,0
Concours extérieurs96,2100,089,377,7
Programme des Nations Unies pour le développement24,414,48,98,4
Japon55,670,970,959,5
Autres16,215,09,69,8
Total des ressources285,7301,7288,9343,2
Assistance technique ventilée par département
Monnaie et changes110,6120,8106,8101,2
Finances publiques98,8101,798,5111,9
Statistiques39,038,940,648,2
Institut du FMI12,115,424,154,4
Juridique10,310,78,015,4
Autres214,914,310,912,2
Assistance régionale ventilée par département258,7274,0261,8275,8
Afrique65,872,172,068,2
Asie-Pacifique42,557,648,157,0
Europe I23,822,427,030,2
Europe II52,647,147,540,8
Moyen-Orient29,532,528,227,8
Hémisphère occidental35,232,128,223,7
Assistance interrégionale8,610,210,628,0
Assistance non régionale26,927,727,167,5
Total des ressources utilisées285,6301,7288,9343,2

Une année-personne effective égale 260 jours.

Département de l’élaboration et de l’examen des politiques, Bureau des services des technologies de l’information et Bureau de gestion de l’assistance technique.

Une année-personne effective égale 260 jours.

Département de l’élaboration et de l’examen des politiques, Bureau des services des technologies de l’information et Bureau de gestion de l’assistance technique.

En plus de ses ressources propres budgétisées pour les activités d’assistance technique et de formation, le FMI administre les fonds accordés par plusieurs donateurs bilatéraux et multilatéraux, dont l’Australie, le Canada, le Danemark, la France, le Japon, la Nouvelle-Zélande, les Pays-Bas, le Royaume-Uni et la Suisse, ainsi que la Banque asiatique de développement, la Banque mondiale, les Nations Unies, le Programme des Nations Unies pour le développement (PNUD) et l’Union européenne. Ces financements ont pris la forme de versements au compte-cadre administré pour les activités d’assistance technique (créé en 1995), d’un partage des coûts de projets PNUD exécutés par le FMI, ou d’autres dispositifs convenus avec le FMI. Pour l’exercice 2001, environ 23 % du total des activités d’assistance technique et de formation ont été financés par des concours extérieurs, dont le Japon est demeuré la source principale. Deux nouveaux sous-comptes pour l’assistance technique ont été établis au FMI au cours de l’exercice; l’un a été ouvert par les Pays-Bas en juillet 2000, et les formalités sont bien avancées pour l’ouverture du second par le Département du développement international du Royaume-Uni. La gestion des fonds est coordonnée par le Bureau de gestion de l’assistance technique.

L’Institut du FMI a continué à développer ses activités de formation dans différentes régions du monde, sur la base d’accords de coopération conclus précédemment avec ses partenaires. Le Programme de formation conjoint Chine-FMI a été mis en place en association avec la Banque du Peuple de Chine pour former les fonctionnaires en Chine. Le FMI et le gouvernement brésilien ont par ailleurs décidé d’établir à Brasilia un centre régional de formation qui a ouvert ses portes en mai 2001. L’Institut a aussi offert un plus grand nombre de cours de programmation et politique financières par téléenseignement. Cinquante fonctionnaires suivent huit semaines de cours dans leur propre pays, puis, s’ils en réussissent les épreuves, deux semaines de trav aux en atelier à Washington. Enfin, plusieurs cours ayant trait au secteur financier, inaugurés l’an dernier, ont été intégrés dans le cursus que l’Institut propose régulièrement au siège du FMI aussi bien qu’à l’extérieur.

Comme indiqué plus haut, diverses initiatives lancées durant l’exercice 2001 par le FMI en vue de renforcer l’architecture du système monétaire international ont suscité une demande d’assistance technique. Les travaux sur les normes et codes, y compris les évaluations de la transparence des finances publiques, ont amené divers pays à demander l’aide du FMI pour la mise en œuvre des recommandations. Le programme d’évaluation du secteur financier, qui permet d’en déceler les points faibles et débouche sur des recommandations pratiques, a mis au jour des besoins qui ont amené les pays à demander de l’aide dans des domaines tels que la mise en place de marchés secondaires ou les méthodes d’évaluation des risques. De la même manière, les travaux relatifs à la norme spéciale de diffusion des données (NSDD) et au système général de diffusion des données (SGDD) ont suscité des demandes d’assistance technique et de formation aux statistiques macroéconomiques.

L’assistance technique à l’appui de la reconstruction et du redressement économique des pays sortant d’un conflit s’est poursuivie dans un certain nombre de régions; le FMI est en particulier venu en aide au Timor oriental en collaboration étroite avec les Nations Unies et le Japon, qui cofinancent l’essentiel de l’assistance technique. Des missions-diagnostics ont été organisées en Angola, au Burundi, en République du Congo et en Ethiopie; un programme d’assistance technique pour la remise sur pied des capacités institutionnelles de gestion économique et financière en Erythrée a été lancé, cependant que le FMI a continué à coopérer avec d’autres donateurs pour organiser dans les Balkans l’assistance dans les domaines des finances publiques, de la politique monétaire et des statistiques.

Le Conseil ayant recommandé que l’assistance technique soit alignée plus étroitement sur les activités de surveillance et les programmes du FMI et soit, le cas échéant, planifiée et financée en coopération avec les autres prestataires dans un pays ou une région donnée, les services du FMI ont mis en place en 2001 de vastes plans de coopération au Cambodge et dans la région des Caraïbes. L’exécution de programmes similaires se poursuit au Nigéria, au Yémen et dans la région Pacifique. La préparation d’un plan de coopération technique pour la Cisjordanie et la Bande de Gaza était bien avancée, mais a dû être abandonnée à cause de problèmes de sécurité. À titre expérimental, un bilan de l’assistance technique reçue et une évaluation des besoins futurs ont été entrepris dans le cadre des consultations au titre de l’article IV avec une vingtaine de pays. Les premiers résultats ont montré que tant les autorités nationales que les équipes du FMI jugent cet exercice utile, mais pensent qu’il devrait être organisé de façon plus sélective.

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