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République du Congo: Analyse conjointe FMI/Banque mondiale de la viabilité de la dette

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
August 2011
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L’application du cadre de viabilité de la dette (CVD) pour les pays à faible revenu fait apparaître que le risque de surendettement de la République du Congo passe de modéré à faible. Dans le scénario de référence aucun des seuils indicatifs n’est dépassé. Dans les tests de résistance, le ratio VA de la dette/PIB franchit brièvement et de peu son seuil de référence, le dépassement pouvant toutefois être financé à partir des dépôts accumulés plutôt que par un endettement extérieur. Vu l’accumulation d’avoirs liquides, la dette extérieure est résiliente face aux chocs, mais les finances publiques restent vulnérables à la volatilité des cours du pétrole et à l’arrivée à maturité des gisements à terme. Un travail d’assainissement reste donc nécessaire pour assurer la viabilité des finances publiques et renforcer la stabilité extérieure—une discipline budgétaire, des réformes structurelles propices à la croissance et des investissements publics efficients sont essentiels pour préserver un solde global excédentaire tout en dopant la croissance. Une amélioration continue de la gestion de la dette et l’élaboration d’une stratégie de gestion de la richesse pétrolière contribueraient à réduire davantage les risques.

I. Contexte

1. L’endettement extérieur net du Congo est faible. Le Congo a atteint le point d’achèvement PPTE en janvier 2010; en mars 2010 le Club de Paris lui a accordé un allégement intégral. À fin 2010, la dette extérieure nette du Congo était estimée à 3½ % du PIB, avec des avoirs extérieurs officiels bruts et une dette officielle brute représentant 44 et 47½ % du PIB, respectivement. La dette contractée ou garantie par l’État (CGE) représente près de la moitié de la dette extérieure, le reste étant essentiellement dû par la société pétrolière nationale2. En 2010, la dette publique intérieure représentait 2,6 % du PIB; elle était constituée des arriérés de salaires et de pensions des entreprises publiques restructurées pris en charge par l’État et soumis à un plan de remboursement.

II. Hypothèses Macroéconomiques

2. Le cadre macroéconomique de référence pour l’analyse de viabilité de la dette tient compte des politiques actuelles et des perspectives macroéconomiques. Les principales hypothèses macroéconomiques sont résumées à l’encadré 1. Les perspectives sont favorables, le stock grandissant des infrastructures de base permettant d’accompagner une accélération de la croissance hors pétrole. En 2011–13 la croissance se situe en moyenne à 7,5 % grâce à la robuste activité liée au pétrole, aux télécommunications, au bâtiment, à la transformation du bois et aux transports. À moyen terme la croissance hors pétrole s’intensifie davantage à mesure que l’achèvement des projets d’investissements publics débloque les goulets d’étranglement des transports et de l’offre et que les réformes structurelles destinées à améliorer le climat des affaires commencent à produire des résultats. L’achèvement des réformes structurelles et la plus grande participation du secteur privé à l’activité économique sous-tendent la croissance à long terme. La situation extérieure continue de se renforcer car la considérable richesse pétrolière du Congo et le niveau élevé des cours limitent la nécessité d’emprunter à l’extérieur et permettent à l’État d’accumuler des avoirs. À mesure que le Congo s’approchera du statut de pays émergent (en principe en 2025), la dette extérieure totale devrait commencer à rebondir car le secteur privé commencera à emprunter sur les marchés internationaux.

III. Analyse de la Viabilité de la Dette Extérieure

3. Dans le scénario de référence la dette extérieure brute représente en moyenne 20 % du PIB et la dette extérieure nette est négative sur l’ensemble de la période considérée. La VA de la dette extérieure CGE brute se maintient nettement en dessous de tous les seuils indicatifs (graphique 1), et l’importante accumulation de dépôts (avoirs) de l’État résultant des excédents budgétaires soutenus réduit la vulnérabilité extérieure3.

Graphique 1.République du Congo: Indicateurs d’endettement extérieur contracté ou garanti par l’État selon divers scénarios, 2011–31 1/2/

Sources: autorités nationales et estimations et projections des services du FMI.

1/ Le test de résistance le plus extrême est celui qui produit le ratio le plus élevé en 2021. Dans tous les cas il s’agit du choc lié aux exportations.

2/ Le scénario du solde primaire fixe n’est pas retenu car il donne un endettement net négatif.

Avoirs et engagements extérieurs bruts, 2011-31

(Millions de dollars EU)

Endettement extérieur net, 2011-31

(en pourcentage du PIB)

Encadré 1.République du Congo: hypothèses macroéconomiques de référence

Croissance du PIB réel: sur la période 2011–31 la production pétrolière diminue et la croissance s’appuie de plus en plus sur les activités non pétrolières. À moyen terme, l’investissement public commence à réduire le déficit d’infrastructure et la croissance hors pétrole connaît en principe une accélération sensible (8,6 % en moyenne) grâce à l’essor des télécommunications, du bâtiment, de la transformation du bois et des transports. À plus long terme, les changements structurels et réformes pris en hypothèse alimentent la croissance grâce à un climat des affaires plus propice, et le développement des infrastructures (chemins de fer, routes et ports) encourage de nouvelles activités telles que l’exploitation minière et les industries légères, dont l’agroalimentaire.

Production et prix du pétrole: la production de pétrole devrait culminer en 2011 à près de 126 millions de barils par an pour descendre par la suite à 21 millions de barils par an en 2031. Les cours actuels retenus dans les Perspectives de l’économie mondiale se situent en moyenne aux alentours de 100 dollars le baril à moyen terme et ils devraient est constants en termes réels par la suite.

Inflation: l’inflation connaît un repli à moyen terme (4 % en moyenne) avec le désengorgement des goulets d’étranglement d’infrastructure, se stabilisant à près de 3 %, conformément au critère de convergence de la CEMAC.

Balance des paiements: le solde des transactions courantes devrait rester excédentaire sur la période 2011–19 (8,5 % en moyenne) avant de devenir déficitaire à compter de 2020 (-8¾ % en moyenne) à mesure que la production pétrolière chutera. Durant les dernières années de la période, le déficit commercial devrait être partiellement compensé par les intérêts sur les avoirs extérieurs et un niveau inférieur de rapatriement des bénéfices des compagnies pétrolières. L’IDE dans le secteur non pétrolier devrait connaître une croissance d’environ 12 % par an grâce à l’amélioration du climat des investissements et à l’ouverture de nouveaux secteurs—comme l’exploitation minière—aux investisseurs étrangers. La part du secteur non pétrolier dans l’IDE devrait s’accroître à près de 90 % (13 % en 2010). Les avoirs officiels extérieurs bruts se stabiliseront autour de 40 milliards de dollars et diminueront par la suite en pourcentage du PIB.

Solde des finances publiques: les autorités devraient poursuivre leur travail d’assainissement destiné à préserver la viabilité à long terme des finances publiques tout en procédant aux investissements nécessaires pour répondre aux considérables besoins en développement du pays. Le solde budgétaire global devrait diminuer avec la production pétrolière mais il restera excédentaire à plus long terme. En conséquence, les dépôts de l’État devraient fléchir graduellement pour descendre à près de 100 % du PIB en 2031. Dans ce scénario il n’y a pas de besoins d’emprunt. On suppose cependant que les autorités utiliseront entièrement la ligne de crédit chinoise liée à neuf projets de structure et estimée à 1,6 milliard de dollars, ainsi que les prêts en instance des institutions financières internationales.

Aide extérieure: À mesure que le pays avancera vers le statut d’économie émergente, les dons (principalement sous forme d’assistance technique) et la concessionnalité des prêts devraient diminuer. À partir de 2019, le Congo devrait obtenir des montants limités de prêts non concessionnels de la BIRD.

Emprunts intérieurs: les arriérés intérieurs seront entièrement apurés d’ici 2014, et aucun nouvel emprunt intérieur n’est envisagé sur la période couverte par les projections, compte tenu de la richesse pétrolière abondante du Congo.

4. Compte tenu de l’accumulation d’avoirs du secteur public dans le scénario de référence, les résultats des scénarios de rechange et des tests paramétrés doivent être interprétés avec prudence4. Premièrement, les scénarios de rechange supposent que tout écart est financé par des emprunts extérieurs plutôt que par une moindre accumulation d’avoirs. Deuxièmement, les moyennes historiques à 10 ans risquent de ne pas être représentatives des résultats futurs des pays qui connaissent un boom pétrolier et opèrent de profonds changements structurels en faveur de la croissance.

5. Malgré ces réserves, la dynamique de la dette extérieure CGE reste robuste tant dans les scénarios de rechange que dans les tests paramétrés. En maintenant les principales variables à leur moyenne historique (tableau 2, scénario A.1) il se produit un léger dépassement du seuil indicatif du ratio VA de la dette/ PIB en 2014–15; le stock brut de la dette n’augmenterait que de 15 points de pourcentage (moyenne) en 2011–15 et l’on obtiendrait une dette nette négative de plus de 100 % du PIB. Le scénario le plus rigoureux correspond à celui d’un choc à l’exportation. Dans ce cas de figure, le seuil est dépassé pendant six ans pour culminer à 38 %. Les ratios VA de la dette/exportations et VA de la dette/recettes et les indicateurs de liquidités se maintiennent en dessous des seuils pertinents tant dans les scénarios de rechange que dans les tests paramétrés (graphique 1).

Tableau 2.République du Congo: Analyse de sensibilité des principaux indicateurs de dette extérieure contractée ou garantie par l’État, 2011–31(en pourcentage)
Projections
20112012201320142015201620212031
Ratio VA de la dette/PIB
Scénario de référence12121212111162
A. Autres scénarios
A1. Principales variables à leur moyenne historique en 2011-2031 1/122130343427−20−96
A2. Nouveaux emprunts du secteur public à des conditions moins favorables en 2011-2031 2/12131212121272
B. Tests paramétrés
B1. Croissance du PIB réel à la moyenne historique moins un écart type en 2012–1312131313121272
B2. Croissance valeur des exportations à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 3/122236373738234
B3. Déflateur du PIB en dollars EU à la moyenne historique moins un écart type en 2012–1312131313121272
B4. Flux nets non générateurs de dette à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 4/122230313031194
B5. Combinaison de B1-B4 en utilisant des chocs d’un demi écart type12171616151592
B6. Dépréciation nominale ponctuelle de 30 % par rapport à référence en 2012 5/12171717161693
Ratio VA de la dette/exportations
Scénario de référence131414151517125
A. Autres scénarios
A1. Principales variables à leur moyenne historique en 2011-2031 1/132436444641−40−262
A2. Nouveaux emprunts du secteur public à des conditions moins favorables en 2011-2031 2/131515161618136
B. Tests paramétrés
B1. Croissance du PIB réel à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13131414151517125
B2. Croissance valeur des exportations à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 3/1329545961715515
B3. Déflateur du PIB en dollars EU à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13131414151517125
B4. Flux nets non générateurs de dette à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 4/1325374041473610
B5. Combinaison de B1-B4 en utilisant des chocs d’un demi écart type131919202022166
B6. Dépréciation nominale ponctuelle de 30 % par rapport à référence en 2012 5/131414151517125
Ratio VA de la dette/recettes
Scénario de référence232322222121135
A. Autres scénarios
A1. Principales variables à leur moyenne historique en 2011-2031 1/233955646453−44−253
A2. Nouveaux emprunts du secteur public à des conditions moins favorables en 2011-2031 2/232423232223156
B. Tests paramétrés
B1. Croissance du PIB réel à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13232324242323145
B2. Croissance valeur des exportations à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 3/2340677070744912
B3. Déflateur du PIB en dollars EU à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13232425252324155
B4. Flux nets non générateurs de dette à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 4/2340565858614010
B5. Combinaison de B1-B4 en utilisant des chocs d’un demi écart type233129302930196
B6. Dépréciation nominale ponctuelle de 30 % par rapport à référence en 2012 5/233232313031197
Ratio service de la dette/exportations
Scénario de référence11111110
A. Autres scénarios
A1. Principales variables à leur moyenne historique en 2011-2031 1/1112231−17
A2. Nouveaux emprunts du secteur public à des conditions moins favorables en 2011-2031 2/11111110
B. Tests paramétrés
B1. Croissance du PIB réel à la moyenne historique moins un écart type en 2012–1311111121
B2. Croissance valeur des exportations à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 3/11233573
B3. Déflateur du PIB en dollars EU à la moyenne historique moins un écart type en 2012–1311111121
B4. Flux nets non générateurs de dette à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 4/11122452
B5. Combinaison de B1-B4 en utilisant des chocs d’un demi écart type11111221
B6. Dépréciation nominale ponctuelle de 30 % par rapport à référence en 2012 5/11111121
Ratio service de la dette/recettes
Scénario de référence12222220
A. Autres scénarios
A1. Principales variables à leur moyenne historique en 2011-2031 1/1122231−17
A2. Nouveaux emprunts du secteur public à des conditions moins favorables en 2011-2031 2/12222220
B. Tests paramétrés
B1. Croissance du PIB réel à la moyenne historique moins un écart type en 2012–1312222221
B2. Croissance valeur des exportations à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 3/12233572
B3. Déflateur du PIB en dollars EU à la moyenne historique moins un écart type en 2012–1312222221
B4. Flux nets non générateurs de dette à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13 4/12233552
B5. Combinaison de B1-B4 en utilisant des chocs d’un demi écart type12222331
B6. Dépréciation nominale ponctuelle de 30 % par rapport à référence en 2012 5/12222231
Pour mémoire:
Elément don projeté du financement résiduel (financement supplémentaire par rapport au scénario de référence) 6/55555555
Sources: Country authorities; and staff estimates and projections.

Endettement extérieur net, 2011-31

(en pourcentage du PIB)

6. Bien que l’AVD mette en évidence un faible risque de surendettement extérieur, la phase prolongée d’assainissement budgétaire prévue dans le scénario de référence est nécessaire pour assurer la viabilité des finances publiques et la stabilité extérieure. La baisse de la production pétrolière et les incertitudes relatives aux cours du pétrole rendent d’autant plus nécessaire un renforcement des politiques pour y faire face. À moyen terme, le secteur public devrait continuer à emprunter uniquement à des conditions concessionnelles, de préférence pour des projets à rendement élevé avec une grande composante d’assistance techniques. À mesure qu’elles auront un accès plus facile aux marchés de capitaux, les autorités devront maintenir une politique d’emprunt prudente.

IV. Viabilité de la Dette du Secteur Public

7. Dans le scénario de référence la dette contractée ou garantie par l’État reste faible et l’endettement public extérieur est négatif. La dette du secteur public présente un comportement analogue à celle de la dette extérieure, avec un faible niveau de dette intérieure et un manque d’accès au marché pour le secteur privé.

Dette CGE et dépôts de l’État, 2011-31

(Million de dollars EU)

Endettement net du secteur public, 2011-31

(pourcentage du PIB)

8. La dynamique de la dette est surtout sensible à un niveau plus faible d’excédent primaire attribuable à une diminution des recettes pétrolières ou à un niveau plus élevé que prévu de dépense de la richesse pétrolière. Dans le scénario de référence, le solde primaire enregistre un excédent de plus de 28 % du PIB (moyenne) à moyen terme; cet excédent diminue rapidement par la suite en raison du repli de la production pétrolière mais il se maintient à un niveau considérable de 4 % du PIB à la fin de la période couverte par les projections. Dans les autres scénarios, où la croissance du PIB réel et le solde primaire se situent aux moyennes historiques (tableau 4a, scenario A.1), la dynamique de la dette se dégrade, l’impact le plus notable provenant d’un niveau inférieur (mais tout de même positif) de solde primaire, tandis que les dépôts de l’État continuent de s’accumuler. Ce choc ne semble donc pas être pertinent compte tenu de la politique des autorités consistant à financer les dépenses de développement essentiellement à partir de ressources propres (si les recettes pétrolières venaient à être inférieures, les autorités accumuleraient fort probablement moins de dépôts ou elles adapteraient les dépenses d’investissement aux ressources disponibles). Le choc le plus rigoureux correspond à une combinaison de chocs, à savoir une des variantes du scénario historique de rechange, à cela près qu’en l’occurrence le choc est temporaire et non permanent. Les mêmes réserves quant à la capacité analytique s’appliquent également à ce cas particulier.

9. La vulnérabilité des finances publiques du Congo à la volatilité des cours du pétrole souligne d’autant plus d’importance de la discipline budgétaire. Outre qu’elles doivent miser sur une démarche prudente en matière de dépenses, une bonne gestion de la dette et une politique d’emprunt avisée, les autorités doivent s’employer à accroître les recettes non pétrolières—y compris à la faveur de réformes structurelles propices à l’activité hors pétrole et de la politique fiscale—pour préserver la viabilité à long terme des finances publiques.

10. Les autorités s’associent à cette évaluation. La position extérieure s’est considérablement améliorée grâce à l’augmentation de la production pétrolière, à l’évolution favorable des cours et à l’allégement de la dette obtenu dans le cadre de l’initiative PPTE. La vigueur de la conjoncture extérieure et la détermination des autorités à mener une politique d’endettement prudente—notamment en finançant les investissements publics à partir de ressources propres—devrait se traduire par une accumulation d’avoirs nets, ce qui permettrait d’atténuer davantage les vulnérabilités. Les autorités reconnaissent la vulnérabilité des comptes budgétaires et extérieurs à la volatilité des cours du pétrole et a) elles prennent des mesures pour diversifier davantage l’économie grâce à la mise en œuvre d’un plan d’action destiné à améliorer le climat des affaires, et b) elles ont entrepris une réforme fiscale pour renforcer la mobilisation de recettes non pétrolières.

V. Conclusion

11. L’endettement extérieur et public du Congo a été considérablement réduit après l’atteinte du point d’achèvement de l’initiative PPTE en janvier 2010 et le pays présente un faible risque de surendettement. Aux niveaux actuels des cours du pétrole et des prévisions de dépenses publiques, le Congo n’aura pas de besoins d’emprunt dans le moyen à long terme. La dette extérieure se montre résiliente face à la plupart des chocs, mais les finances publiques demeurent vulnérables à la volatilité des prix du pétrole. Cela étant, si les cours du pétrole venaient à s’effondrer, les autorités n’auraient probablement pas recours à des emprunts extérieurs massifs; elles opteraient vraisemblablement pour une moindre accumulation de dépôts ou un ajustement des dépenses de développement pour tenir compte des ressources pétrolières disponibles.

12. Malgré les perspectives relativement positives en matière d’endettement extérieur, des risques continuent de peser sur l’action des pouvoirs publics. Par le passé les recettes pétrolières se sont révélées inférieures aux estimations des services et la renégociation des contrats pétroliers pourrait réduire la part des bénéfices revenant à l’État. Un travail d’assainissement demeure nécessaire pour assurer la viabilité des finances publiques et renforcer la stabilité extérieure—la discipline budgétaire, les réformes structurelles propices à la croissance et les investissements publics efficients sont déterminants pour préserver l’excédent du solde global tout en dopant la croissance. En continuant d’améliorer la gestion de la dette et en élaborant une stratégie de gestion de la richesse pétrolière, les autorités contribueraient à réduire davantage les risques de surendettement. Si un besoin de financement extérieur venait à se manifester, les autorités devraient maintenir une politique d’endettement extérieur prudente en n’empruntant que pour des projets à rendement élevé et à des conditions concessionnelles dans la mesure du possible.

Graphique 2.République du Congo: Indicateurs d’endettement public selon divers scénarios, 2011–31 1/2/

Sources: autorités nationales et estimations et projections des services du FMI.

1/ Le test de résistance le plus extrême est celui qui produit le ratio le plus élevé en 2021.

2/ Le scénario historique a été supprimé car il donne des valeurs négatives.

3/ Les recettes comprennent les dons.

Tableau 1.Cadre de viabilité de la dette extérieure. scénario de référence, 2008–31 1/(en pourcentage du PIB sauf indication contraire)
Chiffres réelsMoyenne historique 6/Écart type 6/Projections
2008200920102011201220132014201520162011–16 Moyenne202120312017–31 Moyenne
Dette extérieure (nominale) 1/89,284,547,730,325,225,627,726,626,417,822,0
dont: dette contractée ou garantie par l’État (CGE)59,750,222,719,620,219,519,218,218,29,92,3
Variation de la dette extérieure−43,8−4,7−36,8−17,4−5,10,42,1−1,1−0,3−0,52,0
Flux générateurs d’endettement net identifiés−61,59,6−38,3−28,0−30,6−31,8−27,3−24,9−17,1−7,7−1,4
Déficit compte courant hors intérêts−3,77,8−6,1−4,65,4−10,6−14,7−16,5−13,1−10,7−5,01,86,43,6
Déficit de la balance des biens et services−27,0−19,7−33,8−36,2−37,0−36,0−28,5−23,3−12,40,68,4
Exportations73,970,784,587,085,382,277,173,765,751,236,8
Importations47,051,050,750,848,346,248,650,553,351,845,1
Transferts courants nets (négatifs = entrée)−0,10,40,60,50,20,3−0,2−0,1−0,10,00,00,40,70,5
dont: transfers officiels−0,6−0,20,0−0,2−0,7−0,7−0,7−0,7−0,8−0,5−0,3
Autres flux du compte courant (négatifs = entrée nette)23,327,127,225,322,519,615,512,67,40,7−2,7
IDE net (négatif= entrée)−21,1−20,1−16,2−14,18,4−15,3−14,6−14,2−13,3−12,7−11,5−8,8−7,5−8,5
Dynamique endogène de la dette 2/−36,721,9−16,0−2,1−1,2−1,1−1,0−1,4−0,6−0,7−0,3
Contribution du taux d’intérêt nominal2,51,10,40,20,30,50,40,40,40,30,3
Contribution de la croissance du PIB réel−5,2−8,2−6,0−2,3−1,5−1,6−1,4−1,9−1,0−1,0−0,6
Contribution des variations de prix et des taux de change−33,929,0−10,4
Résiduel (3-4) 3/17,7−14,31,610,625,432,229,423,816,87,23,4
dont: financement exceptionnel−10,1−1,7−24,30,00,00,00,00,00,00,00,0
VA de la dette extérieure 4/29,534,238,322,517,217,920,219,519,214,121,5
En pourcentage des exportations39,948,445,325,820,221,726,126,429,227,558,4
VA de la dette extérieure CGE29,534,213,311,712,211,811,611,011,06,21,8
En pourcentage des exportations39,948,415,713,514,314,415,115,016,812,14,9
En pourcentage des recettes publiques63,899,035,122,522,722,121,920,821,513,34,7
Ratio service de la dette/exportations (%)10,05,22,02,11,82,53,53,74,24,25,0
Ratio service dette CGE/exportations (%)5,23,71,30,80,91,11,21,11,31,40,5
Ratio service dette CGE/recettes (%)8,39,02,91,41,51,61,71,61,71,60,5
Total besoins de financement bruts (milliards dollars EU)−2,1−0,8−2,5−3,8−4,5−4,8−3,9−3,5−2,3−1,00,2
Déficit courant hors intérêts stabilisant ratio d’endettement40,012,530,76,8−9,6−16,9−15,2−9,6−4,82,34,4
Principales hypothèses macroéconomiques
Taux de croissance du PIB réel (en pourcent)5,67,58,84,73,26,35,36,45,46,93,75,75,92,85,0
Déflateur du PIB en dollars E.U. (variation en pourcentage)34,2−24,514,110,518,623,3−0,8−4,2−6,2−3,9−6,60,3−0,7−1,70,2
Taux d’intérêt effectif (en pourcentage) 5/2,61,00,62,51,10,61,11,91,71,61,51,41,91,41,7
Croissance des exportations de B&S (en dollars EU, en %)31,7−22,448,316,225,835,02,3−1,8−7,2−1,8−13,62,2−0,5−0,81,2
Croissance des importations de B&S (en dollars EU, en %)45,5−11,923,418,616,331,4−0,8−2,54,26,72,36,95,6−1,44,1
Elément don des nouveaux emprunts du secteur public (%)33,436,836,936,936,936,936,3−8,1−8,1−2,1
Recettes publiques (hors dons, en pourcentage du PIB)46,629,237,852,153,653,653,153,051,446,338,143,7
Flux d’aide (milliards dollars EU) 7/0,20,00,30,50,40,20,20,20,20,10,1
dont: dons0,10,00,00,00,10,10,10,10,10,10,1
dont: prêts concessionnels0,10,00,30,40,30,10,00,00,00,00,0
Financement équivalent dons (pourcentage du PIB) 8/1,21,50,90,80,80,90,60,30,5
Financement équivalent dons (% du financement extérieur) 8/39,153,775,688,489,891,179,068,276,7
Pour mémoire:
PIB nominal (milliards dollars EU)11,89,611,915,616,316,616,416,916,421,435,0
Croissance du PIB nominal exprimée en dollars EU41,7−18,924,131,04,41,9−1,12,8−3,16,05,21,05,2
VA de la dette extérieure CGE (Mds de dollars EU)1,61,82,02,01,91,91,81,30,6
(VA t-VA t-1)/PIBt-1 (pourcentage)2,10,9−0,1−0,3−0,3−0,30,3−0,4−0,2−0,3
Envois de fonds bruts des travailleurs migrants (milliards $EU)0,00,00,00,00,00,00,00,00,00,00,0
VA de la dette extérieure CGE (en % du PIB + envois de fonds)29,534,213,311,712,211,811,611,011,06,21,8
VA de la dette extérieure CGE (en % des exportations + envois de fonds)39,948,415,713,514,314,415,114,916,812,04,9
Service de la dette extérieure CGE (en % des exportations + envois de fon29,534,21,30,80,91,11,21,11,31,40,5
Sources: autorités nationales; estimations et projections des services du FMI.
Tableau 3.République du Congo: Cadre de viabilité de la dette du secteur public, scénario de référence, 2008–31(en pourcentage du PIB sauf indication contraire)
Chiffres réelsEstimationProjections
200820092010MoyenneÉcart type2011201220132014201520162011-16 moyenne202120312017-31 Moyenne
Dette du secteur public 1/68,557,325,321,121,120,019,318,218,29,92,4
dont: libellée en devises59,750,222,719,620,219,519,218,218,29,92,3
Variation de la dette du secteur public−30,1−11,1−32,0−4,20,0−1,0−0,8−1,10,0−1,3−0,3
Flux générateurs d’endettement identifiés−52,90,2−48,7−37,1−33,0−31,7−28,2−27,0−19,4−9,8−4,3
Déficit primaire−25,1−5,7−15,4−13,87,1−31,2−32,3−31,5−28,6−26,6−20,1−28,4−9,3−4,3−7,8
Recettes et dons47,329,537,952,354,354,453,953,852,246,938,4
dont: dons0,70,30,10,30,70,70,80,80,90,60,3
Dépenses primaires (hors intérêts)22,223,822,421,122,022,925,327,232,137,634,1
Dynamique automatique de la dette−17,77,7−9,0−5,9−0,7−0,20,4−0,40,7−0,40,0
Contribution de l’écart taux d’intérêt/croissance−7,8−2,4−5,8−2,0−1,2−1,3−1,2−1,4−0,8−0,7−0,1
dont: contribution du taux d’intérêt réel moyen−2,62,4−1,2−0,5−0,1−0,1−0,1−0,2−0,2−0,10,0
dont: contribution de la croissance du PIB réel−5,2−4,8−4,6−1,5−1,1−1,3−1,0−1,2−0,7−0,6−0,1
Contribution de la dépréciation du taux de change réel−9,910,1−3,2−3,90,51,11,51,01,6
Autres flux générateurs d’endettement identifiés−10,1−1,7−24,30,00,00,00,00,00,00,00,0
Produit des privatisations (négatif)0,00,00,00,00,00,00,00,00,00,00,0
Comptabilisation d’engagements implicites ou imprévus0,00,00,00,00,00,00,00,00,00,00,0
Allègement de la dette (PPTE et autres)−10,1−1,7−24,30,00,00,00,00,00,00,00,0
Autres (à préciser, par exemple recapitalisation bancaire)0,00,00,00,00,00,00,00,00,00,00,0
Résiduel, y compris variations des actifs22,9−11,416,732,932,930,727,425,919,48,44,0
Autres indicateurs de viabilité
VA de la dette du secteur public15,913,313,112,311,711,111,16,21,8
dont: libellée en devises13,311,712,211,811,611,011,06,21,8
dont: dette extérieure13,311,712,211,811,611,011,06,21,8
VA des engagements conditionnels (non inclus dans dette du sect. public)
Besoins de financement bruts 2/−21,1−2,9−14,3−30,5−31,5−30,6−27,7−25,8−19,2−8,6−4,1
Ratio VA de la dette du secteur public/recettes et dons (en pourcentage)42,125,324,122,621,720,621,213,24,7
Ratio VA de la dette du secteur public/recettes (en pourcentage)42,125,424,422,922,020,921,613,44,8
dont: dette extérieure 3/35,122,522,722,121,920,821,513,34,7
Ratio service de la dette/recettes et dons (en pourcentage) 4/8,69,62,91,41,51,61,71,61,71,60,5
Ratio service de la dette/recettes (en pourcentage) 4/8,79,73,01,41,51,61,71,61,71,60,5
Déficit primaire stabilisant le ratio dette/PIB4,95,416,5−27,0−32,2−30,5−27,8−25,6−20,1−8,0−4,0
Principales hypothèses macroéconomiques et budgétaires 5/
Croissance du PIB réel (en pourcentage)5,67,58,84,73,26,35,36,45,46,93,75,75,92,85,0
Taux d’intérêt nominal moyen sur la dette en devises (en pourcentage)2,31,10,73,12,40,80,80,80,80,80,80,81,00,50,9
Taux d’intérêt réel moyen sur la dette intérieure (en pourcentage)−18,728,0−16,2−1,321,5−16,3
Dépréciation du taux de change réel (en pourcentage, + indique une dépré−12,518,1−6,9−5,015,3−18,2
Taux d’inflation (déflateur du PIB, en pourcentage)25,0−20,319,86,216,119,5−0,3−3,5−5,4−3,1−5,90,2−0,71,90,4
Croissance des dépenses primaires réelles (corrigée du déflateur du PIB, e−0,10,20,00,10,20,00,10,10,20,10,20,10,10,00,1
Élément de don des nouveaux emprunts extérieurs (en pourcentage)33,436,836,936,936,936,936,3−8,1−8,1
Sources: autorités nationales, et estimations et projections des services du FMI.
Tableau 4.République du Congo: Analyse de sensibilité des principaux indicateurs d’endettement public, 2011–31
Projections
20112012201320142015201620212031
Ratio VA de la dette/PIB
Scénario de référence13131212111162
A. Autres scénarios
A1. Croissance du PIB réel et solde primaire à moyenne historique13314865809092−1
A2. Solde primaire inchangé à partir de 2011131414105−6−92−327
A3. Croissance du PIB plus faible en permanence 1/1313131415172461
B. Tests paramétrés
B1. Croissance du PIB réel à la moyenne historique moins un écart type en 2012–131315202428334670
B2. Solde primaire à la moyenne historique moins un écart type en 2012–131337616362665645
B3. Combinaison de B1-B2 en utilisant des chocs d’un demi écart type1335586264717380
B4. Dépréciation réelle de 30 % par rapport à référence en 2012131817171617127
B5. Augmentation de 10% du PIB des autres flux générateurs de dette en 20121323222221221610
Ratio VA de la dette/recettes 2/
Scénario de référence252423222121135
A. Autres scénarios
A1. Croissance du PIB réel et solde primaire à moyenne historique255789120148173195−2
A2. Solde primaire inchangé à partir de 20112526251910−11−195−851
A3. Croissance du PIB plus faible en permanence 1/25252526283252159
B. Tests paramétrés
B1. Croissance du PIB réel à la moyenne historique moins un écart type en 2012–1325283745526499181
B2. Solde primaire à la moyenne historique moins un écart type en 2012–132569112116116126120116
B3. Combinaison de B1-B2 en utilisant des chocs d’un demi écart type2564106115120136155207
B4. Dépréciation réelle de 30 % par rapport à référence en 20122533313130322519
B5. Augmentation de 10% du PIB des autres flux générateurs de dette en 20122542404140423527
Ratio service de la dette/recettes 2/
Scénario de référence11222220
A. Autres scénarios
A1. Croissance du PIB réel et solde primaire à moyenne historique1134671911
A2. Solde primaire inchangé à partir de 2011112211−6−62
A3. Croissance du PIB plus faible en permanence 1/112222412
B. Tests paramétrés
B1. Croissance du PIB réel à la moyenne historique moins un écart type en 2012–13122233716
B2. Solde primaire à la moyenne historique moins un écart type en 2012–131135551213
B3. Combinaison de B1-B2 en utilisant des chocs d’un demi écart type1235561421
B4. Dépréciation réelle de 30 % par rapport à référence en 201212222332
B5. Augmentation de 10% du PIB des autres flux générateurs de dette en 201211222243
Sources: autorités nationales ; estimations et projections des services du FMI.

En collaboration avec les autorités congolaises.

Par manque de données, la dette CGE ne couvre que l’administration centrale. Cependant les arriérés de salaires et de pensions des entreprises publiques restructurées ont été pris en charge par l’État et sont inclus dans la dette intérieure.

D’après la moyenne mobile triennale de l’indice CPIA (évaluation des politiques et des institutions nationales), le pays affiche de «faibles résultats».

Le dispositif d’AVD applicable aux pays à faible revenu se prête difficilement à l’analyse des pays riches en ressources pétrolières qui ont un niveau d’endettement négatif et accumulent des avoirs sur la période à l’étude. Cela étant, le dispositif pourrait être exploité en utilisant l’endettement net.

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