Chapter

Chapitre 1. La toile de fond: l’économie mondiale au cours de l’exercice 2001

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 2001
Share
  • ShareShare
Show Summary Details

En l’an 2000, l’économie mondiale a enregistré l’expansion la plus rapide que l’on ait observée depuis plus de quinze ans, du fait que la plupart des pays développés ont continué à prospérer et que la croissance s’est sensiblement accélérée dans d’autres régions du monde, en particulier dans l’Hémisphère occidental, au Moyen–Orient et dans les pays en transition (tableau 1.1 et graphique 1.1)1. Cependant, la croissance économique mondiale a perdu de sa vigueur à la fin de 2000 et au début de 2001, par suite du ralentissement observé dans les économies avancées — en particulier aux États-Unis — et dans un certain nombre de pays à marché émergent.

Graphique 1.1Indicateurs mondiaux

(Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)

Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale (mai 2001). Moyenne pondérée. Voir l’appendice statistique des Perspectives de l’économie mondiale pour plus de détails.

1Biens et services, en volume.

Tableau 1.1Aperçu général de l’économie mondiale(Variation annuelle en pourcentage, sauf indication contraire)
19931994199519961997199819992000
Production mondiale2,33,73,64,04,22,83,54,8
Économies avancées1,43,42,72,93,52,73,44,1
Principaux pays industrialisés1,33,12,32,73,32,83,03,8
États-Unis2,74,02,73,64,44,44,25,0
Japon0,51,01,63,31,9−1,10,81,7
Allemagne−1,12,31,70,81,42,11,63,0
France−0,91,81,91,01,93,33,23,2
Italie−0,92,22,91,12,01,81,62,9
Royaume-Uni2,34,42,82,63,52,62,33,0
Canada2,34,72,81,54,43,34,54,7
Autres économies avancées1,94,64,33,84,22,24,85,2
Pour mémoire
Union européenne−0,42,82,41,62,62,92,63,
Zone euro−0,82,32,31,52,42,92,63,4
Nouvelles économies industrielles d’Asie6,47,97,56,35,7−2,47,98,2
Pays en développement6,36,76,16,55,83,53,85,8
Afrique0,22,42,95,72,93,32,33,0
Asie9,49,69,08,26,64,06,16,9
Chine13,512,610,59,68,87,87,18,0
Inde5,06,77,67,14,96,06,66,4
ASEAN–416,97,68,17,33,4−9,52,85,0
Moyen-Orient, Malte et Turquie3,30,34,34,85,43,60,85,4
Hémisphère occidental4,15,01,73,65,32,30,24,1
Brésil4,95,94,22,73,30,20,84,2
Pays en transition−7,5−7,6−1,5−0,51,6−0,92,65,8
Europe centrale et orientale0,33,55,54,02,52,11,83,8
Communauté des États indépendants et Mongolie−10,9−13,3−5,5−3,31,0−2,83,17,1
Russie−10,4−11,6−4,2−3,40,9−4,93,27,5
Russie non comprise−11,8−17,0−8,6−3,11,41,62,76,3
Volume du commerce mondial (biens et services)3,79,09,16,510,14,25,312,4
Importations Économies avancées1,49,69,26,29,35,77,911,4
Pays en développement11,27,410,28,110,6−0,61,616,9
Pays en transition7,64,211,67,611,50,8−7,313,3
Exportations Économies avancées3,18,88,96,010,63,85,011,4
Pays en développement9,411,87,49,212,05,34,115,7
Pays en transition4,51,09,74,85,84,70,614,9
Prix des produits de base
Pétrole2
En DTS−11,1−7,31,823,7−0,2−31,236,562,6
En dollars−11,8−5,07,918,4−5,4−32,137,556,9
Produits de base non pétroliers (moyenne fondée sur la pondération des exportations mondiales de produits de base) En DTS2,710,62,33,32,2−13,5−7,85,5
En dollars1,813,48,4−1,2−3,2−14,7−7,11,8
Prix à la consommation
Économies avancées3,12,62,62,42,11,51,42,
Pays en développement43,255,323,215,49,910,46,76,1
Pays en transition634,3274,2133,542,427,421,843,920,1
LIBOR à six mois (en pourcentage)
Dépôts en dollars3,45,16,15,65,95,65,56,7
Dépôts en yen3,02,41,30,70,70,70,20,3
Dépôts en euros7,45,75,73,73,53,73,04,6
Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale (mai 2001).

Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

Moyenne non pondérée des prix du marché du disponible des bruts Brent, Dubaï et West Texas Intermediate.

Source: FMI, Perspectives de l’économie mondiale (mai 2001).

Indonésie, Malaisie, Philippines et Thaïlande.

Moyenne non pondérée des prix du marché du disponible des bruts Brent, Dubaï et West Texas Intermediate.

L’inflation globale (secteurs énergétique et alimentaire compris) a augmenté dans les économies avancées, sous l’effet de la hausse des prix de l’énergie et de la vigueur de l’activité économique, mais elle a reculé dans les pays en développement et les pays en transition. Les déséquilibres budgétaires se sont réduits dans les principales régions du monde, mais les déséquilibres extérieurs sont demeurés une source de préoccupation dans certains pays. Les flux de capitaux à destination des économies de marché émergentes ont poursuivi leur mouvement ascendant en 2000, mais le coût du financement s’est accru au dernier trimestre de l’année en raison d’un durcissement des conditions sur les marchés internationaux. Une demande mondiale dynamique a favorisé une forte expansion du volume des échanges, à la fois dans les pays développés et, surtout, dans les pays en développement et les pays en transition.

Les autres grands courants d’évolution qui ont marqué l’an 2000 et le début de 2001 sont la forte baisse des cours sur les principaux marchés boursiers, en particulier aux États-Unis, les problèmes de deux pays à marché émergent gros emprunteurs de capitaux, l’Argentine et la Turquie, et le recul des prix du pétrole par rapport à leur niveau record de fin 2000. Aux États-Unis, les cours des actions ont baissé pendant la plus grande partie de l’an 2000 et au début de 2001, par suite de l’annonce des résultats médiocres des entreprises, de la correction à la baisse des valeurs technologiques, du resserrement des conditions du crédit et des anticipations accrues d’un ralentissement de l’économie américaine. Ce repli s’est répercuté sur d’autres marchés matures et a gagné les marchés émergents. Les marges sur les obligations des marchés émergents se sont élargies au dernier trimestre de 2000, sous l’effet du durcissement des conditions du financement extérieur, aggravé par les préoccupations que suscite la situation économique et financière de l’Argentine et de la Turquie. Ces conditions se sont améliorées au début de 2001, en partie grâce aux réductions de taux d’intérêt qui ont commencé en janvier aux États-Unis, mais les tensions sont réapparues en mars, surtout du fait des problèmes financiers croissants de l’Argentine. Les prix du pétrole ont augmenté du deuxième trimestre à la fin de novembre 2000, mais sont retombés par la suite, en partie sous l’effet du ralentissement mondial. Les perspectives d’évolution des prix du pétrole et de sa production sont toutefois restées très incertaines.

La croissance de la production s’est affermie en 2000 dans le groupe des pays en développement, grâce au dynamisme des exportations et à la reprise de la demande intérieure. Elle s’est fortement accélérée en Amérique latine, au Moyen-Orient et, dans une moindre mesure, en Afrique et dans les pays en développement d’Asie. L’essor des économies d’Amérique latine a été favorisé par la vigueur de la demande aux États-Unis et le redressement de la demande intérieure par rapport à son faible niveau de 1999. En 2000, une forte amélioration des termes de l’échange et le relèvement des quotas de production de l’Organisation des pays exportateurs de pétrole (OPEP) ont porté la croissance de la production du Moyen–Orient à des taux jamais observés depuis le début des années 90. La poursuite d’une forte expansion en Chine et en Inde a contribué à l’amélioration de la situation économique de l’ensemble de Asie.

Après une période d’expansion économique égale ou supérieure à son potentiel, l’activité a marqué le pas dans les économies avancées à la fin de l’an 2000, sous l’effet de la forte décélération observée aux États-Unis, de l’essoufflement de la reprise au Japon et du tassement de la croissance en Europe. Après avoir atteint un taux annualisé de 5½au deuxième trimestre de 2000, l’expansion économique aux États-Unis s’est fortement ralentie le reste de l’année — le PIB ne s’est accru que de 1 % (taux annualisé) au quatrième trimestre. Ce résultat tient, en partie, au durcissement de la politique monétaire dans le courant de l’année, ainsi qu’au renchérissement du pétrole et à la baisse des cours des actions, notamment à la chute du NASDAQ. La frêle confiance des ménages, le ralentissement des investissements des entreprises et le recul de la demande extérieure ont pesé sur les résultats économiques du Japon, où la croissance n’a pu maintenir son rythme rapide du premier trimestre de l’an 2000. En Europe, la croissance de la production s’est encore accélérée par rapport à l’année précédente et n’a jamais été aussi rapide depuis la fin des années 80. Elle s’est toutefois ralentie à la fin de 2000 et au début de 2001, du fait, semble-il, de l’effet du renchérissement du pétrole sur le pouvoir d’achat, de la baisse de confiance des entreprises et des retombées du ralentissement de l’activité aux États-Unis.

Environnement mondial

Sur les marchés des produits de base, les prix du pétrole ont continué à augmenter pendant la plus grande partie de l’an 2000, par suite de la vigueur de la demande d’énergie et des contraintes pesant sur l’offre, avant de reculer en décembre et au début de 2001. L’OPEP a annoncé son intention de réduire la production pour maintenir les prix du pétrole à l’intérieur de leur fourchette de référence (22–28 dollars). Les prix au comptant sont demeurés instables, du fait des incertitudes quant à l’ampleur et à la durée du ralentissement économique mondial, ainsi qu’aux perspectives de production et à la situation politique de certains pays du Moyen-Orient. Les prix des autres produits de base — surtout lorsqu’ils sont exprimés en dollars — sont restés très bas, n’ayant guère augmenté par rapport au creux de 1999. Ce sont les cours des métaux et du bois d’œuvre qui ont enregistré les plus fortes variations. Après s’être légèrement redressés au troisième trimestre de 2000, les cours des métaux ont reperdu du terrain. Dans le secteur alimentaire, les cours ont augmenté à la fin de 2000, mais ont eux aussi baissé par la suite. Les cours du café ont accusé un repli, et la crainte des maladies a eu un effet négatif sur le marché du bœuf, surtout en Europe. Quant aux céréales, leurs stocks sont restés élevés par rapport à la consommation. Au début de 2001, l’affaiblissement de la demande mondiale a accentué les pressions à la baisse sur les prix des produits de base.

Le volume des échanges mondiaux a fortement augmenté en 2000, surtout au début de l’année. Les importations des économies avancées ont fait apparaître une progression annuelle à deux chiffres, car l’expansion de la demande s’est accélérée en Amérique du Nord et en Europe. Les importations des pays en développement se sont elles aussi fortement accrues, en particulier celles des pays en développement d’Asie, ainsi que du Moyen–Orient et de l’Hémisphère occidental. La croissance rapide de la consommation et de l’investissement dans les grands pays de ces régions a fait croître la demande d’importations.

Les apports de capitaux aux économies de marché émergentes ont beaucoup augmenté en 2000, tout en restant faibles par rapport à leur niveau record de 1997. Ils ont pris principalement la forme de crédits consortiaux et de prises de participation. En 2000, les crédits consortiaux ont de loin dépassé leur niveau des deux années précédentes, sous l’impulsion des crédits aux entités souveraines et quasi souveraines. Plus de la moitié de ces crédits ont été acheminés vers les pays d’Asie et de l’Hémisphère occidental, parmi lesquels la RAS de Hong Kong, la province chinoise de Taiwan, la Corée, la Malaisie, le Mexique, le Chili et le Brésil en ont été les plus gros bénéficiaires. Bien qu’en proie à une crise financière, la Turquie a elle aussi obtenu des capitaux privés dont elle a bien besoin. Un volume important de crédit a été dirigé vers les secteurs des télécommunications et de l’énergie, en raison, dans ce dernier cas, du niveau élevé auquel sont demeurés les prix du pétrole et du gaz naturel. Malgré la chute des cours des actions sur les marchés émergents, en particulier des valeurs technologiques, les émissions d’actions ont atteint un nouveau record en 2000. L’Asie a été le plus gros émetteur — en particulier la Chine, qui a été à l’origine de la moitié environ des émissions d’actions internationales des marchés émergents et de 85 % du total des émissions du dernier trimestre. En 2000, la Chine a assuré la cotation en Bourse de trois grandes entreprises du secteur de l’énergie et des télécommunications; les émissions d’actions dans le secteur chinois des télécommunications mobiles représentent le plus gros placement de ce type jusqu’à ce jour en Asie, à l’exception du Japon.

Au dernier trimestre de 2000, les conditions du crédit aux marchés émergents se sont détériorées (élargissement général des marges) parallèlement à l’évolution des titres à haut rendement aux États-Unis. Les préoccupations suscitées par les problèmes de financement extérieur de l’Argentine ont porté la marge à un niveau supérieur à 1.000 points de base à la fin de mars 2001; elle–ci est restée large en Turquie également.

Les taux d’intérêt sur les échéances à court terme en dollars et en euros ont augmenté en 2000, en partie sous l’effet du resserrement de la politique monétaire en Amérique du Nord et en Europe, alors que les taux d’intérêt à long terme ont baisse ou sont restés inchangés. Par suite de la diminution des rendements des obligations publiques à long terme aux États-Unis, les marges sur le crédit aux entreprises se sont élargies à partir du milieu de l’an 2000 et sont davantage différenciées en fonction de la catégorie de risques, notamment sur le marché des titres à haut rendement. Face à la multiplication des signes de ralentissement de la consommation et de l’investissement privés, la Réserve fédérale a commencé à réduire les taux d’intérêt au début de 2001, première initiative dans ce sens depuis la fin de 1998. En Europe, l’inflation globale restant au–dessus du niveau visé, la Banque centrale européenne a maintenu les taux d’intérêt à leur niveau de fin 2000 pendant tout le premier trimestre de 2001. Cherchant à accroître la liquidité du secteur financier, la Banque du Japon est revenue en mars 2001 à sa politique de taux d’intérêt nul et a adopté un plan de relance monétaire. C’est ainsi qu’elle a abaissé les taux d’intérêt interbancaires au jour le jour et les rendements des obligations à long terme.

Sur les marchés des changes, on a observé un désalignement persistant des principales monnaies, en particulier de l’euro et du dollar, en raison de l’existence d’importants déséquilibres extérieurs entre les grandes économies. Le dollar s’est affermi par rapport à l’euro au début de 2001, et ces deux monnaies se sont appréciées par rapport au yen. Si la vigueur prise par le dollar peut être associée aux anticipations d’une croissance relativement forte aux États-Unis pour le long terme, son appréciation ne semble pas cadrer avec la nécessité de ramener les déséquilibres extérieurs à des niveaux plus tolérables. L’affermissement du dollar s’est par ailleurs traduit par une chute de la livre sterling en 2000, de même que du taux du dollar australien et du dollar néo-zélandais, qui n’ont jamais été aussi faibles par rapport à la monnaie américaine, ainsi que par des pressions à la baisse sur la monnaie de certains pays à marché émergent.

Marchés émergents et économies avancées: principales évolutions

Dans les marchés émergents d’Asie, qui ont continué sur la voie de la reprise après les crises de 1997–98, la croissance de la production s’est affermie en 2000. Son rythme s’est toutefois ralenti depuis le milieu de l’an 2000, en grande partie par suite de la baisse de l’activité aux États-Unis, du renchérissement du pétrole, de la baisse des cours des actions sur les marchés régionaux et, dans certains pays, des inquiétudes suscitées par les retards dans la restructuration des entreprises et du secteur financier et du recul des exportations de produits électroniques. Les effets de ces facteurs ont varié selon les pays. Par exemple, en Chine et en Inde — qui contribuent pour les trois quarts à la production régionale —, le rythme de l’activité économique est resté bien soutenu (créant ainsi un important pôle de stabilité), alors qu’il a ralenti dans d’autres pays dont le redressement après la crise en était à un stade relativement avancé, comme la Corée, Singapour et la Malaisie.

En Amérique latine et dans les Caraïbes, la reprise n’a pas perdu de sa vigueur dans l’ensemble de l’année 2000, sous l’effet de la forte expansion enregistrée aux États-Unis pendant le premier semestre, du dynamisme de la demande intérieure et, dans certains pays, du renchérissement du pétrole. Cependant, les résultats ont varié d’un pays à l’autre: c’est ainsi que la croissance a été forte au Mexique, au Chili et au Brésil, modérée dans la région des Andes et très faible en Argentine. En dépit de la progression rapide des exportations, le déficit des transactions courantes pour la région ne s’est que légèrement résorbé, du fait d’un redressement marqué des importations. Vers la fin de l’exercice, l’effet du ralentissement de l’activité aux États-Unis se faisait sentir surtout au Mexique et dans un certain nombre de pays de la région des Andes et d’Amérique centrale; il a été plus modéré au Brésil et en Argentine, qui entretiennent des relations commerciales moins étroites avec les États-Unis. La crise de la fin de l’an 2000 en Argentine a éclipsé les autres événements de l’Hémisphère occidental. L’Argentine a dû faire face en 1999 et 2000 aux pressions de plus en plus intenses exercées sur son économie par la forte dégradation des termes de l’échange, le flottement du real brésilien, le relèvement des taux d’intérêt internationaux et l’affermissement du dollar. L’activité économique a marqué le pas sous l’effet du recul de la demande intérieure causé par la déflation; par ailleurs, l’effritement de la confiance des investisseurs internationaux a causé une dégradation des conditions du financement extérieur — notamment un élargissement des marges sur les obligations argentines. Face à cette situation, les autorités ont adopté plusieurs mesures pour améliorer la situation des finances publiques et assouplir le fonctionnement des marchés des produits et du travail.

En Afrique, la croissance économique s’est quelque peu accélérée en 2000, mais, dans un grand nombre de pays, elle est restée trop faible pour permettre une augmentation du revenu moyen par habitant. Par ailleurs, la reprise est demeurée fragile et fortement tributaire de l’évolution du prix des produits de base. En Afrique du Sud, l’économie se remet d’une série de chocs tels que le renchérissement du pétrole, les intempéries et la propagation de la crise du Zimbabwe. En dépit du niveau élevé des prix du pétrole, l’activité réelle n’a guère redémarré dans les pays exportateurs de ce produit à cause de déficiences structurelles et, dans certains cas, de l’instabilité politique et de conflits armés. Dans la plupart des autres pays d’Afrique, la détérioration des termes de l’échange a été neutralisée par le recul de la demande intérieure et de la croissance, ce qui a empêché ces pays de tirer profit de leurs efforts de réforme. Dans certains pays, les conflits ou les troubles politiques intérieurs ont contribué à affaiblir la politique et les résultats macroéconomiques. Pour nombre des pays de la région, le sida est devenu un obstacle majeur au développement. Certains pays ont intensifié leurs efforts de prévention, mais une action plus concertée, à des fins préventives aussi bien que thérapeutiques, doublée d’une aide internationale accrue, sera nécessaire pour lutter contre la pandémie. De façon plus générale, un allégement continu de la dette et une augmentation de l’aide publique au développement concourraient à stimuler la croissance en Afrique.

Au Moyen-Orient, l’essor de l’activité économique observé en 2000 tient au niveau élevé des prix du pétrole et au relèvement des quotas de production de l’OPEP. Cependant, l’instabilité de ces prix a fait ressortir la nécessité de promouvoir la diversification économique pour assurer une expansion soutenue. Dans les pays du Levant (Égypte, Jordanie, Liban, Syrie, Cisjordanie et Bande de Gaza), la croissance s’est accélérée, surtout en Égypte. En Israël, l’activité économique, tirée par le dynamisme des exportations du secteur technologique, s’est fortement redressée en 2000, mais elle a baissé à la fin de l’année, par suite du ralentissement mondial dans le secteur de la technologie de pointe et de la dégradation de la situation de sécurité.

Les marchés émergents d’Europe ont aussi enregistré une croissance plus vigoureuse. Cependant, la persistance d’une forte inflation et l’existence de graves déséquibres extérieurs sont demeurées problématiques pour un certain nombre d’entre eux. En Turquie, les difficultés croissantes du secteur bancaire et l’aggravation du déficit extérieur courant ont provoqué une crise financière et monétaire à la fin de l’an 2000. Face à cette situation, les autorités ont renforcé en décembre leur programme économique, qui prévoit notamment l’adoption d’une politique macroéconomique plus vigoureuse et l’accélération des réformes structurelles. Toutefois, des difficultés politiques et des retards dans l’exécution du programme de privatisations ont contribué à ébranler la confiance des investisseurs et à susciter une nouvelle crise en février 2001, et les autorités ont alors décidé de laisser flotter la monnaie.

Dans les économies avancées, la croissance a été forte pendant la plus grande partie de l’an 2000, mais s’est essoufflée à la fin de l’année et au début de 2001. Après un démarrage rapide, elle s’est ralentie aux États-Unis, en raison du renchérissement du pétrole, de la baisse du cours des actions, du durcissement des conditions du crédit et de l’appréciation du dollar. C’est dans le secteur manufacturier que le ralentissement a été le plus marqué. Le déficit extérieur courant s’est élargi en 2000, par suite de la vigueur de l’investissement privé et d’une épargne des ménages en perte de vitesse. Au Japon, la croissance a marqué le pas, à cause de la fragilité persistante du secteur financier et de la faiblesse constante de la confiance des ménages, ainsi que du ralentissement économique mondial. Le tassement de l’activité observé après une longue période de stagnation économique au Japon fait de nouveau ressortir la nécessité de procéder d’urgence à des réformes structurelles pour améliorer la santé du secteur financier et des entreprises. Dans l’Union européenne, la croissance a été forte en 2000 (3 % environ pour toutes les grandes économies — Allemagne, France, Italie et Royaume-Uni) et s’est accompagnée d’un repli du chômage. Des signes d’essoufflement sont apparus à la fin de l’année, mais pas dans tous les pays: par exemple, la croissance de la production industrielle et la confiance des entreprises ont reculé en Allemagne, alors que l’activité économique et la confiance semblent s’être relativement bien maintenues en France. Dans le cas de l’Australie et de la Nouvelle-Zélande, l’activité économique a continué d’être soutenue par une croissance rapide des exportations, favorisée par des taux de change compétitifs et une demande extérieure relativement forte.

Le présent chapitre traite en général des évolutions observées au cours de l’exercice 2001 du FMI (mai 2000–avril 2001), mais il est nécessaire de se reporter, dans bien des cas, aux années civiles, notamment dans le tableau 1.1.

    Other Resources Citing This Publication