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Appendice IV. Relations du FMI avec les autres organisations internationales

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 2000
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La fin des années 90 a été une période de turbulences pour l’économie mondiale. Les crises financières et l’instabilité des marchés financiers qui l’ont marquée tiennent en grande partie à une intégration mondiale plus poussée et à l’ampleur prise par les mouvements de capitaux internationaux. Pour faire face à cette situation ainsi qu’à d’autres problèmes, le FMI en est venu, en ce nouveau millénaire, à collaborer plus étroitement que jamais avec d’autres institutions internationales ou régionales. Œuvrant de concert avec la Banque mondiale, l’Organisation mondiale du commerce (OMC), les Nations Unies et leurs agences spécialisées, l’Organisation de coopération et de développement économiques (OCDE), l’Union européenne (UE), la Banque des règlements internationaux (BRI), les banques régionales de développement et les groupes intergouvemementaux, le FMI cherche à relever les défis économiques et financiers —aussi bien que sociaux —de la mondialisation.

Liaisons avec les autres organisations

Pour établir et entretenir des relations de coopération avec les autres organisations internationales et les institutions régionales, le FMI a créé un certain nombre de bureaux, dont l’un est à New York et les autres à l’étranger. C’est ainsi que se sont ouverts le Bureau du FMI aux Nations Unies, son Bureau européen, son Bureau de Genève et son Bureau régional Asie et Pacifique, situé à Tokyo. Le Directeur du Bureau du FMI au siège des Nations Unies à New York, qui est le représentant spécial du FMI auprès de l’ONU, suit et analyse les activités des Nations Unies et de ses agences spécialisées ainsi que leur évolution. Le Bureau européen, situé à Paris, entretient d’étroites relations de travail avec les principales organisations internationales qui ont leur siège en Europe —en particulier l’OCDE, la BRJ et les institutions de l’UE —, ainsi qu’avec les autorités monétaires européennes. Le Bureau de Paris facilite en outre les travaux du Groupe des Dix. Le Bureau de Genève suit et analyse les activités, sur lesquelles il fait rapport, d’organismes soctoéconomiques ayant leur siège dans cette ville, tels que l’OMC, l’Organisation internationale du travail (OIT) et la Conférence des Nations Unies sur le commerce et le développement (CNUCED), en prêtant plus particulièrement attention au système commercial et financier multilatéral. Il est en outre chargé de suivre les développements touchant aux échanges dans l’Union européenne. Par ailleurs, le Bureau de Genève œuvre en étroite collaboration avec le Bureau européen pour assurer une couverture adéquate des activités de l’OCDE qui ont trait aux échanges.

Le Bureau régional Asie et Pacifique, situé à Tokyo, a pour principales missions de renforcer la surveillance du FMI en Asie en analysant l’évolution des marchés financiers et en facilitant le dialogue entre le FMI et les responsables régionaux par l’organisation de divers forums dans la région. Le Bureau entretient d’étroites relations avec deux institutions régionales, la Banque Asiatique de développement (BASD) et la Commission économique et sociale pour l’Asie et le Pacifique (Nations Unies), ainsi qu’avec le Bureau de la Banque mondiale au Japon. Il facilite ta participation du FMI aux réunions du Groupe consultatif des pays donateurs tenues dans la région. Il est en outre le point de contact du FMI avec des groupements régionaux tels que la Coopération économique Asie-Pacifique (CEAP), l’Association des nations de l’Asie du Sud-Est (ASEAN), le Manila Framework Group et le Forum du Pacifique Sud.

Les bureaux extérieurs du FMI collaborent avec les institutions internationales ou régionales à diverses autres activités. Par exemple, leurs représentants assistent à des réunions, participent à des séminaires et groupes d’experts, et échangent informations et documents avec ceux des institutions régionales. Les bureaux entretiennent en outre des relations opérationnelles avec la direction du FMI et les experts techniques du siège de l’institution.

Au cours de l’exercice 2000, le FMI a activement participé aux réunions et activités de divers groupes intergouvemementaux —notamment le Groupe des Sept, le Groupe des Dix, le Groupe des Vingt-Quatre, le Forum sur la stabilité financière (FSF), instance nouvellement établie, et le Groupe des Vingt. Le FSF, dont le FMI est membre, a été créé par les ministres des finances et les gouverneurs des banques centrales des pays du Groupe des Sept au début de 1999. Il a pour mandat de promouvoir la coopération internationale dans les domaines de la surveillance des marchés financiers et de la stabilité financière internationale par un échange accru d’informations (voir chapitre 4). Le FMI est aussi membre du Groupe des Vingt, formé en septembre 1999 pour offrir un mécanisme de consultations permanentes sur les questions ayant trait au système financier international. Il se compose des représentants de pays développés et de pays émergents de toutes les régions du globe.

Relations avec les Nations Unies

Les relations institutionnelles entre le FMI et les Nations Unies se sont sensiblement resserrées ces dernières années, et ces deux organisations ont intensifié leur collaboration au cours de l’exercice 2000. Par exemple, le Président du Comité intérimaire (maintenant rebaptisé Comité monétaire et financier international) et le Directeur général du FMI ont mis le Conseil économique et social des Nations Unies (ECOSOC) au courant des conclusions du Comité intérimaire à Tissue de sa réunion de printemps 1999. Les membres du Conseil d’administration du FMI se sont réunis par deux fois avec les ambassadeurs de l’ECOSOC pour chercher à accroître la transparence des politiques et opérations du FMI et à mettre à profit le point de vue d’autres organisations internationales sur des questions telles que l’éradication de la pauvreté et l’allégement de la dette. Le Bureau du FMI aux Nations Unies s’attache à assurer une plus grande participation du FMI aux réunions organisées par les comités et commissions des Nations Unies et à leurs initiatives. Il coordonne les échanges d’informations et facilite la collaboration entre ces deux institutions dans des domaines qui recouvrent, outre la dimension sociale de l’ajustement, l’environnement, le renforcement des capacités, l’inégalité des sexes et la recherche d’un développement durable, des questions susceptibles d’influer sur l’élaboration des politiques macroéconomique, financière et budgétaire. 11 fait rapport une fois par an au Conseil d’administration du FMI sur les délibérations de l’Assemblée générale et de l’ECOSOC. La session 1999 de l’Assemblée générale des Nations Unies (tenue à New York du 14 septembre au 23 décembre 1999) a été centrée sur plusieurs thèmes: mondialisation et interdépendance, système financier international, eradication de la pauvreté et problème de la dette extérieure des pays en développement. Le FMI a été invité à intensifier sa collaboration et son dialogue avec les membres du système des Nations Unies dans ces domaines. La session annuelle de fond de l’ECOSOC (tenue à Genève en juillet 1999) a été consacrée au rôle de l’emploi, à [‘eradication de la pauvreté et à la promotion de la femme. Le FMI a été vivement engagé à redoubler d’efforts pour restructurer le système monétaire et financier international afin de réduire au maximum l’instabilité future des marchés et de rendre plus solides le secteur public et celui des entreprises par une large diffusion des normes opérationnelles universellement acceptées.

Relations avec l’Organisation mondiale du commerce

La coopération entre l’OMC et le FMI a continué à s’intensifier depuis la signature d’un accord à cet effet en décembre 1996. Le Secrétariat de l’OMC a été convié à envoyer des observateurs aux réunions du Comité de liaison du FMI avec l’OMC et à certaines réunions du Conseil d’administration. En retour, le FMI a été invité à conférer avec l’OMC à l’occasion des consultations du Comité des restrictions à l’importation (balance des paiements) avec les pays membres. Le 30 novembre 1999, les dirigeants du FMI, de la Banque mondiale et de l’OMC ont publié une déclaration conjointe à la Troisième Conférence ministérielle de l’OMC (tenue à Seattle), dans laquelle ils réaffirment que les trois organisations continueront de coopérer étroitement entre elles, et avec leurs États membres, à la mise en place de politiques économiques plus cohérentes. Ils y soulignent en outre que, dans les négociations futures de l’OMC, cette coopération visera à répondre aux besoins des pays en développement, en particulier à ceux des pays les plus pauvres du monde.

Collaboration avec la Banque mondiale

Créés tous deux à la suite de la Conférence de Bretton Woods de 1944, le FMI et la Banque mondiale sont unis par des liens historiques solides et durables. Comme le prévoient leurs Statuts respectifs et le Concordat qu’ils ont signé en 1989, ils ont l’un et l’autre des rôles importants et complémentaires à jouer pour assurer la croissance et la stabilité de l’économie mondiale. Ces dernières années, le rythme rapide de la mondialisation et l’ampleur prise p:\r les mouvements de capitaux internationaux les ont poussés à resserrer plus que jamais leur collaboration pour suivre l’évolution du système financier et aider les pays membres à renforcer leur secteur financier, prévenir les crises systémiques et s’attaquer à la pauvreté et aux autres problèmes sociaux.

Le resserrement de cette coopération s’est traduit notamment par la création, en ls998, du Comité de liaison Banque-FMI pour le secteur financier. Au cours de l’exercice 2000, ce comité a posé les principes directeurs de la collaboration entre la Banque et le FMI aux travaux sur le secteur financier. Son objectif est d’accroître les échanges d’informations entre les deux institutions et d’assurer une plus grande coordination de leurs programmes de travail en vue d’un déploiement optimal de ressources limitées. Lin projet pilote, le Programme d’évaluation du secteur financier (PESF), a été lancé sous les auspices du Comité en mai 1999. Ce programme vise à améliorer la couverture et l’analyse des systèmes financiers des pays membres par une collaboration plus étroite entre la Banque mondiale et le FMI (voir le chapitre 4).

Outre les programmes d’évaluation du secteur financier, la réforme du secteur public et les questions sociales ont reçu une plus grande attention de la part de la Banque mondiale et du FMI. Dans son communiqué du 26 septembre 1999, le Comité intérimaire du FMI a souscrit au remplacement de la facilité d’ajustement structurel renforcée (FASR) par la facilité pour la réduction de la pauvreté et la croissance (FRPC). L’un des piliers de cette stratégie économique axée sur la croissance est le document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP). Ce document est préparé par chaque pays, avec l’aide du FMI et de la Banque mondiale, qui jouent tous deux un rôle dans le suivi de l’application des stratégies de réduction de la pauvreté que les pays ont eux-mêmes élaborées. À leur réunion conjointe du 26 septembte 1999, le Comité intérimaire et le Comité du développement ont souscrit au renforcement de l’initiative en faveur des pays pauvres très endettés (initiative PPTE) (voir le chapitre 5).

Un programme de séminaires organisés conjointement par la Banque mondiale et le FMI sur la recherche économique a été lancé en novembre 1999 pour faciliter l’échange d’informations sur des sujets d’intérêt commun. Des consultations périodiques ont lieu entre les hauts fonctionnaires des deux institutions, qui participent chacune aux missions et réunions de l’autre et échangent des documents. La collaboration de leurs services respectifs, tant sur le plan consultatif qu’opérationnel, est favorisée par le dialogue permanent entre leurs dirigeants.

Coopération avec les banques régionales de développement

Qu’il cherche à surmonter une crise, réduire la pauvreté ou renforcer le système financier mondial, le FMI collabore étroitement avec les banques multilatérales et régionales de développement du monde entier à maints égards: élaboration et application des politiques économiques et financières, diffusion de l’information et visites réciproques de leurs fonctionnaires respectifs. Au cours de l’exercice 2000, le FMI a travaillé avec la BASD pour venir à bout de la crise au Timor oriental, avec la Banque européenne pour la reconstruction et le développement (BERD) pour mettre fin à la crise du Kosovo, avec la Banque interaméricaine de développement (BID) pour stabiliser la situation en Equateur, et avec la Banque africaine de développement (BAFD) pour organiser le Sommet des Chefs d’État africains au Gabon. En outre, les fonctionnaires du FMI assistent d’ordinaire à des réunions, séminaires ou forums parrainés par d’autres organisations régionales, économiques ou financières en Afrique, en Asie-Pacifique, en Amérique latine, aux Caraïbes et au Moyen-Orient. Les représentants des créanciers multilatéraux sont invités à assister aux délibérations du Conseil d’administration lorsqu’elles ont trait à des pays spécifiques et portent sur des questions concernant l’initiriative PPTE. Le récent renforcement des programmes FRPC-PPTE, qui a pour effet de resserrer les liens entre l’allégement de la dette et la réduction de la pauvreté, accroît la nécessité d’une action concertée à l’avenir.

Rôle de la direction du FMI

Comme le rythme de la mondialisation demeure rapide, les questions influant sur l’architecture du système monétaire et financier mondial appellent une attention croissante de la part de la direction du FMI. Une étroite collaboration entre les institutions financières internationales revêt désormais une plus grande importance. La direction du FMI contribue grandement à promouvoir la collaboration entre les organisations financières, les organismes commerciaux et les institutions de développement. Le Directeur général et les Directeurs généraux adjoints unissent leurs efforts pour taire valoir le point de vue du FMI dans nombre de forums internationaux.

Dans l’allocution qu’il a prononcée le 17 mai 1999 à la Réunion générale internationale du Conseil économique du bassin du Pacifique, dans la RAS de Hong Kong, le Directeur général du FMI a évoqué l’adaptation exigée des gouvernements pour assurer le développement économique dans un monde intégré. À la Vingt-Quatrième Conférence annuelle de l’Organisation internationale des commissions de valeurs (OICV), tenue à Lisbonne le 25 mai 1999, il a porté son attention sur la recherche de la transparence et l’établissement de normes dans les systèmes financiers du XXIe siècle. Le 8 juin 1999, le Directeur général a parlé à la Conférence monétaire internationale de Philadelphie du rôle du secteur privé dans le renforcement du système financier mondial. Le 5 juillet 1999, il a participé à la réunion de haut niveau tenue par l’ECOSOC à Genève, où il a traité des moyens de résoudre les crises, de lutter contre la pauvreté et de servir la paix. Le 26 octobre 1999 à Washington, devant le Conseil confédéral de la Confédération mondiale du travail, il a abordé la question du renforcement des liens entre les politiques économiques et sociales. À la Troisième Conférence ministérielle de l’OMC, qui s’est tenue à Seattle, il a exposé le point de vue du FMI sur la dernière série de négociations commerciales. Par ailleurs, c’est lui qui a prononcé les allocutions d’ouverture et de clôture au Sommet de Libreville, les 18 et 19 janvier 2000. A la dixième session de la CNUCED, qui a eu lieu à Bangkok le 13 février 2000, il a appelé à l’adoption d’une stratégie multilatérale de développement économique et de lutte contre la pauvreté.

Parmi les nombreux séminaires, conférences et réunions auxquels ont participé les Directeurs généraux adjoints du FMI figurent la Conférence internationale sur les politiques des banques centrales, tenue à Macao le 14 mai 1999, la réunion du Comité préparatoire du Groupe des 77 pour la Xe CNUCED, qui a eu lieu à Genève le 7 juin 1999, et celle de la Commission consultative sur les institutions financières internationales, tenue à Washington le 2 février 2000.

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