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Chapitre 9. Assistance technique et formation

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
September 1999
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L’ assistance technique est souvent qualifiée de troisième pilier du FMI, les deux autres étant la surveillance et l’aide financière. Comme le FMI, les pays membres sont de plus en plus convaincus que la prestation en temps opportun d’une assistance technique efficace contribue puissamment aux efforts qu’ils déploient en vue d’appliquer une politique économique et des réformes institutionnelles viables.

En 1998/99, les activités d’assistance technique, qui ont continué à faire l’objet d’une forte demande, ont représenté environ 15 % des dépenses administratives du FMI. L’assistance est restée essentiellement axée sur les aspects monétaires et budgétaires de la gestion macroéconomique, mais elle a aussi porté sur les statistiques, le droit financier, la réforme de la sécurité sociale, l’organisation et les opérations financières du FMI, et l’informatique (graphique 4). Un grand nombre de départements du FMI, dont le Département juridique et les Départements des finances publiques, de la monnaie et des changes, de l’élaboration et de l’examen des politiques et des statistiques, ainsi que l’Institut (encadré 13) et le Bureau des services informatiques, ont fourni de l’assistance technique. Le Comité de l’assistance technique, qui se compose de cadres supérieurs de chaque département fonctionnel ou géographique et de chaque service de soutien, formule à l’intention de la direction du FMI des recommandations sur les stratégies et priorités en la matière et coordonne les activités des différents départements dans ce domaine. L’assistance est assurée par les membres des services du FMI, des experts et des conseillers détachés pour de courtes ou de longues périodes.

Graphique 4Ventilation de l’assistance technique, 1998/99

(En pourcentage des ressources en années-personnes effectives)1

1Une année-personne effective d’assistance technique correspond à 260 jours. Le chiffre de l’Institut du FMI ne tient pas compte de la formation assurée ou coordonnée par l’Institut au siège.

Au siège et à l’étranger, des cours et des séminaires de formation sur des sujets divers sont dispensés par l’Institut du FMI et d’autres départements qui fournissent de l’assistance technique. En 1998/99, le programme de l’Institut au siège comprenait des cours de base, de niveau intermédiaire ou approfondis sur la programmation et la politique financières, des cours de moindre durée sur des sujets spécialisés comme la politique de change ou le ciblage de la masse monétaire ou de l’inflation, et un séminaire de haut niveau sur la réforme des échanges et l’intégration régionale en Afrique. Le programme de formation de l’Institut à l’étranger a continué d’être axé sur la formulation et la mise en oeuvre des programmes d’ajustement économique. En outre, les autres départements fonctionnels, notamment ceux des finances publiques, de la monnaie et des changes, de l’élaboration et de l’examen des politiques et des statistiques, ont organisé, en collaboration avec l’Institut, des séminaires et des cours dans leurs domaines de compétence respectifs.

Encadré 13L’Institut du FMI et les instituts régionaux de formation

La mondialisation a engendré certains problèmes pour les programmes de formation et d’assistance technique: outre que la demande s’est accrue, les besoins des pays sont devenus plus divers et plus complexes. Pour continuer de répondre à ces besoins, la formation donnée par le FMI a dû elle aussi évoluer: le niveau est plus élevé et les cours plus spécialisés. Dans ce contexte marqué par le changement et l’innovation, l’Institut a élaboré une nouvelle stratégie afin d’offrir un programme de qualité à des participants dont le nombre ne cesse d’augmenter. Cette stratégie comporte quatre grands volets.

1) L’Institut s’est employé à renforcer le programme traditionnel de formation en gestion macroéconomique qu’il donne au siège. Les cours classiques d’analyse et de programmation financières et les cours spécialisés dans les domaines des statistiques macroéconomiques, des finances publiques et des opérations monétaires et de change sont au cœur de la formation qu’il dispense aux fonctionnaires des pays membres. Récemment, le programme a été aménagé de façon à répondre aux besoins spécifiques des fonctionnaires selon leur rang (niveaux débutant, intermédiaire et supérieur). La durée des cours les plus extensifs donnés à Washington a été raccourcie; le temps et les ressources ainsi économisées ont été utilisés pour offrir à des cadres supérieurs des cours intensifs de haut niveau de deux semaines, portant sur des questions d’actualité.

2) En 1996, l’Institut a élargi son programme de formation interne afin de permettre aux économistes de rester à l’avant-garde de leur profession et de suivre l’évolution rapide de l’économie mondiale. Les cours en question sont donnés par des universitaires éminents, des experts extérieurs jouissant d’une grande réputation ou des spécialistes à la pointe de l’actualité économique.

3) Face à l’augmentation de la demande, l’Institut, disposant de ressources limitées, a eu de plus en plus recours à des accords de partenariat afin de donner à l’étranger des cours de formation permettant de renforcer la capacité institutionnelle des pays membres dans le domaine de la gestion économique. L’ Institut multilatéral de Vienne a été créé en collaboration avec d’autres organisations internationales en 1992; sa mission (qui a récemment été élargie), est de dispenser une formation pratique et de haute qualité aux fonctionnaires des anciennes économies à planification centrale et son programme initial a été modifié afin de répondre aux nouveaux besoins de la région à compter de 1999. En 1999, l’Institut multilatéral pour l’Afrique e été créé en Côte d’Ivoire en partenariat avec la Banque africaine de développement et la Banque mondiale afin de renforcer la capacité institutionnelle des administrations publiques des pays africains et de les aider à mieux gérer leur économie et à mieux former leurs dirigeants économiques et financiers. En même temps, l’Institut du FMI continue de participer aux programmes de formation de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Centre ouest-africain de formation aux études bancaires—COFEB), de la Banque des États de l’Afrique centrale, du Macroeconomic and Financial Management Institute of Eastern and Southern Africa (MEFMI) au Zimbabwe et de l’Institut ouestafricain pour l’organisation économique et financière (IOAOEF) au Nigeria. L’Institut régional de formation de Singapour (STI) a été mis en place en 1998 pour aider les pays membres des régions Asie et Pacifique à renforcer leur économie face à la mondialisation. Ses programmes seront complétés par les cours de formation qu’offre le Centre de recherche et de formation des banques centrales de l’Asie du Sud-Est (SEACEN)—avec lequel le FMI collabore depuis les années 70. Le Programme de formation régional a été établi en 1999 à Abou Dhabi en partenariat avec le Fonds monétaire arabe. Sa mission est de répondre aux besoins vitaux de formation de la région en permettant aux deux organisations de mobiliser à cet effet leurs ressources humaines et financières et de tirer pleinement parti de leurs compétences respectives. L’Institut du FMI continue de fournir des professeurs pour les cours organisés par le Centre d’études monétaires latino-américaines (CEMLA), collabore depuis 1994 à des cours régionaux de formation avec la Banque islamique de développement et dispense depuis 1995 des cours de formation en coopération avec la Banque asiatique de développement.

4) Pour mettre ses programmes de formation à la portée du plus grand nombre, l’Institut a développé l’utilisation de la vidéoconférence et du disque optique compact et compte utiliser les techniques de téléenscignement pour deux cours: programmation et politiques financières et introduction à la macroéconomie. Il a également ouvert un site Internet (http://www.institute.imf.org), facilitant ainsi l’accès au programme des cours.

Bien que d’importants progrès aient été accomplis pour adapter le programme de formation de l’Institut aux nouveaux besoins des pays membres dans le contexte de la mondialisation, beaucoup reste à faire. L’Institut continuera d’utiliser pour le téléenseignement les dernières techniques de communication, de tabler davantage sur la formation régionale et de renforcer la formation interne pour que les économistes du FMI restent à l’avant-garde de la réflexion sur le plan de l’analyse et des problèmes de fond dans le domaine économique.

L’attention accrue portée à la promotion de la bonne gestion des affaires publiques et à la création ou au maintien de conditions propices à une croissance durable et équitable met en lumière la nécessité de s’attacher à améliorer les capacités institutionnelles et les ressources humaines dont l’État dispose pour gérer efficacement l’économie. L’assistance technique et la formation assurées par le FMI visent à faire régner la transparence et à renforcer les capacités de gestion économique de façon à ce qu’à long terme, les pays membres aient moins besoin de recourir aux concours du FMI et soient davantage en mesure d’engager avec ses services un dialogue productif dans le cadre des opérations de surveillance. Ce volet représente l’aspect préventif de l’assistance technique et de la formation que dispense le FMI. Eu égard aux ressources limitées dont il dispose, une grande partie de cette assistance est inévitablement destinée à résoudre des problèmes immédiats ou à aider les pouvoirs publics à appliquer des réformes économiques et financières dans le cadre d’un programme appuyé par le FMI.

Le FMI calcule l’assistance technique en «années-personnes» de services fournis tant par son personnel que par les experts qu’il recrute. L’assistance a représenté environ 300 années-personnes pour chacun des derniers exercices (tableau 6). La ventilation géographique de l’assistance technique et de la formation s’est profondément modifiée depuis 1995, année où les pays relevant des deux départements Europe du FMI (EUI et EUII) avaient absorbé 40 % des ressources affectées à l’assistance technique. En 1998/99, la part de ces pays est revenue à 23 %, alors que celle des pays d’Asie et du Pacifique est passée à 20 % à cause de l’accroissement de la demande d’assistance technique dans le cadre de la crise asiatique.

Tableau 6Assistance technique

(Annccs-personnes effectuées)1

1995/961996/971997/981998/992
Ressources d’assistance technique du FMI211,4172,7189,6201,7
Personnel108,697,1103,998,9
Consultants au siège du FMI23,520,120,821,2
Experts79,355,564,981,6
Concours extérieurs97,5104,296,2100,0
Programme des Nations Unies pour le développement25,021,524,414,4
Japon65,067,355,670,9
Autres7,515,416,215,0
Total des ressources309,0277,0285,7301,7
Assistance technique ventilée par département
Département de la monnaie et des changes137,3114,6110,6120,8
Département des finances publiques99,896,298,8101,7
Département des statistiques39,236,639,038,9
Institut du FMI14,011,012,115,4
Département juridique11,09,310,310,7
Autres départements37,79,314,914,3
Utilisation régionale des ressources ventilée par département280,1251,0258,7274,9
Département Afrique62,454,565,872,2
Département Asie et Pacifique4n.a.49,042,558,1
Département Asie centrale27,5n.a.n.a.n.a.
Département Asie du Sud-Est et Pacifique25,0n.a.n.a.n.a.
Département Europe I24,422,523,822,4
Département Europe II73,557,652,647,1
Département Moyen-Orient23,426,529,532,5
Département Hémisphère occidental32,331,235,232,1
Dépenses interrégionales11,79,68,68,8
Utilisation non régionale28,926,126,927,7
Total des ressources utilisées309,0277,0285,6301,7

Depuis quelques années, le FMI accorde une large place dans son programme d’assistance technique et de formation aux pays sortant d’un conflit. La démarche traditionnelle, qui consiste à répondre à une demande, est jugée insuffisante dans le cas de ces pays, face au besoin urgent de reconstituer leurs capacités fondamentales de gestion économique et financière. Ainsi sont nés les vastes programmes d’assistance technique pluriannuels intégrés, cofinancés par d’autres donateurs. Des programmes de cette nature ont maintenant été exécutés, ou sont en voie de l’être, dans des pays tels que l’Albanie, l’Angola, le Cambodge, Haïti, le Liban, le Malawi, la Namibie, le Rwanda et le Yémen; un projet de programme analogue est en cours de préparation pour le Nigeria. Ces programmes sont en général étroitement coordonnés avec le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), qui les cofinance, et font souvent intervenir un certain nombre de donateurs bilatéraux. Par exemple, grâce à un financement octroyé par le PNUD, la Banque asiatique de développement, l’Australie, la Nouvelle-Zélande et le Forum du Pacifique, le Centre d’assistance technique financière du Pacifique, situé à Fidji, assure une assistance technique à quinze pays de la région du Pacifique. S’il y a lieu, le FMI fournit ses services d’assistance technique et de formation dans un cadre régional (encadré 13).

En 1998/99, le pays qui a le plus contribué financièrement à l’assistance technique fournie par le FMI est encore le Japon qui a fait preuve d’une grande capacité d’adaptation en donnant suite immédiatement aux demandes d’assistance technique suscitées par la crise asiatique. De plus, le Compte-cadre administré pour les activités d’assistance technique, créé par le FMI en 1995, a bénéficié de contributions de l’Australie, du Danemark, de la France, du Japon (pour un programme de bourses d’études) et de la Suisse. Quelques pays, la Suède et la Norvège par exemple, ont financé des projets du PNUD dont l’exécution a été confiée au FMI. D’autres, comme le Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne et la Banque interaméricaine de développement, sont convenus de coordonner avec le FMI des accords de cofinancement de l’assistance technique. Plusieurs pays en développement, membres du FMI, ont utilisé le produit de crédits de la Banque mondiale pour financer des opérations d’assistance technique effectuées par le FMI. En 1998/99, 30 % des activités d’assistance technique et de formation assurées par cette institution ont été financées par des concours extérieurs, tout comme la rémunération des deux tiers des experts qu’elle a recrutés à cette fin. Il faut espérer que, dans une période marquée par une austérité croissante chez les donateurs, le financement extérieur pourra être maintenu à ce niveau.

Pendant l’exercice, le Bureau de la vérification et de l’inspection internes du FMI a examiné le programme d’assistance technique de l’institution, évaluant notamment son efficacité et son orientation générale, ainsi que les diverses modalités de prestation de l’assistance technique. En 1999/2000, le Conseil d’administration et la direction étudieront les recommandations formulées à l’issue de cet examen.

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