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Déclaration de Kossi Assimaidou, Administrateur pour la République du Congo, 19 janvier 2011

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
April 2011
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I. Introduction

Je tiens à remercier la direction et le personnel du FMI de leur appui constant aux autorités congolaises, que je représente, ainsi que des conseils et de l’aide très utiles qu’ils leur ont fournis au fil des années. Les autorités souhaitent répéter qu’elles sont fermement déterminées à appliquer les politiques énoncées dans le programme appuyé par la facilité élargie de crédit (FEC), ainsi qu’à atteindre les objectifs fixés dans le programme, à savoir stabiliser l’économie, consolider le budget et porter la croissance à des niveaux plus élevés et plus durables. Conformément au DSRP du Congo, un autre objectif fondamental du programme est de lutter contre la pauvreté de manière plus efficiente et d’accroître les possibilités d’emploi, en particulier pour les jeunes.

Les résultats obtenus dans le cadre du programme appuyé par la FEC demeurent satisfaisants: tous les critères de réalisation quantitatifs et tous les repères structurels à fin juin 2010 ont été respectés. En particulier, la gouvernance du secteur pétrolier continue de s’améliorer: tous les repères structurels y afférents ont été observés.

Les résultats macroéconomiques ont été solides aussi en 2010 en dépit d’une conjoncture mondiale difficile et de la volatilité des cours du pétrole. Si le pétrole reste le principal moteur de la croissance nationale, la contribution du secteur non pétrolier au PIB réel est en hausse. Par ailleurs, en 2010, le rééquilibrage du budget s’est accéléré en dépit des pressions résultant, en partie, d’événements incontrôlables par les autorités, à savoir une crise de réfugiés et une épidémie de polio.

Préoccupées par la nécessité de mieux répartir les fruits de la croissance parmi les couches les plus vulnérables de la population et pour créer un environnement économique meilleur et propice à une croissance tirée par le secteur privé, les autorités ont augmenté l’investissement dans les infrastructures, qui est favorable aux pauvres. Cependant, elles tiennent à assurer aux administrateurs qu’elles prendront toutes les mesures nécessaires pour éviter les risques qui y sont liés, notamment en plafonnant le montant total des dépenses d’équipement prévu en 2011 et en prenant des mesures strictes pour garantir la qualité des projets.

En vue de combler le déficit d’infrastructure considérable du pays, les autorités financeront la majeure partie de leur investissement sur des ressources locales et chercheront à obtenir des dons et de l’aide extérieure uniquement à des conditions très avantageuses. Les autorités tiennent à remercier de nouveau la communauté internationale et le FMI en particulier pour l’allégement de dette qui leur a été accordé dans le cadre de l’initiative PPTE et de l’IADM. La marge de manœuvre budgétaire qui a été créée après avoir atteint le point d’achèvement de l’initiative PPTE et les ressources importantes ainsi dégagées continueront d’être utilisées pour améliorer la situation des secteurs sociaux, en particulier la santé et l’éducation, où les autorités sont conscientes que des progrès considérables doivent encore être accomplis.

II. Politique économique dans le cadre du programme appuyé par la facilité élargie de crédit

1. Politique budgétaire

Les autorités ont continué de rééquilibrer le budget en 2010, réduisant le solde primaire non pétrolier de base à environ 34 % du PIB, soit une baisse de 10 points par rapport à 2008 (44 %). Elles sont en bonne position pour atteindre cette année l’objectif de rééquilibrage fixé pour l’ensemble de la période couverte par l’accord triennal au moment de son approbation par le Conseil d’administration du FMI, ce qui offre une marge de manœuvre budgétaire supplémentaire pour les investissements nécessaires dans les infrastructures. En raison de cette accélération du rééquilibrage, les autorités ont l’intention d’accroître l’investissement public en 2011 pour réduire sensiblement les goulets d’étranglement dans les transports et l’électricité, et ainsi soutenir l’activité non pétrolière et accélérer la diversification de l’économie.

Cependant, elles sont conscientes des contraintes tenant aux capacités de production du pays et des risques macroéconomiques qui sont liés à une augmentation rapide des dépenses d’équipement, notamment les risques d’inflation et ceux pesant sur la viabilité des finances publiques. Elles ont donc l’intention de renforcer davantage le recouvrement des recettes non pétrolières et de maîtriser les dépenses courantes afin de dégager la marge de manœuvre nécessaire pour financer l’augmentation de 37 % de l’investissement public financé sur ressources intérieures qui est prévue en 2011. Pour renforcer le recouvrement des recettes non pétrolières, elles prendront aussi des mesures pour élargir l’assiette de l’impôt, réduire les exonérations et améliorer l’administration fiscale.

Le niveau plus élevé des dépenses pendant la deuxième partie de 2010 s’explique par le besoin urgent de réagir à la crise des réfugiés dans le département de la Likouala, au nord du pays, et à une grave épidémie de polio, ainsi que par la célébration des 50 années d’indépendance. Par ailleurs, les autorités ont profité d’une saison sèche exceptionnellement favorable pour faire avancer un certain nombre de projets dans les infrastructures. Je tiens à ajouter que les autorités restent déterminées à atteindre l’objectif de réduction des dépenses non prioritaires, et elles continueront de redoubler d’efforts pour réduire les dépenses courantes, notamment en réduisant les transferts et les dépenses de matériel et de fournitures, qui étaient élevés en 2010. Cependant, si les recettes ne se matérialisaient pas, les dépenses d’équipement financées sur ressources intérieures seraient plafonnées à 650 milliards de francs CFA en 2011, et les projets moins prioritaires seraient reportés. En outre, les autorités prendront des mesures strictes pour garantir la qualité des projets. En particulier, elles veilleront à ce que tous les projets fassent l’objet d’une étude de faisabilité et soient calés sur le CDMT.

2. Politique monétaire et politique du secteur financier

En tant que membre de la Communauté économique et monétaire de l’Afrique centrale (CEMAC), le Congo mène une politique monétaire régionale, avec un taux de change rattaché à l’euro. Cela a été bénéfique au pays et a assuré la stabilité macroéconomique.

Dans le secteur bancaire, en dépit de l’intensification de la concurrence résultant de l’ouverture de deux nouvelles banques à Brazzaville et de l’abondance des liquidités, le crédit au secteur privé demeure faible. Pour améliorer l’accès du secteur privé au crédit, les autorités sont en train de mettre en application une stratégie de réforme du secteur financier qui a été élaborée avec l’assistance du FMI. En particulier, cette réforme aura pour objectif de faciliter l’accès des petites entreprises et des ménages au crédit, d’éliminer les plafonds des taux d’intérêt pour rehausser la concurrence et d’accroître la transparence pour ce qui est de l’octroi des prêts.

3. Réformes structurelles

L’un des principaux objectifs du DSRP du Congo et de son programme appuyé par le FMI est d’accélérer la diversification de l’économie en dehors du pétrole, qui n’existe qu’en quantité limitée. À cette fin, les autorités congolaises continueront de s’efforcer d’améliorer le climat des affaires. Avec le plan d’action récemment adopté pour améliorer le climat des affaires, elles ont mis en place un conseil pour le dialogue public-privé qui permettra au gouvernement de mieux comprendre les préoccupations du secteur privé. Les autorités chercheront à court terme à renforcer la sécurité de l’investissement, à simplifier le système d’imposition et à résoudre les problèmes liés à l’usage des terres, y compris le leasing à long terme.

III. Conclusion

Je tiens à répéter que les autorités sont fermement déterminées à mener les politiques et à atteindre les objectifs énoncés dans le programme appuyé par le FMI. En leur nom, je demande aux administrateurs de souscrire à l’achèvement de la quatrième revue du programme FEC et à la modification d’un critère de réalisation —l’objectif fixé pour le solde primaire non pétrolier de base à fin décembre 2010 —qui a dû être révisé à cause, en partie, d’événements imprévus, comme noté ci-dessus.

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