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Déclaration de Kossi Assimaidou, Administrateur pour la République islamique de Mauritanie, 2 juillet 2012

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
August 2012
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I. Introduction

En 2011, la Mauritanie a été frappée par une grave sécheresse qui a plongé le quart de sa population dans l’insécurité alimentaire. À l’heure où les autorités s’efforcent toujours d’atténuer les effets de cette sécheresse sur les couches sociales pauvres et vulnérables, elles réitèrent leur attachement aux politiques et aux réformes prudentes prévues dans le cadre du programme, et remercient les services du FMI pour les discussions franches qu’ils ont eues avec elles et les conseils utiles qu’ils leur ont donnés au cours de la récente mission à Nouakchott.

La mise en œuvre du programme appuyé par la FEC continue de façon satisfaisante. Tous les critères de réalisation quantitatifs à fin décembre 2011, y compris les objectifs relatifs aux dépenses de lutte contre la pauvreté et aux réserves internationales, on été atteints, et ce, avec une marge large dans ces deux derniers cas. Sur le front structurel, tous les huit repères structurels à fin décembre 2011 ont été satisfaits, sauf trois, dont la réalisation a enregistré des avancées depuis. Le critère portant sur les emprunts non concessionnels, pour lequel les autorités demandent une dérogation, n’a été manqué que de trois semaines.

En dépit de la gravité de la sécheresse récente et de la conjoncture internationale difficile—l’Europe étant une destination importante des exportations de la Mauritanie et l’un de ses partenaires au développement essentiels—, les autorités sont déterminées à poursuivre leurs efforts pour stabiliser l’économie et améliorer les conditions de vie de la population. Cependant, puisque la croissance continue d’être principalement tirée par les industries extractives, qui, par nature, ne sont pas inclusives, les autorités ont encore du mal à réduire davantage la pauvreté et créer des emplois, surtout pour les jeunes. L’appui continu de la communauté internationale à leurs efforts pour diversifier l’économie et déployer des dispositifs de protection sociale bien ciblée est donc vital.

II. Évolution économique récente

La croissance a légèrement ralenti en 2011, à 4 % (contre 5,1 % en 2010), en raison des graves conséquences de la sécheresse sur la production agricole. La croissance du PIB réel devrait toutefois atteindre 5,7 % cette année, grâce au redressement de la production agricole favorisé par une bonne saison des pluies, et aussi au dynamisme du secteur BTP. Sur le front budgétaire, le déficit global est revenu de 2 % du PIB hors pétrole en 2010, à 1,5 %, grâce aux fortes recettes tirées d’un secteur minier en plein essor. L’inflation s’est repliée, de 6,3 % à 5,7 %, par suite, essentiellement, de la baisse du rythme d’augmentation du crédit au secteur privé.

Les cours internationaux relativement élevés des principaux produits de base exportés par le pays ont permis de réduire le déficit du compte courant à 7,4 %, contre 8,6 % en 2010. Le déficit s’alourdira toutefois en 2012 par suite de l’augmentation des importations liées au programme d’urgence et aux projets d’infrastructure de grande envergure en cours (une nouvelle centrale électrique, un nouvel aéroport international), d’une part, et de la baisse prévue des cours du minerai de fer, d’autre part. Les réserves de change ont sensiblement augmenté en 2011, ayant quasiment doublé à 501 millions de dollars E.U. (par rapport à l’année précédente), grâce aux efforts que continuent de déployer les autorités pour renforcer leur marge de manœuvre afin de mettre l’économie à l’abri de chocs potentiels.

III. Politiques menées dans le cadre du programme FEC

A. Politique budgétaire

Les dépenses d’urgence liées à la sécheresse et la nécessité d’augmenter les subventions aux carburants exercent des pressions sur le budget de cette année. De ce fait, les dépenses publiques ont augmenté de 1,1 point de pourcentage du PIB hors pétrole, comparé à 2010. Les autorités sont reconnaissantes à la communauté des donateurs pour leurs importantes annonces de contributions au programme d’urgence. Cependant, compte tenu des retards dans le décaissement et de l’augmentation des coûts et des subventions par rapport aux prévisions initiales, les dépenses en faveur des pauvres ont encore été revues à la hausse. En ce qui concerne les recettes, les cours internationaux élevés du minerai de fer ont permis à la société minière nationale de réaliser des bénéfices record, qui se sont traduits par des versements de dividende plus élevés à l’État. Globalement, les recettes budgétaires se sont améliorées en 2011.

Pour 2012, les autorités restent résolument déterminées à poursuivre les efforts d’assainissement des finances publiques, et soutiennent que l’augmentation du déficit budgétaire prévue cette année est temporaire, et qu’elle est essentiellement due aux mesures à prendre pour remédier aux conséquences de la sécheresse. Les autorités continuent d’accorder un degré élevé de priorité aux efforts visant à maîtriser la dépense globale à travers la stabilisation de la masse salariale (réforme de la fonction publique) ou l’adoption d’une nouvelle formule de calcul des prix des carburants pour les harmoniser davantage avec les cours internationaux du pétrole et réduire sensiblement les subventions. À cet égard, elles voudraient également souligner que la construction du nouvel aéroport, dont le marché a été attribué à un consortium privé, n’aura aucune incidence sur le budget (sauf pour des dépenses mineures), étant donné qu’elle est payée par cession de terrain et que l’État n’a accordé aucune garantie ou incitation fiscale au consortium.

B. Politiques monétaire et du secteur financier

Dans le secteur bancaire, la liquidité reste abondante, grâce aux importantes recettes d’exportation tirées du secteur minier (non stérilisées), mais aussi aux recettes budgétaires substantielles qui ont évité à l’État d’avoir à recourir autant qu’auparavant à des émissions de bons du Trésor.

Au titre des efforts visant à assurer la stabilité des prix et ancrer les anticipations inflationnistes, les autorités monétaires ciblent une croissance modérée de la masse monétaire de 13 % cette année. La banque centrale continuera de suivre de près les tensions inflationnistes et, au besoin, resserrera l’orientation monétaire par une augmentation des réserves obligatoires ou par des émissions de bons du Trésor. À cet égard, et conformément aux recommandations de l’assistance technique du FMI, des bons du Trésor à une semaine d’échéance seront émis pour stériliser les liquidités excessives (dont les coûts seront toutefois pris en charge par le Ministère des Finances).

S’agissant de la réforme du système financier, les autorités ont entrepris de s’attaquer à un certain nombre de faiblesses décelées par des missions d’assistance récentes du FMI et de la Banque mondiale. En particulier, elles s’attelleront à développer l’épargne longue en assouplissant davantage le règlement relatif aux taux d’intérêt sur les comptes d’épargne. Des actions sont également en cours pour renforcer la régulation et la supervision du système bancaire à travers l’adoption d’un nouveau cadre d’adéquation des fonds propres conforme à Bâle II. Les autorités progressent également dans la généralisation de la comptabilité selon les IFRS, et un cabinet d’audit assiste actuellement les banques commerciales dans la transition vers les IFRS.

C. Réduction de la pauvreté et réformes structurelles

Des mesures importantes ont été prises récemment pour cibler plus efficacement les dispositifs de protection sociale destinés aux pauvres.

Avec l’assistance de l’UNICEF, les autorités ont défini une stratégie de protection sociale visant à mieux protéger les groupes pauvres et vulnérables; celle-ci devrait être adoptée par le gouvernement d’ici fin juin 2012. En outre, une enquête sur la pauvreté des groupes vulnérables dans la capitale Nouakchott a été effectuée récemment avec le concours du Programme alimentaire mondial. Sur la base de cette enquête, un programme de transferts monétaires au profit de 10.000 ménages a été lancé, et sera élargi au reste du pays dès que l’enquête sur la vulnérabilité (dont la réalisation est programmée pour la fin de cette année) pour le reste du pays sera achevée.

Le gouvernement a également élaboré une nouvelle structure des prix des carburants dans le but de supprimer progressivement les subventions aux carburants mal ciblées. À cet égard, la répercussion intégrale des cours internationaux devrait intervenir à la fin de l’année, mais dans l’intervalle, elle sera appliquée à tous les gros consommateurs d’ici juillet 2012.

IV. Conclusion

Les autorités mauritaniennes continuent d’accomplir des progrès satisfaisants dans le cadre du programme appuyé par la FEC, et les performances économiques globales du pays restent fortes. Compte tenu de leurs résultats, je voudrais demander au Conseil d’appuyer l’achèvement de la quatrième revue.

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