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Déclaration de M. Rutayisire, administrateur pour la République Centrafricaine Le, 25 août 2010

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
November 2010
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Permettez-moi de vous transmettre les remerciements des autorités de la République Centrafricaine pour le soutien ininterrompu apporté par le Conseil d’administration et la direction à leurs efforts de réforme ainsi que pour le dialogue de politique économique constructive qui s’est établi avec les services du FMI. L’appui du FMI offert à la République Centrafricaine—à la fois financier et sous forme d’assistance technique—a contribué à mettre en œuvre de solides politiques économiques et à mobiliser un financement extérieur indispensable pour permettre aux autorités de réaliser les objectifs de réduction de la pauvreté et de croissance.

La consolidation de la paix en République Centrafricaine, l’un des piliers du Document de stratégie pour la réduction de la pauvreté (DSRP), a beaucoup progressé. Mes autorités ont appliqué les recommandations de la conférence sur le Dialogue politique inclusif qui s’est tenue en septembre 2008. Des mesures ont été prises, et un financement obtenu, afin de mettre en œuvre le programme de démobilisation, de désarmement et de réintégration (DDR) des anciens combattants. Des réformes de gouvernance ont aussi été menées, qui prévoyaient notamment la formation d’un gouvernement d’unité nationale inclusif ainsi que la mise sur pied d’une commission électorale indépendante. Certes, des progrès ont été accomplis, mais mes autorités sont conscientes que le rétablissement de la sécurité et de la paix sur tout le territoire soulève de nombreuses difficultés à cause des graves contraintes de capacité et des retombées de l’instabilité géopolitique régionale, notamment la crise au Darfour. Elles sont résolues à mettre en œuvre de nouvelles réformes pour relever ces défis et apprécient la solidarité et le soutien de leurs partenaires de développement, notamment les États membres de la CEMAC, la France et la mission de consolidation de la paix des Nations Unies.

S’agissant des prochaines élections présidentielles et parlementaires, le Président Bozizé a réitéré sa volonté qu’elles soient libres et transparentes, ce dont témoigne, entre autres, la promulgation de la loi électorale et le provisionnement dans les budgets de 2009 et de 2010 des dépenses liées aux élections. Toutefois, à la demande de la commission électorale indépendante, les élections ont été ajournées à deux reprises à cause de difficultés dans l’organisation des bureaux de vote dans les régions affectées par l’insécurité et les activités des rebelles où les forces de sécurité de l’État continuent à rétablir l’ordre. Le mandat du Président et des parlementaires devant arriver à expiration en juin 2010, le Parlement a voté en faveur de la prorogation du mandat du Président jusqu’à la tenue des élections afin d’éviter un vide dans le pouvoir et d’assurer une organisation ordonnée des élections.

I. Récente évolution économique et résultats du programme

Sur le plan économique, les politiques des autorités tendaient à préserver la stabilité macroéconomique dans un environnement externe et interne difficile, tout en jetant les bases d’une reprise économique favorable aux pauvres après le conflit.

Les autorités ont respecté tous les critères de réalisation du programme en dépit d’un contexte économique difficile entouré d’incertitudes électorales et marqué par l’actuelle crise économique et financière mondiale. La crise économique mondiale en particulier a eu de sérieuses répercussions commerciales sur l’économie centrafricaine, même si les données récentes font apparaître les premiers signes d’un redressement.

S’agissant de la politique budgétaire, mes autorités ont cherché à aménager l’espace budgétaire requis pour appuyer leur programme de développement tout en préservant la viabilité budgétaire. Pour atteindre cet objectif, elles ont essayé d’accroître le recouvrement des recettes, d’améliorer l’efficacité des dépenses et de renforcer la viabilité de la dette publique.

Du côté des recettes, les autorités ont bien avancé dans l’amélioration du recouvrement des recettes et dans les réformes destinées à accroître l’efficacité de l’administration des recettes. Les mesures dans ce domaine ont été mises en œuvre, notamment des audits ciblés, et des efforts ont été déployés pour assurer un plus grand respect de la réglementation de la TVA. Elles se sont aussi efforcées d’appliquer les mécanismes de détermination des prix des produits pétroliers, même si quelques retards ont été enregistrés car il était essentiel de préserver dans cette période préélectorale la stabilité sociale et politique obtenue à grand-peine. Le recouvrement des recettes a dépassé les résultats espérés par les autorités en dépit d’un contexte économique difficile.

Du côté des dépenses, mes autorités ont eu pour but de réaffecter les dépenses à des secteurs prioritaires, en resserrant notamment les contrôles des dépenses en liquide et en relevant les dépenses dans les secteurs de l’éducation et de la santé.

De nouveaux progrès ont aussi été réalisés dans la gestion des finances publiques grâce à la mise en place d’un système intégré d’exécution du budget et de gestion des liquidités. Pour cela, le système de gestion financière de l’État a été élargi pour inclure tous les stades de la chaîne de la dépense. En outre, le budget de 2010 a été publié ainsi que les rapports trimestriels d’exécution budgétaire afin d’accroître la transparence et de faciliter le suivi et la communication des priorités budgétaires de l’État.

Pour ce qui est de la viabilité de la dette, les politiques des autorités se proposaient de sauvegarder la viabilité si difficilement acquise de la dette après l’allégement au titre des initiatives PPTE et IADM. Elles ont étoffé leurs capacités de gestion de la dette en élargissant la base de données informatisée de la dette pour y inclure la totalité de la dette publique intérieure vérifiée. Cette base de données a permis de préparer un échéancier d’apurement de la dette croisée entre les entreprises d’État, l’administration centrale et les administrations locales. S’agissant de la dette extérieure, les autorités ne relâchent pas leurs efforts pour obtenir un allégement de la dette auprès des créanciers qui restent après le franchissement du point d’achèvement de l’initiative PPTE. Elles sont reconnaissantes aux administrateurs du FMI qui ont pleinement soutenu cette entreprise.

Pour ce qui concerne les préoccupations relatives aux sauvegardes soulevées à la suite de la découverte d’une fraude dans un bureau extérieur de la Banque centrale régionale (BEAC), le 10ème Sommet des chefs d’État de la CEMAC, qui s’est tenu à Bangui sous la présidence du Président Bozizé, a pris des décisions ambitieuses relatives à la gouvernance de la BEAC; notamment, des modifications historiques ont été apportées au processus de sélection du Gouverneur de la Banque centrale et il a été décidé que les responsables soupçonnés d’avoir participé au détournement des fonds seraient limogés et poursuivis. Les chefs d’État ont aussi nommé de nouveaux dirigeants pour l’institution et ont demandé un audit annuel de toutes les institutions de la CEMAC, y compris de la BEAC. Pour l’avenir, les autorités de la République Centrafricaine appuient vigoureusement un étroit dialogue entre le FMI et la BEAC pour régler ces questions de sauvegardes.

Concernant les politiques du secteur financier, mes autorités ont cherché à préserver la stabilité du système bancaire, notamment en veillant à la réorganisation ordonnée d’une banque commerciale en difficulté en coopération étroite avec l’organe régional de réglementation et de supervision financière, la COBAC. Mes autorités ont également poussé l’adhésion à des normes prudentielles en réduisant l’exposition du secteur bancaire à la dette de l’État. Le remboursement des arriérés de l’administration publique au secteur financier a également amélioré la position de la liquidité du système bancaire et dopé sa capacité à consentir des crédits au secteur privé.

S’agissant des réformes structurelles, mes autorités ont réalisé des progrès notables pour faire avancer un programme de croissance diversifiée. Elles ont entrepris de nouvelles réformes des entreprises d’État afin de les placer sur une base financière viable et de les rendre plus à même de fournir les services publics si nécessaires. Elles sont également en étroite consultation avec leurs partenaires régionaux et internationaux pour obtenir l’assistance dont elles ont besoin afin de venir à bout des goulets d’étranglement persistants dans l’infrastructure et l’offre et pour améliorer le climat des affaires.

II. Programme pour le reste de 2010

Les autorités entendent à présent faire fond sur les progrès réalisés à ce jour pour consolider la reprise économique, réduire davantage la pauvreté et doper la croissance.

Politique budgétaire

La politique budgétaire aura pour but de soutenir la demande tout en maintenant la viabilité à moyen terme. Afin de ménager l’espace budgétaire requis pour atteindre leurs objectifs, mes autorités ont l’intention, sur le plan des recettes, d’améliorer le recouvrement des impôts notamment par le biais de réformes de l’administration des recettes et d’une amélioration du rendement de la TVA. S’agissant des dépenses, elles chercheront à contenir les dépenses dans leur ensemble tout en relevant les dépenses prioritaires. Plus précisément, les dépenses en capital et les dépenses sociales—recrutement d’enseignants et d’agents de santé—ainsi que les dépenses liées au processus de paix et de réconciliation et à l’organisation des élections devraient augmenter d’après les projections.

Viabilité de la dette

Pour préserver la viabilité de la dette, mes autorités sont résolues à continuer à renforcer leurs capacités de gestion de la dette et à réduire davantage l’endettement de l’État. En ce sens, elles poursuivront leurs efforts pour conclure des accords d’allégement de la dette extérieure avec les créanciers restants à des conditions comparables à celles du Club de Paris et elles poursuivront la mise en œuvre de politiques saines de la dette. Elles chercheront aussi à apurer, comme prévu, les arriérés de la dette intérieure.

L’analyse de viabilité de la dette récemment achevée souligne à quel point celle-ci dépend de la promotion des exportations et de la croissance. Eu égard aux perspectives réduites de financement intérieur, il sera crucial de mobiliser une aide additionnelle et des investissements directs étrangers pour compléter les efforts des autorités. C’est pourquoi la plus grande souplesse dont a fait preuve FMI dans son récent examen de l’orientation des politiques de la dette pour les pays qui ont des programmes avec le FMI est bienvenue.

Réformes structurelles

Le programme de réformes structurelles les autorités tendra toujours à éliminer les obstacles à une croissance diversifiée et durable. Elles chercheront à optimiser davantage la performance des services publics, notamment par le biais d’une stratégie exhaustive à moyen terme de restructuration de leurs finances et de leur gestion.

Les autorités sont aussi résolues à encourager le développement tiré par le secteur privé grâce à la mise en œuvre de réformes destinées à améliorer le climat des affaires et des investissements ainsi qu’à promouvoir l’intermédiation financière. Elles chercheront à remédier aux goulets d’étranglement de l’infrastructure, notamment en augmentant la capacité de production d’électricité et en réalisant des projets régionaux tels que le Projet régional de facilitation du transport et du transit de la CEMAC.

III. Conclusion

Les autorités de la République Centrafricaine ont réalisé des progrès économiques sensibles dans le cadre de l’accord FEC. Elles ont aussi bien avancé pour consolider la paix et la stabilité socio-politique. Pour l’avenir, elles sont déterminées à approfondir les réformes afin de rétablir une paix durable et de promouvoir la reprise économique dans un contexte extérieur difficile marqué par la crise économique mondiale et les retombées de l’instabilité géopolitique régionale. Alors qu’elles s’efforcent de relever ces défis, elles seraient reconnaissantes de pouvoir continuer à compter sur le solide soutien de la communauté internationale, notamment moyennant un nouveau programme appuyé par le FMI.

Compte tenu des résultats d’ensemble et de la solidité des politiques et des réformes des autorités pour l’avenir, je sollicite l’achèvement de la sixième et dernière revue de l’accord FEC.

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