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Declaration de M. Itam administrateur pour le burundi 23 Juillet 2010

Author(s):
International Monetary Fund
Published Date:
October 2010
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1. La politique macroéconomique prudente des autorités, l’intensification de leurs réformes structurelles et leur persévérance dans la reconstruction post-conflit ont permis au Burundi de résister à la crise économique mondiale. Elles demeurent convaincues que, grâce à ce cadre macroéconomique, à une transition réussie vers le deuxième gouvernement au sortir du conflit et à une nouvelle amélioration de la conjoncture extérieure, le Burundi a des chances de redresser le cap de sa croissance économique.

2. Les autorités burundaises remercient le FMI pour son soutien et son implication constructive dans le cadre de la FEC. Pour ce qui est de l’avenir, elles sont déterminées à renforcer davantage leur cadre macroéconomique et à atteindre les principaux objectifs nationaux et régionaux fixés dans leur DSRP et dans le Protocole de la Communauté estafricaine (CEA). À cet égard, elles sont reconnaissantes au FMI, à la Banque mondiale, à la Banque africaine de développement et à la communauté des bailleurs de fonds pour leur soutien et leur implication constructive, et remercient les services du FMI pour le dialogue ouvert et les conseils francs dont elles bénéficient dans le cadre du programme. Ce soutien et ce dialogue leur ont été d’une utilité inestimable face à de nombreux défis.

3. Les efforts déployés par les autorités pour consolider la paix et mettre en œuvre le programme économique appuyé par la FEC ont renforcé la stabilité macroéconomique. Tous les critères de réalisation quantitatifs et le repère structurel à fin mars 2010 ont été observés. Au vu des solides résultats du programme, les autorités sollicitent le soutien des administrateurs à l’achèvement de la quatrième revue de l’accord FEC et à la modification de critères de réalisation pour tenir pleinement compte de l’évolution récente de la situation.

I. Évolution recente de l’economie

4. Les résultats macroéconomiques solides du Burundi, ininterrompus depuis 2006, tiennent à l’intensification des réformes économiques, à une bonne récolte caféière et à l’augmentation des projets d’investissement financés par les bailleurs de fonds. Ce bilan est maintenant menacé par les effets défavorables du ralentissement économique mondial. Le taux de croissance du PIB réel est tombé de 4,5 % en 2008 à 3,5 % en 2009 principalement sous l’effet d’une forte baisse des recettes provenant des exportations de café, d’un recul des transferts privés et d’une diminution des investissements directs étrangers. Une détérioration moins forte de la conjoncture extérieure s’observe depuis lors, favorisée par la baisse des prix mondiaux des produits alimentaires et des carburants, une augmentation des apports des donateurs, l’allégement au titre de l’initiative PPTE et de l’IADM et l’allocation de DTS. Les réserves officielles brutes sont remontées depuis à l’équivalent de 6,5 mois d’importations.

5. Les résultats budgétaires de 2009/10 traduisent les défis auxquels le pays est confronté. Les recouvrements de recettes, en pourcentage du PIB, ont affiché une faible amélioration, en dépit des efforts déployés par les autorités pour élargir la base d’imposition, mettre en œuvre les réformes structurelles et renforcer les administrations fiscale et douanière. Le soutien des autorités à la reprise économique par une augmentation des dépenses de développement et des dépenses courantes n’a été que partiellement fructueux car les dépenses financées sur ressources extérieures ont été inférieures aux prévisions du programme.

6. Le cadre monétaire des autorités est resté guidé par l’objectif de stabilisation des prix, avec une marge suffisante pour favoriser la reprise économique. La politique monétaire de la banque centrale a comporté un dosage d’instruments de gestion de la liquidité. De ce fait, la croissance de la monnaie centrale est restée conforme aux prévisions, et le système bancaire a continué de répondre à la demande de crédit du secteur privé. L’inflation, qui avait augmenté en 2008 sous l’effet de la flambée des prix mondiaux des produits alimentaires et des carburants, a fortement baissé, suivant en cela l’évolution des prix mondiaux.

7. Le système financier du pays a continué de résister à la crise financière mondiale, principalement par suite de son exposition limitée et du fait que les banques sont bien contrôlées et capitalisées. Cette capacité d’adaptation a été confirmée par la mission PESF Banque mondiale-FMI de 2009, qui a n’a pas détecté de signes patents de tension systémique imminente. Néanmoins, les autorités sont restées vigilantes et prêtes à prendre les mesures nécessaires pour préserver la stabilité du système financier.

8. Les autorités font montre d’un attachement sans relâche au processus de paix, qui était en état d’alerte renforcée au début des élections de mai 2010 mais s’est stabilisé après les élections présidentielles du 28 juin. Les autorités sont déterminées à assurer le succès de la phase finale de ces élections—les élections législatives du 23 juillet—, ouvrant ainsi la voie à une paix consolidée dans le pays. À cet égard, elles sont reconnaissantes à leurs partenaires au développement, aussi bien qu’à leurs partenaires de la CEA, pour leur soutien continu.

II. Cadre de politique economique a venir

A. Politique budgétaire

9. Le dispositif budgétaire continuera à soutenir la croissance économique. Les dépenses courantes, en pourcentage du PIB, seront consolidées et, en même temps, l’impulsion donnée aux dépenses prioritaires sera maintenue conformément au DSRP du pays. Les dépenses seront ciblées sur les services sociaux de base, en particulier l’éducation, la santé et l’accès du public à l’eau, à l’électricité et aux routes. De plus, les autorités entendent intensifier les investissements dans l’infrastructure pour accroître la productivité dans les secteurs primaires.

10. Conscientes du risque de surendettement élevé du pays, les autorités chercheront à limiter le financement intérieur générateur d’endettement et à mobiliser des financements extérieurs concessionnels. Cependant, elles reconnaissent les limites du financement concessionnel pour les investissements dans l’infrastructure et consulteront les services du FMI lorsque la nécessité et la possibilité de financements non concessionnels se feront jour. Pour assurer la crédibilité du budget et rendre les dépenses publiques plus efficaces, elles ont réaffirmé leur engagement de renforcer leur cadre de gestion des finances publiques.

11. Les autorités sont convaincues que la mobilisation de recettes intérieures s’améliorera si les efforts actuels se poursuivent et si la conjoncture extérieure devient plus favorable. Pour obtenir ce résultat, il faudra également élargir la base d’imposition, renforcer les contrôles budgétaires et réduire les exonérations fiscales discrétionnaires. Les autorités poursuivront la mise en place du programme de modernisation de l’administration des recettes fiscales, notamment de la taxe sur la valeur ajoutée et du tarif extérieur commun (TEC) de la CEA. Avec l’appui des partenaires au développement, les autorités s’appliquent vigoureusement à rendre opérationnel l’Office burundais des recettes (OBR).

B. Politique monétaire

12. Pour atteindre l’objectif d’ancrage de la politique monétaire sur une inflation faible et stable, la banque centrale intensifiera ses opérations d’open market, maintiendra un taux de change flexible, aura fortement recours aux ventes de devises pour ses opérations de stérilisation et améliorera ses prévisions de liquidité. Les autorités réaffirment leur engagement d’utiliser comme cadre d’action le ciblage de la croissance de la monnaie centrale pour maîtriser l’inflation. L’orientation de la politique monétaire aidera en outre à maintenir le crédit au secteur privé à son niveau actuel.

C. Réformes du secteur financier

13. La banque centrale renforcera ses services de réglementation et de contrôle des institutions financières pour lutter contre la concentration des portefeuilles de prêt. Le cadre réglementaire des institutions financières sera mis en conformité avec les recommandations de la mission PSEF/MCM (Département des marchés monétaires et de capitaux). S’attachant à promouvoir les réformes du secteur financier, les autorités élargissent l’accès aux services financiers. Dans cet effort, elles tiendront compte des conseils des services du FMI sur la modernisation de l’infrastructure et du cadre juridique du système des paiements. La banque centrale renforcera son système de contrôle interne et de gestion des risques et effectuera ses opérations d’open market en se conformant aux pratiques optimales y afférentes.

D. Autres réformes structurelles

14. Les autorités burundaises ont réalisé des progrès impressionnants dans la mise en œuvre de leur programme de réformes structurelles, notamment la réforme du secteur financier, la privatisation du secteur du café et la promotion de la responsabilisation du secteur public. L’amélioration du stock et de la qualité de l’infrastructure matérielle demeure une priorité. Les autorités entendent mettre à profit les récentes réformes de la gestion des finances publiques et la rationalisation des comptes bancaires de l’État.

15. Dans le domaine commercial, les autorités persévéreront dans leurs réformes et approfondiront le cadre d’intégration régionale de la CEA. À cette fin, en coopération avec leurs partenaires de la CEA, elles font avancer l’exécution des Protocoles de l’Union douanière et du Marché commun.

III. Conclusion

16. Les fondamentaux économiques des autorités burundaises et leur attachement continu à des politiques vigoureuses ont aidé le pays à résister mieux que prévu à la crise économique mondiale. L’exécution du programme appuyé par la FEC demeure solide, comme en témoignent les résultats très impressionnants du programme à fin mars 2010. Les autorités sont conscientes des risques qui subsistent et, par conséquent, ont maintenu un dosage approprié de politiques monétaire et budgétaire, et approfondi les réformes structurelles pour consolider la reprise économique. Pour le court terme, elles sont déterminées à centrer le programme sur la consolidation de la stabilité macroéconomique, une meilleure mobilisation des ressources intérieures, la promotion d’une croissance généralisée et favorable aux pauvres et l’augmentation des investissements dans l’agriculture, l’infrastructure et les groupes fondamentaux d’OMD. Les autorités sont convaincues que, pour ce qui est de l’avenir, un engagement continu avec le FMI et l’aide des partenaires au développement leur permettront d’atteindre leurs objectifs de développement et de consolider le processus de paix.

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