International Monetary Fund Annual Report 1998
Chapter

Chapitre XI. Assistance technique et formation

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 1998
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La demande d’assistance technique et de formation émanant des pays membres est demeurée robuste en 1997/98. L’assistance technique reste axée sur les aspects monétaires et budgétaires de la gestion macroéconomique, mais aussi sur les statistiques, le droit financier, l’organisation et les opérations financières du FMI, et l’informatique (graphique 5). Un grand nombre de départements du FMI ont fourni une assistance technique; le Comité de l’assistance technique, qui se compose de cadres supérieurs de chaque département fonctionnel ou géographique et de chaque service de soutien, formule à l’intention de la direction du FMI des recommandations sur les stratégies et priorités en matière d’assistance technique et coordonne les activités des différents départements dans ce domaine. Sur le terrain, l’assistance est assurée par les membres des services du FMI et par des conseillers détachés pour de courtes ou de longues périodes.

Graphique 5Ventilation de l’assistance technique, 1997/98

(En pourcentage des ressources en années-personnes effectives)1

1Une année-personne effective d’assistance technique correspond à 260 jours. Le chiffre de l’Institut du FMI ne tient pas compte de la formation assurée ou coordonnée par l’Institut au siège.

Au siège et à l’étranger, des cours et des séminaires de formation sur des sujets divers sont dispensés par l’Institut du FMI et d’autres départements, qui fournissent assistance technique et formation. En 1997/98, le programme de l’Institut au siège comprenait des cours de base, de niveau intermédiaire ou approfondis sur la programmation et la politique financières, des cours de moindre durée sur des sujets spécialisés tels que les politiques de taux de change ou le ciblage monétaire ou de l’inflation, et un séminaire de haut niveau sur la réforme des échanges et l’intégration régionale en Afrique. En outre, les autres départements fonctionnels, notamment ceux des finances publiques, de la monnaie et des changes, de l’élaboration et de l’examen des politiques, et des statistiques, ont organisé, en collaboration avec l’Institut, des séminaires et des cours dans leur spécialité. Le programme de formation de l’Institut à l’étranger continue de porter sur des questions liées à la formulation et à l’application des programmes d’ajustement économique.

L’assistance technique a été qualifiée de troisième pilier du FMI, les deux autres étant la surveillance qu’il exerce et les concours financiers qu’il accorde dans le cadre des programmes d’ajustement qu’il appuie. Les pays membres et le FMI sont de plus en plus convaincus que la prestation en temps opportun d’une assistance technique efficace constitue un élément essentiel de l’aide apportée aux efforts déployés par les pays en vue d’appliquer une politique économique et des réformes institutionnelles viables. En 1997/98, les activités d’assistance technique représentaient environ 17 % du total des dépenses administratives du FMI.

L’attention accrue portée à la promotion de la bonne gestion des affaire publiques et à la création ou au maintien de conditions propices à une croissance durable et équitable a mis en lumière la nécessité de s’attacher à améliorer les capacités institutionnelles et les ressources humaines dont l’État dispose pour assurer une gestion économique efficace. Sans de telles améliorations, les activités de surveillance et de financement des programmes du FMI auraient sans doute des effets moins durables. L’assistance technique et la formation assurées par le FMI visent précisément à renforcer la capacité de gestion économique de sorte qu’à long terme les pays membres aient moins besoin de recourir aux concours fournis par le FMI et soient davantage en mesure d’engager un dialogue productif avec ses services dans le cadre de ses activités de surveillance. Ce volet peut être qualifié d’aspect préventif de l’assistance technique et de la formation que dispense le FMI. Eu égard aux ressources dont dispose l’institution, une grande partie de cette assistance est inévitablement de nature corrective, car elle est destinée à résoudre des problèmes immédiats ou à aider les pouvoirs publics à mettre en oeuvre des réformes économiques et financières dans le cadre d’un programme appuyé par le FMI.

Le FMI calcule l’assistance technique en «années-personnes de services fournis» tant par son personnel que par les experts qu’il recrute. L’assistance s’élève à environ 300 années-personnes pour chacun des derniers exercices (voir le tableau 9). Le coût en dollars de l’année-personne a augmenté sur cette période, du fait de la hausse de la rémunération des experts externes et du nombre accru des affectations de courte durée.

Tableau 9Assistance technique

(Années-personnes effectuées)1

1994/951995/961996/971997/982
Ressources d’assistance technique du FMI220,0211,4172,7189,6
Personnel115,7108,697,1103,9
Consultants au siège du FMI22,123,520,120,8
Experts82,379,355,564,9
Concours extérieurs80,597,5104,296,2
Programme des Nations Unies pour le développement16,625,021,524,4
Japon51,465,067,355,6
Autres12,47,515,416,2
Total des ressources300,6309,0277,0285,7
Assistance technique ventilée par département
Département de la monnaie et des changes138,1137,3114,6110,6
Département des finances publiques95,199,896,298,8
Département des statistiques37,939,236,639,0
Institut du FMI14,614,011,012,1
Département juridique7,911,09,310,3
Autres départements37,07,79,314,9
Utilisation des ressources ventilées par département271,1280,1251,0258,7
Département Afrique60,662,454,565,8
Département Asie et Pacifique4s.o.s.o.49,042,5
Département Asie centrale27,727,5s.o.s.o.
Département Asie du Sud-Est et Pacifique23,625,0s.o.s.o.
Département Europe I27,824,422,523,8
Département Europe II79,373,557,652,6
Département Moyen-Orient16,923,426,529,5
Département Hémisphère occidental27,432,331,235,2
Dépenses interrégionales7,911,79,68,6
Utilisation non régionale29,628,926,126,9
Total des ressources utilisées300,6309,0277,0285,6

Une année-personne effective égale 260 jours.

Estimations.

Département de l’élaboration et de l’examen des politiques, Bureau des services informatiques et Secrétariat de l’assistance technique.

À compter du 1er janvier 1997, le Département Asie centrale et le Département Asie du Sud-Est et Pacifique ont été fondus en un seul Département Asie et Pacifique.

Une année-personne effective égale 260 jours.

Estimations.

Département de l’élaboration et de l’examen des politiques, Bureau des services informatiques et Secrétariat de l’assistance technique.

À compter du 1er janvier 1997, le Département Asie centrale et le Département Asie du Sud-Est et Pacifique ont été fondus en un seul Département Asie et Pacifique.

La ventilation géographique de l’assistance technique et de la formation s’est profondément modifiée depuis 1995, année où les pays relevant des deux départements Europe du FMI absorbaient 40 % des ressources affectées à l’assistance technique. Cette proportion est revenue à 30 % en 1997/98, alors que, sur cette même période, la part cumulative des départements Afrique et Moyen-Orient est passée de 28 à 37 %.

Encadré 14L’Institut du FMI et les instituts régionaux de formation

Europe. En collaboration avec la Banque mondiale et quelques autres organisations internationales, le FMI a créé l’Institut multilatéral de Vienne, qui est chargé de dispenser une formation aux fonctionnaires d’anciennes économies à planification centrale en transition vers un système de marché. En plus d’un cours complet d’économie de marché appliquée assuré conjointement par toutes les organisations de parrainage, l’Institut et d’autres départements du FMI proposent un vaste programme de séminaires portant sur l’analyse et la politique macroéconomique, le contrôle bancaire, les systèmes de paiement, les opérations monétaires et de change, la politique budgétaire, la gestion des dépenses publiques, la taxe sur la valeur ajoutée, les dispositifs de protection sociale, le droit applicable au secteur financier et les statistiques macroéconomiques. Le Conseil d’administration a récemment prorogé de cinq ans l’appui du FMI à l’Institut multilatéral de Vienne.

Le renforcement des capacités en Afrique. L’Institut du FMI a établi une coopération de longue date avec les instituts régionaux de formation en Afrique francophone, à savoir les centres de formation de la Banque centrale des États de l’Afrique de l’Ouest (Centre ouest-africain de formation aux études bancaires—COFEB) et de la Banque des États de l’Afrique centrale. Il assure tous les ans un cours régional de politique et programmation financières ou de politique du secteur extérieur, et envoie périodiquement des chargés de cours à ces centres. Les cours régionaux bénéficient d’un cofinancement du PNUD et de l’Union européenne. En collaboration avec ces centres, l’Institut continue d’accorder une large place au «renforcement des capacités» et dispense à ce titre un enseignement aux formateurs dans le domaine de la macroéconomie financière et de la gestion.

En réponse au besoin de formation croissant en Afrique, l’Institut a contribué à l’établissement, en 1997, du Macroeconomic and Financial Management Institute of Eastern and Southern Africa (MEFMI) au Zimbabwe et de l’Institut ouest-africain pour l’organisation économique et financière (IOAOEF) au Nigéria.

Asie. Depuis le 4 mai 1998, l’Institut régional de formation de Singapour (STI) propose une formation sur l’application de la politique économique à l’intention de certains fonctionnaires issus principalement de pays en développement d’Asie et de la région du Pacifique. En 1998/99, les treize cours et séminaires prévus porteront sur les politiques de réforme et l’ajustement macroéconomique, la programmation financière, les problèmes des économies en transition, les opérations monétaires et cambiaires, les finances publiques, le contrôle bancaire et les statistiques macroéconomiques. Cet institut est considéré comme le précurseur de centres régionaux de formation analogues dans d’autres parties du monde.

Centre de recherche et de formation des banques centrales de l’Asie du Sud-Est (SEACEN). Les relations entre l’Institut du FMI et le Centre (Kuala Lumpur, Malaisie) ont pris leur essor pendant les années 70, lorsque l’Institut a commencé à détacher des cadres supérieurs pour aider le Centre à mettre au point son programme de formation. Depuis le début des années 80, l’Institut envoie des chargés de cours au Centre, ou coordonne l’envoi à cet effet de membres d’autres départements du FMI; au début des années 90, des cours conjoints ont été organisés.

Le Fonds monétaire arabe. L’Institut du FMI entretient des liens étroits avec l’organe de formation du Fonds monétaire arabe (FMA), l’Economic Policy Institute (EPI), depuis sa création en 1988. Il envoie régulièrement des membres de son personnel pour assurer le cours de gestion macroéconomique du FMA et a aussi pris part au cours de gestion du secteur extérieur, que le FMA a proposé pour la première fois en mars 1995. Dans le cadre de cette coopération, des cours et des séminaires conjoints ont été préparés, et le personnel de l’Institut a pris part aux séminaires organisés par le FMA.

En outre, l’Institut fournit depuis plusieurs années des professeurs pour les cours organisés par le Centre d’études monétaires latino-américaines (CEMLA), collabore depuis 1994 à des cours régionaux de formation avec la Banque islamique de développement et a dispensé pour la première fois en 1995 une formation en coopération avec la Banque asiatique de développement.

Depuis quelques années, le FMI accorde une importance particulière dans son programme d’assistance technique et de formation aux pays sortant d’un conflit. Dans le cas de ces pays, la démarche traditionnelle, qui consiste à répondre à une demande, a été jugée insuffisante pour faire face au besoin urgent de redresser leurs capacités fondamentales de gestion économique et financière. Ainsi sont nés les vastes programmes d’assistance technique pluriannuels intégrés, financés de concert avec d’autres donateurs. Des programmes de cette nature ont maintenant été exécutés, ou sont en voie de l’être, dans des pays sortant d’un conflit tels que l’Angola, le Cambodge, Haïti, le Liban, la Namibie, le Rwanda et le Yémen; un projet de programme analogue est en cours de préparation pour le Libéria. Ces programmes sont en général étroitement coordonnés avec le PNUD (Programme des Nations Unies pour le développement), qui les cofinance, et font souvent intervenir un certain nombre de donateurs bilatéraux. En outre, s’il y a lieu, le FMI fournit ses services d’assistance technique et de formation dans un cadre régional. À ce titre, il convient notamment de citer le Pacific Financial and Technical Assistance Centre situé à Fidji, qui assure la prestation d’une assistance technique à quinze pays de la région du Pacifique grâce à un financement octroyé par le PNUD, l’Australie, la Nouvelle-Zélande, le Forum du Pacifique et la Banque asiatique de développement; l’Institut multilatéral de Vienne; le Harare Center; le Cairo Information Center; l’Institut régional de formation de Singapour, financé par le FMI et le gouvernement de Singapour (voir encadré 14).

Le pays qui contribue le plus financièrement à l’assistance technique fournie par le FMI est le Japon qui, en 1997/98, a fait preuve d’une grande souplesse afin de pouvoir donner suite immédiatement aux nouvelles demandes d’assistance technique suscitées par la crise asiatique. Créé par le FMI en 1995, le Compte-cadre administré pour les activités d’assistance technique a bénéficié de contributions de l’Australie, de la France, du Japon (pour un programme de bourses d’études) et de la Suisse. Quelques pays, comme la Suède et la Norvège, ont financé des projets du PNUD dont le FMI a été l’agent d’exécution. D’autres, tels que le Royaume-Uni, ainsi que l’Union européenne et la Banque interaméricaine de développement, sont convenus de coordonner avec le FMI des accords de cofinancement de l’assistance technique. Plusieurs pays en développement, membres du FMI, ont utilisé le produit de crédits de la Banque mondiale pour financer des activités d’assistance technique fournies par le FMI. En 1996/97, 30 % des activités d’assistance technique et de formation assurées par cette institution ont été financés par des concours extérieurs, tout comme la rémunération de deux tiers des experts qu’elle a recrutés à cette fin. Ce ratio financement intérieur/financement extérieur devrait rester assez stable dans un avenir proche.

Pendant la période 1997/98, des évaluations conjointes de projets d’assistance technique ont été réalisées avec le PNUD en Chine, en Haïti, dans le Pacifique et au Yémen. Les activités d’assistance technique et de formation du FMI font actuellement l’objet d’un examen par le Bureau de la vérification et de l’inspection internes de l’institution.

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