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Le Conseil d’administration du FMI conclut les consultations de 2011 sur les politiques communes des pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
December 2011
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Le 20 juillet 2011, le Conseil d’administration du Fonds monétaire international (FMI) a conclu les consultations annuelles sur les politiques communes des pays membres de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC).1

Informations Générales

Ces dix dernières années, la CEMAC a tiré des recettes substantielles de la production pétrolière, mais elle se heurte à d’importants défis de croissance et de développement. Cinq des six pays de la CEMAC sont producteurs de pétrole qui représente environ 45% du produit intérieur brut (PIB) régional et 90% du total des exportations. Par le biais des dépenses publiques, les recettes pétrolières sont le principal moteur de l’activité économique, mais la volatilité des prix du pétrole et la politique budgétaire procyclique ont donné lieu à des cycles d’expansion et de récession. Les dépenses financées par la manne pétrolière ne se sont pas traduites par une croissance plus solidaire. Dans ce contexte de grandes inégalités, la pauvreté et le chômage restent omniprésents et il est peu probable que la région atteigne les Objectifs du Millénaire pour le développement d’ici à 2015.

La CEMAC se redresse après la crise financière mondiale bien que la croissance n’ait pas retrouvé les niveaux d’avant la crise et continue d’être inférieure à la moyenne de l’Afrique subsaharienne. Bien que supérieure à la moyenne de l’Union économique et monétaire ouestafricaine (UEMOA), l’inflation de la région a été contenue principalement car la hausse des prix internationaux des prix du pétrole n’a pas été répercutée sur les prix intérieurs. Les bonnes récoltes de certains pays de la CEMAC ont aussi contribué à contenir l’inflation. Les prix élevés des matières premières et la forte demande d’exportations ont permis une amélioration du compte courant et des soldes budgétaires, mais le déficit primaire hors pétrole s’est creusé ce qui témoigne d’une multiplication des investissements publics. Les perspectives sont dans l’ensemble positives et l’activité devrait rester ferme grâce aux investissements publics et aux exportations de matières premières. La baisse des prix des matières premières, notamment du pétrole, constitue le plus grand risque baissier compte tenu de la grande dépendance vis-à-vis des exportations de ces produits.

Les critères de convergence régionale ont été mieux respectés en 2010, avec 6 violations, au lieu de 9 en 2009. Tous les pays de la CEMAC ont respecté les critères relatifs à la dette publique et à la non-accumulation d’arriérés, tandis que quatre n’ont pas observé l’obligation d’un solde budgétaire de base non négatif et deux ont dépassé le seuil fixé pour l’inflation.

Le régime de change fixe s’appuie sur des réserves de change brutes qui s’établissent actuellement à environ 4,5 mois du total des importations (100% de la monnaie au sens large) et qui, d’après les projections, devraient se stabiliser aux environs de 4 mois d’importations totales d’ici à 2015. La position de réserves de l’union pourrait être encore meilleure si les prix du pétrole étaient supérieurs aux projections à moyen terme.

Évaluation par le Conseil D’administration

Les administrateurs saluent le redressement économique de la région à la suite de la crise financière mondiale ainsi que ses perspectives dans l’ensemble positives. Les administrateurs notent toutefois que la reprise a été inégale dans les pays membres et que l’inflation progresse à cause de la hausse des prix internationaux des produits alimentaires et énergétiques. Ils sont aussi préoccupés par les niveaux élevés persistants du chômage et de la pauvreté et par les obstacles qui subsistent à une croissance plus ferme et soutenue. Dans ce contexte, les administrateurs soulignent la nécessité de redoubler les efforts de réformes structurelles et d’investissement dans l’infrastructure afin de doper à long terme une croissance diversifiée et la réduction de la pauvreté.

Les administrateurs encouragent les autorités à adopter une combinaison de politiques qui permettrait de contenir les pressions inflationnistes à court terme. Ils appellent à la vigilance compte tenu d’éventuelles retombées du choc des prix des denrées alimentaires et des produits pétroliers. En même temps, ils se déclarent favorables à la réaffectation des dépenses vers des mesures destinées à minimiser l’effet négatif du choc sur les couches les plus vulnérables de la population.

Pour assurer que la manne pétrolière de la région se concrétise par une véritable amélioration de la croissance économique et des conditions sociales, les administrateurs exhortent les autorités à améliorer la qualité des dépenses sociales et d’infrastructure moyennant une sélection et une mise en œuvre soigneuses des projets d’investissement. Ils préconisent que les budgets d’investissement s’articulent autour de plans pluriannuels réalistes d’investissement et que les budgets annuels soient arrêtés dans le contexte de stratégies budgétaires à moyen terme. Ils soulignent aussi qu’il est important d’accorder la priorité aux investissements dans l’infrastructure et les secteurs de la santé et de l’éducation et de renforcer davantage la transparence et la responsabilisation de l’utilisation des ressources pétrolières et des autres ressources publiques.

Les administrateurs insistent sur la nécessité à moyen terme de promouvoir une croissance diversifiée plus ferme. Ils rappellent qu’il sera crucial de renforcer les institutions et de rationaliser les procédures administratives pour améliorer le climat des affaires. Tout aussi importants sont les efforts destinés à élargir l’accès au crédit et à éliminer les obstacles au commerce régional. À cet égard, les administrateurs encouragent les autorités à accélérer la réforme du secteur financier pour remédier à la faiblesse des banques, renforcer le cadre réglementaire, accroître la capacité du superviseur bancaire régional (la Commission bancaire de l’Afrique centrale) et pour développer davantage le secteur.

Les administrateurs prennent note de l’évaluation des services du FMI que le taux de change effectif réel de l’union, les positions du compte courant et les réserves vont dans le sens de la stabilité extérieure. Ils précisent néanmoins que le respect de la règle de rapatriement des recettes d’exportation à la Banque centrale des États de l’Afrique centrale reste important et partant, exhortent à un respect plus strict des règles de l’union.

Les notes d’information au public (NIP) s’inscrivent dans le cadre des efforts que déploie le FMI pour promouvoir la transparence de ses prises de position et de son analyse de l’évolution et des politiques économiques. Les NIP sont diffusées avec le consentement des pays concernés, à l’issue de l’examen par le Conseil d’administration des rapports sur les consultations au titre de l’article IV avec les pays, de la surveillance de l’évolution économique à l’échelle régionale, du suivi post-programme et des évaluations ex post de la situation des pays membres où le FMI a appuyé des programmes sur une longue durée. Les NIP sont aussi diffusées à l’issue de l’examen des questions de politique générale par le Conseil d’administration, sauf si le Conseil en décide autrement.

CEMAC: Principaux indicateurs économiques et financiers, 2007–12
200720082009201020112012
Est.Proj.Proj.
(Variation annuelle en pourcentage)
Revenu national et prix
PIB à prix constants5.94.32.45.05.24.2
PIB pétrolier3.73.5−4.9−2.41.73.8
PIB hors pétrole11.85.96.25.26.85.4
Prix à la consommation (moyenne)11.05.74.72.74.13.9
Prix à la consommation (fin de période)13.07.12.92.93.53.0
Taux de change effectif nominal 13.13.2−0.1−4.1
Taux de change effectif réel 10.95.12.9−3.9
(Variation annuelle en pourcentage de la monnaie au sens large en début de période)
Monnaie et crédit
Avoirs extérieurs nets35.630.3−13.5−13.2
Avoirs intérieurs nets−23.3−12.319.528.0
Monnaie au sens large13.918.412.218.4
(En pourcentage du PIB, sauf indication contraire)
Épargne nationale brute24.226.918.520.029.328.3
Investissements intérieurs bruts21.519.824.725.625.526.1
Dont: publics8.08.713.611.312.012.4
Opérations financières de l’État
Total recettes, dons exclus27.830.626.025.529.329.4
Dépenses de l’État19.520.326.923.323.123.8
Solde budgétaire de base primaire 210.411.70.93.69.38.9
Solde budgétaire de base 39.310.70.13.08.48.3
Solde budgétaire global, dons exclus8.410.3−0.92.26.25.5
Solde budgétaire global hors pétrole, dons exclus (% PIB hors pétrole)−17.6−22.4−25.5−23.4−23.9−22.8
Solde budgétaire global, dons inclus8.710.4−0.62.57.67.5
Secteur extérieur
Exportations de biens et de services, hors facteurs55.757.247.353.055.853.7
Importations de biens et de services hors facteurs35.235.242.541.840.538.3
Solde des biens et des services hors facteurs20.522.04.811.115.215.5
Compte courant, dons inclus4.77.2−5.5−2.80.72.0
Dette publique extérieure18.711.510.36.05.96.2
Réserves officielles brutes (fin de période)
En millions de dollars EU11,93715,66214,35413,658
En mois d’importations de biens et de services5.26.95.74.5
En pourcentage de la monnaie au sens large120.3124.5112.4101.1
Pour mémoire:
PIB nominal (en milliards de francs CFA)29535.535294.030220.835934.941658.443503.3
Francs CFA pour 1 dollar EU479.3447.8472.2495.3479.2481.6
Prix du pétrole (en dollars EU/baril)71.197.061.879.0107.2108.0
Sources: Base de données des Perspectives de l’économie mondiale et du FMI et estimations et projections des services du FMI.

En utilisant comme pondération les parts des pays membres dans le PIB de la CEMAC en parité de pouvoir d’achat en dollars EU.

Non compris les dons et les investissements financés sur l’extérieur et les paiements d’intérêts.

Non compris les dons et les investissements financés sur l’extérieur.

Sources: Base de données des Perspectives de l’économie mondiale et du FMI et estimations et projections des services du FMI.

En utilisant comme pondération les parts des pays membres dans le PIB de la CEMAC en parité de pouvoir d’achat en dollars EU.

Non compris les dons et les investissements financés sur l’extérieur et les paiements d’intérêts.

Non compris les dons et les investissements financés sur l’extérieur.

1Conformément aux dispositions de l’article IV de ses Statuts, le FMI procède, habituellement chaque année, à des consultations bilatérales avec ses membres. Une mission des services du FMI se rend dans le pays, recueille des données économiques et financières, et s’entretient avec les responsables nationaux de l’évolution et des politiques économiques du pays. De retour au siège, les membres de la mission rédigent un rapport qui sert de cadre aux délibérations du Conseil d’administration. À l’issue de ces délibérations, le Directeur général, en qualité de Président du Conseil d’administration, résume les opinions des administrateurs, et ce résumé est communiqué aux autorités du pays. Les termes convenus qui sont utilisés dans les résumés sont expliqués à l’adresse http://www.imf.org/external/french/np/sec/misc/qualifiersf.htm.

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