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Déclaration du représentant des services du FMI sur l’UEMOA—Consultation régionale sur les questions et politiques économiques Réunion du Conseil d’administration, 14 mars 2011

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
May 2011
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Cette déclaration apporte un complément d’informations qui n’étaient pas disponibles lorsque le rapport des services du FMI (SM/11/39) a été diffusé aux administrateurs le 28 février 2011. Ces informations ne modifient pas la teneur de l’évaluation des services du FMI, encore que les aléas négatifs pesant sur les perspectives aient augmenté.

La situation d’insécurité à Abidjan est extrêmement instable, et caractérisée par des affrontements de plus en plus fréquents entre les forces de sécurité du gouvernement en place et les partisans du gouvernement reconnu par la communauté internationale, ainsi que par des incidents violents contre la présence de l’ONU. Le gouvernement Gbagbo a restreint le fonctionnement des médias en fermant neuf journaux non gouvernementaux et en bloquant les émissions radiophoniques de l’ONU, de la BBC et de RFI au début du mois de mars.

L’activité du système bancaire en Côte d’Ivoire est très limitée. Sur les 19 banques commerciales, quatre banques publiques seulement sont encore actives; les autres ont fermé leurs portes. Les rapports de presse indiquent que le gouvernement Gbagbo a depuis nationalisé quatre banques étrangères et a entrepris d’en rouvrir deux pour un ensemble limité d’opérations. Globalement, l’activité bancaire sur le terrain semble très restreinte.

Le reste de l’économie ivoirienne a été durement touché. La production industrielle est au point mort en raison de la pénurie de liquidités et du manque d’intrants et de services financiers. La plupart des exportations—surtout celles de cacao—ont quasiment cessé du fait des sanctions économiques et suite à l’interdiction des exportations de cacao vers la fin-janvier. De plus, les pénuries d’électricité, de gaz ménager, de carburants et de médicaments—qui ont pour effet d’accélérer l’inflation—plombent la vie quotidienne. Le gouvernement Gbagbo a stoppé la distribution d’électricité et d’eau canalisée dans le nord du pays début-mars.

La BCEAO suit de près la situation, mais avec de plus en plus de difficultés. La BCEAO a mis en place un comité de crise qui se réunit chaque jour, sous la présidence du Gouverneur. Il est particulièrement difficile de recueillir des renseignements, car la BCEAO ne reçoit plus d’informations des organismes gouvernementaux de la Côte d’Ivoire.

La crise a affecté le fonctionnement des institutions régionales. Les locaux de la Commission bancaire, qui est basée en Côte d’Ivoire, ont été réquisitionnés par le gouvernement Gbagbo. La Commission est en train de remettre sur pied ses opérations à Dakar avec le personnel essentiel. Elle devrait être en mesure de reprendre ses activités à la mi-mars pour le reste de la région (donc à l’exclusion de la Côte d’Ivoire). La Bourse Régionale des Valeurs Mobilières (BRVM) a fermé ses portes en Côte d’Ivoire. Après s’être réinstallée récemment au Mali, elle semble avoir repris l’ensemble de ses activités.

Pour atténuer les effets de la crise sur le système bancaire de la région, la banque centrale a continué à reconduire les bons du Trésor ivoirien venant à échéance et les intérêts capitalisés. Cela s’est fait initialement avec l’accord du gouvernement Gbagbo, puis celui du gouvernement Ouattara. Jusqu’à présent, on n’a pas observé de pénuries de liquidités en dehors de la Côte d’Ivoire.

Compte tenu du degré exceptionnel d’incertitude, il est difficile de chiffrer l’impact de la crise, mais les perspectives régionales se sont assombries. Si la crise persiste pendant une grande partie de l’année, la production de la Côte d’Ivoire va sans doute chuter en 2011. Bien que les relations commerciales des pays de la région se soient diversifié au cours des dix dernières années, on peut s’attendre à ce qu’une crise prolongée pèse sur la croissance régionale, sans doute davantage dans l’arrière-pays—en particulier au Burkina Faso et au Mali. Le redressement économique, dont on escomptait une remontée du taux de la croissance régionale aux environs de 4½% en 2011, est menacé par la crise en Côte d’Ivoire.

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