International Monetary Fund Annual Report 1998
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Sous l’effet de la crise financière asiatique, l’activité du FMI atteint un niveau sans précédent en 1997/98

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 1998
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La crise asiatique qui a éclaté en juillet 1997 en Thaïlande et ses répercussions mondiales ont dominé les travaux du FMI en 1997/98, et tant le Conseil d’administration que la direction et les services de l’organisation y ont consacré une part considérable de leur temps. Cette crise mondiale (dont les prolongements débordent le cadre de l’exercice) a aussi amené le FMI à consentir des crédits d’un montant inégalé en 1997/98, d’où la nécessité pressante de consolider les ressources financières de l’institution pour lui permettre de conserver un rôle pleinement efficace dans une économie mondialisée. Ces événements ont également amené le FMI à créer la facilité de réserve supplémentaire, à intensifier les travaux sur l’amélioration de la surveillance et, plus généralement, à définir un cadre pour renforcer l’architecture du système monétaire international. Par ailleurs, le Conseil d’administration a entrepris un examen approfondi, à partir d’évaluations interne et externe, de la facilité d’ajustement structurel renforcée, volet de financement concessionnel destiné aux pays à faible revenu, et a poursuivi ses travaux afin d’assurer sans interruption l’assise financière de cette facilité. De concert avec la Banque mondiale et d’autres créanciers, le FMI a réalisé des progrès notables dans la mise en application de l’Initiative en faveur des PPTE, qui vise à réduire la dette extérieure d’un certain nombre de pays pauvres très endettés.

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La crise financière asiatique a eu une forte incidence sur le volume de l’aide financière du FMI en 1997/98. Au cours de l’exercice, les pays membres ont effectué au Compte des ressources générales des achats dans les tranches de crédit de 19,0 milliards de DTS1 (25,6 milliards de dollars), soit près de quatre fois le montant de l’exercice précédent. Le FMI a approuvé 9 accords de confirmation et 4 accords élargis, représentant des engagements de 27,3 milliards et de 2,8 milliards de DTS, respectivement. Les principaux accords de confirmation ont été négociés avec la Corée (qui a aussi fait appel à la facilité de réserve supplémentaire), l’Indonésie et la Thaïlande; c’est l’Argentine qui a bénéficié de l’accord élargi le plus élevé. En outre, le FMI a approuvé 8 accords FASR, portant sur des engagements de 1,7 milliard de DTS. Au 30 avril 1998, 14 accords de confirmation, 13 accords élargis et 33 accords FASR étaient en vigueur. À cette même date, abstraction faite des rachats et remboursements au titre de tirages antérieurs, l’encours total des crédits du FMI atteignait un niveau record de 56 milliards de DTS (75,4 milliards de dollars), contre 40,5 milliards de DTS (55,3 milliards de dollars)2 un an plus tôt.

En décembre 1997, le Conseil d’administration a créé la facilité de réserve supplémentaire afin d’accorder une aide financière complémentaire aux pays membres qui éprouvent des difficultés de balance des paiements exceptionnelles, imputables à un important besoin de financement à court terme résultant d’une perte soudaine et perturbatrice de la confiance du marché.

Sous l’effet des nouvelles ponctions considérables effectuées sur les ressources du FMI en 1997/98, ses ressources utilisables non engagées (ajustées pour maintenir des avoirs suffisants en monnaies) sont tombées entre la fin d’avril 1997 et la fin d’avril 1998 de 43,5 milliards à 22,6 milliards de DTS. Sur la même période, les engagements à court terme du FMI ont vivement progressé, du fait d’un accroissement des positions des pays membres dans la tranche de réserve, et son ratio de liquidité a été ramené à 44,8 % au 30 avril 1998, contre 120,5 % un an auparavant.

En janvier 1998, le Conseil des gouverneurs du FMI a adopté la recommandation du Conseil d’administration visant à relever de 45 %, et à faire passer de 146 à 212 milliards de DTS, le total des quotes-parts au FMI dans le cadre de la Onzième révision générale des quotes-parts. Cette augmentation entrera en vigueur une fois que les pays membres représentant au moins 85 % du total des quotes-parts au 28 décembre 1997 auront consenti au relèvement de leur quote-part.

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Le FMI a intensifié ses travaux sur la surveillance en 1997/98, du fait de l’éclatement de la crise financière et de sa propagation à d’autres économies asiatiques, ainsi que des pressions qui se sont exercées par la suite sur d’autres économies de marché émergentes. La surveillance a aussi été renforcée dans le souci de promouvoir la bonne gestion des affaires publiques, d’accroître la transparence des budgets, d’améliorer la collecte et la divulgation des données et de renforcer le secteur financier, toutes démarches indispensables pour gagner durablement la confiance du secteur privé et jeter les fondements d’une croissance soutenue.

Dans le cadre d’un examen préliminaire, en mars 1998, des conséquences de la crise financière asiatique sur la surveillance du FMI, le Conseil d’administration a tiré cinq leçons:

  • l’efficacité de la surveillance dépend au plus haut chef de la communication en temps voulu d’informations exactes;

  • tout en demeurant suffisamment sélective, la surveillance doit aller au-delà des questions macroéconomiques à court terme;

  • il convient que, dans l’exercice de la surveillance au niveau des pays, une attention plus grande soit accordée à l’interdépendance des politiques et aux risques de contagion;

  • le rôle crucial de la crédibilité dans le rétablissement de la confiance des marchés met en relief l’importance de la transparence;

  • l’efficacité de la surveillance dépend fondamentalement de la volonté des pays membres de suivre les conseils du FMI.

En juillet 1997, le Conseil d’administration a adopté des directives précisant le rôle du FMI en matière de gestion des affaires publiques. Ces directives prévoient d’intégrer de manière plus exhaustive, à la fois dans les consultations bilatérales au titre de l’article IV et dans les programmes appuyés par le FMI, les aspects de la gestion des affaires publiques qui relèvent de la compétence et du savoir-faire du FMI, de traiter tous les pays membres sur un pied d’égalité et de renforcer la collaboration avec les autres institutions multilatérales, notamment la Banque mondiale, afin de mieux tirer parti des domaines de spécialisation complémentaires. Elles précisent deux secteurs où le rôle du FMI peut se révéler particulièrement utile: l’amélioration de la gestion des ressources publiques et l’établissement et le maintien d’un cadre réglementaire transparent et stable, propice à une activité efficiente du secteur privé.

De même, afin de renforcer la crédibilité des politiques budgétaires menées par les pays membres et de rendre les pouvoirs publics plus comptables de leurs actions, le Comité intérimaire a adopté, lors de sa réunion d’avril 1998, un Code de bonnes pratiques en matière de transparence des finances publiquesDéclaration de principes.

Lorsqu’il a examiné en décembre 1997, les progrès réalisés par les pays membres dans la communication de données au FMI pour les besoins de la surveillance, le Conseil d’administration a constaté qu’il y avait matière à amélioration. Par ailleurs, au vu de l’expérience récente, il apparaît utile de compléter les traditionnels indicateurs fondamentaux par des données sur les engagements liés aux réserves, les opérations des banques centrales sur produits dérivés, la dette extérieure du secteur privé et les indicateurs prudentiels du système bancaire.

Pour guider les pays membres dans la communication de données au public, le Conseil d’administration a approuvé une double approche: la Norme spéciale de diffusion des données, créée en mars 1996, à l’intention des pays qui ont ou cherchent à avoir accès aux marchés internationaux des capitaux, et un Système général de diffusion des données, adopté en décembre 1997, qui est moins ambitieux et destiné à tous les États membres.

L’un des thèmes récurrents qui s’est dégagé des discussions du Conseil d’administration en 1997/98 a été l’importance de renforcer le secteur financier des pays membres, et notamment l’opportunité d’améliorer la collaboration entre le FMI et la Banque mondiale de manière à déceler rapidement les signes avantcoureurs de problèmes dans le secteur financier, chaque institution prenant la tête des actions menées dans ses domaines de compétence tout en assurant une coordination complète entre l’analyse macroéconomique du FMI et les recommandations de politique sectorielle la Banque mondiale.

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Pour améliorer la transparence de sa surveillance, le FMI a créé en mai 1997 les Notes d’information à la presse, désormais au public (NIP), qui sont diffusées une fois achevées les consultations au titre de l’article IV. Ces notes résument l’évaluation que fait le Conseil d’administration de la politique et des perspectives économiques des pays membres. Parmi les 136 consultations au titre de l’article IV tenues en 1997/98, 77 ont fait l’objet d’une Note d’information à la presse. Il est possible de consulter ces notes sur le site Internet du FMI (http://www.imf.org); elles sont par ailleurs publiées trois fois l’an dans la collection IMF Economic Reviews.

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Lors de l’Assemblée annuelle de Hong Kong en septembre 1997, le Comité intérimaire a publié un Énoncé des principes gouvernant la libéralisation des mouvements de capitaux dans l’optique d’un amendement des Statuts du FMI. Dans ce texte, le Conseil d’administration est invité à achever ses travaux sur un projet d’amendement des Statuts du FMI qui ferait de la libéralisation des mouvements de capitaux l’un des buts de l’institution et étendrait par voie de conséquence son domaine de compétence. En 1997/98, le Conseil a examiné sous divers aspects ce dossier et, afin de donner substance à ses travaux, il a organisé un séminaire de haut niveau sur ce sujet en mars 1998, de manière à recueillir le point de vue d’observateurs de divers organismes privés et instances officielles. Lors de sa réunion d’avril 1998, le Comité intérimaire a noté les progrès accomplis jusqu’à présent et l’accord provisoire auquel est parvenu le Conseil d’administration sur la partie de l’amendement qui concerne les buts du FMI. Il a demandé au Conseil de poursuivre avec détermination ses travaux sur les autres aspects du dossier, notamment les questions de fond, afin de lui soumettre le plus tôt possible un amendement approprié des Statuts.

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Depuis la crise financière mexicaine de 1994–95, le FMI a pris un certain nombre de mesures pour améliorer le fonctionnement du système monétaire international. Les problèmes accrus posés par la mondialisation en cours des marchés de capitaux, dont témoigne la crise financière asiatique, imposent de redoubler d’efforts sur ce dossier. Au cours du débat, qui reste ouvert, sur le renforcement de l’architecture du système monétaire international, le Conseil d’administration a identifié en 1997/98 les impératifs suivants:

  • renforcer les systèmes financiers nationaux et internationaux;

  • intensifier la surveillance du FMI;

  • promouvoir une diffusion beaucoup plus large d’informations plus transparentes sur les données et la politique économiques;

  • renforcer le rôle central du FMI dans la gestion des crises;

  • établir des mécanismes plus efficaces en vue de faire participer le secteur privé à la prévention ou à la solution des crises financières.

Lors de sa réunion d’avril 1998, le Comité intérimaire a souscrit à ces objectifs et demandé au Conseil d’administration de lui faire rapport sur ses travaux dans ces domaines à la prochaine réunion du Comité, qui se tiendra en octobre 1998.

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Depuis le milieu des années 80, le FMI a mis en place deux guichets concessionnels: la facilité d’ajustement structurel (FAS), puis la facilité d’ajustement structurel renforcée (FASR), afin de s’attaquer aux difficultés de balance des paiements auxquelles se trouvent confrontés nombre de pays en développement les plus pauvres. Au 30 avril 1998, 6,4 milliards de DTS (8,6 milliards de dollars) avaient été décaissés en application des 71 accords FASR dont ont bénéficié 48 pays et 1,8 milliard de DTS (2,4 milliards de dollars) avaient été décaissés au titre d’accords FAS. Pour poursuivre les opérations de la FASR et financer la contribution du FMI à l’Initiative PPTE, le Conseil d’administration a pris des mesures en 1997/98 en vue de mobiliser un financement à partir de contributions bilatérales et des propres ressources du FMI. En avril 1998, l’Ouganda a été le premier pays à atteindre la fin du processus prévu pour l’Initiative PPTE. Ce pays recevra de ses créanciers une aide équivalant à quelque 350 millions de dollars en valeur actuelle nette, ce qui, d’après les estimations, réduira le service de sa dette en valeur nominale de près de 650 millions de dollars; le concours du FMI diminuera la valeur actualisée de ses créances sur l’Ouganda d’environ 70 millions de dollars. Cinq autres pays (Bolivie, Burkina Faso, Côte d’Ivoire, Guyana et Mozambique) sont devenus recevables à bénéficier d’une aide qui réduira le service de leur dette en valeur nominale de quelque 5 milliards de dollars.

Au cours de l’exercice, deux évaluations en profondeur de la FASR ont été entreprises et publiées; l’une, interne, a été réalisée par les services du FMI pour dresser un bilan de dix années d’application des programmes FASR et l’autre, qui a été effectuée sous la conduite du Conseil d’administration par des experts externes (la première évaluation de ce genre), a porté sur divers aspects des programmes FASR. Tout en identifiant les domaines à améliorer et à approfondir, les deux évaluations ont confirmé que la FASR est un instrument précieux pour aider les pays à faible revenu.

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La demande d’assistance technique et de formation émanant des pays membres du FMI est restée vigoureuse en 1997/98. L’assistance fournie par les services du FMI et les conseillers externes a atteint en moyenne quelque 300 années-personnes et a représenté environ 17 % du total des dépenses administratives du FMI.

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En décembre 1997, le FMI a ouvert un bureau régional Asie et Pacifique à Tokyo.

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En décembre 1997, la République des Palaos est devenue le 182e pays membre du FMI.

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