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Déclaration de M. Kossi Assimaidou, Administrateur pour la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), 20 juillet 2011

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
December 2011
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Introduction

Les autorités de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), que je représente, remercient le Conseil d’administration, la direction et les services du FMI pour leur soutien continu à l’Union. Elles se félicitent des entretiens d’aujourd’hui, qui font suite au dialogue constructif engagé en avril dernier à Yaoundé avec les services du FMI dans le cadre des consultations de 2011 sur les politiques communes des pays membres de la Communauté. Elles souscrivent à l’évaluation et aux recommandations des services de l’institution.

Les autorités de la CEMAC expriment en outre leurs remerciements au FMI pour les conseils et l’assistance technique qu’il a fournis aux pays membres à l’appui des efforts qu’ils déploient pour assurer une croissance économique plus forte et lutter contre la pauvreté tout en préservant la stabilité macroéconomique. Elles demeurent déterminées à poursuivre leur programme de réforme, qui vise essentiellement à approfondir l’intégration économique régionale en vue de créer un marché solide et unique pour les biens, les services et l’emploi. À cet égard, elles souhaitent renforcer la coopération avec le FMI et les autres partenaires au développement.

Grâce à l’assistance technique du FMI, des progrès considérables ont été accomplis dans les réformes financières, dont les mesures de sauvegarde, la gouvernance et la responsabilisation de la banque centrale régionale (BEAC) et de la Commission bancaire régionale (COBAC). Les autorités de la CEMAC demeurent résolues à poursuivre les réformes nécessaires pour mettre sur pied des institutions régionales solides et renforcer le cadre de réglementation et de suivi des opérations financières.

En outre, les autorités de la CEMAC sont très sensibles aux efforts remarquables actuellement déployés par les autorités de la zone euro pour résoudre les difficultés souveraines de certains pays membres, étant donné la profondeur des liens économiques, monétaires et financiers entre les deux zones. De plus, elles espèrent le retour rapide à une croissance économique plus forte et soutenue dans la zone euro, laquelle bénéficiera aux pays de la CEMAC dans leurs efforts de développement.

Évolution de la Situation Économique en 2010

La croissance économique régionale redémarre après la récente crise financière mondiale et le ralentissement économique qui l’a suivie. La vigueur de cette reprise, soutenue principalement par l’investissement public et les exportations de matières premières, varie d’un pays membre à l’autre.

De bonnes récoltes et la stabilité des prix intérieurs des carburants ont aidé à contenir l’inflation dans la région. Sous l’effet du niveau élevé des prix des matières premières et d’une demande d’exportations accrue de la région, les soldes courants et budgétaires régionaux se sont sensiblement améliorés et les réserves internationales se situaient en 2010 à 4,5 mois d’importations totales.

Pour ce qui est du respect des critères de convergence régionale, des progrès sensibles ont été accomplis en 2010, avec 6 cas de non-conformité au lieu de 9 en 2009. Grâce aux efforts continus déployés par les autorités de la CEMAC, tous les pays membres ont respecté les critères relatifs à la dette publique et à la non-accumulation d’arriérés de l’État en 2010. Cependant, en raison de contraintes de capacité notamment, l’obligation concernant le solde budgétaire de base n’a été observée que par deux pays et le seuil d’inflation de 3 % a été respecté par quatre pays.

Pour ce qui est de l’avenir, les autorités de la CEMAC reconnaissent la nécessité d’approfondir les réformes visant à assurer la viabilité budgétaire et extérieure, de réformer le secteur financier tout en assurant sa stabilité et de favoriser une croissance plus forte du secteur non pétrolier pour réduire le chômage et la pauvreté. Bien que les perspectives économiques régionales soient favorables, elles sont conscientes des risques auxquels est exposée la région, de sa lourde dépendance à l’égard des exportations de pétrole et d’autres matières premières, ainsi que de la volatilité des prix mondiaux des denrées alimentaires et de ses effets négatifs sur les salaires et les prix intérieurs dans la région. Les autorités restent fermement résolues à faire face à ces risques à l’aide de mesures macroéconomiques et de politiques structurelles appropriées.

Politiques et Réformes Structurelles en 2011

Viabilité budgétaire

Face à l’ampleur des besoins d’investissement dans l’infrastructure économique et sociale, les autorités ont lancé un vaste programme d’investissement public qui a élargi le déficit primaire hors pétrole. Cependant, ce déficit devrait se stabiliser à un niveau soutenable d’environ 5 % du PIB non pétrolier. À cet égard, les autorités sont résolues à ancrer l’investissement public dans une stratégie budgétaire à moyen terme qui soit crédible. Elles partagent en outre l’avis que, dans un régime de change fixe, elles doivent renforcer leur solde budgétaire positif, étant donné les relations d’interdépendance entre viabilité budgétaire et stabilité extérieure.

Viabilité extérieure

Le régime de change fixe a été bénéfique aux économies membres de la CEMAC. En 2010, les réserves internationales brutes ont atteint un niveau confortable au regard de la couverture des importations et de la monnaie au sens large. Les autorités se penchent, à présent, sur la question du non-respect de la règle de rapatriement de la totalité des recettes d’exportation. Elles maintiendront un dialogue étroit avec la zone franc et le FMI sur cette question. Les mesures de sauvegarde relatives à la banque centrale régionale ont été renforcées et la récente décision concernant le taux d’intérêt de l’euro sera utile.

Les autorités reconnaissent en outre la nécessité d’appliquer une stratégie adéquate en matière de gestion des réserves de change pour porter ces réserves au niveau souhaité au regard du rattachement à l’euro. À cette fin, elles entendent renforcer les capacités institutionnelles et humaines de la BEAC avec l’assistance technique du FMI.

Réformes structurelles et croissance du secteur non pétrolier

Les autorités comprennent tout à fait que, pour lutter efficacement contre la pauvreté, il faut accélérer la croissance du secteur non pétrolier. À cette fin, elles sont déterminées à combler le déficit des services d’infrastructure et à améliorer le climat des affaires tout en améliorant la qualité des services de santé et d’éducation. En particulier, les autorités de la CEMAC comptent mettre en œuvre les mesures adoptées par la conférence régionale de 2007 sur la croissance du secteur non pétrolier et la diversification économique. Selon l’analyse contenue dans l’appendice 4 du rapport des services du FMI, les contraintes de capacité et de gestion ainsi que d’ordre institutionnel continuent à nuire à l’efficacité de l’investissement public et privé. Les autorités de la CEMAC, que je représente, espèrent pouvoir compter sur le soutien accru de leurs partenaires au développement face à ces contraintes. Enfin, elles entendent approfondir le processus d’intégration régionale, notamment en éliminant les obstacles au commerce intrarégional.

Mesures de sauvegarde de la BEAC et réforme du secteur financier

Les autorités de la CEMAC ont bien progressé dans la mise en œuvre du plan d’action visant à améliorer la gouvernance et le contrôle interne de la BEAC. Elles souscrivent aux recommandations récemment formulées par la récente mission de suivi des sauvegardes pour corriger les vulnérabilités identifiées dans le système comptable, l’audit interne et les directions nationales de la BEAC. Avec une assistance technique adéquate du FMI, les autorités redoubleront d’efforts pour continuer à suivre les progrès sur la base de repères glissants ayant trait aux mesures de sauvegarde.

Le renforcement de la stabilité financière et l’élargissement de l’accès aux services financiers demeurent des priorités essentielles des autorités de la CEMAC dans les efforts qu’elles déploient en vue d’édifier un secteur financier solide et sain pour la région. Bien que le PESF de 2006 continue à guider le dialogue sur cette question, les autorités souscrivent à l’opinion qu’il est nécessaire d’aligner les principales réglementations prudentielles sur les meilleures pratiques internationales et de renforcer leur mise en application. Étant donné l’architecture juridique et institutionnelle de la CEMAC, elles sont déterminées à accroître les effectifs de la COBAC, à adopter avant la fin de l’année les réglementations sur la résolution des crises bancaires et à soumettre le système bancaire régional à des tests de résistance.

Par ailleurs, les autorités chercheront principalement à améliorer l’environnement institutionnel du secteur financier, notamment de la microfinance. Elles voient en outre un intérêt à redoubler d’efforts pour créer des centrales des risques en vue d’assurer une meilleure information des créanciers et d’améliorer l’accès des PME et des ménages aux services financiers.

Conclusion

Les autorités de la CEMAC, que je représente, redoubleront d’efforts pour approfondir l’intégration régionale. À cet égard, elles sont reconnaissantes au FMI du soutien qu’il leur fournit sous la forme de conseils et d’assistance technique. L’appui continu du FMI et d’autres partenaires sera essentiel à une application accélérée du programme de réforme de la CEMAC et au renforcement de ses capacités institutionnelles et humaines.

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